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grossier, c’est-à-dire l’argile plastique, les psammites mollasses
et les dépôts de lignites qui accompagnent souvent ces deux sortes de formations.
Ce terrain est un des plus riches en débris de végétaux ; mais il est cependant bien rare de les trouver dans un état de conservation qui permette de les déterminer avec précision , ou bien ils appartiennent à des classes de végétaux parmi lesquelles la détermination devient beaucoup plus difficile.
On doit remarquer en outre que les divers dépôts de liguites que nous comprenons dans ce terrain, quoique différant probablement peu par leur époque de formation, présentent cependant des différences locales beaucoup plus marquées que celles qu’on observe dans les terrains plus anciens. Des circonstances bien plus variées paroïssent avoir présidé à leur dépôt, et tout nous annonce que la végétation terrestre présentoit déjà des modifications trés-notables, dues au climat , de sorte que, sous l'influence de ces circonstances locales, des êtres de lieux éloignés et fort différens les uns des autres, ont pu être déposés dans des points assez rapprochés.
C’est ainsi que certains dépôts de liguites ne sont presque accompagnés que de restes de Coniferes ou d’autres arbres forestiers analogues à ceux de l’Europe tempérée ou du nord de. l'Amérique : tels sont les lignites des environs de Franc-
fort sur le Mein, ceux du Meisner et des pays voisins, ceux
de Comothau et d’autres points de la Bohème.
D’autres couches de lignite renferment, comme plantes caractéristiques, des monocotylédones arborescentes, et particulièérement des Palmiers, qui annoncent que les plantes qui leur ont donné naissance , croissoient sous un climat plus chaud que celui qui règne maintenant en Europe. On peut en citer pour exemples les lignites de Brubhl et de Liblar,
prés Cologne ; ceux de la mollasse de Suisse, aux bords des
lacs de Zurich et de Genève; ceux de Hœæring en Tyrol.
, Enfin, dans quelques endroits, sans rencontrer dans cette À x
formation de véritables lignites, on y trouve une accumulation de débris très-variés de végétaux , qui y ont évidemment été amenés de loin. L’exemple le plus frappant de ce genre de dépôt est celui de l'ile de Sheppey, à l'embouchure de la . Tamise, où des fruits très-nombreux et très-variés, {ransformés en pyrites, mais souvent assez bien conservés , sont réunis, comme ils pourroïent encore l'être par le grand courant de l'Océan, qui souvent amène sur les côtes de Norwége des fruits des Antilles et du golfe du Mexique.
Doit-on considérer ces divers dépôts comme à peu prés contemporains, et leurs différences comme dues à des modes divers de formation , ou admettre parmi ces lignites des : époques de formation trés-différentes ? C'est ce qu’il est dif ficile de décider en ce moment. J'avoue cependant que je serois tenté d'adopter plutôt la première opinion; car, dans l'autre hypothèse, lequel de ces ordres de lignites devroit-on considérer comme le plus ancien? Sont-ce les lignites à Palmier? Mais si les Coniféres sont postérieurs aux Palmiers; comment les Palmiers reparoissent-ils dans la formation gyp-
. seuse de Paris et d'Aix en Provence ? Si les Coniféres sont au
contraire les plus anciens, comment concevoir que les Palmiers, qui exigent une température plus élevée queles genres de Coniferes que nous trouvons à l’état fossile dans ces terrains, aient pu venir aprés eux, tous les phénomènes géolo- » giques annonçant que la température de la surface du globe a été constamment en décroissant? Si, au contraire, on admet l'autre hypothèse, on seroit conduit à considérer les lignites à Palmiers comme représentant la végétation propre à l’Europe à cette époque; végétation qui s’est perpétuée avec peu de changement jusqu'à l’époque de la formation gypseuse, dans laquelle on retrouve encore des Palmiers. La position verticale des tiges de palmier de Liblar confirme cette manière de voir.
Les lignites à Coniféres représentervient, dans ce Cas,
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la végétation des parties plus septentrionaies de notre hémisphère , ou celle de points plus élevés des mêmes régions; ce seroient donc ou des lignites formés par des accumulations d’arbres et d’autres portions de plantes venant de points assez éloignés, et transportés, soit par les courans de la mer, soit par les fleuves, dans des lieux où ils se seroient déposés, ou bien des lignites formés dans des points élevés de notre hémisphère , points dont la température pouvoit être différente de celle des régions où croissoient les Palmiers. La premiére supposition a peut-être plus de probabilité, quand on pense aux accumulations immenses de bois qui se N - forment encore à l'embouchure des grands fleuves du nord
| e l'Amérique, ét qui sont souvent portés en grande quan- | tité sur les côtes du Groënland, et quand on examine les dépôts de l’ile de Sheppey , qui peuvent difficilement être attribués à une autre cause.
L’analogie qui existe entre les plantes de ces terrains et celles qui sont les plus fréquentes encore dans les forêts de du l'Amérique du Nord, telles que les Coniféres , les Amentacées, les Acérinées , et surtout les Noyers, qui n’existent plus spontanément en Europe, mérite aussi d’être remarquée, Ra ’on ne puisse pas supposer que les continens, à cette “ époque , présentassent déjà les mêmes formes qu'ils ont ac-
… tuellement.
| Cette analogie sera plus frappante d'apres la liste suivante, dans laquelle cependant ne figurent pas beaucoup d’espèces, qui ne peuvent pas jusqu’à présent être déterminées avec certitude.
* Plantes marines.
Aucune espèce marine n’a été trouvée dans ce terrain.
** Plantes terrestres.
FOUGÈRES
…Quelquesfragmensindéterminables. | Menat en Auvergne.
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