‹ Prodrome de géologieChapitre 154 sur 170 · PL. VI · texte numérisé non relu

PL. VI

STSTftMB PLIOCÈHK. 713

eA enclavé dans les marnes ; il y forme taatM de grosses masses arrondies, à surfaces mamelonnées^ tantAt des coudies épaisses. Ces marnes laissent échapper des sources salées qyi ont amené la découverte de bancs de sel gemme.

0ur le versant septentrional de TApennin , Tétage pliocène inférieur ou étage toriomen est composé, dans le bas, de marnes bleuâtres, alternant avec quelques bancs peu réguliers de cailloux roulés, et avec d'autres, bancs peu épais d'une mot lasse marneuse gris bleuâtre^ qui est parfois disposée en gros nodules aplatis. C'est dans cette première assise qn'on rencontre beaucoup de polypiers, apparteniint particulièrement aux genres Turbinolia et Stephanophyllia , ainsi qu'un grand nombre de coquilles, telles que Afwlax inflata, Canus onti* çuus, C. raristriatus, C. veniricosus, Baccinumgibbum, Trochus patulus, Turriiella triplicaiay T. imbricaiaria, Voluia rarispina, Banella marginata, Nutica helicina.

Au dessus de ces marnes et de ces mollasses se développe ordinairement la formation gypsèuse ; en plusieurs endroits , il y a des bancs très puissants de cailloux roulés et de sables qui la recouvrent ; c'est avec ces bancs que, le plus souvent, se trouvent des alternances de couches marines et de couches avec coquilles d'eau douce et saumfitre; de petits lits de lignite et de bois bituminisé y sont réunis. Souvent aussi il y a, à la partie supérieure de l'étage, une assise de calcaire grossier ou de sables calcaires agglutinés très riches en peignes iPecien dfdrius) et en térébratules {Terebraiula ampulla, T. bipartiia). Cette assise, sur laquelle est bâtie Castellarcuato, si célèbre par ses gisements de fossiles appartenant à l'étage dont il est ici question, termine l'étage torlonien ; elle se montre sur une grande étendue de pays et on la retrouve sur le versant méridional des Apennins. C'est dans les environs d'Asti

7ii PRODHOIfE DE GÉOLOGIE.

que rétage subapermin supérieur on astien s'observe sur une plus grande étendue et avec un plus grand développement ; le long du cours du Tanaro et de ses affluents^ des sections naturelles mettent à découvert un grand nombre des coocbes qui le constituent; ainsi, à Annone^ on voit^ à la partie inférieure des collines^ une couche de marne sableuse grisâtre, dans laquelle sont de nombreuses petites corbules (Corbtda gibba),des natices, des dentales et la Venus rtigosa;9LndessnB il 7 a un banc de sables jaunâtres assez désagrégés , contenant des pectonciQS et des peignes larges et nombreux, puis un autre banc également de sables jaunes, mais beaucoup plus agrégés et même, en quelques points, réunis en nodules de diN férentes formes et d'une assez grande dureté, contenant des peignes très abondants, desPinna, la Panopœa Faujasii, etc. ; une couche de même nature, mais contenant aussi un grand nombre d'huîtres presque disposées en bancs, comme au fond de la mer actuelle , se montre à ce niveau en beaucoup de points de la contrée. Cet ensemble se termine par une assise de marne sableuse jaunâtre et rougeâtre qui appartient très probablement à un étage plus récent. (Pareto.)

Les sept collines de Rome sont en totalité composées de terrain subapennin recouvert de lambeaux de terrain quaternaire. A leur partie inférieure, on observe les marnes bleues de rétage tortonien et, au dessus, les sables jaunâtres de Tétage astien. Les fossiles se montrent très répandus dans l'un et l'autre étage. Sur le mont Aventin, le Vatican et le Capitole, les sables jaunâtres supportent un conglomérat appartenant au terrain jovien inférieur et ce conglomérat est recouvert à son tour par des lits d'un tuf calcaire qui a incrusté des roseaux et des coquilles terrestres récentes.

U terrain pliocène existe à Cucuron (Vaucluse), où il est

SYSTÈME PLIOCÈNE. 7i5

constitué par des marnes bleues, avec Melanopsis Lus^Bcm, que plusieurs géologues placent à la partie supérieure du terrain miocène et qui nous paraissent plutôt devoir être rangées à la partie inférieure du terrain pliocène. A Montpellier, le terrain pliocène est représenté par les sables à Ostrœa undata. Ces sables, dont l'épaisseur est de 40 mètres environ, sont jaunâtres, quelquefois blanchâtres et renferment des coquilles fossiles presque toutes indéterminables; mais ils sont très riches en débris de mammifères terrestres ou marins. Vers leur partie supérieure ils renferment des concrétions blanchâtres (têtes de chèvre) qui , en se soudant les unes aux autres, forment des couches marneuses avec fossiles lacustres. Les sables de Montpellier se retrouvent, avec les mêmes caractères, aux environs de Perpignan et notamment à Banyuls les Aspre. Us sont riches en débris de mammifères et en coquilles marines, telles que Terebra duplicata, Buccinurnsemi-striatum, Rostellaria pes-pelicani , Tùrritella vermictdaris, Dentalium sexangulare, Pectunculus glydmeris , Cardiùm hians, Cyprina Islandicotda , Balanus tintvmabtdxtm , Turbinolia euneata. L'absence des marnes bleues au dessous des sables de Montpellier et de Perpignan me semble pouvoir faire admettre que ces sables sont une dépendance de Tétage astien et que, dans ces localités, Tétage tortonien n'existe pas.

Le terrain pliocène apparaît, de distance endistance» sur le littoral méditerranéen , en conservadt les mêmes caractères qu'en Italie; il s'y montre toujours divisible en deux étages : celui des marnes bleues et celui des sables jaunes. Aux environs de Barcelone, il renferme Pecten pleuronectes, Caràula nucleus, Melanopsis Lus-Hani.

iieMmaapiioceocMiricuiionuoeeaatca. — Le terrain pliocène

716 PRODROIIB DE GÂOLMIE.

est principalement limité dans la Grande Bretagne à la partie orientale du comté de Suffoik^ où on lui donne le nom de crag. Le mot de crag désigne en Angleterre des masses de satde coquillier employé depuis longtemps en* agriculture pour fertiliser les sols pauvres en carbonate de chaux. Le crag de Suffolk se divise naturellement en deux masses : Time inférieure ou crag coralliriy l'autre supérieure ou a*ag rouge. Le crag inférieur occupe une étendue de 32 kilomètres de long sur 4 à 6 de large^ entre les rivières Aide et Stour. Généralement calcaire ou marneux^ il se compose de coquilles, de bryozoaires, de petits coraux , et passe accidentellement à une pierre dure propre aux constructions. Parmi les espèces appartenant au crag corallin , nous citerons : Voluta Lamberti, Pyrula reîiculata, Astarte Omalii, Temnechinus excavaius, Fascicularia aurarUium. — Le crag rouge se reconnaît à la couleur ferrugineuse de ses sables et fossiles, couleur qui contraste avec celle du crag corallin qui est blanc. Ses principaux fossiles sont: Fusus conirarius, Murex alveolatus, CyprcML coccinelloîdes, Naiica grantdaia. ^ L'épaisseur moyenne du crag corallin est de 6 mètres; celle du crag rouge dépasse rarement 42 mètres. (Lyell.)

On connaît depuis longtemps dans les environs d'Anvers des couches du même âge que le crag rouge et le crag corallin de Suffolk. Sur 200 espèces de testacés qu'on y a recueillies, deux tiers environ, et notamment la Ungula Dumortieri, ont été identifiées avec celles de l'Angleterre. Des lambeaux de terrains remplis de coquilles semblables à celles du crag de Suffolk^ se retrouvent près de Valognes, en Normandie, et en plusieurs endroits au sud de Carentan. (Lyell.)

C'est au terrain pliocène et surtout à sa partie supérieure qu'appartiennent la nappe sablonneuse désignée , en Hcrilande

STSTtinS PLIOGÈMB. 717

et en Belgique, $ou8 le nom de geest, et les sables des Landes, qu'il ne faut pas confondre avec les dunes de ce pays (voir tome I^ page 378). Ce .sont des fonds d'anciennes mers mises à sec^ comme le désert de Sahara, à la suite d'un comblement et d'un exhaussement très faible du sol. Il existe, dans les sables des Landes, un minerai ferrugineux impur que les habitants du pays appellent alios ; c'est dans la même formation et les faluns sous-jacents que se trouve le bitume exploité à Bastènes. Aux sables des Landes sont associés, dans le bassin de l'Aquitaine, les faluns supérieurs à Cardiia Jouanneti de Salles et des environs de Mont de Marsan. Ces faluns supérieurs, qui paraissent correspondre aux faluns avec Corbtda niicleus de l'Anjou , représentent l'étage tortonien. tandis que les sables des Landes appartiennent à l'étage astien.

voraMttOBft laenstreft de Ui p<Ho«c plIocèM. — Ces formations ont été reçues dans les lacs que nous avons mentionnés comme existant à la fin de la période subapennine. La plus importante d'entre elles est celle qui correspond au lac bressan. On peut diviser le terrain p\)ocène de la Bresse en deux assises qu'il nous parait naturel de faire correspondre aux étages tortonien et astien. Dans l'assise inférieure, les roches sont ordinairemeut colorées en bleu plus ou moins foncé, les argiles dominent et alternent quelquefois avec du lignite imparfait et avec des amas de bois fossile ; les fossiles, assez rares, sont des lymnées, des planorbes, etc. Dans l'assise supérieure, les roches sont plus fréquemment jaunâtres que bleuâtres; les sables remplacent en partie les argiles et, sur certains points, passent à l'état de grès; les gisements de bois fossile sont moins abondants; de petits bancs de cailloux roulés annoncent le voisinage du vaste terrain de transport qui recouvre le terrain

748 PBODROHB DE GÉOLOGIE.

bressan proprement dit et forme une dépendance du terrain jovien.Leslignîtesdu terrain bressan sontexploités sur plusieurs points et notamment à laTour du Pin (Isère)^ à Soblay (Ain), etc. Les lacs du Sundgau, de Tintérieurdu Jura et des Basses Alpes se sont comblés dans les^némes circonstances que le lac bressan et les dépôts qu'ils ont reçus présentent les mêmes caractères que ceux dont se compose le terrain pliocène de la Bresse. Le terrain lacustre d'OEningen (canton de Schafiouse) paraît résulter d'une sédimentation plus tranquille et plus régulière; il est constitué par des strates très minces, presque toujours fissiles et se divisant même en feuillets dont chacun correspond sans doute à une des crues annuelles des rivières qui se jetaient dans le lac où il s'est déposé. Ce terrain débute par une assise de grès grossier bleuâtre, avec quelques veines de lignite, et se termine par une autre assise de sable argileux jaunâtre ; entre ces deux assises se trouvent une vingtaine de bancs calcaires dans la partie inférieure et marneux dans la partie supérieure.

Sur le pourtour de la Méditerranée , le terrain subapennÎQ offre, surtout dans sa partie supérieure, des nodules argilocalcaires quelquefois assez volumineux pour constituer, par leur juxtaposition, des bancs marneux avec coquilles d'eau douce. Ce sont ces couches lacustres qui, plus développées à Dusino (Piémont), ont été désignées par M. Sismonda sous le nom de bancs pliocènes fluvio-lacustres, et qui, en Toscane, constituent le calcaire marneux fétide , avec planorbes et pa* ludines, surmontant le sable marin pliocène ou alternant avec lui. Parmi les dépôts lacustres ou fluvio-marins appartenant au terrain pliocène, je mentionnerai encore Targile qui, en Lombardie, contient le lignite exploité dans la Valseriane et les marnes qui, à QMCuron, renferment Melanopsis Lus-Hani

Page 1