‹ Prodrome d'une histoire des végétaux fossilesChapitre 101 sur 116 · BRACHYPHYLLUM MAMILLARE." Whitby · texte numérisé non relu

BRACHYPHYLLUM MAMILLARE." Whitby

LILIACÉES

j 1. BuckLAnpiA sQuAMosA. Stonesfield.

2. CLarhRaRtA LyELutt (Carpozitxes | Tilgate. , Manreuu). | Plantes de classe incertaine.

ManairrariA Desnoyersir. | Mamers.

Les proportions de cette flore différent à peine de celles de la flore précédente, A l'époque de la formation du lias les végétaux fossiles se divisoient en deux grandes classes, les Cryptogames vasculaires et les Phanérogames gymnospermes, et cette dernière paroissoit l'emporter un peu sur la première. Dans la période qui nous occupe, le résultat est presque le même ; nous trouvons une égalité parfaite entre ces deux classes, qui composent aussi presque à elles seules la végétation de cette époque.

La rareté, et l'on pourroit presque dire l'absence des monocotylédones et des dicotylédones, est donc encore plus frappante dans cette période que dans la précédente; car le OURS À ONCE AU EEE Le ce à

raison ces fossiles sous le nom de Cycadoidea , nom qui nous paroït avoir '

l'inconvénient de pouvoir s'appliquer également à toutes les plantes fossiles de cette famill:, qui doivent cependant constituer des genres bien distincts. M. Buckland distingue parmi ces tiges deux espèces : l’une, dont les feuilles prés. nient des bases beaucoup plus larges, a reçu de Jui le nom de Cycadordea megalophylla, c'est celle que nous avons nommée Mantellia nidiformis; l’autre, qui nous est inconnue , est désignée par cé savant sous le nom de Cycadoidea microphylla.

/ nombre des espèces que nous connoissons S ère: a plus de

quarante-huit , tandis que dans la première nous n’en connoissions que vingt-une , et parmi ces plantes il n’y a que deux monocotylédones et pas un seul indice bien certain de dicotylé-

dones. Sur un grand nombre d'échantillons de Whitby et de

Stonesfield que j'ai examinés en Angleterre, ou qu’on a bien voulu m'envoyer , il n’y a pasle plus petit fragment de feuille ou de fruit qu’on puisse considérer comme indiquant a cette époque la présence de cette grande classe.

1° Quense seülement de deux des grandes classes du règne végétal , et de celles qui maintenant sont les moins nombreuses, forme donc le caractère le plus frappant de la végétation de toute la période qui s’est étendue depuis la fin du dépôt du grès bigarré jusqu’au commencement de la formation de la craie. Mais la prédominance de la famille des Cycadées est encore plus remarquable, cette famille étant à peine aussi nombreuse maintenant sur tout le globe qu'elle l’étoit alors dans la petite partie de l’Europe où on a recherché les fossiles végétaux de ces formations; elle ne forme, par conséquent, pas un milliéme de la végétation actuelle, tandis qu'elle composoit la moitié de la flore de cette époque; enfin, maintenant elle est limitée dans les régions tropicales et australes, et alors elle croissoit dans l’Europe tempérée.

Les Fougères, qui constituent en grande partie l’autre moitié de cette flore, sont fort différentes , spécifiquement, de celles du terrain houiller et du grès bigarré; ainsi on ne peut pas

les considérer comme un reste de la végétation de cette pre-

mière période,

Cette différence remarquable entre la flore du lias ou du calcaire jurassique, et celle du terrain houiller, doit rendre d'autant plus curieuse les dernières observations de M. Élie de Beaumont sur les terrains d’anthracite de la Tarentaise ' ;

1 Voyez les Annales des sciences naturelles, tome 14, page 113. A

car, suivant les recherches de cet habile géologue, ces terrains, d’après leur position et d'aprés les coquilles fossiles qu'ils contiennent , seroient de la même époque de formation que le lias, tandis que les plantes fossiles qui accompagnent ces couches de combustibles, sont toutes parfaitement identiques avec celles du terrain houiller. 11 faudroit donc supposer, si rien n’a pu induire en erreur sur la position de ce terrain , qu’à l'époque de la formation du lias, outreles plantes qu'on trouve ordinairement dans ce terrain et qui paroissent propres aux régions mêmes où nous les observons, d’autres plantes ont pu, dans quelques cas, être apportées de régions plus ou moins éloignées et être déposées dans ces mêmes couches. Si cette supposition, qui n’est encore fondée que sur un fait isolé, se confirme, on devra admettre qu'a la même époque où les plantes ordinaires du lias croissoient dans les régions tempérées, telles que l'Europe , les végétaux propres au terrain houiller habitoient ‘encore d’autres régions, telles que la zone équatoriale.

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