MÉTAMORPHISME DES COMBUSTIBLES
végétaux parce qu'elle rapproche les unes des autres les molécules dont ils sont formés ; elle s'oppose à ce que les substances gazeuses résultant du travail cbiniiquede la carbonisation disparaissent ; elle empêche^ enfin , l'air atmosphérique d'arriver au contact du combustible. Si la pression est faible, si toute communication entre l'atmosphère et la masse végétale en voie de se carboniser n'est pas interrompue, si des cavités ou des eaux courantes se trouvent en contact avec cette masse vé^^ét^ile, celle-ci, de plus en plus appauvrie de ses éléments gazeux , passe à l'état de combustible sec> de houille maigre ou d'antbracite^ par exeniple.
■éiaiii«rpiii»iiBc «es comkiittikiM. — Tous les combustibles fossiles^ sans exception, résultent d'une transformation graduelle et plus ou moins complète de matières végétales; par conséquent, tous devraient être considérés comme des roches métamorphiques^ si l'on donnait au mol métamorphisme un sens aussi étendu que le comporte son étymologie ; mais^ évidemment, il ne saurait en être ainsi. On doit admettre qu'un corn* bustible a subi une action métamor[)hique dans les cas seulement où une roche éruptive^ constituant un foyer de chaleur, est venue se placer dans son voisinage, et lui a imprimé d'autres caractères que ceux qu'il aurait sans son influence. Plusieurs géologues voient dans l'anthracite une rocbe qui a été primitivement de la houille et qui s'est ensuite débituminisée sous l'influence de la chaleur centrale ; si le lecteur se rappelle ce que nous avons dit sur le métiunorphisme normal, il comprendra combien il nous est impossible d'adopter cette manière de voir. Nous devrons donc nous borner à examiner les effets du méUimorphisme de contact.
a Lorsque les laves empâtent des morceaux de bois, elles le
changent plus ou moins en charbon ; quelquefois^ cependant^ il se forme une sorte de charbon roux. L'examen d'un bois carbonisé , empâté dans les laves de l'Auvergne, m'a montré de plus que ce charbon peut être imprégné par des substances minérales et notamment par du carbonate de chaux et par de l'hydroxyde de fer. En basse Silésie, dans le gisement d'Altwaser^ la houille s'est changée en anthracite prismatique au contact du porphyre ; cet anthracite renferme plus de iS «/o de cendres formées en grande partie par l'hydrate de fer. Jusqu'à présent, on n'a pas signalé de coke au contact des roches grani* tiques.— Quelquefois, le métamorphisme des roches trappéennes et des basaltes est nul ; à la Chaussée des Géants, une nappe de trapp s'est répandue sur une couche de lignite et ne lui a pas fait subir d'altération sensible. Mais presque toujours le combustible a subi, au contact des roches trappéennes, un métamorphisme qu'il est très facile de constater : V le combustible passe successivement au lignite, à la houille, à l'anthracite et même au graphite ; ^ le combustible perd ses matières bitumineuses, mais c'est par volatilisation ; aussi devient-il celluleux et se change-t-il en coke. Bien qu'il se soit enrichi en carbone, sa densité n'a pas augmenté ; lorsqu'il n'a pas été imprégné de substances minérales, elle a, au contraire, diminué. Dans le premier cas, il a pris une structure prismatique ; le combustible s'est pénétré de substances minérales; aussi donne-t-il une grande quantité de cendres dont la proportion va en diminuant à mesure que l'on s'éloigne du point de contact. Le métamorphisme s'étend jusqu'à une distance qui est de plusieurs mètres et qui atteint 35 mètres près de Blyth, dans le Northumberland.» ( Delesse. )
L'action métamorphique exercée par les roches éruptives sur les combustibles nous démontre une fois de plus que, dans la