‹ Procès-verbaux et documents, Volume 5Chapitre 81 sur 106 · L'ÉGLISE TRANSFORMÉE EN FORT DE GUERRE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE TRANSFORMÉE EN FORT DE GUERRE

Dans la séance du 19 avril 1594, Etienne Landais, refusa

1. Etait-ce pour fêter Henri IV qui fut notre hôte du 9 au 17 décembre 1589 suivant les uns et jusqu'au 19, suivant l'opinion commune? — Le mai était une perclie ou un bâton orné de fleurs et fixé en terre, au village, pour l'arrivée d'une mariée ou d'un hôte qui avait des titres à un accueil de distinction.

2. Brandelis de Champagne, marquis de Villaines, fut gouverneur de Laval depuis le passage du roi jusqu'à la déroute des royaux à Craon, 22 mai 1592 (Comte de Beauchesne : Le Clerc aeCranneSy p. 19).

3. Picquaignes, terre et fief noble en Saint-Denis-de-Gastines, appartenait à la famille Gougeon, très en vue à Laval et à Mayenne. Ils étaient deux Gougeon de Picquaignes, Guillaume dit /esné et Guillaume dit le jeune. En 1576, un Gougeon, seigneur de Picquaignes, fermier de la baronnie de Mayenne, reçoit d'Ambroise de Goué, au nom de la jeune dame de Goué, sa nièce et pupille, 7 livres 7 sols, 1 double ducat a deulx testes, un ducat simple, 8 escuz sol, 4 doubles imperalles, 4 pistolectz, ung henry, 14 testons et 9 livres 2 sols, revenant le tout à la somme de 116 livres. Picauaignes avait été laissé à la Patrière comme il paraît ici, par M. de Villaines qui s'était emparé de ce fort, dans les premiers mois de 1.590. On lit en Saint- Allais XIV, 392: Brandelis de Champagne, marquis de Villaines « assié- > gea le château de Malauze (Malnoë ?) situé entre Rennes et

» Vitré de là il marcha contre le fort de la Patrière et

» ayant obtenu une entrevue du commandant de cette place, il 1 l'engagea à se soumettre. » Ce commandant n'était autre vraisemblablement que Mathieu Le Meignan, que nous avons vu disgracié. La stance consacrée en Piquemouches au marquis de Villaines, qui ne dut pas être étranger aux disgrâces des Ligueurs du pays de Laval, est une volée de coups.

186 COMBOSSION HISTORIQUE

de se charger des fruits des trois dernières années^ à catcse des guerres. Les revenus de ces trois années

;. Ces trois années, 1590, 1591, 1592, furent désolantes : c'était un temps de guerres et de séditions, tempora bellorum et seditienum, écrit le curé d'Astillé, Guillaume Pochard, au haut des piiges de son registre. Les registres de Montjean, interrompus en 1589, ne reprennent que le 5 septembre 1592. A Courbeveille, lacunes du 14 septembre 91 au 15 mars 92, et du 22 septembre 92 au 18 octobre 93; 1593 confusion dans les registres ; 1594 exactitude. Les registres de Méral et d'Ahuillé onrent le même désordre. Ceux de Saint-Poix ne commencent qu'en 1600, les deux royaux, Torchant (Philippe du Matz) fils aîné de Montmartin, et Saint-Luc ayant brûlé cette année là tous ceux qui précédaient.

Qu'on nouR permette à présent de donner ici des dates et un abrégé d'histoire locale :

Jacques Goulay, capitaine de la Ligue à Craon quand elle s'y organise 1589, est tué le 12 septembre de la même année et par trahison, dit Hiret (Abbé Duchesne : Craon et ses Barons, note de la page 73). La noblesse du Craonnais mit à sa place le sieur du Plessis de Cosmos, confirmé par les princes de la Ligue le 10 décembre (1589), et installé par Boisdauphin. Coïncidence : dans les mêmes jours, Henri IV au départir de Lavai, 19 décembre, pria monsieur le prince de Bombes d'establir te sieur de Montmartin^ (Jean du Matz de Torchant), gouverneur de Yitré ip. Taillandier, Hist. de Bretagne, xx, 343), et laissa Villaines à Laval. Rivalités, guerres de partisans au cours de 1590. Vitré en est le plus ordinairement l'objectif. Guerre à Cessé ; bataille du 23 mai 1590. (Voir ci-dessus article La Baconnière). Suivant une tradition locale assez constante, le combat fut très sanglant et eut lieu entre Cosmes et Cessé, près de la Frénouse, entre une troupe nombreuse qui avait été ramassée au château de Montjean pour courir sur les terres de du Plessis de Cosmos, et les gens du gouverneur de Craon, seigneur de Cosmes et du Plessis, qui partirent de cette place-ci à la rencontre de l'ennemi. Puis ce fut le tour de Montjean, 1591, et de Craon, 1592. Courses de Le Cornu, au loin et au près, causant aux royaux maux infinis^ expressions de Montmartin. Surprise du château de Montjean par lui, 7 octobre 1591. Il avait des ordres, et la réduction de cette place importait pour la garde des nombreux manoirs et fortins qu'il avait pris ou allait envahir dans les campagnes de Craon, de Laval et de Châteaugontier, comme le Bourgeau, Bouille, Lespronnière, Souvigne, la Patrière, la Ragotière de Méral, la Berardière aussi en Méral, la Joubardière, Lauresse, la Gahardière. Jean de Cricquebeuf, le capitaine de Montjean, le conseil et la tête des royaux dans ces contrées, mortellement blessé, mourut peu de jours après. Suivent huit mois de désolation. I^s populations, privées de conseils et de secours, se protègent elles-mêmes. On fortifie les églises contre les gens de guerre. Les royaux réunis à Laval

avaient été employés par les habitants, en outre de plus de vingt écus de faux frais, à transformer leur église en fort de giterre. Ils construisirent des bastions autour du chapitereau avec de la pierre tirée dans Téglise. Us y employèrent les barres de fer du petit cimetière, et le reste fut vendu à Pierre Pineau, et quand le fort fut achevé, la pierre restée dans Téglise fut transportée et enterrée dans les fossez a Ventour du chapitereau à quinze sols de frais. Le nommé Louis Chape fut ordonné tambour gt au fort d'Ahuillé,

1594 et 95. — Guerre. Mathurin Cailleteau, procureur, mentionne dans ses dépenses d'avril 94 à 95, un couple de chapons donnés à ceux qui gardoient les joyaulx et ornements de l'église. Il en coûta deux escus et quarante sols pour la dépense et nourriture de mon-sieur Le Roy prédicateur qui prescha la passion lan

1596 et 97. — Guerre. Calice doré diverty, Pierre Broul, procureur, demande a être déchargé de ses dépenses ; poui' avoir osté plusieurs fois les ornements de l'église de la voye des gens de guerre; pour s'être informé où estoient leurs compaignies ; pour deux expéditions contre Jehan Rouillet, au recouvrement du galice d'argent doré ; pour la peine de m« Jehan Fournier d'avoir détourné les gens de guerre.

avisent à expulser de Craon son vaillant gouverneur. Mais son cousin, René Le Cornu, seigneur de la Courbe de Brée, de Launay-Peloquin et autres lieux, ligueur en son âme, dit Jean du Matz, avertit Mercœur et Pierre Le Cornu. L'échec des princes royaux à Craon, 22 mai 1592, quoi qu'on veuille penser de la défection de la Courbe, eut pour résultat avantageux d'éloigner de notre pays le théâtre de la guerre effroyable au'il supportait depuis 1589, et de lui donner, à part quelques alertes, une paix relative très appréciable ; mais elle ne fut complète qu'après la soumission eu 1598, de Pierre Le Cornu, qui ne pouvait pas être indéfiniment le roi du pays et n'y prétendait pas non plus.

1597 et 98. — Guerre. Des gens d'armes avoient fait des barricades aux portes de l'église : il en coûta quatre sols pour oster les pierres qu'ils avoient employées, et le procureur fut aussi déchargé d'autres sommes payées a cause desdits gens d'armes.

1600. — Guerre cessée. Compte du 28 juin : n'y est plus parlé de gem de guerre.

extraits des registres de courbeveille relatifs aux premières guerres de religion. 1551-1580.

1551. 29 mai. — HauUe et puissante dame Guyonne œmtesse de Laval, Quintin, Jouigny, marquise de Nesle auparavant dite de Rieuœ, marraine de Guy Boutier^

1560. 17 juin. — Noble François Laillier, sieur de laCruardière, parrain de François Heulin^.

1561. 15 avril. — « Le quinziesme jour du moy dap- » vril lan mil cinq cens soixante ung aprais pasques fut » baptisée par moy Guillaume Piau pbre vicaire soubz

1. Fils de François Boutier lieutenant général de Laval, seigneur du chasteau de Courbeveille, de Dureil, des Prez, de la Haie Baulde.Le père fut prié de rédiger l'acte du baptême de son fils : ce qu'il dit de Renée de Rieux, notre fameuse Guyonne de Laval, à\%e la Folle, estde la sorte authentique et elle vint à Courbeveille au dit jour; mais prétendre qu'elle y soit venue de temps à autre comme l'écrit l'auteur d'une histoire récente de Laval et qu'elle ait elle-même reçu l'hommage des vassaux de cette châtellenie sur la motte féodale dite la Bulle aux fous^ sont choses d'une fantaisie puéril 3 et dénuée de fondement: la chronique citée en témoignage, récente aussi, n a sous ce rapport aucune valeur.

2. Père et mère de l'enfant: Julien Hulin écuyer sieur de Villamy et Christoflette Le Maczon ; et ce Julien fils de noble Antoine Hulin sieur de Villamy et de Marguerite Domin.

» signe une fille jemelle fille de honneste Hugues Car- » pentiers s'' du Cormier et Anthoinette Challumeau sa » femme, fut parrain honneste René Rousseau... et fut » nommée Gozelainne laultre jumeau ung filz nomme Job » par noble Jehan de Cricqxiebeuf et damoiselle Olive » Martin sa mère baptise au chasteau de Montjehan

> dont led.de Cricquebeuf est capitainne, par m« Jenfray

> Maczon pbre vicaire dud. Montjehan ainsin que led.

> Hugues Carpentiers nous a déclare et aultres ce jour » mesmes. »

PlAU*.

1561. janvier. — Petrus Bertheron colon de la Theurmerye... sepultus catholice et non huguenotice^,

1562. 7 avril. — « Honneste homm^e Raoul Domyn » chastellain de Courbeveille... lequel fut ticé en senve- » 7iant de Laval y inhumé en Téglise dudit Courbe- » veille 3. »

11 août. Ensuite d'un acte de ce jour et an :

€ En se temps Charles roy de France tenant ses estatz

t en la ville de Orléans ordonna quil ne seroit paye aul-

» cun salaire pour les sépultures. »

» Mesmes en ce dit temps les séditions des hereticques

> estoit cy grands que ilz tuoint les pbres la ou ils trou- » vez bruloint les églises et ymaiges rompoint benes- » tiers aultiers et fons Touttefoys par la bonté de Dieu

> le Roy Charles et les catholicques de son Royaulme

1. Cet acte est ici cité à propos de Cricquebeuf ; Carpentiers, Tun de ses officiers, ou tout au moins de ses familiers, présenta tous ses nombreux enfants à Téglise catholique.

2. C'est suivant notre manière actuelle de compter le commencement do la trop célèbre année 1562.

3. Pâques do 1562 était le 29 mars. Ce meurtre arriva donc aux jours mêmes de 1562, où les Huguenots, triomphants de la France surprise, y commirent aux villes et aux champs leurs plus violentes audaces : cela soit dit, sans vouloir les charger d'un meurtre dont les auteurs ne sont pas nommés.

190 COMMISSION HIStÔRIQUE

> furent victorieulx et fut conclud que la messe auroit

> lieu et les sacremens administrez en leglise Roumaine » ainssi comme acou:*tume.

G. PlAU. >

10 octobre. — Note ensuite de cette date de Tan 1562.

€ Memoyre que noble Claude du Boyshalbran s' de

» Lespechere en ce temps est decede luy allant a la

> guerre pour le Roy notre syre du temps des séditieux » pour faire service aud prince. »

€ Requiescat in pace. * »

1562. (Alias 63). 7 janvier. — Baptême de François fils de noble Francoys Gouyon et de damoiselle Claude du Chastelet furent parrainsnoôfe Jehan de Cricquebeufcapitatnne de Montjehan et Jehan Gouyon frère du père dud. enfant marraine damoiselle Lancilotte de la Ripviere veufve deffunct noble Claude du Boysalbran en son vivant sieur de Lespechere 2.

Idem. 17 janvier. — Sépulture a la Symonniere par temps dangereux.

5 mars. — Noble Jehan de Cricquebeuf capitainne de Montjehan et damoiselle Jehanne femme de Federic Testart escuyer et secrétaire de monseigneur le marquis œmie de Nesle et seigneur de Laval^ p. et m. de Federic Carpentiers.

1. Claude du Bois-Halbran, écuyer, sgrde l'Espéchère, paroisse de Gourbeveille, y habitait II était fils de François ssv de l'Espéchère et de Marguerite de Gourtoux. Antoinette du Bois-HalbraU; Tavant dernière des nombreux enfants de ce Claude et de Lancilotte de la Rivière, avait été baptisée dans réglise de Gourbeveille le 13 septembre 1560, épousa messire Daniel de Ponchères et fut inhumée dans Téglise de Gourbeveille le 20 juillet 1602. Elle était recommandée aux prônes des messes paroissiales. C'est elle qui déposa le 6 septembre 1599 contre Pierre Le Cornu et les Ligueurs qui avaient surpris et saccagé le château de Mon^'ean en 1591.

2. Le père de l'enfant était fils Je François Gouyon, écuyer, sgr du Bigot en Méral.

3. Louis de Sainte Maure, dit Guy XVIII, mari de Guyonne la Folle, et seigneur catholique, Laval lui fut attribué.

DOCUMENTS IW

18 mars. — Honneste Mathieu Le Meignan chastelain de monsieur de la Patriere.

12 mai. — Tempore persecutionis ecclesiœK

1563, 1564. — Inhumatics est catholice Stephamis Bouvet : 20 janvier 1564, supputation actuelle.

1865. 14 septembre. — .... damoiselle Claude de Saint MeUainne espoicse de noble Jehan de Criquebeuf et Marie de la Fontaine femme de . . . Chalumeau sieui* de la Quarterie marraines de Claude fille de Hugues Carpen tiers.

1567. 8 avril. — Noble et puissant seigneur Pirrus Lenfant seigneur de la Patriere de la Houssaie et de Cimbré parrain d'Israël... Le Meignân '*.

17 août. — < Le dix septiesme jour du mois daoust » lan mil cinq cent soixante sept heure de dix heures » du matin trespassa noble missire tiaspard du Plessis

> pbre cure de Courbeveille lequel fut occis le jour Saintt Laurent^ en Ihermitaige de Concise et fut enterre en

> leglise de Courbeveille le jour du landemain tesmoing

> mon seing cy mins et appouse lesdits jour et an que

> dessus. »

G. PlAU.

1568. 28 juin. — Baptême de Gabrielle... Le Meignan : fut parrain noble Nycolas de la Roussière s' de la Chiquetière qui nomma et présenta le nom pour noble Gabriel Lenfant sieur de Lignières^.

i. En marge d*UQ des registres d*ÂstiUë.

2. Pyrrhus aura été représenté au baptême par René Rousseau le second parrain. Les hérétiques avaient une spéciale affection pour les noms de la Bible : témoignage des frères Haag, en la France protestante.

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