CHAPITRE I
DBS FOSSILES BT OB LA FOSSILISATION BN GilVBRAL.
I<es êtres organisés sont répandas à profusion à la surface du globe ; conséquences pour la géologie. — Nombreuses relations entre la géologie et l'étude des êtres organisés. — Définition du mot fossile employé comme substantif. — Fossilisation. — Divers résultats de la fossilisation. — Substances minérales fossilisantes. — * Fossilisatioa des végétaux ; fossilisation par pénétration mécanique, par carbonisalion, par pétrification. — Expériences de M. Gœppert. — Dcndrites; ludus; septaria; styloiites; orbicules siliceux.
B<et eiret ortanliM aont rCpandua à proftaitOD à la forfticc ûu flolto;
cMflé««eoeccpoari« féoiofie. ~- La terre et toutes les planètes semblent ayoir pour mission de porter la yie avec elles; pourtant^ ce n'est qu'à leur surface que la yie se manifeste. Les phénomènes d'ordre organique se trouyent limités dans une zone étroite, entourant le globe tout entier et disparaissant à
peine dans le voisinage des pôles. Mais, dans cette zone vitale (voir tome I^ page 310)^ la vie se développe avec une grande énergie; les êtres organisés s'y montrent partout à profusion et apparaissent sur les points où l'on s'attendrait le moins à les rencontrer, a Lorsque^ » dit Humboldt^ « l'homme interroge la nature avec sa .curiosité pénétrante , ou mesure dans son imagination les vastes espaces de la création organique, de toutes les émotions qu'il éprouve^ la plus puissante et la plus profonde est le sentiment que lui inspire la plénitude de la vie universellement répandue. Partout et jusqu'auprès des pôles glacés, l'air retentit du chant des oiseaux et du bourdonnement des insectes. x>
AQn de mettre en évidence l'universalité des forces vitales , je vais citer quelques exemples de plantes et d'animaux vivant et se reproduisant dans des milieux qui semblent impropres au développement de l'organisme.
Les tissus les plus cachés des animaux servent fréquemment de demeure à des parasites dont on ne saurait s'expliquer le mode de transmission d'un individu à l'autre sans supposer à leurs œufs des conditions spéciales de vitalité. Les circonstances dans lesquelles ces parasites ont été primitivement créés sont aussi difficiles à comprendre que celles qui ont amené l'introduction du Proteus anguinus dans les cavernes de la Carniole et du SiredonAdXi'& les grottes de Mammouth , au Kentucky (voir tome 11, page 643).
J'ai dit, en adoptant l'opinion émise par Ed. Forbes, que les animaux et les plantes disparaissent à une profondeur de 500 mètres. Cette assertion n'est pas rigoureusement exacte; au delà la vie persiste, mais n'est plus représentée que par des animaux d'une organisation excessivement simple et d'un volume si faible qu'on ne peut ordinairement les étudier qu'au
ÊTRES ORGANISiS RÉPANDUS A PROPUSIOK^ ET€. 7
microscope. Hais ils compensent leur petitesse par leur nombre prodigieux^ et^ Jusqu'à une profondeur de 5000 mètres^ ils composent en majeure partie la vase qui recouvre le sol sous marin. Non seulement les animaux microscopiques auxquels je Tiens de faire allusion pullulent dans les régions profondes de Tocéan où règne une éternelle nuit , mais ils peuplent aussi les cavités qui existent dans la masse des volcans ; leurs débris rejetés pendant les éruptions sont entraînés à des distances plus ou moins grandes à Tétat de cendres volcaniques.
Des crustacés du genre Branchipe abondent dans les marais salants où l'alcalinité des eaux ne leur est pas défavorable , tant que ces eaux n'atteignent pas un degré trop élevé de concentration. C'est à la présence de ces crustacés que l'on avait d'abord attribué la coloration rouge des eaux des salines, lorsqu'elles sont sur le point de cristalliser; mais M. Jolya reconnu que cette coloration provient d'un nombre immense de monades. Un autre petit crustacé , du genre Artema, Habile en Egypte divers lacs dont le fond est couvert de crislaux de natron et de sulfate de soude mélangé de chlorure de sodium; quant aux eaux où nage ce crustacés elles contiennent en dissolution du carbonate de soude^ du sulfate de soude et du sel magnésien ; leur densité est de 1^255. Ces eaux^ qui sont colorées en rouge, ne renferment ni poisson^ ni mollusque, ni aucun autre animal que ce crustacé. Leur température monte en été jusqu'à 60».
La barégine est une substance organique ainsi nommée parce qu'on l'a observée pour la première fois dans l'eau sulfureuse de Barèges; depuis on l'a retrouvée dans un gi:and nombre d'autres sources thermales. La barégine^ prise au fond des réservoirs^ est une substance amorphe^ d'un aspect
gélatineux; elle résulte de la désagrégation ou delà décomposition des organismes inférieurs qui vivent dans les eaux thermales. La plupart de ces organismes apparaissent sous la forme de globules très petits, incolores^ transparents^ qui deviennent ensuite de longs filaments et acquièrent une couleur verte. Des êtres organisés d'un ordre plus élevé vivent dans des eaux très chaudes. « Ainsi , l'Ulva labyrinthiformis, Linn. (U, thermalis) vit dans les ruisseaux d'Albano à une température de 85<». Des gazons de Marchant ia et de Lycopodhim, dans Vile d'Amsterdam, végètent dans des eaux à 85"". A Hanille> un Aspalathus (légumineuse) et un Vitex (gattilier) plongent leurs racines dans des eaux aussi chaudes. Ce sont en général des mousses^ des graminées et des plantes stolonifères qui se plaisent dans ces conditions, où elles vivent d'ailleurs mieux qu'elles ne se reproduisent. Parmi les animaux, les mollusques vivent et se propagent dans les eaux douces et salées à 45* et même à 60*. Le Gammancs locusta , petite crevette d'eau douce, vit dans les ruisseaux d'Albano avec les ulves que nous avons citées. Certains insectes vivent dans les eaux thermales d'Aix à 40*' et J^^"*; des coléoptères et des Hydrobius dans les eaux chaudes de Bade (Argovie) , des paludines dans celles à W des monts Euganéens, la limnœa peregray le Melanopsis bucdnoides, VHelicina Prevosttna dans celles de Voeslau (Autriche) à 21«>. En Algérie, on cite de petits crustacés du genre Cyprù, des écrevisses et des conferves dans des ruisseaux où l'on ne peut tenir la main, et, à peu de distance au dessous, des poissons du genre barbeau et des crapauds là où la température est encore fort élevée. » (D'Àrchiac, Paléanto^ logie stratigraphtqtte.)
Le Protococcus nwalis, que l'on voit quelquefois teindre en rouge les galets calcaires ramassés sur les bords de la mer au