‹ Procès-verbaux et documents, Volume 5Chapitre 94 sur 106 · DU 11 MARS · texte numérisé non relu

DU 11 MARS

Henry par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre a nos amez et feaulx conseillers les commissaires par nous depputez près nostre conseil pour la saisie et vente des biens de nos ennemis rebelles, trésoriers de

France ^ senechal de ^ qu son lieutenant salut.

Nous aurions faict don lannee dernière au sieur du Cornet cappitaine ^ du sieur de Lavardin et au sieur de

Boisdoublet des deux tiers des meubles debtes fruicts et revenus des immeubles quelque part qu'ils soient situez appartenans au sieur de Montesson pour ladite année a nous acquis et confisquez par sa rébellion aux charges et conditions portées par les lettres a ceste an rendues et desirans pour les mesmes considérations de leur continuer noustre don pour la présente année attendu que le dit sieur de Montesson au lieu de se recognoistre continue et persévère en sa rébellion. A ceste cause nous vous recommandons et ordonnons que vous estans deuementappareu de la rébellion dudit Montesson vous falotes des deniers provenans la dite présente année les fruicts et revenuz après en avoir fait retenir le tiers que nous nous sommes réservé payer aux dits sieur du Cornets et Boisdoublet par le commissaire et commis à ce requis et gouvernement d'iceulx les autres deux tiers dont nous

i. Partie ponctuée restée en blanc sur Toriginal. % Idem.

3. Illisible, effacé : ce doit être de la compagnie du sieur de Lavardin.

leur avons faict et faisons don par ces dites présentes aux dites charges et conditions sudites et portées par lesdites lettres que voulons astre suivies de point en point selon leur forme et teneur pour la présente année nonobstant qu'elles soient expédiées de la dernière et en rapportant par ledit commissaire des dites présentes toute quictance sur ce suffisante il en demeurera quicte et deschargé par tout ou il appartiendra car tel est nostre plaisir. Donne a Tours le xi« jour de mars lan de grâce mil cinq cent quatre vingt et treize et de nostre règne le quatriesme.

Henry Par le Roy Potier (Copie faite en 1863 par monsieur Raoul de Montesson *).

1. Cette copie est insérée dans son original en parchemin aux Archives de la Sarlhe, sous la cote suivante :

Fonds municipal du Mans (liasse n"^ % intitulée documenls divers.

t)OCDMBN*S 241

TESTAMENT DE MADAME DU PLESSIS DE GOSMES, FEMME DE PIERRE LE CORNU, GOUVERNEUR DE CRAON

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Je Anne de Champagne veuve de deffunct messire Pierre Le Cornu vivant chevalier et sieur du Plessis de Cosmos estant par la grâce de Dieu en bonne disposition de corps et d'esprit et d'entendement, cognoissant que rien n'est plus certain que la mort, et l'heure incertaine, désirant ne sortir de ce monde sans pourvoir à mon salut et disposer des biens qu'il a plu à Dieu me donner en se monde a son honneur et gloire et au salut de mon âme confesse avoir aujourd'hui fait et ordonné mon testament et dernière volonté ainsi que s'ensuist.

Premier je recommande mon âme a Dieu a la sacrée glorieuse Vierge Marie, a monsieur saint Michel ange et archange, messieurs Saint Jean Baptiste, Saint Pierre et Saint Paul, a madame Sainte Anne, a Marie Magde- ' leine et a toute la cour céleste des Anges et Archanges, Saints et Saintes de Paradis les suppliant très humblement intercéder envers la très glorieuse Trinité pardon et rémission de tous mes péchés et quand mon âme partira de ce corps de la terre voir et prendre a miséricorde et lui donner son paradis en l'honneur du précieux sang de son fils Jésus Grist qui a este répandu pour nous en l'arbre de la Croix.

Item je veulx sil y a moien et que je decede a Cosmes mon corps estre inhume auprès de feu monseigneur et mary que Dieu absolve et cysest aultre part dans la plus

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* proche église ou je mouré, auquel lieu il sera fait service

solennel que Ion a accoustumé faire aux defuncts....

Item je veulx et ordonne quil soit dit a Brissarthe a Avoise et a Cosmes un trentain selon l'institution de monseigneur saint Grégoire, le plustot que faire se pourra ^ a mon intention... avec recommandation ci-dessus

Item je veulx que mes serviteurs soient payés de mes i aullres dettes véritablement deues.

Item je donne à mon fils puisné nommé Pierre Le Cornu après mon décès lusufruit de quatre mille escus oultre et par dessus son partage quil y appartiendra. . et douze mille livres, je donne aux enfants qui sortiront de lui en loial mariage et d'une femtne de sa condition... et ces sommes prises sur tous mes biens meubles et acquêts et particulièrement ladite somme de douze mille livres sur la réserve que j'ai faite par le contrat de mariage de mon fils aisné... Urbain Le Cornu ^

Item je donne aux dames du couvent de Patience pour aider a bastir leur église mille livres une fois payées pour estre mes parents et amis participans en leurs prières.

Oultre je supplie les dites dames avoir soing de me faire dire un annuel à Teglise de Notre-Dame d'Avesnières et a Notre Dame de Lignou un annuel a chacun lieu que mes héritiers payeront ou feront payer.

Item je ratifie et veulx que le don qu'a fait mon fils aisné a madame Claude et Anne Le Cornu ma fille ait lieu et lui donne quarante livres pour parfaire ladite somme de quarante escus oultre sa pention pour estre

1. Urbain, fils aîné de Pierre Le Cornu et d'Anne de Champagne, naquit au château de Craon le lundi 9 juillet 1590 et eut Eour parrains Urbain de Laval, maréchal du Boisdauphin, et lOuis de Champagne, seigneur de la Motte Ferchaud. Il prit alliance dans la maison de Rougé. Pierre, son frère cadet né aussi au château de Craon le vendredi 12 janvier 1596, eut pour

Î parrain Pierre de Chalus, seigneur de Fresnay. lieutenant de a compagnie des chevau-légers du sieur du Plessis, et s'allia dans la maison du Boisberrenger.

participante en ses prières, ni que mes héritiers y puissent rien prétendre jusqu'après sa mort *.

Item je ratiffie le don que deffunct monseigneur et mary a fait a damoiselle Claude Guillot sa nièce.

Item je donne a Claude Bourgecy et a Renée Chevillard que j'ai nourries petites a chacune cinquante livres pour aider à les pourvoir et prier pour mon ame et de mes parents amis et bienfaiteurs.

...Exécuteurs testamentaires noble homme Jean du Bailleu sieur de Tlsle Briant et monsieur Amis chanoine d'Angers cure de Brissarthe....

Fait tout de ma main...

Fait à la Reaulté ce 23® jour de Juin mil six cent vingt six signe A. de Champagne qui supplie encore seste glorieuse Trinité avoir pitié de mon ame

Le 3® jour de février 1628 dame Anne de Champagne gisait au lit en la ville de Paris logée au Cheval Blanc, rue des Marmousets, en la Cité.

(Titres de M. Gombert de la Tesserie).

1. Anne Le Cornu, marraine à Cosmes, le 17 mars 1600, fille de sieur Pierre du Plessis. Nous laissons telle la phrase incorrecte du texte ci-dessus.

244 Commission historique

Le Cardinal de Rambouillet et les certificats DE 1577.

C'est par une mention spéciale de Monseigneur Charles d'Angenneîi de Rambouillet évêque du Mans, Cardinal de la Sainte Eglise, que nous devons terminer ce livre de notions historiques, dont il a été en quelque sorte la cause. N'est-ce pas lui en effet qui reçut du roi la commission délicate d'observer au commencement de 1577 l'état des esprits, l'attitude de la noblesse dans son important diocèse, tant vis à vis du prince et de son pouvoir établi, que vis-à-vis de la religion catholique dont l'existence respectée est SI intimement liée au bien être d'une nation ?

On s'est rendu compte de la modération pleine de délicatesse dont l'église entière du Mans fit preuve en se soumettant aux desiderata de l'illustre et vigilant prélat qui la gouvernait depuis bientôt vingt ans. Nous avons de plus observé que cet esprit de charité, de prudence et de réserve étaient conforme aux principes de l'évêché.

Comme il arrive à peu près constamment, les ennemis de l'Eminent Cardinal, loin d'y prendre garde et d'y donner la moindre attention, s'emportèrent en récriminations contre lui. Dès les premières années des guerres, les Calvinistes écrivirent contre les Catholiques du Maine et en particulier contre l'évêque, des pièces contenant, sous une forme narrative, étudiée, spécieuse, les accusations les plus graves, à leur manière et pour donner le change. Elles se rencontrent partout. L'une d'elles, visant les certificats de 1577, s'exprime ainsi à ce sujet: « On » présente l'évêque du Mans comme l'auteur des troubles

» et Tennemi de la pacification. On lui reproche d'aller » de maison en maison, chez les gentilshommes papistes,

> pour les faire entrer dans une conjuration publique, » qu'il appelle association. On lui reproche d'avoir fait » enregistrer et signaler, par tous les curés de son évê- » ché, ceux qui sont suspects de calvinisme, leurs quali-

> tés, leurs forces, pour leur sonner à la première occa- » sion, un retour des vêpres siciliennes....* »

Rien n'était plus contraire à la vérité que ces assertions pleines de malveillance. Bien loin de porter à la sévérité contre les hérétiques du diocèse, au moins en ce qui concerne l'enquête de 1577, le gouvernement de l'évoque, si ferme d'ailleurs car nous ne prétendons pas le contraire, ne pressa point les investigations, approuva les mesures pleines de réserve des doyens curés et vicaires, ajouta l'épithète favorable de caiholiqice h plus d'un nom que le propre curé lui-même n'avait pas cru devoir qualifier, et enfin ne livra pas même a l'autorité les cédules, puisqu'elles restèrent au palais épiscopal.

Au vrai pour ne parler que du Maine, les Calvinistes, et non pas l'évêque ni ses catholiques, avaient eux-mêmes sonné le glas des guerres en 1562 par le sac de la cathédrale du Mans, le pillage des couvents, les plus odieux attentats contre les biens et les personnes, et l'on sait d'ailleurs que celle du prélat fut des moins épargnée 2.

\. P. Renouard : Essais historiques et littéraires sur la ci-devant province du Maine 11, p. 57.Voir Dom Piolin, Eglise du Mans, sous l'étiquette tabulaire Renouard, pour se rendre compte du caractère de cet écrivain.

2. Nous devons mettre en note ici une page prise aux Archives de la Sarthe : « Information contre les Huguenots à la re- » queste des frères prescheurs par ordre du Parlement donné » à Paris le 3 aoust 1562. »

« Gentilshommes. »

« Les sieurs de Basoges, de Marcé, de Serizey, de Lespine » laisne et le jeune, la Motte-Tibergeau, de Bersault, de la » Barre de Saint-Loup, de la Hutterie, de la Motte Brestel, de » Mimbré, de Lavardin, le baron de Noyen, les sieurs d'Avenes,

Tous ces crimes furent d'énormes maladresses. Euxmêmes, les Calvinistes, qui étaient zélateurs et doctrinaires, se trouvèrent couverts de confusion, comprirent rimmense dommage de cette déclaration de guerre avec tant d'odieuses circonstances, et ne cachèrent pas à leurs violents coreligionnaires, leur complète désapprobation d'actes criminels qui livraient tout le parti à l'impopularité aussi bien qu'à la rigueur des lois. Ces lois furent exécutées et le peuple n'eut aucune pitié des victimes. Etait-ce une raison pour les hérétiques de vouloir jeter sur Charles d'Angennes la responsabilité de poursuites soit juridiques soit sommaires, si maladroitement et si criminellement encourues par les suppliciés eux-mêmes.

Les Calvinistes le tentèrent toutefois, et rien n'est plus intéressant ni plus instructif sous ce rapport, que de lire le résumé de leurs accusations contre lui, dans un article jeté à dessein et comme à la dérobée, dans la France Protestante, sous le couvert d'Elisabeth Cottereau, la mère des onze Rambouillet, soi-disant protestante. Il n y a point à craindre d'avancer, qu'aucun lecteur ne verra sans surprise les auteurs érudits de cet ouvrage important entasser avec une naïve simplicité, contre la mémoire du Cardinal, de simples exploits juridiques. Un des inculpés fixe notre attention : c'est un gentilhomme de notre Bas-Maine, du nom de Menil-Barré, lequel entre parenthèse n'est rapporté dans aucun des certificats. Il faut même dire que celui du curé d'Andouillé est un de ceux qui manquent au dossier. Le Menil-Barré qui est dans cette paroisse, appartenait alors à la maison de Fontenailles, et même François de Fontenailles et damoiselle

» du Mesnil-Barë, de Maulny. de Posset, de Tuffes et son ftlz » aisné, de Pont-Ghenon, de Launay-Baluere, et son fils aisné, » de Medemanche, de S^-Ouen, Tahureau de la Chevalerie, du B Busson, du Vivier, Lallouest de Mêmes, de Clivoy, la Forest » d'Izé. Ceux-ci nommez gentilzhommes dans la sentence pour » les arrester prisonniers a cause de la rébellion »

Françoise de la Fallu son épouse, qui en étaient alors seigneur et dame, faisaient profession sans doute de la religion catholique, puisqu'ils y fondaient en 1551 une chapelle domestique consacrée à Saint-François leur patron. François vivait encore en 1570. Etait-ce un de ses fils qui se distingua parmi les religionnaires ? Quoi qu'il en soit la note de la page précédente signale Menil-Barré au nombre des nobles huguenots dont se plaignirent les frères prêcheurs du Mans le 3 août 1562. MM. Haag, de leur côté, nous informent qu'il fut une des victimes de l'intolérance de Tévêque du Mans et semblent insinuer qu'il ne put échapper au supplice malgré sa jeunesse, sorte d'auréole qui aurait dû suflSre, prétendent-ils, pour le rendre intéressant. Mais Théodore de Bèze lui-même est plus difficile ou moins séduit : Parmi les victimes de la réaction contre les coupables de 1562 on nomme 4C Mesnil Barré, le fils d'un gentilhomme qui, dès l'âge » de 17 ans, avait déjà signalé ses mauvais instincts par » plusieurs crimes, dit Théodore de Bèze. » (Dom Piolin V 471).

« J'ai sceu écrit de Rouen Brissac à Catherine de Mé- » dicis le 27 mai 1563, que pour certain le capitaine » Coulombieres, Bressault, Aigneaux, Moineville (Hubert » de Clermont s*" de Maigneville frère de Bussy), le Menil » Barré et d'aultres ont passé en trouppe, bien montez » et bien armez et quilz disent aller droit a la Court. » (A. Joubert : René de la Rouvraye ; 2 édition p. 21).

Le jeune bandit Ménil-Barre avait il donc réussi à soustraire sa tête au supplice ? Ce ne serait point, nous semble-t-il, le seul des martyrs calvinistes revenu de l'autre monde à temps pour le service de la cause : mais du moins eût-il été de la plus vulgaire équité de ne pas charger le Cardinal du procès que le gentilhomme avait mérité par ses crimes. Comment se fait-il qu'un historien catholique à qui l'on veut encore accorder quelque créance, l'historien de Thou, ait osé recueillir pour les se-

mer à profusion dans son grand ouvrage, tant d'allégations mensongères, souvent puisées dans le sein même de l'hérésie ? « Dans les circonstances difficiles ou il se trou- » vait, écrit Dom Piolin, Charles D'Àngennes fit son de- » voir, et les calomnies de l'historien de Thou ne par- » viendront pas à flétrir sa mémoire ; elles sont d*ail- » leurs réfutées par des auteurs protestants qui disent » absolument le contraire du trop fameux historien » (Testament du Cardinal Charles d'Angennes /567,par le R. P. Dom Paul Piolin, prieur de l'abbaye de Solesmes, Président de la Société historique et archéologique du Maine, p. 10).

NOTICES HERALDIQUES

CouDRAY DE LA Vaugottière ^du) : d'argent au lion de giteules lampassé de même et armé de sable ^.

Launay (de), originaire du manoir de ce nom en Beaulieu, portait d'argent, fascé d'azur de trois pièces en pointe ; en chef trois aigles de sable au vol abaissé, en fasce, celle du milieu élevée d'un peu au-dessus des deux autres, L'écu timbré d'un casque fermé, surmonté d'une aigle issante, avec lambrequins ; Supports : deux aigles. Devise : Lumine pulsis -.

Le Cornu. L'écusson de Jean Le Cornu, v® du num, seigneur du Plessis de Cosmes et père du gouverneur de Craon, souvent cité dans ces notices, est encore de nos jours conservé dans Téglise de Cosmes : c'est un joli petit écu en bois avec tous ses émaux peints, fixé au mur avec un gros clou au-dessus de la porte latérale ; la cornière senestre est avariée.

Ecartelé : au l®*" d'or au massacre de gueules surmxmté d'une aigle éployée de sable, qui est de Le Cornu ; au 4® d'or à 6 annelets de gueules 3, 2, / , et une croisette de même en abîmée, qui est d'Illiers ; au 2® d'azur à la fasce de sable chargée de trois coquilles de gueules et accompagnée de trois pommes de pin d'or renversées, qui est le Picard du Boile ; et au 4®, pallé d'argent

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