SECOND SOUS-ORDRE DES OPHIDIENS
Les Serpents AGLYPHODONTES dits AzÉMIOPHIDES.
Serpents à dents recourbées, arrondies, coniques, pleines, lisses, sans cannelures sur leur pointe et implantées sur les deux mâchotres.
Tous ces Serpents ressemblent plus ou moins à nos Couleuvres. Généralement, leur corps est cylindrique; leur queue pointue et conique. Quelques-uns semblent avoir conservé des indices ou des rudiments des pattes postérieures sur les bords de l’ouverture transversale qui se voit à l’origine de la queue, et l'animal en fait usage comme de crochets ou de grappins, qui lui servent de point d'appui lorsqu'il rampe ou quand il grimpe.
Leur tête varie beaucoup pour la forme et la longueur du crâne, comparées à celles de la face. Ce sont surtout les os incisifs ou intermaxillaires, ainsi que ceux dits nasaux, qui modifient la forme du museau, lequel est plat, prolongé en boutoir dans les espèces qui fouissent la terre, arrondi et court dans les espèces aquatiques, dont les narines sont rapprochées entre elles au-dessus du museau. Enfin, ce museau est moyen et très-variable dans les terrestres et les arboricoles. Les os susmaxillaires sont constamment garnis de dents pointues et crochues. Cette mâchoire supérieure est toujours très-lon-
gue, quoique constamment plus courte que les branches inférieures.
Comme la conformation générale est presque toujours semblable, elle offre peu de prise aux observations propres à fournir des caractères de premier ordre. On voit rarement des appendices, des crêtes, des tentacules, ou d’autres expansions dela peau, telles que des fanons, des goîtres, des lignes saillantes au crâne ou sur les parties latérales du corps, organes extérieurs, dont la présence nous a été très-utile pour la désignation des autres ordres de la classe des Reptiles. |
Il est important de rappeler que la plupart des familles établies par nous dans cet ordre des Aglyphodontes ont été fondées sur les modifications nombreuses et importantes fournies par l’examen comparatif du nombre, de la forme, de la longueur proportionnelle et de la distribution relative des crochets qui garnissent les os de la mächoire supérieure ou des dents ptérygo-palatines.
Pour un petit nombre cependant, la conformation générale de la tête et des os maxillaires supérieurs ou inférieurs a été employée comme moyen de classification. Les divisions secondaires ont eu pour base l'apparence générale du corps et l’habitude extérieure, ainsi que les dimensions comparées de la queue et du tronc.
C’est surtout par les plaques de la tête, qui varient dans leur nombre et leur distribution, comme par leur forme particulière, de même que celles de la gorge, et que toutes les autres écailles du tronc, soit sur le dos, sur les flancs et sur la région de la queue, et c’est surtout aussi d’après les plaques qui revêtent le dessous du ventre et de la queue, et dé-
signées sous le nom de gastrostéges et d'urostéges, que certains genres ont pu être distingués dans les diverses familles établies sur d’autres caractères plus importants.
Ainsi, les écailles sont plus ou moinsdistinctes les unes des autres, par leurs formes très-diverses, par la nature et le mode deleur distribution en séries plus ou moins régulières, ou par rangées en quinconce, dont les lignes de jonction varient pour l’obliquité, ou la forme, ou la longueur. Ces écailles diffèrent en outre, suivant l'aspect de leur surface lisse, striée, cannelée ou carénée ; selon leur largeur, leur fixité ou la mobilité qu'elles éprouvent, ainsi que par la dilatation ou les resserrements de la peau dans telle ou telle région. On observe également le dessous du corps pour les scutelles abdominales et sous-caudales, qui sont elles-mêmes très-variables par leur forme, leur largeur, et surtout par leur nombre, lequel est beaucoup moins constant que ne l'ont écrit la plupart des auteurs, qui n'avaient indiqué souvent que ce nombre comme caractère distinctif des espèces, car il ne nous reste aujourd'hui aucune incertitude sur sa variabilité.
Comme nous avons donné, dans le petit mémoire qui a servi d'introduction à ce prodrome, l'indication des douze familles qui composent le sous-ordre des Serpents Aglyphodontes, nous croyons qu'il suffira d’en présenter ici le tableau synoptique, qui représente l'analyse de cette distribution, telle qu’elle se trouvera plus détaillée dans le septième volume de notre Ærpétologie générale, qui n’est pas encore
publié.