Prodrome d'une iconographie descriptive des ophidiens et description sommaire de nouvelles espèces de serpents venimeux
Dans la Notice ayant pour titre : Plan d’une iconographie descriptive des Ophidiens, et insérée dans la Revue de Zoologie (1858), j'ai annoncé que je présenterais les diagnoses des espèces nouvelles de Serpents venimeux (Toxicodonta) et de celles qui, étant décrites çà et là dans les ouvrages, ne se trouvent cependant pas dans l’Erpétologie générale de MM. Duméril et Bibron. Cependant, en raison de l'extrême difficulté qu’on éprouve pour la détermination de beaucoup d'espèces à l’aide de simples diagnoses, qui doivent nécessairement se trouver en rapport avec celles des autres espèces du mème genre, j'ai pensé qu’il serait préférable de donner des notes caractéristiques fournies par l'examen attentif de ces espèces. J'y joindrai, d’après mes propres observations, quelques détails relatifs aux genres énumérés dans ce travail. J'ai l'espoir, de cette façon, d’être utile à ceux qui, pour les déterminations,
se servent des deux ouvrages d'Ophiologie les plus importants et que j'ai pris pour guides dans mes études, c’est-àdire l'Erpétologie générale déjà citée, et l'Essai sur la physionomie des Serpents de M. Schlegel.
Je crois même qu'il sera agréable aux naturalistes de trouver ici, outre le signalement d’un certain nombre d'espèces nouvelles, l'indication de l'étendue de mon travail et des sources auxquelles j'ai puisé. Dans ce but,
Le
je mentionnerai toutes les espèces que j'ai pu, jusqu'à présent, décrire et faire figurer d’après nature, et je nommerai, à l’occasion de chacune d'elles, les Musées (1) et les Collections particulières où se trouvent les individus qui ont servi pour ces descriptions et les figures dont elles seront accompagnées.
Les erpétologistes auront ainsi un extrait du texte encore manuscrit de mon Zconographie descriptive.
Dirigeant donc d’abord mes études de manière à faciliter la distinction exacte des espèces de cet ordre de Reptiles si intéressant, et pourtant si négligé généralement, je me réserve d'essayer plus tard un arrangement définitif des espèces en genres et en familles, à Pépoque où je pourrai entreprendre la publication des Monographies dont se composera mon ouvrage.
TOXICODONTA. — Serpents à crochets antérieurs cannelés, perforés à la base, avec ou sans rainure externe visible.
Proreroegwpa. — Toutes les espèces de cette division (Serpents colubriformes Schles., Fallaciformes D. B.) manquent de plaque frénale, si ce n’est le Causus rhombeutus, et leurs labiales supérieures ne dépassent pas le nombre sept, excepté chez les espèces du genre Dendroaspis, qui en possèdent huit. Écailles lisses, excepté chez le Sepedon hæmachates, qui seul à la pupille ovale.
Première sous-division. — Serpents à crochets venimeux, sans autres dents solides, lisses ou sillonnées, sur l'os susmaxillaire. ”
Enumération des espèces.
I. Microsoma Neuwiedü. (Coll. Westphal Castelnau.)— Côte de Guinée (Christiansbourg).
(1) Pour abréger les indications relatives aux Musées de Milan ct de Paris, dont les noms doivent revenir le plus souvent, on à mis seulement leurs initiales, M. et P.
Si Le
IT. PorEmoN Barthi (1) (Munich). — Guinée.
IT. Erars, Schn. — Les espèces de ce genre offrent dans leur ensemble (physionomie), et dans la forme et la position des plaques céphaliques, une telle ressemblance entre elles, qu'il est difficile, pour la plupart, de les distinguer autrement que par les dessins qui résultent, de la distribution de leurs différentes couleurs, ordinairement au nombre de trois : le noir, le rouge et le jaune. Ces dessins sont assez constants dans les individus de la même espèce; aussi m'en suis-je servi pour ranger les espèces nombreuses de ce genre de manière à en faciliter la détermination.
k Espèces américaines.
À. Toutes ont sept labiales et quinze séries d’écailles jusqu’à l'anus. La sixième labiale ne touche pas à la pariétale. Deux plaques temporales 1/1, rarement anomales 1/2.
A. Bandes noires isolées par des interstices rouges sur lesquels on compte dix à vingt écailles en ligne droite : les écailles rouges ont le bout noir.