SERIE PSAMMITIQUE
La série psammitique s'étend des premières strates du terrain bouiller proprementditauxdernières strates du terraiaTosgien. Elle correspond à la partie de la période paléozoîque pendant laquelle le sol de TEui-ope, à la suite du mouvement ascensionnel auquel il avait été jusqu'alors soumis^ s'est trouvé presque en totalité émergé, surtout dans les contrées autres que la Russie. La série psammitique comprend deux systèmes: le SYSTÈME HOUELLER et le SYSTÈME PERMIEN.
— L'exhaussement du sol qui avait persisté pendant toute la période trilobitique a eu pour conséquence rémergement de presque toute FEurope au commeocernent de la période psammitique ; si la mer occupait une portion quelconque de ce continent, ce ne pouvait être qu'en Russie. Ce qui nous engage à émettre cette opinion, c'est que, comme on le verra par la suite, les eaux océaniennes semblent avoir obéi pendant les périodes permienne, triasique et juras-* sique, à une sorte de mouvement de bascule en vertu duquel^ pendant qu'elles désertaient la partie occidentale de PEurope^ elles se portaient vers sa partie orientale et réciproquement; Le retour de la mer vers l'ouest de l'Europe a commencé à s'effectuer dès le commencement de la période permienne, mais il n'a été complet que vers la fin de la période triasique.
-^ J'ai déjà éûuméré les principaux caractères
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de la faune et de la flore de la période psammitique {antè, page 309); je reviendrai tout à Theure sur ce sujet en m'occu* pant des terrains houiller et permien; je me bornerai à émettre quelques considéralions sur le milieu où vivaient les Palœoniscus, dont les restes sont si nombreux dans toutes les formations dont se compose la série psammitique. Leurs débris se rencoàtrent tout à la lois dans des strates qui tantôt renferment des fossiles marins et^ par conséquent^ se sont déposées au fond de l'océan, et tantôt accusent par leurs divers caractères une origine exclusivement lacustre. Il faut donc que les Palœoniscus et les Amblipterus aient vécu indiCTéremment dans les eaux douces et dans les eaux salées. Celte aptitude spéciale s'explique lorsqu'on se rappelle que les Palœoniscus appartiennent à Tordre des ganoïdes comme les estui^eons qui vivent soit dans l'océan, soit dans les fleuves 0). Avec la faune carbonif^e disparaissent les poissons ganoides (si répandus dans le terrain dévonien) que Ton désigne quelquefois sous le nom de poissons sauroïdes et que la forme et la grandeur de leurs dents ainsi que leur forte organisation avaient d'abord
(1) Les esturgeons habitent l'Océan, la Méditerranée, la, mer Ronge» la mer Noire, la nier Baltique et la mer Caspienne ; mais ils ne passent pas leur vie tout entière au sein des mers. Au printemps, quand la chaleur vient réveiller en eux le sentiment de la propagation, les esturgeons remontent en bandes les grands fleuves, tels que le Volga, le Don, le Danube, l*Blbe, rOder, le Rhin, le Pô, la Garonne, la Loire, et c'est laque la femelle vient déposer ses œufs; quelquefois même ils remontent dans les affluents des fleuves. Pallas dit qu'ils sont si nombreux dans le Jaick qu'ils ont une fois endommagé une digue et qu'on a été obligé d'employer le canon pour les disperser. Les lacs et les fleuves de PAmérique septentrionale en nourrissent des légions si considérables que les Indiens les tuent à coups de flèches. Avant la fln de l'été, ils abandonnent les fleuves et redescendent vers la mer, où ils prennent leurs quartiers d*hiver. {Dict, d'kiit. nat. de D*0rbigny.)
fait comparer à des reptiles. Les trilobites^ dès le comnieoce' ment de la ppriode psammitique^ avaient définitixeoMliit disparu de la scène dq la vie.
Mirocnipiite. - Nous donnons à la série dont il est ici question le i¥)m de psammitique à cause du rôle important rempli dans sa GonstituUon pétrographique pnr les roches détritiques^ conglomérats, grès et psammites (^oeu|xoç; sable); c'est à cette série qu^appartiennent le grès houiUer^ le nouveau grès rouge, la grès vQsgien, une partie des arkoses de Bourgogne^ etc. Nous attachons une grande importance au caractère fourni par les rocbes détriti<|ues, car leur abondance est en relaliofi avec le climat et la configuration du sol pendant la seconde partie de la période paléozoïque.
Le^ strates des terrains de la période psammitique sont redressées en éventail moins fréquemment que cellçs de la période Irilobitique; quelquefois même elles ont plus ou moins bien conservé leur situation primitivement horizontale. Elles ne sont pas contournées en S, mais parfois plissées eu ^-zag; elles se montrent fréquemment traversées par de nombreuses failles. Ces caractères stratigraphiques, doptj'ai essayé de donner une idée adroite de la figure 108, tome 11^ page 572, sont dus sans doute à la plus grande puissance qu'offrait récorcc terrestre et qui ne permettait plus aux strates de se replier sur elles mêmes avec facilité. Les roches dont se compose en majeure partie le terrain psammitique possèdent d'aiUeui*$ moins de souplesse que celles qui existent dans le terrain trilobitique ; elles ont dû^ sous Tinfluence des actions dynamiques qui agissaient sur elles, se briser et se disloquer en fragments plutôt que de se plier de manière à présenter des ligues courbes dans leur stratification.