DÉPENSES
Ville de Paris.
La somme de 6,283,681 fr. à la charge de la Ville de Paris, et comprenant, avec l'entretien des bâtiments, les dépenses ordinaires et aonuelles d'entretien des Écoles, se décompose de la manière suivante :
Écoles laïques de garçons et de ûlles 1,486,040. »
Écoles congréiianistes de garçons et de lilles 1,494,243. »
Classes d'adultes 209,665. »
Salles d'asile 951,462. »
Collège Chaptal 792,850. »
École Turgot 129,660. »
École supérieure de jeunes filles 92,760. »
Enseignement du dessin 227,930. »
Enseignement du chant 125,635. a
Subventions et allocations diverses 773,436. »
Total 6/283,6*1. »
Arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux.
Les dépenses à la charge des communes rurales, et «'élevant à la somme de 367 ,331 fr., se décomposent de ia manière suivante, selon la nature des établissements scolaires :
Écoles de garçons. 128,500. »
Ecoles de jeunes filles 64,350. »
Salles d'asile 50,625. »
A reporter 243,475. »
Une caisse des Écoles a été créée à Gentilly, à Montrougc, 11 décembre, à Vitry, à Clamart, à Vanves et à Sceaux. Vincennes, Montreuil, Charenton préparent également l'organisation de cette œuvre de bienfaisance scolaire, qui peut utilement contribuer à laisser aux communes le salutaire devoir et l'honorable charge de se venir en aide à elles-mêmes, avant de faire appel à l'assistance de l'État.
Report 243,475. »
Classe» d'adultes 5,206. »
Dépenses diverses 118.650. »
Total 367,331. »,
Fonds départementaux.
Le Conseil Général de la Seine, dans le but d'encourager et de récompenser les Services de l'iDstruction primaire, alloue, chaque année, une somme importante, destinée à différentes dépenses. Cotte allocation a été, pour l'année 1868, de 429,600 fr., et il est utile d'en connaître le détail,
savoir :
Subvention à l'École de Cluny 10,000. »
Commission d'exameos 21,100. <»
Complément des dépenses ordinaires (loi de 1867).. 60,000. »
Subventions aux communes pour construction d'Écoles. 207,300. »
Subvention à des Établissements libres 9,000. »
Subvention aux communes pour fournitures de livres. 1,800. »
Subvention pour l'entretien des Classes d'adultes.. 11,500. »> Encouragements aux instituteurs, aux institutrices et
aides 17,000. »
Secours aux anciens instituteurs 12,000. »
Allocations aux inspecteurs primaires > 9,000. »
Frais généraux d'impression .. 4,000. »
Subventions aux bibliothèques scolaires. . 2,000. »
Subvention pour l'enseignement du chaut 3,000. »
Remplacements dans les Écoles rurales 8,000. »
Inspectrices des Pensionnats 22,500. »
Inspectrices des Salles d'asile 12,900. »
Cours de l'Hôtel de Ville 6,006. »
Caisses des Écoles 5,000. »
Bulletin de l'Instruction primaire ... 2,500. »
Dépenses imprévues 5,000. »
Total 429,600. »
11 décembre. « Le zèle des instituteurs et des institutrices justifie ces Discipline témoignages de sollicitude; il n'est que juste d'en faire la . ct remarque. Aucun membre du personnel enseignant de nos en?eignemen . g coJes commiuia i es n ' a été, celtc année, l'objet d'une mesure
disciplinaire. Si quelques avertissements préventifs ont dû être donnés, le nombre en a diminué, et la cause qui les avait provoqués était généralement sans gravité. Nous attachons chaque jour plus d'importance à la tenue de nos maîtres, à leurs rapports avec les élèves, aux liens de respect et de bienveillance qui, les unissant les uns aux autres, permettent à l'instituteur de suivre l'enfant hors de la classe et rendent le séjour de l'école facile autant que profitable.
« C'est de cette sorte d'adoucissement réciproque de mœurs scolaires que nous voudrions surtout tirer les principes d'intelligente discipline, qui, seuls, peuvent faire de l'école un établissement $ éducation, au meilleur sens du mot.
« L'intérêt que le personnel enseignant et les familles attachent aujourd'hui au développement des études primaires, doit puissamment aussi, dans notre pensée, concourir à cette amélioration morale.
* Bien que d'une application récente, la nouvelle organisation pédagogique des Écoles du Département de la Seine a déjà donné des résultats encourageants. Les épreuves du Certificat d'études qui ont eu lieu, pour la première fois, à la lin de cette année scolaire, en ont mis en lumière les premiers effets. '
Certificats « A Paris, 1,784 élèves, dont 1,081 garçons et 703 filles;
d'études. dans les arrondissements ruraux, 405 élèves, dont 238 garçons et 167 filles; en tout, 2,189 candidats «ont pris part aux examens. Sur ce nombre, 924,— dont, à Paris, 799, à savoir, 544 garçons et 255 filles ; dans les arrondissements ruraux, 125, à savoir, 85 garçons et 40 filles, — admissibles aux épreuves orales, ont été successivement appelés , par séries, soit à l'Hôtel de Ville, soit au chef-lieu de canton; et 659 admissions pour les Écoles de Paris, — 451 pour les
Écoles de garçons, 208 pour les Écoles de filles ; — 112 ad- il décembre, missions pour les Écoles des arrondissements ruraux, — 73 pour les Écoles de garçons, 39 pour les Écoles de filles ; — en tout, 771 ont été définitivement prononcées.
« Numériquement, ces résultats sont satisfaisants. Ils valent mieux encore par la somme d'application, d'intelligence et de savoir qu'ils représentent. L'étude que j'ai faite des compositions écrites et la part que j'ai prise aux épreuves orales, m'ont permis de constater, sur certains points, des insuffisances ou des défaillances de direction, dont j'ai fait mon profit pour les conseils à adresser à nos maîtres et à nos maîtresses; mais, en définitive, si l'on considère que le Certificat d'études est, dans le département de la Seine, d'institution toute nouvelle, il y a lieu de se féliciter de ce premier résultat, et j'ai' été heureux d'avoir à transmettre aux directeurs et aux directrices laïques et congréganistes qui nous avaient envoyé des candidats , le témoignage de la haute satisfaction de S. Exc. M. le Ministre de l'Instruction publique.
« Compris comme ils l'ont été dès cette année, ces examens du Certificat d'études ne peuvent qu'exciter une utile émulation. Nos maîtres le savent, rien ne serait plus contraire à l'esprit de l'institution que de soumettre les élèves à cette sorte d'incubation artificielle, dont le fruit, par une juste compensation, dure encore moins de temps qu'il n'en a coûté. Tout enfant qui aura régulièrement suivi les classes de l'École, doit être en mesure d'obtenir son diplôïne. Les programmes de notre enseignement sont ainsi disposés, que le Cours supérieur ne renferme rien que ne contiennent en germe les deux autres; le Cours intermédiaire n'est luimême que le développement du Cours élémentaire. En s'élevant d'un degré à un autre, les élèves ne changent pas de terrain ; bien plus, ils repassent sur les mêmes traces; leur horizon seul s'agrandit, en même temps que la portée de leur intelligence s'est étendue et affermie. Ainsi, c'est par un progrès naturel, sans autre effort que celui d'une application de chaque jour, qu'ils peuvent arriver au couronnement de leurs études. C'est donc aussi par l'enseignement
il décembre, de chaque jour que les maîtres doivent travailler à leur en assurer le résultat. Telle est la seule préparation qui puisse répondre à la pensée dans laquelle le Certificat d'études a été institué.
« C'est aux élèves sortant du Cours intermédiaire que le Certificat a été accordé cette année. Suivant nos prescriptions, le Cours supérieur n'avait été formé dans aucune École. Il ne doit point l'être encore pour la présente année scolaire. Nous n'arriverons ainsi au développement complet de notre organisation qu'avec l'année 1870-1871 ; mais nous loucherons le but d'autant plus sûrement que nous y aurons marché d'un pas mieux réglé. Ce n'est qu'en commençant par fortifier les bases, que nous élèverons progressivement le niveau. Les trois degrés de notre enseignement une fois établis, les élèves les franchiront successivement, portés par le mouvement régulier de leurs études et le développement naturel de leur intelligence.
Fiuciuaiions « Ce qui, dans ces derniers temps surtout, avait nui à la poplfiltion régularité des études , à Paris , c'étaient les mouvements scoi.ire. d'entrée et de sortie qui, renouvelant plusieurs fois dans l'année le personnel d'une Classe, obligeaient incessamment le maître à rompre ou à changer sa marche. On ne peut se dissimuler qu'aujourd'hui encore il y a là un obstacle sérieux au progrès ; mais il ne faut point s'en exagérer la réalité ni les conséquences.
a A quoi faut-il attribuer cette sorte de fluctuation de noire population scolaire? D'abord, sans doute, à l'insuffisance des Écoles, qui obligeait l'Administration municipale, pressée par la multitude des expectanls, à remplir les vides tant bien que mal, aussitôt qu'ils se produisaient ; puis aux déplacements des familles que les travaux de Paris faisaient incessamment passer d'un quartier dans un autre ; enfin , aux désertions prématurées des élèves les plus avancés , qui , les uns au retour de la belle saison, les autres après la première communion faite, quittaient l'École sans souci d'y rester jusqu'à la fin, indéterminée, il est vrai, de leurs éludes.
c II est incontestable que les deux premières de ces causes il décembre, vonts'atténuant. Le nombre des Écoles s'accroît sans cesse ; il est peu de quartiers qui ne soient aujourd'hui ou qui ne doivent être prochainement pourvus d'établissements d'instruction, en raison de leurs besoins. D'autre part, les grandes opérations de la voirie parisienne étant accomplies, la classe ouvrière commence à s'établir. Je sais, au reste, — symptôme notable, — que déjà certaines familles ont pris le parti de rester dans le quartier qu'elles habitent, pour que leurs enfants puissent continuer de suivre l'École où ils ont commencé leurs classes. Ce sont là des éléments de stabilité qui ne peuvent que se développer. Mais ce qui contribuera aussi, j'en ai la confiance, à diminuer les mouvements de fluctuation des Classes, c'est l'enchaînement établi dans nos études et l'institution du Certificat qui doit en être le couronnement. Les élèves des premières classes tiendront de plus en plus à poursuivre leur préparation jusqu'à l'époque des examens, c'est-à-dire jusqu'à la clôture de Tannée scolaire. Ce premier résultat obtenu produira ses effets sur l'École entière. Les cadres restant fixés par le haut, nous n'aurons plus à craindre, du moins, que les mouvements qui pourront encore se produire par le bas. Là, sans doute, le but étant plus éloigné et les enfants plus jeunes, les irrégularités de fréquentation, les absences prolongées, les désertions mêmes resteront à combattre , mais les moyens ne nous feront pas défaut.
« M. le Préfet vient d'édicter celte règle, que tout élève qui, sans motif légitime, aura manqué l'école, soit à divers intervalles, soit pendant une certaine durée, en pourra être momentanément exclu. Quand les avantages de l'instruction gratuite sont assurés à tous les enfants, il convient que les familles, se rendant compte du devoir qui leur incombe, tiennent sérieusement à les en faire profiter, et que, parune négligence inexcusable,ellesneviennenlpas aggraver les difficultés d'une tâche déjà si laborieuse. D'un autre côté, l'économie de notre organisation pédagogique nous fournit le moyen d'atténuer au moins les conséquences du mal. C'est dans les Écoles nombreuses des arrondissements de la
u décembre, périphérie que les mouvements peuvent se prolonger, c'est-à-dire dans les Écoles où chaque Cours, et particulièrement le Cours élémentaire, comprend plusieurs divisions. Or si, sauf les exceptions prévues par l'art. 6 du Règlement, les cadres des Cours doivent demeurer, pendant Tannée, tels qu'ils ont été déterminés par les examens de passage, il n'en est pas de môme des divisions des différents Cours. Les matières de renseignement étant les mêmes dans les divisions des mêmes Cours, rien ne s'oppose à ce que, des vides se produisant dans la première division de ce Cours, je suppose, lesélèves les plus avancés de la seconde division soient appelés à les remplir de façon à laisser des places pour les expectants. Grâce à ce jeu régulier, les ascensions commandées par les circonstances s'opéreront, sans que la marche générale de l'enseignement soit entravée , ni qu'aucun intérêt ait à en souffrir. Ce qui importe seulement, dès lors, c'est que, conformément aux prescriptions du Règlement, toutes les matières des programmes soient exactement enseignées dans toutes les divisions d'un même Cours, et que les maîtres s'attachent à marcher, autant qu'il est possible, parallèlement, surtout dans le Cours élémentaire.
Direction ■ Ce qui nous préoccupe par-dessus toute chose, c'est „ de M . la nécessité d'attacher l'enfant à l'École, dès qu'il peut y
l'enseignement , ' ^ . r J
élémentaire, entrer, par tous les moyens dont dispose un enseignement intelligent.
« A nos yeux, si l'instruction primaire n'a pas, jusqu'ici, porté tous les fruits qu'on en pouvait attendre ; si nous rencontrons encore, dans nos Classes d'adultes, tant d'illettrés, c'est, en partie du moins, parce qu'au lieu d'attirer l'enfant à l'école par des leçons variées et appropriées à son âge, on a trop souvent fatigué et rebuté son attention par la monotonie de l'exercice unique et trop prolongé de la lecture. Il n'est nullement indispensable que l'enfant sache lire dans la perfection, pour suivre avec profit quelques explications élémentaires de géographie descriptive sur une carte, pour entendre un récit pittoresque d'histoire sainte ou d'histoire de France, pour se rendre compte, à l'aide de figures, de la forme des diverses mesures du système métrique. Bien loin
d'être une fatigue trop forte pour son âge, ce mélange 11 décembre, d'exercices est un repos, en môme temps qu'un aliment pour son esprit, essentiellement curieux et mobile. Il y a là une diversité d'action dont un maître habile peut tirer le plus utile parti. Tel élève, rebelle à l'épellation des lettres, se prêtera à la lecture des caractères numériques ; telle intelligence difficile, et qui paraissait fermée, s'ouvrira à l'attrait des premières notions de l'histoire, et la brèche une fois ouverte, pour ainsi dire, tout le reste passera. Il est bien peu d'esprits qui n'aient leur accès, et le plus souvent, il faut bien l'avouer, ce n'est pas l'élève qui fait défaut au maître, mais le maître qui fait défaut à l'élève. Multiplier les moyens de prise sur l'esprit de l'enfant dans une sage mesure, c'est donc multiplier les moyens de succès. Qu'un jour seulement l'enfant emporte de l'école quelque idée qui l'aura saisi, quelque connaissance dont le soir, rentré à la maison paternelle, il puisse se faire honneur, l'amonr-propre aidant, il reviendra le lendemain mieux disposé à écouler et à apprendre. Sans doute, il ne retiendra pas d'abord tout ce qu'il entendra ; il suffit qu'il reçoive une impression exacte, une direction juste; le Cours élémentaire n'est qu'une première initiation. D'ailleurs, si peu qu'il paraisse conserver de la leçon, l'enfant n'eût-il appris qu'à écouter, l'habitude seule de l'attention est une force inestimable et dont il recueillera plus tard le bénéfice.
« L'expérience que nous venons de faire a déjà fait tomber, sur ce point et sur d'autres, bien des préjugés dont la routine était le seul appui; elle achèvera d'éclairer le petit nombre de ceux qu'elle n'a pas encore convaincus. Les conseils individuels et les conférences communes ne feront point défaut, d'ailleurs, pour porter la lumière là où il sera utile; et la bienveillante énergie avec laquelle est poursuivie la mise à exécution des instructions de M. le Ministre ne peut manquer, avec le temps et le bon vouloir unanime, d'en assurer le succès.
« La même direction est appliquée aux Écoles de filles et Couture, aux Écoles de garçons; un point, toutefois/ a particulièrement appelé notre attention, cette année, dans les Écoles de
n décembre, filles; je veux parler de renseignement de la couture.
L'exercice de la couture est une des épreuves réglementaires de l'examen du Certificat d'études pour les jeunes filles, et celte partie de l'examen aété en général, de la part des jurys, l'objet d'observations favorables. L'Administration supérieure constatait naguère, avec regret, que depuis quelques années, les travaux à l'aiguille étaient peu en faveur chez les aspirantes au brevet de capacité ; elle a été d'autant plus satisfaite devoir que, dans nos Écoles, cet exercice était en progrès. Toutefois, elle a cru remarquer une tendance qui risquerait d'en fausser la direction. En effet, plusieurs de ces travaux, - non pas ceux qui avaient dû être faits pour l'examen du Certificat d'études,— mais ceux qui avaient été préparés à l'avance et qui m'avaient été remis comme spécimens des exercices ordinaires des enfants, étaient des œuvres d'art, pour ainsi dire ; l'habileté de la main-d'œuvre y était poussée jusqu'au raffinement; l'étoffe même parfois était choisie avec une sorte de luxe.
« Sans doute, il en est de la couture comme de toute autre espèce d'enseignement : elle repose sur un certain nombre de principes et comprend un certain nombre de genres qui se reproduisent à des degrés divers dans les diverses applications; mais aussi, comme dans toutes les autres matières de l'enseignement primaire, c'est le degré et l'application qui importent. Or, la loi spécifie expressément, pour les enfants de nos Écoles, les travaux de couture usuelle ; Y Instruction générale du 31 octobre 1854 dit même : * le « raccommodage de leurs vêtements ou de ceux de leurs « parents. »
« Ainsi compris, en effet, les travaux à l'aiguille deviennent des leçons d'ordre et d'économie, en même temps qu'un premier apprentissage de couture.
« Il était de tradition autrefois, dans les Écoles de Paris, de faire ce que l'on appelait son portefeuille, c'est-à-dire un spécimen complet de tous les genres de travail à l'aiguille. Grâce aux bons soins de M me l'Inspectrice Spenner et au dévouement intelligenfrd'une de nos maîtresses les plus distinguées, M lle Thieullen, il m'a été possible de faire reconstituer un
type du portefeuille, et je compte en rétablir l'usage, mais en n décembre, restant fidèle à l'esprit de Y Instruction générale du 31 octobre 1854. Les programmes de noire organisation pédagogique ont établi dans la couture, en môme temps que dans toutes les autres matières de l'enseignement, une gradation rationnelle. Des instructions ont été données pour que les enfants soient invitées à apporter elles-mêmes des matériaux de travail en rapport avec les programmes de leur Cours, et que les mères soient intéressées à les leur fournir par la façon dont, sous la direction de la maltresse, elles accompliront leur tâche. Si quelques jeunes filles peuvent sortir de nos Établissements la main assez exercée pour trouver dans leur habileté un bénéfice immédiat, nous n'aurons qu'à nous en réjouir ; mais en cela, comme dans le reste, c'est de la majorité des enfants, non de l'élite, que nous nous préoccupons, et le résultat que nous avons à cœur, c'est que nos élèves emportent toutes de l'école les habitudes nécessaires à la bonne tenue d'un ménage.
« La prospérité du Collège Chaptal, qui égale celle des Collège Lycées les plus florissants de Paris, l'a obligé de chercher Chaptal. des locaux provisoires dans une nouvelle annexe, en attendant l'achèvement de l'établissement où il doit être transféré, place de l'Europe.
« Au nombre des élèves répond l'éclat des études. Le succès des candidats préparés cette année par le Collège au baccalauréat ès-sciences a été remarqué. D'autre part, la direction des études françaises ou professionnelles, qui doivent être l'objet propre de l'établissement, se dégage chaque année de mieux en mieux, suivant le désir de M. le Préfet, de l'ensemble des programmes d'enseignement.
« L'École Turgot n'est pas l'objet d'une moindre faveur. École Turgot. Au renouvellement de cette année scolaire, l'effectif s'élevait à 879. En octobre 1868, 361 élèves av aient subi l'examen d'admission, 427 ont été admis en octobre 1869; cette augmentation de 66 élèves paraîtra plus significative encore si l'on considère qu'elle s'est produite malgré la dérivation opérée par l'École Colbert dans les arrondissements circonvoisins,
il décembre, et malgré les gênes de toutes sortes apportées aux différents services par la reconstruction de l'École.
« Cette situation fait honneur à l'administration de M. Porcher, chargé provisoirement de la direction. Il est juste, égalemenl, de lui rapporter une part des résultats obtenus à la fin de Tannée scolaire. L'École a réussi dans tous les concours auxquels elle a participé : 7 de ses candidats sur 9 ont été admis aux Écoles des Arts et Métiers ; 3 sur 4 sont entrés à l'École centrale; 1 a obtenu le diplôme d'études. Ajoutons que, dans le courant de l'année, deux anciens élèves ont été pourvus, le premier, du certificat d'aptitude à l'enseignement secondaire spécial, le second, du titre de bachelier ès-sciences, et que deux autres ont été nommés agrégés de l'enseignement secondaire spécial (section des sciences). Enfin, tous les élèves sortants ont trouvé à se placer avec avantage dans le commerce ou l'industrie, carrières auxquelles l'École a pour objet direct de préparer des employés instruits, honnêtes et laborieux.
« Il est à remarquer que les grands établissements industriels, non-seulement à Paris, mais sur divers points de la France, s'adressent, chaque année, de plus en plus, à la Direction de l'École pour se pourvoir d'auxiliaires intelligents. En 1868, l'École Turgot avait reçu 400 demandes; en 1869, il lui en est parvenu 480.
« Le progrès des constructions avait permis, dés la rentrée de 1868, de dédoubler l'année préparatoire, qui comptait 187 élèves, ainsi que la seconde année qui était arrivée au chiffre de 165. Ces deux classes forment aujourd'hui quatre divisions de 100 places chacune, et la constitution de ces effectifs plus rationnels a eu une heureuse influence sur les études. Il reste à distribuer, suivant les mêmes conditions, la première année, qui comprend 338 enfants répartis entre deux classes ; le partage en trois divisions sera opéré dès que l'état des bâtiments en donnera le moyen.
« Les cadres de l'enseignement se sont enrichis d une faculté. La langue espagnole, introduite à l'École, en 1868, sous la forme d'une conférence particulière, suivie et payée
par quelques volontaires de troisième année, a été établie 11 décembre, régulièrement, en janvier 1869, dans la troisième et la seconde année, en faveur des jeunes gens que désignaient leurs aptitudes spéciales pour les langues, ainsi que leur destination future. Les relations commerciales de la France avec l'Espagne et ses anciennes colonies d'Amérique avaient paru rendre cette innovation utile; elle est, dès aujourd'hui, justifiée par les résultats.
« L'École Colbert, on se le rappelle, était à peine inau- École Colbert gurée l'an dernier, que nos prévisions étaient dépassées. Le progrès a été croissant mois par mois. Dès le 1" janvier 1869, le dédoublement de la première année était devenu nécessaire, et aujourd'hui l'École compte 276 élèves répartis entre cinq divisions d'année préparatoire, de première et de seconde année. M. le Conseiller d'État, Secrétaire général, délégué par M. le Sénateur Préfet pour présider la distribution des prix, a constaté lui-même la confiance que la direction sympathique et très-éclairée de M. Focillon a, dès le début, conquise à l'établissement. La clientèle de l'École Colbert est évidemment destinée à s'étendre rapidement parmi les populationsdes 10°, 1 8 e et 19 e arrondissements.
« L'importance de ces deux Écoles, l'utilité d'en créer une troisième dans le quartier des Gobelins et de préparer celles qui doivent compléter le système arrêté en projet par M. le Préfet, rendaient nécessaire de réunir dans une même main la surveillance et l'organisation générales de ces établissements. C'est en vue de ce besoin qu'un emploi d'administrateur délégué a été créé. Placé entre l'Administration centrale dont il seconde la pensée, et les Directeurs des Écoles dont il éclaire et contrôle l'action, — en leur laissant toute la part d'initiative et d'autorité sans laquelle ne sauraient subsister ni les soucis salutaires ni les satisfactions légitimes de la responsabilité, — le rôle de l'administrateur est d'imprimer à tous les établissements d'enseignement professionnel de la Ville de Paris, de concert avec les autorités scolaires, cctle communauté d'impulsion, cette unité de vie qui n'exclut pas la diversité des voies et moyens, et qui respecte en chacun sa physionomie propre.
Création d'un emploi d'Administrateur délégué.
il décembre. Par la haute expérience qu'elle suppose et par les habiles tempéramenls qu'elle exige, cette fonction considérable ne convenait à nul autre mieux qu'à M. Marguerin ; ai-je besoin d'ajouter que l'intention de M. le Préfet, en la créant pour lui, a été de récompenser ses éminents services?
Éroie „ Au mois d'octobre 1868, l'École supérieure des jeunes sup ne re gjj es ^ t rans f e rée , depuis sept mois, rue Poulletier, était jeunes filles. en t ree (j ans j a vo j e nouvelle tracée, d'un commun accord, par la double administration dont relèvent tous les établissements scolaires ; elle s'y est affermie, d'un pas sage et prudent, mais sûr. Conformément au vœu que j'avais itérativement exprimé, une Commission municipale d'administration et de perfectionnement a été nommée par M. le Préfet (i); et grâce à l'actif et dévoué concours de cette Commission, des améliorations notables ont pu êlre immédiatement réalisées. Le Règlement d'admission a été révisé. Un externat a été adjoint à l'internat; le nombre des internes de rétablissement a été fixé à 60, celui des externes à 40; le prix de pension a été élevé, pour l'internat, à 600 fr., et arrêté, pour l'externat, à 150 fr. Les bourses dont l'École a été libéralement dotée, soit par le Conseil Municipal, soit par des souverains ou par des particuliers, ont été partagées en bourses, demi-bourses et quarts de bourses, réparties chaque année par ordre de mérite, de façon à provoquer et à soutenir l'émulation. Le recouvrement de la pension a été soumis à des prescriptions sévères. La tenue de la comptabilité a été régularisée. Tout ce qui concerne l'alimentation et le mode d'approvisionnement a été l'objet d'une enquête minutieuse. En même temps, les travaux qui restaient à exécuter ont été accomplis d'après des devis réduits, sur la demande de la Directrice, au strict nécessaire. Toutes les conditions de salubrité et de bien-être indispensable sont aujourd'hui assurées à l'École, sans que les prévisions du budget aient été dépassées. Si l'entretien de l'établisse-
(l) Cette Commission est composée de MM. le baron Poisson, Président; Picard et Dumont.
ment n'a pas cessé d'être une forte dépense pour la Ville, 11 jcccinbrf. on est, dès ce moment, en droit de compter que, les cadres des élèves de l'École se complétant au fur et à mesure que les éludes se développeront, cette dépense deviendra de plus en plus utile et de moins en moins considérable.
« D'autre part, la Commission d'inspection a procédé, comme l'an dernier, aux examens de fin d'année. Les résultats ont été satisfaisants, particulièrement en arithmétique appliquée, en histoire, en dessin et dans les travaux de couture. Six jeunes filles ont dû être autorisées à redoubler, pendant le premier semestre, le Cours élémentaire; on ne pouvait oublier qu'entrées tardivement et à une époque où nous devions avant tout nous préoccuper de garnir les bancs de TÉcole, elles s'étaient trouvées dans des conditions de travail désavantageuses. Cinq élèves ont obtenu une prolongation de bourse, faveur méritée par leur intelligence et leur application.
« La Commission d'inspection a également remarqué les excellentes habitudes d'éducation établies dans l'École. Ce point si important avait toujours été l'objet des plus sérieuses préoccupations de l'ancienne directrice, M me Pelleport, dont le souvenir restera entouré de respect dans les annales scolaires du Département. Les locaux de rétablissement du passage Saint-Pierre résistaient, pour ainsi dire, loin de s'y prêter, aux réformes appelées par les progrès de l'éducation des femmes. Mais dans celte situation si défavorable, M me Pelleport n'avait jamais rien négligé de ce qui pouvait contribuer à développer chez ses élèves les sentiments d'une moralité élevée. Cette tradition a été fidèlement suivie par M m de Friedberg, qui, sous tous les rapports, se montre de plus en plus à la hauteur de sa tâche. C'est des points de l'horizon les plus divers que nous arrivent nos élèves, sans principes d'éducation, quelquefois, ce qui est plus périlleux encore, avec les principes d'une éducation faussée. Amener chaque promotion nouvelle à un niveau commun de sentiments simples et éclairés , de bonne tenue, de modestie, lui imprimer, en toutes choses, ces habitudes d'ordre et de régularité qui n'excluent point le naturel et l'abandon
n décembre, de la jeunesse, y faire pénétrer cet esprit de droiture et de dévouement qui, dans le cœur de la jeune fille, prépare l'âme de la mère, telle est l'œuvre d'éducation délicate qui doit concourir avec l'instruction, et qui concourt effectivement, entre les mains de M me de Friedberg, à former les élèves de l'École supérieure.
« Les effets de cette bonne direction ont été consacrés par les résultats obtenus aux examens du brevet de capacité, où toutes celles de uos élèves qui se sont présentées ont réussi avec distinction , ainsi que par les placements qui ont pu être immédiatement procurés à plusieurs d'entre elles. Des relations se sont établies, dans le cours de cette année, entre la Directrice et diverses maisons d'éducation ou d'industrie. Comme au Directeur de l'École Turgot, on commence à lui demander des sujets; la confiance publique qui s'attache aux établissements municipaux ne peut manquer d'affermir ces premiers liens. Le nouveau Règlement d'admission, largement répandu, a fait connaître que « l'École a pour but « de préparer les jeunes filles à l'enseignement et aux car- « rières industrielles ou commerciales. * C'est une pépinière où l'on se pourvoira.
« L'année nouvelle se prépare bien. Le concours du mois de juillet avait donné 28 admissibles, toutes ayant obtenu un ensemble de points supérieur à la moyenne réglementaire. Un concours supplémentaire a eu lieu en octobre pour les places payantes qui étaient restées disponibles. Il a donné entrée à 5 jeunes filles de plus. L'École comprend aujourd'hui 57 élèves.
Enseignement « De nouveaux développements ont marqué l'cnseigne-
du dessio. ment du dessin>
« Le nombre des jeunes filles fréquentant les 15 Classes spéciales du jeudi s'est élevé à 1,060, soit 70 en moyenne par classe ; et cet effectif serait certainement plus considérable encore, si nos classes du jour pouvaient être organisées pour l'étude du dessin. Dans les Écoles de garçons, 3,600 élèves suivent régulièrement renseignement, et les Cours d'adultes regorgent : conformément à l'avis de la
Commission supérieure de surveillance, des professeurs- n décembre, adjoints ont dû être attachés à un certain nombre de Cours.
« Les installations matérielles se poursuivent. Deux classes de plus ont été organisées rue Boulard (14 e arrondissement) et rue d'Assas (6* arrondissement) ; la classe de la rue Saint- Hippolyte (13 e arrondissement) a été disposée en vue du dessin d'après la bosse. Des collections nouvelles de modèles d'ornement ou de fleurs, des plâtres choisis dans la collection de l'École des Beaux-Arts, parmi les réductions faites d'après l'antique; des lithographies d'après les chefsd'œuvre de l'antiquité, publiées sous la direction de M. Havaisson (de l'Institut), ont été, après adoption de la Commission supérieure, distribués dans toutes les classes.
« Ces soins et ces dépenses portent de plus en plus leurs fruits : le concours général annuel en a fourni le témoignage. Tel a été l'ensemble des résultats que, dans la séance solennelle de distribution des prix, le jury a cru devoir étendre l'honneur de la proclamation publique à un certain nombre de concurrents qui avaient presque atteint leurs émules récompensés.
« Les Classes laïques se sont signalées dans cette épreuve, celles de la rive gauche surtout, qui continuent de recevoir, des inspections de M. Brongniart, une active impulsion.
« Nos Cours ont aussi tenu une place très-honorable à l'Exposition des Beaux-Arts appliqués à l'industrie. Résultat digne de remarque, et qui témoigne d'une bonne direction d'études, un prix d'éducation générale ayant été créé par l'Union centrale, c'est un des nôtres, élève de M. Justin Lequicn , qui l'a obtenu. Attentif à tous les efforts intelligents, M. le Sénateur Dumas, Président de la Commission de surveillance, a signalé à la bienveillante attention de M. le Préfet les travaux sortis de nos Établissements, et des médailles doivent être prochainement décernées aux maîtres et aux maltresses dont l'enseignement a dignement représenté la Ville de Paris dans cette sorte de concours de toute la France.
« Une session d'examens doit s'ouvrir, l'année prochaine,
il décembre, pour l'obtention du certificat d'aptitude des maîtres ; cell qui a été tenue au mois de juin, pour les maltresses, a donné lieu à la délivrance de trois nouveaux diplômes.
« Ce concert de zèle et d'intelligence a déjà produit des effets appréciables sur la direction de l'art industriel, au témoignage de divers fabricants du faubourg Saint- Antoine. Ajoutons que les habitudes d'étude sérieuse, prises dans la jeunesse, qui résultent de la fréqueution régulière des Écoles, ne peuvent manquer de contribuer à la moralisation de la population ouvrière.
Enseignement « Tel est aussi le bienfait que nous devons espérer de du chan». l'enseignement du chant. Les séances publiques de l'Orphéon ont donné, comme tous les ans, la mesure des progrès accomplis. L'étude des perfectionnements qu'il y aurait lieu d'introduire dans l'application des méthodes se poursuit par les soins de la Commission spéciale, sous la direction de M. le Conseiller d'État, Secrétaire général, toujours si chaleureusement dévoué aux intérêts de l'instruction publique.
Recrutement. « Le recrutement du personnel scolaire s'opère toujours avec quelque difficulté pour les Écoles de garçons. Malgré les émoluments, relativement considérables, que la Ville de Paris et la grande majorité des communes du département de la Seine offrent aux instituteurs, les avantages supérieurs que les diverses industries présentent aujourd'hui aux jeunes gens, les fatigues réelles de l'enseignement primaire, les incertitudes d'avenir résultant de certaines conditions des dernières lois, détournent les vocations. En présence des candidatures sans garantie qui se produisaient, j'ai dû faire établir, pour les emplois de la banlieue comme pour ceux de Paris, une liste d'admissibilité , sur laquelle nul n'est inscrit qu après avis du Conseil départemental de l'Instruction publique.
« Cette mesure permet d'écarter les mauvais candidats. Mais rien ne saurait suppléer à une École normale qui, seule, nous donnerait le moyen d'en former de bons.
« Il n'en est pas de môme, heureusement, pour les Écoles de filles. Le nombre des postulantes augmente d'année en
année. 40 emplois de remplaçantes provisoires étaient dis- 11 décembre, poniblcs récemment ; plus de 300 jeunes filles, toutes dignes d'intérêt et de confiance, les sollicitaient.
« L'institution des élèves stagiaires réussit mieux aussi dans les Écoles de filles que dans les Écoles de garçons. Quatre jeunes filles, qui avaient subi avec succès l'épreuve des trois années de stage et obtenu le brevet de capacité, viennent d'être nommées suppléantes. Cet avancement a été accueilli comme un utile encouragement.
« Ce qui nous donne surtout confiance pour l'avenir, c'est Examens, l'empressement de plus en plus marqué avec lequel on se porte aux examens du brevet de capacité. Le nombre des aspirants et des aspirantes s'est encore augmenté, cette année, d'environ un cinquième. Les communautés religieuses, et particulièrement l'École normale des Frères de la Doctrine chrétienne, très-habilement dirigée par le frère Agbert, nous envoient, à chaque session, des candidats. De même que les inscriptions, les admissions se sont accrues dans une proportion notable. Les épreuves d'histoire et de géographie qui, il y a dix-huit mois à peine, étaient généralement faibles, sont devenues une des meilleures parties de l'examen. Les mesures prises pour relever l'épreuve de la couture ont également réussi. L'examen du brevet supérieur se fortifie ; la partie relative aux sciences appliquées est préparée dans un esprit plus exact et plus sûr. Sans doute, parmi les 1,600 aspirantes qui se sont présentées cette année, la grande majorité ne vient chercher dans cette épreuve qu'une constatation publique d'études bien faites. Môme pour les jeunes filles qui envisagent le titre d'institutrice comme une sorte d'assurance contre les revers de la vie, il en est plus d'une qui n'aura jamais besoin de recourir à son diplôme. Mais l'émulation avec laquelle les brevets sont disputés élève le niveau de l'examen, et, par là, profite à nos classes.
« Les Cours de l'Hôtel de Ville, établis comme un type Cours de d'intelligente préparation, ne sont certainement pas étran- n,dleldelllle gers à ce progrès. Ils sont suivis, non-seulement par des aspirantes, mais par des maîtresses qui propagent les mé-
n décembre, thodes d'enseignement qu'elles y recueillent. Dès aujourd'hui, nous trouvons dans les réponses des examens la trace manifeste de celte direction. Chaque Cours compte journellement de 150 à 200 auditeurs. Au renouvellement de cette année scolaire, plus de 1,100 caries d'entrée ont été distribuées à des jeunes filles appartenant à toutes les classes de la société.
PensionDais. « Le nombre des Pensionnats , qui avait fléchi Tannée dernière, s'est relevé. Le môme mouvement qui s'est produit dans les Écoles commence à se marquer dans ces Établissements. Les Pensionnats du centre ne peuvent plus soutenir le surenchérissement des conditions de la vie matérielle; ils se ferment ou se transforment en externats. De nouveaux Pensionnats, par contre, s'établissent dans les arrondissements de la périphérie. A Passy et à Neuilly, ils tendent, par suite de la clientèle qui les fréquente , à prendre le caractère des maisons d'éducation anglaises, c'est-à-dire à adopter une plus grande liberté de discipline et les habitudes de la vie privée au sein de la vie commune. Certains tempéraments, dans les conditions relatives aux dortoirs, ont dû être adoptés, à ce sujet, par le Conseil départemental de l'Instruction publique, de façon à concilier les prescriptions légales avec des intérêts dignes de bienveillance. Cet esprit de conciliation ne fait, d'ailleurs, que rendre l'Administration plus forte pour exiger l'observation rigoureuse des dispositions générales de la loi. Au surplus, depuis qu'un registre de déclarations a été ouvert dans les bureaux de la Préfecture, les irrégularités ont presque entièrement cessé, et, comme toujours, les bons établissements n'ont qu'à se féliciter d'une vigilance qui ne peut leur être que favorable.
inspection. « Je ne saurais trop reconnaître l'activité éclairée avec laquelle MM. les Inspecteurs de l'enseignement primaire et M me * les Inspectrices déléguées me secondent dans toutes les parties d'un service chaque jour plus laborieux. C'est également un devoir pour moi de signaler le zèle avec lequel les présidents et les membres des délégations cantonales, les maires et les conseils municipaux, concourent à tous les pro-
grès matériels ou moraux de l'enseignement. Mesera-t-il 11 décembre, permis, enfin, de remercier ici MM. les membres du Conseil municipal de Paris 0) qui président, avec tant de dévouement, les épreuves des brevets de capacité, et dont la direction contribue à donner aux examens une lenue si justement appréciée par les familles?
« Bien que des améliorations considérables aient été ac- Conclusion, complies dans le cours de cette année, il reste encore des travaux à réaliser. Nous avons à poursuivre, dans l'arrondissement de Saint-Denis, la création de groupes scolaires sur des points d'agglomération, tels que les Quatre-Chemins, la Gare et le village de Biron, Bois-Colombe et la Garenne, la route de la Révolte, Sablonville, La Briche, concurremment avec l'agrandissement ou la reconstruction des Écoles de Bagnolet, Bobigny, Gennevilliers, les Lilas.
« Divers projets sont également à l'étude dans l'arrondissement de Sceaux, à Bonneuil, Bry-sur-Marne, Clamart, Fresne, le Kremlin, Issy, Montreuil, Nogent.
« A Paris même, quelques quartiers nous restent à pourvoir plus complètement, dans les 15 e , 18 e , 19 e et 20 e arrondissements. Partout, enfin , nous avons à nous préoccuper du perfectionnement de notre matériel scolaire et à suivre avec fermeté l'application de V organisation pédagogique.
« Quel que soit le dévouement dont sont pénétrées les administrations communales, quelle que soit l'ardeur qui, sous les auspices de M. le Préfet, anime l'autorité scolaire, tout ce que l'on peut souhaiter ne saurait se réaliser en un jour, et les œuvres d'éducation ont besoin du concours du temps. Mais chaque année produisant sa part de résultats, le progrès s'achèvera; et ces persévérants efforts en faveur de l'enseignement populaire ne compteront pas, dans l'avenir, parmi les moindres titres de la puissante administration de M. le Préfet.
(1) MM. Picard, Loiouct, Dumoot, Périllieui, Lemoine, Lenoir.
11 décembre. « ANNEXE N° 1.
« Nombre des Écoles.