‹ Prodrome de la classification des reptiles ophidiensChapitre 35 sur 67 · ONZIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

ONZIÈME FAMILLE

CaRACTÈRES ESSENTIELS. Serpents dont toutes les dents sont lisses, distribuées sur une méme ligne, mais dont les dernieres sont plus longues, sans intervalle libre.

Le caractère essentiel de cette famille est indiqué par l’étymologie même du nom qui nous a servi pour la désigner. Toutes les espèces qui s’y rapportent avaient été rangées et devaient être confondues dans le genre trop nombreux de nos Couleuvres, Coluber de Linné, avant qu’on eût remarqué la particularité que présentent, parmi les dents lisses qui garnissent toute la longueur du bord de l’os susmaxillaire, les deux circonstances que nous notons ici. La première est que, dans ces Aglyphodontes, les crochets qui sont situés en avant sont plus courts et vont successivement en augmentant, comme dans les vraies Couleuvres, qui constituent pour nous la famille des Colubriens ; la seconde, qui les en éloigne, consiste en ce que les dernières dents, celles qui occupent l’extrémité postérieure de la série, sont beaucoup plus longues et plus robustes que celles qui les précèdent, mais qu’elles n’en sont pas séparées par un espace libre ou par un intervalle qui en rompe la série, comme dans la famille suivante que nous nommons les Diacrantériens. (Voir la fig. 8, pl. I, jointe à ce Prodrome.)

Cet arrangement systématique, utile pour conduire au classement de ces espèces très-nombreuses, n’est véritable-

(1] De obv, ensemble, avec, cum, et de xpavrñpec, dents postérieures, de derrière, dentes postremi.

ment pour nous qu'une sorte d'échafaudage commode pour arriver à la construction d’un édifice, dont toutes les assises se ressemblent et ne pourraient être indiquées que par des numéros d'ordre.

Nous ne dirons rien de particulier sur les mœurs et les habitudes de ces Serpents, qui sont les mêmes que celles des autres Ophidiens de ce sous-ordre des Aglyphodontes. La plupart sont'terrestres ; aucun n’estarmé de venin, mais beaucoup d’espèces habitent de préférence sur les bords des eaux douces, dans lesquelles elles nagent et plongent même longtemps pour s'y procurer une nourriture qui consiste en petits animaux vertébrés ; d’autres vivent dans les lieux secs et dans les terrains sablonneux. Dans l’un des genres, dont le corps et la queue sont très-allongés, on a reconnu des mœurs analogues à celles des Dendrophides et des Herpétodryas, avec lesquels les auteurs avaient placé plusieurs de leurs espèces, parce qu'elles se tiennent habituellementsur les branches et dans les arbrisseaux, où elles restent immobiles trèslongtemps pour y épier leur proie.

Quatre genres et plus de quarante espèces sont rapportés à cette famille, dont nous présentons ici la division analyti-

que.

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