CINQUIÈME FAMILLE
CARACTÈRES ESSENTIELS. Serpents à dents sillonnées; les susmaxillaires postérieures cannelées; à crochets antérieurs presque égaux; à museau large et arrondk.
Quoique tous les Serpents ainsi rapprochés aient une certaine analogie dans la forme générale de la tête, qui est plate avec un museau arrondi ou non prolongé.en pointe, et qu'ils aient ainsi un air de famille naturelle, il y a cependant entre eux d'assez grandes différences dans la manière dontcemuseau rétus, paraissant tronqué, se présente à l'observation, comme on en aura la preuve dans le tableau synoptique ci-joint.
OPHIDIENS OPISTHOGLYPRES : LES SCYTALIENS.
CarACTÈRES : Serpents à tête plate et museau arrondi.
retroussé, plat, avancé 4. RaiNosiME.
sur un seul rang ; bord
du museau court, rond et mousse.,...... 3. SCYTALE. Urostéges
jeune avancé, un peu plat. 2. RæinosromEe.
\ doubles ; bout du museau courte... 4. BRACHYRRUTON.
court : plaque frénale :
A allongée. 5. OxyrRHoPe.
Le plus grand nombre des espèces comprises dans les cinq genres que nous rapprochons sous une même dénomination sont à peu près nouvelles ; du moins leur existence n’avait pas été consignée ou introduite dans les registres de la science, comme il sera facile de le reconnaître.
Dans deux de ces genres, la portion la plus avancée du front dépasse la mâchoire inférieure ; elle prend la forme d’un coin où d’un soc de charrue aplati, un peu tranchant sur ses bords, et il est excavé en dessous ; ce qui semblerait dénoter que ces Serpents sont appelés à vivre sous terre, ou au moins à se retirer dans des galeries souterraines, car c’est la même conformation que l’on retrouve chez beaucoup de Sauriens fouisseurs.
Ces deux premiers genres, qui se ressemblent beaucoup, diffèrent par la manière dont sont disposéesleurs plaques souscaudales ou les urostéges. Dans le premier, que nous nommons Rhinostome, ces grandes écailles du dessous de la queue sont distribuées sur deux rangs; tandis qu’elles n’en forment qu'un seul dans le genre Rhinosime.
Cette première distinction, établie, nous a permis de reconnaître dans les trois autres*genres, dont le museau ne dépasse pas la mâchoire inférieure, des caractères spéciaux tirés d’abord des urostéges, qui sont en rang simple dans le genre Scytale, qui a servi de chef à la famille, et double dans les deux autres, qui, avec d’autres caractères, diffèrent principalement entre eux par la forme de la plaque frontale ou frénale.
La plupart des auteurs avaient confondu les espèces de ces genres, en les comprenant parmi les Couleuvres et les Lycodons, parce qu'à cette époque on n'avait pas encore observé sur la mâchoire supérieure la présence et même la disposition, ni reconnu le but de la structure et des usages des crochets postérieurs qui sont sillonnés , ni même la longueur respective des autres dents qui les précèdent.
Le plus grand nombre des Serpents compris dans les cinq genres que nous rapprochons sous cette même dénomination
de Scytaliens, sont à peu près nouveaux ; du moins ils n'ont pas été introduits dans les catalogues de la science, comme il est facile de le reconnaître.
G. I. Rainosroma , Fitzinger. — À museau large, en coin plat; plaque rostrale retroussée, dépassant la mâchoire; urostéges en rang double.
4. R. nasua, Wagler. — Hétérodon , Schlegel, t. II, p. 400 : de Colombie.
G. IT. Rainosimus, nobis. — Museau obtus, en coin, dépassant la mâchoire inférieure ; urostéges en rang simple.
4. R. Guerinii, nobis. — Espèce nouvelle de Bahia : MM. Guérin, Lemelle et Deville.
G. IT. Scyrace, Wagler. — Bout du museau peu retroussé, arrondi, ne dépassant pas la mâchoire; urostéges sur une seule rangée. 4. S. coronatum, Merrern. — Lycodon Clælia, Schlegel , t. HI, pag. 144.
2. S. Neuwiedü, nobis. — Variété de l’espèce précédente, Schlegel, t. IE, p. 446.
G. IV. BracayrRuroN, nobis. — Bout du museau épais, peu retroussé et peu tranchant ; plaque frénale courte; urostéges doubles.
4. B. plumbeum, nobis. — Coluber plumbeus, Schlegel, t. If, pag. 152.
2. B. Clælia, Merrem. — Lycodon, var. Schlegel , t. II, p. 444.
5. B. nucha-luteum, nobis. — Bojobi de Séba, Wagler, p. 487, g. TA : Scylale.
G. V. Oxvrrnopus, Wagler.—Tête oblongue; bout du museau mousse; yeux presque verticaux; narines ouvertes entre deux plaques; urostéges doubles.
-Qt w
. O. trigeminus, nobis. — Lycodon formosus, Schlegel, t. IF, pag. 115.
. O. subpunctatus, nobis. — Espèce nouvelle du Brésil, par M. Clossen.
. O, rhombifer, nobis. — Espèce de Carthagène, par M. F. Bar-
rot : du Mexique, M. Ducommun.
O. doliatus, nobis. — Origine? du musée de Toulouse, par M. Joly.
. O. formosus, nobis. — Lycodon , Schlegel, t. IL, p. 445, en partie.
. O. multifasciatus, nobis. — Espèce nouvelle de Cayenne. . O. d’Orbignyi, nobis. — Plusieurs variétés de Buénos-Ayres : M. d’Orbigny.
. O. clathratus, nobis — du Brésil : M. de Castelnau. . O. spadiceus, nobis. — Klein, Tentam. Herp., p. 36; d'après Séba, t. IE, tab. 58, n° 2.
. O. immaculatus, nobis. — Origine ? du musée de Marseille, par échange.
14. 0. bipreocularis, nobis — de Cayenne ; par madame de Richard,
CSI
née Rivoire.
. O. petolarius, Wagler. — Lycodon petolarius, Schlegel, €. IF, pag. 420.
. O. Sebæ, nobis.—Sepedon, Leucophæa, t. If, pl. :x, n° 5, et
t. IL, p. 76, tab. 75, n°1.
. O. leucocephalus, nobis. — Espèce d'origine inconnue.
OPHIDIENS OPISTHOGLYPHES. DIPSADIENS.
SIXIÈME FAMILLE
CARACTÈRES ESSENTIELS. Dents susmaæillaires postérieures sillonnées et plus longues, précédées de crochets simples égaux, à tête large en arrière et à museau arrondi, étroit.
Cette dernière famille, qui réunit les Serpents qui ont en arrière les crochets susmaxillaires cannelés sur leur convexité et plus longs que les antérieurs qui sont lisses, ne sont ici rapprochés que par voie d'élimination à l’aide de l’analyse. Nous n'avons été conduits à en grouper les genres que par l'étude des caractères relatifs, et parce que les particularités que nous indiquons ne se rencontrent pas dans les cinq familles précédentes. Nous allons rappeler les annotations que nous considérons comme négatives.
Ainsi l'inégalité dans la longueur proportionnelle, la distance réciproque et la force ou le volume des erochets qui garnissent le dessus des deux mâchoires les font tout à fait distinguer des Anisodontiens, puisqu’ici, à l'exception des dents cannelées, toutes les autres sont à peu près de même longueur et également espacées. Vient ensuite l'examen de la forme de la tête, qui est étroite et à peu près de la même grosseur que le cou, dont elle se distingue à peine dans les deux groupes que nous avons appelés les Oxycéphaliens et les Sténocéphaliens ; car ici la tête est élargie avant l'origine du cou. Et dans les deux autres familles qui se rapprochent par la longueur à peu près égale des crochets lisses, la tête
plus large et portée sur un cou étranglé, la bouche est trèsdilatable, les mâchoires étant plus longues ; mais son extrémité antérieure est tronquée , avec le museau plat dans les Platyrrhiniens, tandis qu’elle est arrondie et étroite dans les Scytaliens. Comme chez ces derniers, la désignation de la famille est empruntée au nom de l’une des espèces principales ; mais, nous devons l’avouer, c’est moins à cause de l’étymologie du nom de Dipsas, que par l’analogie apparente que nous ont offerte les espèces indiquées depuis longtémps sous cette dénomination, que nous avons laissé à ce groupe le nom de Dipsadiens, aujourd’hui vague et incertain, car primitivement il avait servi à indiquer une sorte de Serpent venimeux dont la piqure produisait, chez l'individu qui en avait été blessé, une soif des plus ardentes. Cette circonstance ne nous a été transmise, au reste, que par les poëtes de l'antiquité, qui l'ont consacrée dans des peintures descriptives où leur imagination leur a fourni les moyens d’étaler les admirables richesses de la pensée et de l’élégance latine.
Comme il est nécessaire de le reconnaître, nous avons été forcé, pour suivre la marche analytique, d'employer des caractères, que nous nommerons négatifs, afin de distinguer les deux dernières familles de ce sous-ordre des Opisthoglyphes. Après avoir rapproché, autant que possible, dans les quatre premiers groupes, les espèces dont la tête est étroite, à peu près de la même largeur que le cou; puis celles dont les crochets susmaxillaires sont de longueur inégale et qui diffèrent, en outre, par la forme du museau; il nous reste à étudier les Serpents dont le crâne paraît élargi en arrière, et dont les dents sont entre elles à peu près égales pour la force, la longueur et leur répartition à des intervalles sem-
blables, en joignant à ces observations celle d’un museau qui est arrondi et étroit, au lieu d’être large et tronqué en avant.
Pour distinguer et séparer entre eux les sept genres qui se trouvent ici réunis sous le nom de DipsaDiENs, nous avons eu d’abord recours à l’examen des plaques qui garnissent le dessous de la queue, lesquelles, au lieu d’être distribuées régulièrement sur deux rangs, se trouvent entremélées d’urostéges d’une seule pièce. Puis chez les autres, qui en ont deux rangées régulières, la surface des écailles étant carénée dans les deux genres nommés Rhinobothrye et Dryophylax, cette observation nous a permis de les séparer des trois autres genres à écailles lisses, tels que les Imantodes, les Télescopes et les Dipsas, qui sont les types de la famille.
Ilest bon de prévenir que M. Schlegel a inscrit sous le nom de Dipsas un très-grand nombre d’espèces qui appartiennent à d’autres genres, et même à des groupes ou à des familles différentes, et que nous en avons donné la liste avec les renvois ou les indications nécessaires. Sept genres principaux sont rangés dans cette famille des Dipsadiens, dans l’ordre analytique indiqué ci-dessous.
OPxipiENs OPISTHOGLYPHES : LES DIPSADIENS.
4 j Caractères : Téte plate et large; museau rond, étroit ; crochets égaux.
creusées dans une fosse . RaiINoBoTHRYE.
| carénées; narines
régulières, et à superficielles, ordinaires... .. 5. DryoPayLax.
écailles du dos x A £ (ronge, dos caréné..... 3. Imanrones.
lisses ; à queue. { | très-grands. … TÉLESCOPE.
Urostéges {. courte: yeux...
l'ordinaires... 6. Dipsane.
ssicLiPe ; 4 | trois solides. 4. TriGLypHopon. irrégulières simples ou doubles: dents cannelées.
lune seule... 7. HéréRuRE.
G. I. Tezescorus, Wagler — qui ont les écailles dorsales lisses, la queue courte avec des urostéges régulières, les yeux énormes et latéraux.
4. T, obtusus, Reuss. —Dipsas Ægypüacus, Schlegel, t. IE, p. 274.
G. IH. Rainosoraryum, Wagler — dont les écailles du dos sont carénées, les urostéges régulières et les narines creusées dans un enfoncement triangulaire.
4. R. lentiginosum , nobis. — Macrorrhinum, Wagler et Fitzinger ; Dipsas de Schlegel, 1. IT, p. 289.
G. I. Iuanropes, nobis. — Tronc à dos en carëène ; les écailles dorsales lisses; les urostéges régulières ; la queue excessivement longue.
4. L. cenchoa, Séba. — Dipsas Weigelü, Schlegel, t. 11, p. 278.
G. IV. Triczypmonon, nobis. — Les trois dernières dents susmaxillaires cannelées, très-fortes et solidement fixées; les urostèges irrégulières, en double rang, parmi lesquelles plusieurs sont simples.