CHAPITRE IV
STBUCTURZ BT GLIVAQB DES ROCHES. — SGHISTOSITE. — STRATIFICATION.
Qœ faat-il entendre par structure des roches? •— Diverses sortes de ëtracture. — Schislosité : expériences de MM. Sorby , Tyndall » Daubrée. — Clivage des roches. — Stratification. — Horizontalité primitive et puissance des couches; indices de stratification. — Comment les couches varient de composition et d'aspect : 1® dans le sens horizontal; ^ dans le sens vertical. — Groupement des strates en assises.
gae fii«l-U entendre par slnietare «et roebesT ~ Dans leS descriptions géologiques , et même dans les traités des roches , les mots texture et structure sont quelquefois pris Tun pour l'autre . Chacun de ces mots est pourtant susceptible de recevoir une définition distincte.
La texture est l'arrangement des éléments les plus ténus dont une roche se compose. Cgs éléments, en se juxtaposant les uns contre les autres, forment la pâte , ou, si Ton veut, le tissu de la roche. Nous avons vu que ce tissu pouvait être serré ou à larges mailles, homogène ou hétérogène, etc. Quand on parle de texture, il ne peut être question que de roches résultant d'une sédimentation chimique, ou, tout au plus, de celles qui, provenant d'une sédimentation mécanique, sont, conr^me les marnes et les argiles , constituées par des éléments* très
atténués.
Quant à la détinilion de la structure, j'adopte sans restriction celle que Brongniart en a donné : la structure, dit-il, s'entend
tic la «lisposiliou dos joints di' séparation des parties diino roche, d'où résulte ll(''cc^sai^'nl^nt la forme de ces parties.
Du reste, je le recoiuKiis. dans plusieurs cas, on peut liésilcr sur l'emploi drs mois texture et structure. Fl y a quelquef«>is une certaine analogie entre ces deux modes d'envisager une roche, [)arcc (juil y a une transition insensihlc entre le volume des éléments ((ni iieuvent la composer. Quand ou dit d'un ^ris (piartzeux qu'il est à j^rains lins, on définit sa texture; mais cpiand ce ^rcs, par rauiimentation du volume doses cléments, passe au poudingue, le mol structure ne peut plus s'appliquer à rarran«;ement de ses éléments constitutifs. De même, le mot oalltique , atîecté à nn calcaire, fait allusion à sa texture; mais si les oolites se transforment en pisolitcs d'un pied et plus de diamètre, je ne pense pas que le moipisO' litiffuc s'applique à la texture de la roche que Ton considère.
Nous verrons hientol (ju'il y a même un passaj^^e, sinon réel, du moins apparent, entre la structure et la stratification. Ce passa^yc est étahli parles roches schisto'ides, dont kl disposition en feuillets provient, tantôt d'un amincissement excessif des couches, tantôt d'une cause tout-à-fait spéciale que je vai:^ avoir à rappeler.
En géologie, tous les faits, tous les phénomènes se lient les uns aux autres; ce n'est pas un motif pour que chacun d'eux ne soit pas ri^^oureusement défini.
Les minéralogistes considèrent, dans un cristal, sa forme et sa structure. La structure d'un cristal, c'est Tarrangenienl intérieur de ses molécules ; sa forme , c'est le systèn^e qui résulte de l'entrecroisement des plans qui le limitent. Le sens que les minéralogistes accordent aux mots structure el forme est celui (pie, dans l'étude des roches, il faut respectivement donner aux mots texture et structure.