Registres d'Ahuillé
4. Vénérable et discret messire Guillaume Piau, fut d'abord chapelain à Courbeveille, sacrifxcxdxiSy puis vicaire de la paroisse sur la résignation de son oncle. Après la mort violenta du curé Gaspard du Plessis, m« G. Piau exerça les fonctions rectoriales et prit possession pour Jean Fauveau le successeur. Le 3 mai 1571, il négociait les intérêts temporels de m® Jehan Raoulle prieur commendataire de la Trinité de la Guerche, prieuré qu'il donnait à bail à m'**' Richard Macé prieur du prieuré de S. Tugal, résidant à la Guerche. Son nom se latmisait Piculus et cette famille est rappelée par Ménage {Vita Pétri jErodii). D'un caractère souple, il se liait aux circonstances paraît-il, se faisait bien voir des châtelains du château de Montjean et dut sans doute à cette circonstance son second vicariat. Il tenait au parti des Royaux et de cruels ennemis Font cinglé de quatrains injurieux écrits au couvercle d'un registre. Ils le battaient sur son blason parlant : de... (sinople?) à la pie au naturel :
Pour ung j)ieau ne vault blason Cest un oiseau gris ce dict on
Pour esprouver le scavoir dune pie Fault sarestez et lescouter jaser Considérer si elle a la pouppie En garrulant quand se mept a causer Nous devions une notice au chroniqueur ingénu qui nous a laissé d'intéressantes notes.
DOCUMENTA i9^
1580. 22 juin. — « Le 22® juingmil cinq cent quatre » vingt, fut baptise par moy Guillaume Piau pbre vicaire » de Montjehan la grousse cloche de Montjehan qui fut » nommée Jehanne par noble Jehan de Cricquebeuf sieur » dud. lieu et capitaimie de Montjehan et damoiselle € Olive Martin sa mère led. nom porte par noble Fede- » rie Testart sieur de Roussillon et damoiselle Jehenne » Testart sa sœur ad. ce commins. »
€ G. Piau*. »
^1592. — « Le dix septiesme jour dapvril lan mil
» cinq cenz quatre vingt douze fut prinse la maison de
» la Patriere paroisse de Corbeveille soubz le com-
» mandement de monseigneur du Boysdauphin et le
» premier cappitaine de monseigneur estoit monsieur de
» Ballee^. La plasce fut prinse pour la seconde foiz et
» ceulx dedans se rendirent a discresion. »
1. Fédéric Testard de Roussilloa et sa sœur, eufants de Thomas Testard et de Jeanne de Cricquebeuf, étaient neveu et nièce du gouverneur de Montjeaa.
2. M. de Ballée, autrement Jean Girard, seigneur de la Claye, de la Sauvagère, de Ballée, de Lignières, etc., fils de Jean et de Julienne Le Voyer, dame héritière de Ballée, est un ancêtre des de Charnacé. Ses enfants servirent comme lui sous le maréchal du Boisdauphin : Tun, Robert, fut tué au siège d'Amiens, le second Anselme, sj^r de Ballée et autres lieux, est souvent rappelé dans nos histoires locales. C'est lui qui releva le nom de Charnacé (S. Alais, vi).
CRAON ET LE CRAONNAIS AU COMMENCEMENT DES GUERRES DE RELIGION 1. 1545-1562.
1545, 1557. — Un étranger nommé Jean Baron d'Aspremont en Poitou, apparut à Craon vers 1545, attira l'attention de la justice par ses opinions subversives et son zèle à dogmatiser en faveur de la doctrine Luthérienne. Filé sur Angers, il y excita la même défiance, et ne tarda point à se réfugier à Genève. Après douze années d'absence, Buron rentra le 9 juin 1557 dans la ville de Craon qu'il troubla do nouveau par ses prédications. Il rejetait la messe, l'intercession des Saints, le culte des images et autres vérités dogmatiques. Arrêté, jeté en prison, il subit un procès qui se termina par l'exécution capitale. Les Huguenots et les simples qu'il avait abusés par une sorte d'illuminisme, en firent un martyr 2 : prétention mal fondée mais fâcheuse qui encouragea les Réformés à faire du Craonnais un des centres de leurs opérations fanatiques.
1560. — La conspiration d'Amboise, trouve au Craonnais un de ses chefs La Chesnaie de Congrier, qui
i. Il n'est point possible d'écrire l'histoire des guerres de rellRion dans le département de la Mayenne sans bien connaître leur origine : elles vinrent de Craon, Puis, retour singulier, Craon délivré de bonne heure des Huguenots, se voue aux catholiques et de toutes nos villes, se rend la dernière au roi converti Henri IV.
2. La France Protestante par MM. Haag : article ^wron. Nous n'avons pas dû citer textuellement ces messieurs, et les savants qui ont à les consulter doivent prendre bien garde aux mille et mille idées et expressions de secte qui se recentrent dans leur dictionnaire historique.
reçut des rebelles la directioi) du Maine et de TAnjou*. Craon dès lors a son prêche et ses anciens. Des maisons
i . Barthélémy Roger. Il est difficile do faire connaître au juste ce personnage, trop souvent confondu par nos historiens modernes avec un compatriote de son temps, de sa trempe de caractère, et quasi de son nom, le sire de la Chesnaie-Laillier. Mais les historiens d'Anjou qui font autorité en cette matière à cause de leur science spéciale et du temps où ils vivaient, nomment constamment le conspirateur en question le sieur de la Chesnaie de Cong^rier. Ceci établi, nous avons à recourir à des notes généalogiques et historiques difficilement recueillies ui persuadent : que celui-ci se nommait Joachim comme Tafrmait dernièrement un érudit sur la foi de nos humbles renseignements; qu'il était d'une famille alliée aux plus grands noms, et que son père et sa mère se nommaient Nicolas de la Chesnaie et Marie de Sellions. < En 1499, après la conquête de Milan, on fit à Angers de magnifiques tournois dans lesquels se distingua et fut grièvement blessé le sieur de la Chesnaie, seigneur de Congrier » {de Bodard,p.2S9). « En 1530, Magieleine de Montgommery, veuve de Catautde la Chesnaie, épousa en secondes noces René de la Jaille, seigneur de la Roche- Talbot. Noble et puissant messire Jean de la Chesnaie, chevalier, capitaine de Sablé, maître d'hôtel du roi, grand fauconnier de monsieur le Dauphin François, fils du roi et duc d3 Bretagne, l'un des cent gentilshommes (Papier baptismal de N^ D. de Sablé, 26 oct. 4534). Dans monsieur de la Rongère, page 793, les armes do François de la Chesnaye, sieur de la Lande et de Niafie en Craonnais, sont d'azur à trois chevrons d'araenl. • (Annuaire de la Sarthe pour 1844, page 166). • Messire Nicolas de la Chesnaye, escuyer, seigr de la Lande, de Congrier et de la Masselière, mari de damoiselle Marie de Sellions damoiselle de la terre et seigneurie de la Denillière, rend aveu pour cette terre le 28 déc. 1542 au sgr de la Selle-Craonnaise (Aveti manuscrit). Présentation par Nicolas de la Chesnaye, sieur de la Lande et de Congrier, de la chapelle de la Chesnaye en l'église de Niafle [Notes et
extraits aénéalogiques par le fevdiste Andouys). En 1545, Nicolas de la Chesnaie rend aveu au seigr de la Barbée pour la Masselière. Le 1 i octobre 1553, Nicolas delà Chesnaie était mort et laissait Marie de Sellions, sa veuve, chargée de plusieurs enfants mineurs. L'aîné de ses enfants Nicolas, rendit aveu le 13 février 1561 à Durtal par le moyen de la Barbée (M. de la Bouillerie : Revue du Maine, XVII, p. 197). Nichollas de la Chesnaye, sieur de la Lande, (le même), vend 31 journaux de terre k Guy Laillier, 1562 ; rend aveu à S. Pern pour la Guytonnière, même année. En 1565, Joachim de la tîhesnaye, seigneur de Congrier, témoin de la vente que fait Gui de la Chesnaye Laillier des 31 journaux ci-dessus, lesquels autrefois Marie de Sellions, dame de la Lande et de la Guitonnerie, avait reçus du baron de Craon. > Lequel de Nicolas ou de Joachim fut le conspirateur d'Am-
notables, jusqu'à présent paisibles, se sentent ébranlées puis entamées par les idées nouvelles, par exemple dans la bourgeoisie, les maisons Bernard, Marsille, Hoisnard de la Bodangère, Maumusseau, Boisramé, Hiret, Raguin, Molvaut, Doucher, Haireau, Briant, Meignan, ainsi que beaucoup d'autres * et parmi la noblesse les prédicants se flattent d'avoir gagné le sieur de la Chesnaie-Lail- 1er, Cruardière, Noirieux du Cormier, la Chesnaie de Congrier, Louis de Feschal chef de la branche de Poligné suivant les présomptions de l'auteur de la Généalogie de
boise ? Si Ton trouve trop de jeunesse à Joachim pour s'être déjà si avancé dès 1560 dans une conspiration d'étourdis, on ne saurait çuère se refuser à croire que ce fut Tun ou l'autre. M. de la BouilTerie observe dans son article susdit, pages 176 et 177. que Geoffroy de Dureil, seigneur de la Barbée, le suzerain de nos de la Chesnaye,fut un célèbre capitaine protestant. La Barbée se distingue parmi les plus fanatiques, soit à Angers, soit au Mans, en 1562. Les de la Chesnaye lui cédèrent si peu aue Barthélémy Roger, dans ses mémoires de 1673, rappelle la aéfection de cette famille en des termes qui méritent d'être rapportés ici comme revenant à notre sujet : t II y eut un gentil-
> homme nommé le sieur de la Chesnaie (un des aïeux 1499) » fort estimé de tout le monde qui reçut aux joutes (d'Angers) » un jpnrand coup de lance qui perça son harnois dont on croyoit
> qu'a dut mourir à l'heure même, mais il n'en fut pas seule- » ment blessé. J'ai remarqué cet accident du sieur de la Ches-
> naie pour faire connaître à ceux de ce nom et de cette famille
> seigneurs de Congrier en Craonnais, qui sont a présent de la » religion prétendue réformée, l'estime qu'on faisoit en ce
> temps-là de leurs ancestres qui étoient catholiques laquelle 9 réputation ils ont perdu pour avoir embrassé fhérésie, car • on ne peut estimer ceux qui quittent Dieu et la religion
> ancienne de leur pays, ce qui servira ici de note pour la » noblesse huguenote d'Anjou qui est désormais en fort petit
> nombre dieu merci. »
Joachim de la Chesnaie fut chevalier des ordres du roi, seigneur de Congrier, de la Lande de Niafle, etc. Nommé gouverneur de Château-Gontier par Henri IV, monsieur de la Lande de Niafle s'y maintint, de la fin de 89 jusqu'en mai <592. Après la défaite des royaux à Craon, la Lande se rendit aux premières sommations de Mercœur et fit place à l'ancien gouverneur, La Motte-Ferchaud, qui venait de se faire le plus^rand honneur à Craon. Joachim de la Chesnaie, seigneur de la Lande, était mort en 1602, année où sa fille Marie épousait Loup de Léviston {Reg. de Niafle).