Famizze. CYCADÉES
La tige de toutes les Cycadées connues est simple; cependant dans quelques Zamia elle paroît susceptible de se diviser
au sommet, ou plutôt de produire plusieurs bourgeons, qui
. ne s’alongent pas en véritables branches.
Dans le Cyeas circinalis la tige s'élève quelquefois jusqu’à deux ou trois mètres; mais je ne crois pas qu’elle se ramifie jamais. Cette tige n’augmente pas en diamètre : son mode de croissance est analogue sous ce rapport à celui des Palmiers, quoique sa structure interne, encore trés-imparfaitement connue , soit tout-à-fait différente de celle des tiges des monocotylédonés , ainsi que nous le ferons voir dans un mémoire sur ce sujet. Il en résulte cependant que les cicatrices laissées, par les bases des feuilles à la surface de cette tige, persistent pendant trés-longtemps sans se détruire. Ces feuilles sont portées sur un pétiole dont la coupe est à peu près rhomboïdale ; elles sont pinnées, et leurs folioles , nombreuses et régulières, différent de forme dans les deux genres qui composent cette famille. Dans les Cycas, les folioles sont linéaires et traversées par une seule nervure moyenne, trés-
se ; le reste de la feuille est formé d’un parenchyme épais, i$ lequel on n’aperçoit pas de nervures secondaires. Dans es Zamia , les folioles, dont la forme varie beaucoup plus, sont parcourues par des rervures longitudinales, paralleles ou légérement divergentes, nombreuses, toutes égales et simples, ou quelquefois bifurquées.
Les folioles dans ces deux genres sont toujours continues
… avec le pétiole commun, et ne sont jamais articulées; mais,
souvent on voit à leur base une sorte de callus blanchâtre, qui indique leur union au pétiole. Ces folioles sont toujours épaisses et coriaces , entières, ou ne présentant que quelques dents plus ou moins profondes vers leur extrémité. Dans leur jeunesse , les feuilles des Cycadées sont enroulées en crosse,
comme celles des Fougères, et ce caractère avoit beaucoup contribué à faire rapprocher ces deux familles. Les fleurs mâles dans les deux genres de cette famille sont formées de cônes, composés d’écailles élargies à leur extrémité libre, et portant à leur surface inférieure des anthères nombreuses, crustacées, ovoïdes, s’ouvrant par une fente longitudinale.
Les fleurs femelles différent beaucoup plus. Dans les Zamia, elles sont formées de cônes analogues aux cônes mâles, mais dont les écailles portent sur leur surface inférieure deux ovules nus, pendans. D)
Dans les Cycas, des ovules semblables sont placés sur les deux bords, et dans des espèces de fossettes d’un rameau aplati, qui paroît analogue à un pétiole de feuille avorté. Ces ovules deviennent des graines, dont le test est dur et solide, et renferme un périsperme épais, dans l'intérieur duquel sont placés plusieurs embryons, qui paroissent dicotylédons.
On a trouvé à l’état fossile, dans les terrains secondaires, des empreintes qui paroissent se rapporter à divérs organes de ces végétaux. |
1.” Des feuilles. Les mieux caractérisées et celles qui se rapprochent le plus des plantes vivantes de cette famille, ont été trouvées à Whitby dans le Yorkshire, et dans quelques. autres localités qui appartiennent également à la formation oolithique. Ces feuilles, comme celles des Zamia, sont pinnées, à fulioles continues , avec le pétiole commun, quelquefois présentant une sorte de callus à leur base. Les folioles sont en général lancéolées ou presque linéaires, et parcourues par des nervures fines, égales et paralléles. Quelques- unes des espèces fossiles, et particulièrement celle à laquelle nous avons donné le nom de M. Mantell, ressemblent d’une manière frappante au Zamia pungens. Cette identité est telle que nous ne pouvons pas nous empêcher de placer ces plantes dans le genre Zamia, tout en établissant qu’il étoit possible
(80. 9 que ces plantes, tout-à- fait semblables par leurs feuilles, fussent différentes par leur fructification.
Quelques autres espèces s’éloignent un peu plus des Zamia vivans par leurs folioles légèrement dilatées à leur base en une sorte d’oreillette , placée tantôt à leur partie supérieure, tantôt à leur partie inférieure. Enfin il est quelques plantes, considérées d’abord comme des Fougères, qui nous paroissent se rapprocher davantage de ce genre, quoiqu’elles en différent par leurs folioles presque imbriquées, cordiformes à leur base, et par leurs nervures divergentes. Nous leur donnons le nom de Zamites; elles se rapprochent, par les caractères que nous venons d'indiquer des Fougères, du genre Nevrop- Leris. |
Outre ces ce, tres - analogues aux Zamia, il en est quelques autres qui paroïssent s’en éloigner assez pour constituer dans cette famille des genres particuliers et différens de ceux que nous connoissons à l’état vivant. Dans les unes, les folioles, plus ou moins alongées, sont tronquées à leur extrémité ; tantôt leur forme est à peu près carrée, quelquefois presque cunéiforme; tantôt elle est presque linéaire; elles sont parcourues par des nervures simples, fines , toutes égales et peu marquées, surtout vers l'extrémité des folioles. Nous avons déjà désigné ce genre sous le nom de Pterophyllum.
Dans d’autres plantes, qui appartiennent également à cette famille , les feuilles sont pinnées; mais les pinnules oblongues, plus ou moins alongées, sont adhérentes par toute leur base au rachis ou pétiole commun, et leur extrémité libre est arrondie. Les nervures sont parallèles , et une partie d’entre elles sont beaucoup plus marquées que celles qui les séparent. C’est à ce genre que nous avons donné le nom de Nilsonia. ‘
Outre l'analogie de structure, qui nous paroît indiquer la place de ces plantes parmi les Cycadées, un caractère remarquable, propre seulement à cette famille et à celle des Fou-
( 92 ) geres, s’est montré dans des échantillons de ces deux genres de plantes fossiles, je veux parler de l'enroulement en crosse des frondes. Des échantillons de Nülsonia et de Péerophyllum , trouvés à Hôr en Scanie, ont présenté cette disposition caractéristique.
Une derniére forme de feuilles, découverte aussi en Suède par M. Nilson , paroît encore appartenir à cette famille ; mais elle se rapproche particulièrement des Cycas, dont elle diffère surtout par une taille beaucoup moindre et par des
, frondes à folioles moins nombreuses. Ces frondes sont pinnées et composées de sept à neuf folioles linéaires, traversées par une forte nervure moyenne; elles paroïssent s’être insérées au sommet d'une tige commune, comme cela s’observe dans les Cycadées, L’analogie de cette plante avec les Cycas nous engage à lui donner le nom de Cycadites.
2. Des tiges : Leur détermination est encore plus difficile, car nous n'avons jusqu’à présent que des notions trés-imparfaites sur la structure des tiges des Cycadées vivantes. Nous avons Cru cependant pouvoir rapporter à cette famille
‘une tige très- remarquable, découverte dans le calcaire "de Portland, et dont M. Buckland à fait faire une belle lithographie. Cette plante, dont nous avons vu un échantillon a Londres, représente une sorte de grosse bulbe arrondie , formée par une tige presque sphéroïdale, déprimée à son sommet. Toutson pourtour est couvert de cicatrices rnomboïdales, disposées comme dans les tiges trés- courtes et renflées des Zamia, et la dépression centrale correspond au point d’attache des jeunes feuilles. Il nous est difficile de conserver des doutes à l'égard de l’analogie de cette tige avec celle des Cycadées; mais il est remarquable qu'on n’ait pas encore observé de feuilles de ces plantes dans les mêmes couches calcaires, quoiqu’on en ait trouvé si souvent dans d’autres couches. Nous avons donné à cette plante le nom de Mantellia, en l'honneur d’un des géologues qui ont le plus con-
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tribué à étendre nos connoissances sur les fossiles de l’Angle-
terre, et auquel nous devons en particulier des observations précieuses sur les végétaux -fossiles des terrains secondaires.
Une autre tige, trouvée dans le calcaire conchylien des environs de Lunéville, et qui fait partie de la superbe collection de la ville de Strasbourg, appartient sans aucun doute à la même famille, ainsi que le prouve la forme des insertions des feuilles et la structure interne, qui est encore bien conservée et tout-à-fait analogue à ce qu’on observe dans les Cycas; cette tige appartenoit probablement à un autre genre que la précédente, et paroît se rapprocher plu-
. tôt des Cycas que des Zamia ; mais en attendant qu'on ait
trouvé des feuilles de ces deux genres, nous les laisserons réunies dans le même genre; car elles appartiennent sans aucun doute à la même famille.
Nous avions d’abord pensé qu’on devoit aussi ranger dans cette famille la plante décrite par M. Mantell, sous le nom de Clathraria Lyellii, et celle du calcaire de Stovesfield, que M. de Sternberg a figurée sous le nom de Conites Bucklandi ; mais VPexamen d'échantillons plus complets de ces deux tiges nous engage à les considérer comme appartenant plutôt à des monocotylédones phanérogames , voisines des Dracæna et des Xanthorrhea. Nous exposerons nos motifs en traitant des fossiles de la famille des Liliacées.
Les espèces que nous connoissons de la famille des Cycadées peuvent être disposées ainsi : la plupart d’entre elles sont encore inédites ; mais elles seront incessamment publiées dans notre Histoire des végétaux fossiles.
+ rondes.
* I. CYCADITES. Feuilles pinnées , à pinnules linéaires , entières,
adhérentes par toute leur base, traversées par une seule nervure moyenne, épaisse; point de nervures secondaires.