‹ Prodrome d'une histoire des végétaux fossilesChapitre 3 sur 116 · DES · texte numérisé non relu

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ions des végétaux qui, à diverses époques, ant été ensevelis dans les couches de la terre, la détermination de leurs rapports avec les plantes qui habitent encore notre globe, la manière dont les diverses formes végétales se sont succédé depuis les époques les plus reculées, où nous trouvons des traces de leur présence, jusqu’à nos jours, est certainement un des points les plus intéressans de l’histoire de la nature. Aussi, depuis plus d’un siècle la présence de ces empreintes végétales dans différentes couches de la terre avoit attiré l’attention des savans, et le peu d’analogie qui existe entre la plupart de ces plantes et celles qui croissent dans nos climats, avoit frappé plusieurs observateurs. Antoine de Jussieu fut un des premiers à faire remarquer la différence qui existe entre les végétaux qui se trouvent dans les mines de houille ” et ceux qui croissent dans nos climats, et l’analogie qu’ils pré- ‘1 sentent au contraire avec ceux des régions équatoriales.' Pendant le dernier siecle , plusieurs mémoires répandus dans les collections des académies, firent connoïtre quelques faits L intéressans relatifs à ce sujet; d’autres auteurs, en traitant de

1 Mémoires de l’Académie des sciences ; 1718.

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l'oryctognosie des pays qui en renferment un grand nombre, en donnérent des figures généralement fort imparfaites, tels furent Luyd, Mylius, Volkmann, etc. Parmi les botanistes, Scheuchzer fut le seul qui en fit une étude spéciale, et son Herbarium diluvianum renferme des figures, souvent fort exactes, d’un assez grand nombre de plantes fossiles. Mais l'état imparfait de la botanique et l'absence , on peut dire complète, de la géologie, faisoient de l’étude de ces fossiles une science sans intérêt et sans généralité: chaque savant ne pouvoit que donner des figures plus ou moins exactes des échantillons qu'il rencontroit, et fournir ainsi quelques faits isolés, sans liaisons et sans comparaisons. La botanique régie par des systèmes artificiels, à peine éclairée par l'anatomie végétale encore très-négligée, ne possédant sur la plupart des végétaux exotiques que des notions trés-incomplétes, ne pouvoit pas conduire, dans la plupart des cas, à des déterminations même approximatives des débris imparfaits qui se rencontrent à Pétat fossile. Même à présent que l’anatomie végétale a été l'objet des études de tant de savans , maintenant que la méthode naturelle, en groupant les plantes d'aprés l’ensemble de leurs rapports, facilite de toute manière les déterminations de ce genre, nous sommes arrêtés continuellement par la difficulté même du sujet, qui dépend de l’état imparfait des échantillons fossiles, et de la connoïssance incomplète que nous avons encore de beaucoup de végétaux vivans. Nous ne saurions done avec justice reprocher aux savans du siècle passé, de n’avoir pas abordé un sujet aussi difficile que Qu termination de ces fossiles.

Un assez long espace de temps, près d’un demi-siécle , s’é-

coula pendant lequel aucun travail important ne parut sur

ce sujet; ce ne fut qu’en 1804, que la Flore de l'ancien monde

de M. de Schlotheim' ramena l'attention des naturalistes sur .

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1 Beschreibung merkwürdiger Kräuter- Abdrücke und Pflanzen-Fer-

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cétte branche des sciences. Des figures plus parfaites, des descriptions détaillées et faites avec la précision du style botanique , enfin quelques tentatives de comparaison avec les végétaux vivans, montrérent que cette partie de l’histoire naturelle étoit susceptible d’être traitée comme les autres branches des sciences , et l’on peut dire que, si l’auteur avoit établi une nomenclature pour les végétaux qu’il a décrits, son ouvrage seroit devenu la base de tous les travaux qu'on a faits depuis sur le même sujet.

Malgré ce premier pas, l’histoire des végétaux fossiles resta éncore stationnaire pendant quelques années, et on diroit que pendant ce temps les savans de l'Allemagne, de l’Angleterre, de la Suëde , de l'Amérique et de la France, dirigérent en même temps leurs études sur ce sujet ; car dans l’espace de peu d’années on vit paroître dans ces divers pays de nombreux travaux sur les végétaux fossiles, tels furent en Allemagne les ouvrages de MM. de Sternberg', Rhode?, Martius * , et les supplémens de M. de Schlotheim 4; en Angle terre ; ceux de Parkinson 5, de M. Artis6, sans parler de plusieurs mémoires renfermés dans les transactions géologiques ou dans les descriptions de diverses contrées; en Suéde les

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steinèrungen; ein Beitrag zur Flora der Forwelt , von E. F. vor Schlotheim. Gotha, 1804.

1 Versuch einer geognostisch-botanischen Darstellung der Flora der Flwet ; 4 fase. im-iol. Leipzig, 1820 — 1826. Ouvrage qui a été traduit | en françois par M. le comte de Bray; c'est cette édition que je citerai

de préférence.

2 Rhode, Beyträge zur Pflanzenkunde der Forwelt. 3 De plantis nonnullis antediluvianis, ope specierum inter iropicos nunc viventium illustrandis. Ratisbonæ , 1822, 4 Petrefaktenkunde. Gotha, 1820. — Nachträge zur Petrefaktenkunde. 5 Organic remains.

6 rreilrian Phytology. London, 1825.

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mémoires de MM. Nilson ' et Agardh?; en Amérique, fe grand mémoire de M. Steinhauer*: en France, je pourrois citer quelques mémoires# dans lesquels j'ai essayé de poser les principes qui me paroissent devoir diriger dans l'étude de cette branche des sciences , et de les appliquer à quelques . cas particuliers. Tels sont les principaux ouvrages publiés récemment sur l'histoire des végétaux fossiles, ceux qu’on peut regarder comme faisant la base de nos connoissances sur ce sujet; je ne saurois exposer ici les principes ou les faits qu'ils renferment, sans sortir des limites de cette dissertation; et je suis obligé de renvoyer à l'ouvrage plus étendu dont je viens de commencer la publication, et dans lequel.

1 Sur les végétaux fossiles de Hôr en Scanie. Mém. de l’ Acad. des sciences de Stockholm. 1820 , vol.2, p. 284.

Sur quelques végétaux terrestres fossiles qui se trouvent dans le grès 4 vert en Scanie. Mém. de l Acad. des sc. de Stockholm. 1824. v. 1, p. 143» Le | 2 Mémoires de l’Académie des sciences de Stockholm. 1823. 3 Trans. of the amer. Philos. society ; tom. 1. F 4 Sur la classification et la distribution des végétaux fossiles. Mém. du Muséum , tom. &. LE a" Observations sur les fucoïdes et sur quelques autres pla: s marines

fossiles. Mémoires de la société d'histoire naturelle de Paris, tome 1. a.

Observations sur quelques végétaux fossiles du terrain houillers Ann. des sciences naturelles ,t. 4, p. 23. D Observations sur les végétaux fossiles renfermés dans les grès de Hôr en Scanie. Ænn. des sciences naturelles, tom. 4, p. 200. # Note sur les végétaux fossiles de l’oolithe de Mamers. Ann. des teblne. nat., t. 4 » p: 416. # Note sur les végétaux fossiles des terrains d’anthracite des Alpes, à Ann. des sciences naturelles , t. 14. j

5 Histoire des végétaux fossiles, ou Recherches botaniques et géolo-

giques sur les végétaux renfermés dans les diverses couches du globe;

= , © A . \ “ # 2 vol. in-3.°, gr. pap., avec 160 à 200 planches, paroïissant en 12 à 15 ï

à livraisons de 15 planches:chacune : les deux premières livraisons sont publiées.

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fe chercherai à faire connoitre avec les détails nécessaires toutes les découvertes faites dans cette branche de l’histoire naturelle. J'aurai occasion de discuter plusieurs des opinions adoptées par les savans que je viens de citer, lorsque je traiterai chacune des parties de ce sujet; cependant mon but, dans cet article, ne peut pas être d'approfondir chacun des points de l'étude des végétaux fossiles; mais seulement de présenter les faits les plus importans et les conséquences qu’on peut en déduire, de manière à ce qu’on puisse le considérer comme le prodrome de mon histoire des végétaux fossiles, à laquelle on devra recourir pour trouver plus de développement sur les faits de détail, tels que les déterminations et les analogies des espèces, et les preuves de plusieurs rapprochemens que jé ne pourrai qu'indiquer | RER

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