Des fruits parfaitement semblables à ceux du Bouleau
Ces fruits, comparés à ceux du Bouleau commun, n’en différent que très-légèrement par la forme de la membrane qui les borde, ils en différent beaucoup moins que ceux des Bouleaux ne différent de ceux des Aulnes, malgré la grande ressemblance de ces deux genres. On voit encore sur ces impressions, qui viennent du calcaire marneux d'Armissan , prés Narbonne, les deux styles qui surmontent le fruit. Nous ne pouvons donc conserver aucun doute sur l'identité générique de ces deux plantes, et nous donnerons à l'espèce fossile le nom de Betula dryadum.
. Un autre fruit fossile, contenu dans les mêmes échantillons que les précédens, prouve l'existence à la même époque et dans la même contrée d’une espèce de Charme trésvoisine de l'espèce d'Europe, maïs qui en differe cependant, ainsi que des deux autres espèces de ce genre, par la forme de la bractée trilobée qui couvre le fruit et dont les lobes latéraux sont plus longs et obtus. :
Nous désignerons cette espèce bien caractérisée par le nom de Carpinus macroptera.
Les argiles de la formation de lignites en Bohème contiennent des feuilles d’une plante que M. de Sternberg a décrite sous le nom d’Aspleniopteris difformis, et qu’il a représentée ; tab. 24, fig. 1, de son ouvrage.
Ce savant naturaliste l’a citée comme une exception à a la règle , trop absolue peut-être, que nous avions établie, qu’il n’existoit pas de Fougères fossiles dans les terrains supérieurs à la craie ; tout en reconnoissant que dans quelques cas trèsrares on trouve des fragmens de Fougeéres dans les terrains tertiaires, nous ne pouvons admettre la plante ci-dessus mentionnée pour une Fougère ; nous en avons plusieurs échantillons venant de Bohème, et en très-bon état, sur lesquels on reconnoît facilement que la disposition des nervures est tout-à-fait étrangère à ce qu’on observe dans-les Fougeres.
Au contraire, cette disposition des nervures est parfaitement semblable à celle du Comptonia asplenüfolia, tellement qu'on ne peut y reconnoître la plus légère différence ; ces deux plantes ne se distinguent que par la forme des lobes de la
feuille un peu plus aigus dans l’espèce fossile que dans la plante vivante ; nous désignerons par cette raison l'espèce fossile sous le nom de Comptonia acutiloba.
Une plante très-voisine au premier aspect de celle que nous venons de faire connoître a été trouvée à Armissan , près
Narbonne, et nous paroît appartenir à la même espèce que M. de Sternberg a décrite et figurée sous le nom d’Aspleniopteris Schranckii, tab. 22; fig. 2, d'aprés des échantillons de Hæring en Tyrol. La feuille trouvée à Armissan est beaucoup plus complète ; elle s'éloigne, comme la précédente, des Fougères par ses nervures principales, naissant de la côte moyenne, au nombre de deux ou trois dans chaque lobe, et par ses nervures secondaires réticulées irrégulièrement ; mais par sa forme générale , par le nombre de ses lobes, par leur petitesse et leur forme très-aiguë, enfin, par la roideur des nervures et l’épaisseur que paroissoit avoir la feuille, cet échantillon ressembleroit beaucoup plus aux feuilles pinna-
L' tiñides de quelques Banksia, et de la plupart des Dryandra. ï Malheureusement les petits détails des nervures ne se voient '
pas trés-bien sur cette empreinte, et nous devons rester dans
Fe.
le doute jusqu’à ce que de meilleurs échantillons nous aient éclairés; car ce seroit un fait bien extraordinaire que de trouver en France, dans des terrains assez modernes, des débris de genres qui actuellement sont entièrement limités dans l'hémisphère austral, et seulement dans une de ses parties, à la Nouvelle- Hollande. |
L’existence déjà prouvée d’une espèce de Comptonia dans les terrains tertiaires d'Europe pouvant faire présumer que cette feuille étoit celle d’une autre espèce de ce genre, nous la désignerons, jusqu’à ce que de nouveaux échantillons nous l'aient mieux fait connoître , par le nom de Comptonia ? dryandræfolia. k à
Outre ces végétaux , que des caractères bien tranchés rangent dans la famille des Amentacées, on rencontre dans les mêmes terrains des feuilles qui ont une grande analogie avec celles de plusieurs des genres de cette famille; ainsi, le calcaire grossier des environs de Paris et les marnes d’Armissan renferment dés feuilles analogues à celles des Saules; le calcaire schisteux d’'Œningen présente des feuilles semblables à celles des Peupliers, feuilles que Knorr avoit déjà figurées et dont nous avons représenté un autre échantillon’. Des feuilles analogues à celles du chàtaignier sont très-fréquentes dans Les schistes bitumineux de Menat et dans ceux qui accompagnent leslignites des bords du Rhin. Enfin, à Comothau , en Bohéme, on a trouvé dans cette même formation des feuilles tout-afait semblables à celles de l'Orme , mais beaucoup plus petites,
La famille des Amentacées, qui compose maïntenant presque entierement les forêts de nos régions tempérées, et qui est surtout si nombreuse en espèces dans le nord de l’Amérique, étoit donc à l’époque de la formation des terrains tertiaires une des plus abondantes en espèces; car il faut tou» jours avoir présent à l'esprit que les plantes conservées’ à
1 Essai d’une class. des végét. foss., tab. 3, fig. 4.
il létat fossile, et surtout celles qui sont parvenues à notre
connoissance , ne devoient former qu’une petite partie de
l'ancienne végétation. Cette remarque s'applique particulié-
rement aux plantes qui se trouvent dispersées dans des ter- rains qui paroissent formés par transport, qu’on a peu d’in-
h térêt à exploiter, et sur lesquels l'attention a été peu fixée
jusqu’à présent.
. Nous pouvons donc énumérer les espèces suivantes d’Amen-
} tacées.
CARPINUS.
CARPINUS MACROPTERA: Terrain des lignites de sédiment supérieur.