Barthélémy Roger i, page
3. Mémoires de Condé. On voit qu'il n'y a qu'ordre et dignité dans la conduite des la Trémoille.
4. MM. Haag prétendent qu'il fut dénoncé par son frère redevenu catholique, Macé de la Boissière des Aulnais d'Astillé. En tout cas répithète d'apostat, lancée contre celui-ci, n'était méritée que pour la première fois qu'il changea de religion.
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PILLAGE DE l'aBBAYE DE LA ROE EN 1562. PIÈCE D'UN PROCÈS DE 1571 QUI EUT LIEU A CETTE OCCASION ENTRE l'abbé GUY DE LANSAC ET CHRISTOPHE GUYON PRIEUR CLAUSTRAL ET LES RELIGIEUX. 1562-1571.
Les religieux prétendent... que Tabbaye manque de tout pour la célébration du divin service fonde en lad. église.... Ces ruines existent depuis 1562 et les abbés n'y ont point donné ordre... demandent la saisie du temporel par contrainte... de fournir en ornements linges, calices, croix, encensoirs, chandeliers, livres nécessaires... réparer les autels ruinés... mettre et fournir un maitre de bonne littérature, foi, vie et mœurs, pour instruire et enseigner les moines, et hommes pour sonner grosses cloches aux jours et heures requises, et un prédicateur pour prêcher au temps du carême.
L'abbé de Lansac réplique qu'il y a deux ans seulement qu'il est abbé, et que sur leur demande de ne plus employer de fermier séculier il donne le corps abbatial à ferme à frère Recoquillac, l'un des demandeurs, à condition des réparations et de bien traiter les religieux suivant leur estât, règle et fondation... € quil est tout no-
> toire que lors des premiers troubles advenus en ce
> royaulme pour le fait de la religion, les dits orne- » ments furent prins, ruinés en partie par aucuns de la » nouvelle opinion tenant fort en la ville et château de
> Craon semondés et attirés a ce faire d'autant que icelle » abbaye est voisine dudit Craon champestre et sans f grande closture force ni résistance lors duquel ravage » furent pareillement les fonts baptismaux de lad. église, » brisés, rompus et les images brisées, les livres à chan-
» ter et faire le divin service brûlés pour la plupart, et » quant aux autels ils furent quelque peu écornés et
> rompus aux coings et oreilles non du tout subvertis et » ruinés quelque chose que dient les demandeurs et sont » telles désolations advenues du temps de feu m'^ Fran- » çois de Pisseleux lors abbé de la dite abbaye ; néanmoins » feu R. P. en Dieu M'* Lancelot de Carie eveque de » Riez son successeur abbé auparavant quavoir jamais » touché aucun fruit dicelle abbaye y a donne des chap- » pes chasubles dalmatiques étoiles fanons manipules
> etc. de satin et velour blanc et rouge le tout façonne » et enrichi comme il peult pour lors pour le temps et la » saison. Et quant audit défendeur successeur dud. de » Carie sitôt quil a ete pourvue dicelle abbaye il en a » fait raccoutrer les portes, rétablir lesdits fonts baptis- » maux et acheté et fourni les nappes aubes amicts et » autres linges nécessaires tant au divin service que autre » comme il a pu a fait acheter trois calices et une croix » comme lesd. demandeurs ont bonne connaissance et en y> eut fourni en plus large selon son pouvoir sans que » iceux demandeurs lauraient et ont jusque a ce empes- » che disant que netions encore bien hors desdits trou- » blés partant ne fallait donner nouveaux appâts aux » larrons ne retomber au premier malheur et inconve- » nient. »
« Quant aux livres de chant ont iceux demandeurs » baillé par écrit ce quils en demandoient et est on cha- » cun jour après pour y besoigner mais cest chose qui » requiert du temps et une œuvre de long labeur et tra- » vail. Offre ledit deffendeur comme il a toujours fait » rétablir les choses urgentes et nécessaires audit divin » service selon la suffisante simplicité et modestie requise » par les saints décrets et canons Gloria episcopi et la » prudence joint même que le revenu de lad. abbaye est » fort petit et diminue tant au moyen de grand partie » du temporel dicelle qui a puis les dits premiers trotir-
» bles été vendu et aliéné par le roi notre sire jusque » après mille livres de rente que par la portion de pa- » reille somme de mille livres par Sa majesté ordonnée » sur ieelle abbaie à M. de Ronsard son chroniqueur et
> aulmûnier ordinaire^, et pareillement pour les grands » décimes es quelles ieelle abbaie est taxée et surchar^ » gée jusque à 500 livres par chacun an et autres frais » et mises presqu'insupportables Sv>utenant ledit defen- » seur quil ne peult ne doit être par nous condamne ne » contraint a acheter mettre ne fournir en ieelle abbaie » autres ornements fors que dessus et selon sa portée » fruits et revenus dicelle abbaie charges déduites et le » tout par les petits et par les années et encore que ledit » sieur de Ronsard au prorata de sa <lite portion et aussi » lesdits deffendeurs qui ont et tiennent dans ladite ab- » baie gros offices et bénéfices en dépendant sans aucune » charge et ont bourse fort riche séparée de la mense du » dit défendeur doivent de leur part et selon leur faculté » contribuer a Tachapt et fournissement desdites choses » et que telle est et a toujours été Tusance en ieelle » abbaie es dits cas occurant et d'autant que comme dit » est les dites ruines et démolitions sont du temps
> dudit feu de Pisseleu, les fermiers duquel peuvent » encore devoir quelques restes demande que... iceux » religieux... seront appelés. »
» Pour le nombre des religieux il dit qu'ils sont en » nombre suffisant et il demande a voir la fondation que » les religieux ne veulent pas lui montrer. »
4c Et quant au prédicateur pour le carême dit...
» que frère Thomas Goulay l'un desdits défendeurs se- » cretain de ladite abbaye et lequel a cette cause se dit » et prétend curé ou vicaire perpétuel de ladite paroisse
1. Les lettres patentes pour Timpression des armes du célèbre Pierre Ronsard le qualifient conseiller et aumônier ordinaire du roi et de madame de Savoie (Biographie Universelle),
208 COMMISSION HISTORIOUË
» de la Roe doit au dit lieu résidence personnelle et ser- » vice actuel doit administrer les saints sacrements et » prêcher la parole de Dieu en sa propre personne et » s'en sont les prédécesseur dudit défendeur curés pri- » mitifs ses fondateurs et présentateurs demis en luy. » Et la charge première principale et spéciale que ses » prédécesseurs non t dédaignée ne refusée demande... » que icelui segretain soit condamné... ce faire parsai- » sie de son temporel... et ou il ne le pouroit ni le vou- » droit quil commette... vicaire ou un prieur coadjuteur...
> auquel... il assigne pentiou honnête et portion du re- » venu de son bénéfice qui vaut de sept a huit cents livres » de rente charges faites le tout en domaines et grosses
> métairies outre la nourriture quil a en ladite abbaie » comme lun des autres religieux. D'avantage doit icelui » secretain entretenir les vitres dicelle église et pour ce » faire a rentes spécialement fondées par les predeces- » seurs dicehiy deffendeur. Et doit pareillement fournir » et entretenir les cierges lampes et luminaires de ladite » abbaie et dortoirs dicelle tant de jour que de nuit faire » balayer et nettoyer ladite église l'ouvrir et la fermer » aux heures prescrites faire sonner les cloches pour » convoquer lesdits religieux et peuple au divin service » et entretenir les dites cloches de cordes et autres équi- » pages... pourquoi il s'attribue et prend de fait par cha- » cuns ans sans merc ne sans montre une grande quan- » tité de bois sur lad. abbaie sans toutefois toucher une » seule desdites charges du bout du doigt et néanmoins » toujours se plaint et toujours demande que cest chose » étrange. »
« Pour le regard d'un maître d'école il est tout com- » mun et notoire a lad. abbaie que le sous prieur dicelle » a raison de son office ou bénéfice doit instruire les » ignorants du chant et des cérémonies diceluy couvent » qui est ce quon a accoutume d'enseigner et montrer en » lad. abbaie non pas tenir escole ouverte aux enfants
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» des séculiers et de tout le inonde et toutefois ou il
> seroit besoin mettre en lad. abbaie autre maitre d*ecole » séculière que non et seroit contre lesdits canons et » saints décrets demande et requiers celui défendeur » que icelui prétendu maitre soit préalablement examiné » de ses sens littérature et suffisance. »
« Il se plaint de relâchement de la vie commune sous » prétexte des troubles et demande quils soient con-
> damnés a reforme sans quoi il ne leur donnera rien* » Sous ombre et prétexte des derniers troubles.,, se sont » licenciés dispensés de vivre en commun et conventuel- » lement selon leur règle chose qui entretenoit la disci- » pline,paix et amour entre eux et en la maison, rentrant » en icelle pernoctant au dortoir et reprenant la manière » de vivre ancienne pour éviter scandale et murmure. »
Par sentence du 23 avril 1571, le Présidial d'Angers condamna Guy de Lansac^ abbé de la Roë, à fournir de calices, chapes, linges, ornements et livres la sacristie, à cause des ravages des Calvinistes au château de Craon {La Trémoille, vers 15622).
i. Guy de Saint-Gelais, dit le jeune Lansac, pour le distinguer de son père, comme lui ligueur célèbre, ue jouit que très peu d'années de Tabbaye de La Roë. Il n'était au reste que laïque, et ne tarda point à suivre Henri d'Anjou en Pologne où il avait habilement négocié sa couronne, 1573. Très aimé de Catherine et des Valois comme le fut le célèbre Ronsard, il dut sans doute à cette circonstance de partager avec lui la mense abbatiale de notre abbaye de La Roë. Lansac, son nom est historique, tient au Maine par d'autres côtés : il était seigneur de Ballon par sa femme, et notre histoire locale rapporte maintes actions de ce capitaine de la Ligue.
2. Copie et notes prises par M. Tabbé Logeais, curé de Saint- Ouën-des-Toits, sur les titres de la Ro'è, actuellement aux archives de la Mayenne. Le mot, La TrémoUle, qu'il a mis entre parenthèse, n a pas sa raison d'être : c'est une superfétation,
Sui prête à l'erreur, sur la foi d'un passage erroné de l'abbé •ucnesne: Craon et ses barons. Nous devons à l'amitié de M. l'abbé Rivière, professeur au petit séminaire de Mayenne, la communication des intéressants manuscrits de M. Logeais, son oncle ; qu'il veuille en agréer ici le très reconnaissant témoignage.
UN ÉPISODE DE LA FUITE DE CONDÉ, ENSUITE DE SON SEJOUR A PARRENEAU*, APRÈS SA DÉFAITE A ANGERS. 1585.
« Le 18® jour de novembre 1585, a heure de nonne, arrivèrent soubdainement dans ce manoir 2 quatre chevaucheurs conduits par un pauvre charbonnier de la forest de Foulgères. Bien que patis de froid et de fatigue, prime que de descendre, Tun d'eux voulut parler à moi ^ et vint dreit à ma chambre ou de prime face me dis : Estes vous Jacqueline de la Haye ? Je répondis que ouy et luy me dis : je suis le prince de Condé qui vient vous demander asyle. Toute esbahye, je repartis : Ah mon Dieu ! que est donc advenu ? Je vous raconterai tantost; puis me dit: allez commander a vos gens tenir secrette cette nostre venue et prendre soin de mes compaignons. Ce que feis incontinent puis pensent que j'estois veufve et voyant mon aisné fils qui tout estonné entroit au logis, je le prins et le conduisis en la chambre où lui dis : voicy monsieur le prince de Condé qui vous demande asyle. Bien qu'esbahy de tout ce cas, incontinent se meit a genoux, baisa la main dudit seigneur, jurant par son serment le vouloir garder, servir et deffendre envers et contre tous ; et loyaument le feit, car a bien le noble cœur de son pauvre père. Des sieurs Claude de la Trémoille et Davantigny^ et un varlet seulement,
i. Voir, à Tarticle Quelaines, la fondation des château et prêche de Parreneau.