MN III. CRYPTOGAMES VASCULAIRES
» Cette classe renferme les familles des Équisétacées, des Fou- Leg des Marsiléacées , des Characées et des Lycopodiacées, qui différent des deux familles précédentes par la présence
abituelle des vaisseaux qui ne manquent que dans les plantes “aquatiques, telles que les Chara; leurs tissus sont presque aussi | variés que ceux des plantes phanérogames : on n’y a pas cependant reconnu jusqu’à présent de véritables trachées. Leurs organes de la végétation sont aussi les mêmes et ont beaucoup
d’analogie par leur structure et leur mode d’accroissement avec ceux des plantes monocotylédones. Ainsi, lorsque leur . tige prend un grand accroissement , comme cela a lieu dans les Fougères, dans quelques Prêles et quelques Lycopodes elle s’élève sans que son diamètre augmente ; ; dans les Fougères elle se termine par un bouquet de feuilles comme dans la plupart des monocotylédones arborescentes et comme dans les Cycadées : la structure interne de ces tiges varie cependant trop d’une famille à l’autre pour qu’on puisse rien diré de général sur ce sujet. Les feuilles présentent essentiellement la même structure que celles des plantes plus parfaites ; mais leur forme varie extrêmement.
Quant aux organes reproducteurs, dans quelques familles on reconnoît facilement des parties analogues, par leurs fonctions , au pollen et aux ovules des plantes phanérogames, quoique trés-différentes par leur organisation. Dans d’autres, au contraire , et particulièrement parmi les Fougères, ôn n’a découvert aucun organe qui puisse représenter les étamines. En général, les végétaux de cette classe se rapprochent des plantes phanérogames par leurs organes de végétation, et s’en éloignent beaucoup par la manière dont la reproduction s'effectue. 2
0 ÿ , } 4. Famrize. EQUISETACEES. 7
La famille des Équisétacées, composée parmi les végétaux vivans du seul genre PRÊLE, Equisetum, paroît se présenter dans l’ancien monde sous des formes assez différentes de celles que nous lui connoissons. Les Prêles sont des plantes herbacées croissant dans les lieux humides; elles ont en général une tige rampant sous le sol, d’où naissent d’autres tiges, simples, droites, articulées de distance en distance, trèsdistinctement sillonnées longitudinalement ; chaque articu- | lation est garnie d'une gaîne cylindrique, égale, profondé- | ment dentée sur son bord libre; ces dents aiguës sont la ter- |
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C &gu } minaison des sortes de côtes qui séparent les sillons de la tige et qui se continuent sur les gaines. .
? ii de ces tiges montre que leur centre est occupé ir une grande cavité cylindrique, qui s étend d’une articubu à l’autre : autour de cette cavité centrale sont placées d’autres lacunes, beaucoup plus Pts, qui s'étendent également d’une articulation à l'autre, et qui correspondent au Vrond des sillons qui parcourent la surface extérieure de ces tiges ; les crêtes qui séparent ces sillons correspondent, au contraire, aux sortes de cloisons qui sont placées entre ces | lacunes. Les vaisseaux qui parcourent l’intervalle de ces lacunés se continuent en grande partie dans les nervures de la | gaine ; de sorte que , si on arrache avec soin cette gaîne, . on observe à son point d'insertion des cicatrices arrondies, : qui correspondent à ces vaisseaux et qui terminent les crêtes - qui séparent. les sillons de l’entre-nœud inférieur. Au-dessus, la tige qui s'élève au-delà de cette articulation, est également sillonnée , mais ses sillons alternent avec ceux qui sont au- | dessous de l'articulation ; de telle sorte que l’anneau qui cor- respond à l’articulation ou plutôt à l'insertion de la gaine, présente les extrémités alternantes des sillons qui couvrent la partiesupérieure et la partie inférieure de la tige, et une série F ts provenant de l’ablation de la gaine et de la rup- 2. … il qui se portoient dans les dents qui la terom inent. Outre ce que nous venons de dire de la structure de a tige principale, il naît des articulations de la base des 6e Dé. et en dehors de ces gaînes, des rameaux verticillés, en Lo variable suivant les espèces, et dont la structure pe est semblable à celle de la tige principale, mais qui en différent cependant par l'absence de cavité dans leur se et par la petitesse de leur gaine.
. L'existence de ces rameaux n’est pas un caractère commun à toutes les espèces ; quelques-unes en sont constamment dépourvues , ou du moins n’en présentent qu’un petit nombre,
( 28 ) disposés sans régularité : tels sont les Equisetum hyemale, variegatum', etc. D'autres en présentent rarement ou seulement dans les dernières périodes de leur vie; d’autres, enfin, n’en offrent que sur les tiges stériles, tandis que les tiges fertiles
en sont privées.
La fructification de ces plantes consiste en épis, qui terminent la tige principale et quelquefois les rameaux; ces épis sont formés d'écailles peltées, polygonalés, parfaitement contiguës avant le moment de la dissémination, portées sur un pédicelle central , et soutenant en dessous des conceptacles membraneux, remplis de séminules d’une structure très-singulière, mais qu’il n’entre pas dans notre objet de décrire.
Cette famille n’étant composée que d’un seul genre, son organisation est trés-uniforme; car ce genre lui-même yarie peu dans ses caractères : on remarque seulement que les Prêles, comme les plantes des autres familles de cryptogames vasculaires, acquiérent un développement beaucoup plus considérable dans les régions équatoriales que dans les régions tempérées ou voisines du pôle. ÿ
Les deux espèces qui s’approchent le plus du pôle boréal (Equisetum reptans, Swartz, et Equisetum scirpoides, Michaux) sont sans aucun doute les plus petites du genre. Dans l'Eu- | rope et l'Amérique tempérée, ces plantes atteignent quelques | pieds d’élévation, et leurs tiges principales ont la grosseur du. doigt; enfin, dans les régions équinoxiales, l’Equisetum gigan- Leum (Equis. ramosissimum , Humb., non Desf.) paroît atteindre , d'aprés la description de MM. de Humboldt et Bonpland, jusqu’ à douze pieds d’élévation et pres ie pouce de diametre. CE
À Vétat fossile nous ne trouvons que deux plantes qui paroissent se rapporter d’une manière exacte au genre Egquisetum : l'une a été observée dans le calcaire grossier des environs de Paris; nous l'avons décrite sous le nom d’Equisetum brachyodon ; nous n’en connoissons que de très-petits fragmens.
D est trés- abondante à Whitby, dans le Yorkshire, E- des couches qui accompagnent un dépôt de charbon fossile , et qui paroissent se rapporter à l’oolithe inférieure des. géologues anglois. Ce sont de grandes tiges cylindriques qui atteignent de deux à trois mètres d’élévation, qui-sont grosses comme le bras, articulées , dont les articulations va- Wrient de distance, et sont beaucoup plus rapprochées vers le bas; chaque articulation est entourée d’une gaine longue, cylindrique , dentée à son bord libre, et dont les dentelures sont nombreuses et aiguës , lorsque leur pointe n’a pas été | brisée. La surface de la tige dans les entre-nœuds est lisse | vers la base, marquée vers le haut de sillons, qui devien- | nent d'a FR plus prononcées, qu’on approche davantage du bord libre de la gainé, où elles aboutissent aux intervalles | . des dents qui la terminent. Ces tiges sont la plupart placées — verticalement dans les couches de grès qui les renferment; | elles paroissent toujours nues et dépourvues de rameaux : … quelques-unes cependant présentent quelques traces de l'ink sertion de cinq rameaux aux articulations. On voit qu'a l’ex- ‘# -ception de la taille, il n'existe aucune différence entre la
4 tige de ces plantes et celle des pieds fertiles des Equisetum , . dont les individus fructiféres sont dépourvus de rameaux, tels que les Equisetum arvense et telmateya. Je désignerai cette plante remarquable, dont j'ai vu de fort beaux échantillons 1 dans la collection de la Société philosophique d’York, sous pie nom d’Equisetum columnare. |
Outre ces deux espèces, bien caractérisées pour appartenir Lu genre Equisetum, M. Mérian m'a communiqué le dessin . d'un fragment de plante trouvé à la Neuwelt, prés Bäle, dans . les marnes irisées qui font partie de la formation du lias; ce 8 a la plus grande analogie avec une portion de tige d’Equisetum , à peu prés de la taille de ceux qui habitent ac- | Dltement nos climats, il paroît garni aux articulations de E eaux verticillés, au nombre de dix à douze; mais n'ayant
( 30 ) pu examiner moi-même cet échantillon, je ne l'indique ici qu'avec doute sous le nom d’Equisetum Meriani.:
De très-petits rameaux , que j'ai observés dans des schistes houillers d'Écosse, paroïssent aussi se rapporter à ce genre ; mais leur structure étoit peu nette et me laisse des doutes sur leurs caractères; je les désignerai cependant sous le nom d’Equisetum dubium : enfin, M. Bischoff a figuré , d’après M. Bronn , une plante fossile de ce genre, provenant du terrain houiller de Saarbruck. Il lui a donné le nom d’Equiselum infundibuliforme. |
Dans les terrains plus anciens, dans la formation houillère, si remarquable par le développement considérable qu'ont acquis la plupart des cryptogames vasculaires, la famille des Équisétacées paroît avoir pris des formes très-différentes de celles qu’elle nous présente actuellement, et avoir atteint une taille trés-supérieure à celle que nous lui connoissons, et dont cependant nous retrouvons encore quelques traces dans l'Equisetum columnare des terrains plus modernes de Whitby.On trouve en effet en grande quantité, dans les dépôts de houille de tous les pays, de grandes tiges simples, parfaitement cylindriques , articulées de distance en distance, le plus souvent sans aucun rameau, ou, dans quelques cas, avec des indices de branches verticillées autour de ces articulations. Ces tiges présentent des stries trés-régulières, paralleles, qui s'étendent sans interruption d’une articulation à l’autre: arrivées à une de ces articulations , elles se terminent souvent par un tubercule circulaire ou oblong; la réunion de ces points forme autour de l'articulation une sorte de collier; au-dessus de ce nœud de nouvelles stries commencent, et alternent toujours ou presque toujours avec celles qui sont au-dessous.
D’après la description que nous avons donnée des tiges des Prêles, il est facile de voir combien il existe d’analogié entre ces végétaux et les fossiles que nous venons de décrire. En
effet, les séries de points qu’offrent souvent les articulations, »
| [34 ) paroiïssent correspondre soit à des cicatrices produites par les … vaisseaux des gaînes qui se seroient détruites , soit plutôt à des tubercules qu’on pourroit regarder comme les dents de … ces gaînes avortées, Cette dernière manière de les considérer —. nous paroît plus vraisemblable ; car, dans beaucoup de cas, — on voit que ces points ou tubercules n'existent que sous l’é- FA piderme de charbon qui enveloppe toute la plante : cet épi- … derme les recouvre complétement, et, dans ce cas, il est — évident que ces tubercules ne peuvent pas être des cicatrices — d'insertion d’un autre organe. Dans d’autres échantillons, ces tubercules paroissent dépourvus de l’épiderme qu’on observe î sur le reste de la plante, mais il est possible que ce soit sim- # plement le résultat du frottement qui peut l'avoir détruit plus $ facilement à la surface de tubercules saïllans que sur le reste dé la plante.
Si à ces caractères, qü’on retrouve dans presque tous les - échantillons de plantes fossiles de ce genre , nous en ajoutons ; quelques-uns, observés seulement sur un petitnombre d’échantillons , on verra que l’analogie entre ces plantes et la famille ® des Équisétacées est presque complète. Un échantillon prove- — nant des mines de houille de Saarbruck, présente des portions, . isolées il est vrai, de gaînes dentelées, qui ont la plus grande … analogie avec celles des vrais Equisetum. Ces gaines paroissent . s’envelopper mutuellement , comme si elles naissoient d’une tige dont les entre-nœuds seroient plus courts que la longueur des gaines elles-mêmes; elles se présentent par leur face in- - terne, de sorte que la tige qui devoit les porter , n’existe plus … dans cet échantillon, et qu’il ne nous est pas possible d’af- … firmer qu’elles fissent partie des mêmes tiges que nous venons 1 de décrire. Cependant tout nous porte à le penser; en effet, 1 des gaînes de cette espèce ne peuvent appartenir qu’à des … tiges articulées, et leur forme, leur grandeur et leur dispo- “ sition , indiquent qu’elles n’ont pu faire partie que de plantes De de ce genre; mais un autre échantillon, qui fait partie du
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Muséum de la ville de Strasbourg et que nous avons décrit sous le nom de Calaniites radiatus , confirme complétement nos idées à cet égard. Dans cet échantillon on voit une tige qui a tous les caractères des vraies Calamites, lorsqu’ elles sont dépourvues d’écorce; elle est cylindrique et en partie enveloppée dans la roche, dont on peut cependant Ja séparer; et dans laquelle on voit une portion de la gaine qui correspond à une articulation; cette gaine, quoiqu’ayant les caractères les plus essentiels de celle des Equisetum, en dif fère cependant à plusieurs égards: elle est formée par une membrane divisée sur son bord libre en plusieurs dents égales et alongées, comme dans les Préles; mais cette gaîne, au lieu d’être dressée et appliquée contre la tige, comme dans ces plantes, est étalée dans un plan perpendiculaire à l’axe de la tige; caractere qui distingue cette espèce fossile de tous les Equisetum vivans.
On pourroit croire d’abord qu'il existoit de semblables gaînes sur la tige de toutes les Calamites, et que ces gaines se sont détruites assez promptement pour que nous n’en voyions pas ordinairement de traces; mais, dans ce cas, il devroit du moins rester des indices de leur insertion autour des articulations. On n’en voit cependant aucune trace: car les tubercules qui sont placés sur ces articulations et que nous avions d’abord considérés comme des indices de cette nature, nous paroissent ne pas avoir le caractère de véritables cicatrices et n'être que de simples tubercules, qui représenteroient des gaines avortées. R
Nous avons donc parmi les Calamites des plantes assez différentes les unes des autres, principalement par l'existence des gaînes ou par leur avortement plus ou moins complet: ainsi les unes, comme le Calamites radiatus, ont une gaîne très-développée ; d’autres, comme les Calamites deëoratus j Suckowii, etc., n’ont plus que des tubercules verticillés ; enfin quelques-unes présentent une écorce trés-épaisse, à la sur-
BE x. 33 "Li )
… face de laquelle on n’aperçoit plus aucun tubercule, et sur
laquelle les articulations et les stries paroissent même à peine. On a eu occasion d’observer, mais d’une manière assez imparfaite , le mode de terminaison de ces tiges. Ces obser-
… vations sont incomplètes , car personne ne les a faites sur les
plantes verticales et encore en place, de manière à pouvoir distinguer l'extrémité inférieure de l'extrémité supérieure ; tantôt on voit ces tiges s’amincir graduellement et les arti- | culations s’espacer davantage ou quelquefois se rapprocher un peu les unes des autres; dans d’autres échantillons, la tige se termine par une partie arrondie, sur laquelle les articulations sont toujours plus rapprochées, et les tubercules, qui, dans ce cas, paroissent de véritables cicatrices, deviennent plus marqués. Le premier mode de terminaison nous paroît appartenir à l'extrémité supérieure; le second à l'extrémité inférieure ; et, dans ce cas, les grandes cicatrices qu’on y voit seroient celles des radicelles. Ce qui nous feroit surtout présumer que les extrémités arrondies correspondent à la base , c’est que dans les Equisetum vivans les articulations sont toujours plus rapprochées vers la base, et que le même caractère s'observe aussi sur lestiges verticales fossiles de l’Equi- setum columnare,
Les Équisétacées fossiles présentent donc deux groupes bien distincts : l’un, dont on n’a trouvé des échantillons bien ca-
ractérisés que dans les terrains de sédiment moyen et supé- | rieur, est parfaitement identique avec les Equisetum vivans, et n'offre que de légères différences spécifiques ; il conservera par conséquent le nom d'EQuiserum: l’autre, propre aux ter-
| rains anciens, diffère assez des Equisetum actuellement existant
par sa taille et probablement par l’absence presque constante des gaines , ou par la forme différente de cet organe, pour nous autoriser à en former un genre particulier, distinct de fous ceux qui existent actuellement.
- … Ce dernier genre a déjà été désigné, par Suckow et par
toy »
MM. de Schlotheïm, de Sternberg et Artis, sous le nom de Calamites, et quoique l’analogie que ce nom indique entre les Calamus ou Rotang, genre de la famille des Palmiers, et ces fossiles, me paroisse tout-a-fait contraire à ce que nous annonce l’organisation de ces plantes de l’ancien monde , je n'ai pas cru pouvoir en admettre un autre ; mais je dois, après avoir montré la ressemblance qui existe entre les Prêles et les fossiles qui nous occupent, faire voir ! les différences qui | éloignent ces plantes des Calamus et des autres Palmiers, ainsi que des Bambous , auxquels on les a su ccessivement comparées.
Les Calamus ont, il est vrai, des tiges articulées; mais ces tiges n’offrent jamais les stries régulières qu’on observe dans les Calamites; chaque articulation ne présente qu’une seule insertion unilatérale assez grande , produite par le bourgeon placé à laisselle de la feuille qui naît de chacune de ces articulations : cette cicatrice est ronde, dirigée supérieurement, et correspond à un sillon assez profond qui parcourt l’entre-nœud supérieur; jamais on n’observe ces cicatrices ou tubercules réguliers qui entourent chacune des articulations des plantes fossiles, lorsqu'elles sont bien conservées, ou lorsqu'on en voit, ce n’est qu'aux articulations inférieures, et dans ce cas elles sont produites par les FRERES qui naissent du bas de la tige.
Les Bambous et les autres Graminées ont presque la même structure que les Calamus, quoique ces derniers appartiennent à la famille des Palmiers ; on remarque de même de grandes cicatrices unilatérales sur chaque articulation; cicatrices qui sont surmontées d’un sillon ou d’une gouttière assez profonde, et qui sont placées alternativement des deux côtés de cette tige.
Dans les vrais Palmiers on observe une organisation bién plus différente de celle des plantes fossiles qui nous occupent; car les tiges ne présentent pas de véritables articulations qui les entourent complétement, mais seulement des anneaux in-
(8 complets, provenant de la cicatrice produite par la base amplexicaule des feuilles.
Enfin, à toutes ces preuves en faveur de l'opinion que nous avons adoptée, nous pouvons ajouter celle déduite de l’absence, dans le terrain houiller, de feuilles ou de fruits qui puissent appartenir aux plantes précédentes, et cependant les feuilles et les. fruits des Palmiers, et particulièrement ceux des Calamus, sont trés-faciles à reconnoitre, et les feuilles surtout devroient être extrêmement fréquentes, puisque ces grandes tiges sont peut-être de tous les fossiles du terrain houiller les plus généralement répandus et les plus abondans dans certaines localités.
En admettant par conséquent le genre Calamites comme appartenant à la famille des Équisétacées, on voit que cette famille s” montrée, dès les temps les plus reculés de la création . 3 organisés, a la surface de la terre ; en effet, ce genre se trouve non-seulement dans le terrain houiller,
mais même dans les anciens terrains d’anthracite de transition des Vosges. On voit en outre que cette famille avoit attein s ces époques reculées un développement beaucoup ‘plus considérable que celui qu’elle présente actuellement; développement qu’on observe également dans les autres familles de monocotylédones cryptogames qui composent la végétation de cette époque.
Dans les terrains d’époque plus récente, tels que le grés » bigarré des Vosges, on trouve encore des fragmens assez nom- breux de ces grandes Équisétacées arborescentes; mais les échantillons, entièrement transformés en grès, sans épiderme charbonneux, ne paroiïssant que des moules intérieurs ou mal conservés , on ne peut déterminer avec certitude si ce sont les mêmes espèces que celles du terrain houiller. | Dans des terrains d’une formation encore plus récente on … trouve déjà des plantes qui présentent tous les caractères des | vrais Equisetum joints à une taille de beaucoup supérieure
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( 36 ) ” à celle de nos Equiselum actuels, et qui, par ce caractère et par la simplicité de leurs tiges, font un véritable passage entre les Calamites des anciennes formations et les Equisetum du monde actuel. Enfin, ce n’est que dans les terrains les plus modernes qu’on a trouvé quelques débris absolument semblables par leur structure et par leur taille aux Prêles de notre végétation actuelle.
Avant de donner l’énumération des espèces de cette famille , nous ferons remarquer que, dans des plantes d’une structure aussi simple, dont les organes sont aussi peu nombreux et aussi peu variés, l'examen le plus scrupuleux des détails de l’organisation, et de trés- bonnes figures tant de l’ensemble que des détails, sont indispensables pour les bien reconnoître; l'épaisseur et la disposition de l'écorce, la forme des stries , leur disposition auprés de l'articulation, la présence ou l'absence des tubercules autour de ces articulatiens, sont des caractères qui, par leur combinaison, peuvent seuls nous conduire a fixer les espèces, et les deux premiers nous paroissent les plus importans, parce que ce sont ceux qui doivent le moins varier d’une partie de la plante à l’autre ou dans deux individus de la même espèce, et ce sont en effet ceux que l'examen de nombreux échantillons nous a prouvé être les plus constans. On conçoit d’après cela que souvent les synonymes que nous avons rapportés aux espèces que nous connoissons, peuvent être douteux; puisque rarement ces caractères sont bien exprimés dans les figures et à peine indiqués dans les descriptions. Enfin, souvent ces figures et ces descriptions se rapportent, comme cela a lieu pour beaucoup de tiges du terrain houiller, à des plantes dépourvues de leur épiderme , à des échantillons tout-a-fait imparfaits par conséquent, et sur lesquels aucun des caractères essentiels ne peut plus être reconnu : nous avons donc dû nous borner à établir ici comme espèces celles que nous avons pu étudier sur la nature même, et négliger pour le moment les espèces
y ut ù { A x, Gusr ‘6 2 4 s par ue auteurs et sur lesquelles nous ne pouvons
voi d'opinion arrêtée.
0 I." EQUISETUM. Tiges articulées , entourées de graines cylindriques régulièrement dentelées, appliquées contre la tige.
1. EQuiseruM BRACHYODON , Hist. des vég. foss., 1, p.114, pl.12,fig.11,12.