‹ Prodrome d'une histoire des végétaux fossilesChapitre 39 sur 116 · SPHENOPHYLLUM DISSECTUM- Ibid · texte numérisé non relu

SPHENOPHYLLUM DISSECTUM- Ibid

7 Famizzes. CHARACÉES.

Le genre Chara, l’un des plus singuliers du rêgne végétal, compose à lui seul cette famille; toutes les espèces qu'il renferme croissent dans les eaux douces ou saumâtres; aucune

( 69 ) n’habite dans la mer. La structure de leurs tiges a quelque analogie avec celle des Ceramium et de quelques autres plantes marines; mais leur fructification est trés-différente. Leurs tiges sont formées de rameaux fistuleux , composés de tubes simples ou de plusieurs tubes réunis et remplis d’un suc limpide , dans lequel circulent des globules verts. Ces tubes sont ordinairement striés trés-régulièrement; ils sont interrompus de distance en distance par des cloisons, et la tige est ainsi articulée; les rameaux sont verticillés autour de ces articulations. Ces rameaux, dont la structure est la même que celle de la tige principale, portent de petits ramuscules courts, simples, semblables presque à de petites épines, et qui jouent le rôle de bractées : à leur aisselle se trouvent les organes femelles, et au - dessous d’eux, sur les rameaux principaux, sont ordinairement insérésles organes mâles. Nous n'entrerons pas dans les détails de la structure trés-singulière de ces derniers, qui n’importent pas à l’étude des fossiles ; mais nous devons faire connoîïtre le fruit qui résulte du développement de l’organe femelle. C’est une petite nucule recouverte de deux enveloppes ; l’externe, mince, membraneuse ,®erte, est formée par cinq tubes semblables à ceux des organes de la végétation, soudés ensemble et tordus en spirale; leur sommet forme cinq petites dents, qui couronnent l’ovaire, et qu’on a regardées tantôt comme le limbe d’un calice adhérent, tantôt comme des stigmates ; opinions qui ne paroissent pas mieux fondées l’une que l’autre, puisque ces parties, soit par leur structure, soit par les fonctions qu’elles peuvent remplir , s’éloignent également du calice et du stigmate des plantes phanérogames. Sous ce tégument externe on trouve une autre enveloppe crustacée, assez dure, composée , comme l’externe, de cinq tubes ou lames tordues en spirale , mais pleines , solides , et généralement d’une couleur foncée et différente de celle du reste de la plante. Ces lames peuvent se séparer l’une de l’autre 'par un léger

( æ } effort, et forment autant de valves en hélice qui se réunissent à la base et au sommet, où elles laissent un trou assezpetit.

Dans l’intérieur de cette nucule crustacée on trouve une substance amylacée , qui paroïit renfermée dans une membrane propre très-ténue, et peut-être même dans un tissu cellulaire à parois trés-minces. Les granules amylacés sont de grosseur et de forme trés-diverses. Malgré les recherches les plus attentives, aucun observateur n’a encore pu découvrir d'embryon dans ces graines.

Beaucoup d'auteurs ont regardé chacun de ces granules amylacés comme un embryon ; mais la germination de ces plantes a prouvé qu'il n'existe dans chaque nucule qu’un seul embryon, qui, en germant, sort par l’une des extrémités de la nucule'. Ces granules amylacés forment donc une sorte de périsperme , à moins que leur réunion ne compose une masse | celluleuse continue, qui fasse partie de l'embryon lui-même.

Les Chara fossiles ont été reconnus, pour la première fois, dans les meulières du terrain d’eau douce des environs de Paris par M. Léman. M. de Lamarck avoit précédemment décrit ces fossiles comme des coquilles microscopiques, sousle … nom de Gyrogoniles. | °

| Depuis, nous avons reconnu l'existence de trois espèces distinetes ] parmi les Gyrogonites des environs de Paris. Une de ces ; ces, celle décrite en premier par M. de Lamarck, à été

retrouvée par M. Webster à à l'ile de Wight, également dans les terrains d'eau douce ; et récemment M. Lyell a observé,

1 Voyez, sur ce sujet, les observations de M. Vaucher (Mém. de la Soc. de physiq. et d’hist. nat. de Genève, tom. 1.” ), et celles de Kaulfuss (Ueber die Keimen der Charen, Leipzig, 1825), observations que. j'ai vérifiées plusieurs PES Les personnes qui voudroient connoître avec plus de détail la structure de cès plantes, en trouveront en outre de très-bonnes descriptions et des figures fort exactes dans Wallroth. (4nnus botanicus , Halæ , 1815.)

es

dans les mêmes terrains, a Whitecliff, dans l’île de Wight, une nouvelle espèce trés-curieuse. Dans le mémoire qu’il a publié sur ce sujet ”, il a fait connoitre également l’existence des graines et des tiges de Chara dans des dépôts modernes et cependant très-solides, analogues par la plupart de leurs caractères aux travertins des environs de Rome, qui se forment dans le lac de Bakie dans le Forfarshire, en Écosse,

Par cette observation intéressante il a entiérement confirmé l'opinion de l'identité des Gyrogonites et des fruits des Chara.

Outre les fruits de ce genre, on trouve presque toujours dans les mêmes échantillons, des tiges qui appartiennent évidemment au même genre, mais qui ont été plus négligées, parce qu’elles ne peuvent pas, comme les fruits, servir facilement à la détermination des espèces. Ce sont de petits frag-

mens presque toujours brisés, ce qui est très-naturel, les tiges :

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