Ontario-est: lait, porcs, volailles
127. Ottawa: lait, récoltes maraîchères, pommes de terre, volailles.
bovins, 13.2; moutons, 5.4; porcs, 7.2 et volailles 134.2 par ferme. Il n'y a eu que peu de changement dans ces proportions depuis 1901, sauf pour les volailles qui ont beaucoup augmenté.
Le développement agricole de la partie sud de l'Ontario qui borde les Grands Lacs s'est effectué il y a bien des années, mais le développement des régions plus au nord se continue toujours. La plus grande partie de cette terre nouvelle est couverte de forêts et le procédé de défrichement et de mise en culture est lent. Parmi les régions où ce développement se poursuit actuellement, les plus importantes sont celles de Rainy River, près de Fort William et près de Sudbury et Cochrane. Ces régions qui sont classées sous l'en-tête " culture de pionnier " poursuivent un programme assez varié d'agriculture et d'élevage pour ravitailler les villes et les établissements miniers du voisinage. Des régions de culture mieux établies ont été développées dans le district de Sault Ste-Marie et dans les régions du New Liskeard; on y pratique la production animale et la culture des menus grains, du foin et des pommes de terre.
Au sud des régions récemment colonisées se trouvent les régions de culture du sud de l'Ontario plus petites et qu'il est nécessaire d'étudier plus en détail pour mieux faire ressortir les différents produits cultivés dans chaque région. L'une des régions de production les plus hautement spécialisées est celle d'Essex et de Kent à l'extrême sud-ouest de la province (n° 118 et 119 sur la carte). Cette zone a une plus longue saison de végétation que le reste du Canada et l'on y peut cultiver un certain nombre de récoltes qui arriveraient rarement à maturité dans d'autres parties du pays. C'est pour cette raison que cette région est spécialement notée pour la production de maïs à grain. Ce n'est pas là cependant la seule récolte marchande importante qui se produise dans ce district. Il y a aussi la culture du tabac qui a pris naissance dans les comtés d'Essex et de Kent. C'est aussi cette zone générale qui est le centre de la production des betteraves à sucre dans l'Ontario. Le jardinage maraîcher se pratique sur un grand nombre de fermes dans cette région. L'élevage des volailles, la culture des pommes de terre, des oignons et du blé y sont aussi des entreprises importantes. Au nord et à l'est d'Essex et de Kent se trouvent les comtés de Lambton, de Middlesex et d'Elgin. Quelques-unes des récoltes qui constituent une spécialité des comtés d'Essex et de Kent sont aussi produites dans ces trois comtés, mais l'élevage du bétail est le revenu principal des fermes. Les principales récoltes marchandes sont celles qui servent à la fabrication des conserves, ainsi que les fèves des champs et un peu de betteraves à sucre. Les bovins sont généralement du type à deux fins ; la production du bœuf reçoit beaucoup d'attention. Au nord du comté de Lambton sont les comtés d'Huron et de Bruce, qui bordent le lac Huron. La topographie de ces comtés est un peu plus ondulée que dans les régions du sud, et il y a une grande partie en pacages accidentés. C'est pourquoi l'élevage des bœufs de boucherie et des moutons s'est développé dans cette région. Les porcs y ont aussi beaucoup d'importance. Les principales récoltes cultivées sont le foin et les menus grains, principalement pour l'alimentation du bétail. Dans le nord de Bruce et dans le comté de Grey, les principaux produits sont les bœufs de boucherie, les moutons et les porcs. Il y a cependant des pommiers dans le comté de Grey, près d'Owen Sound, Meaford et Clarksburg, dans la vallée Beaver. Les comtés plus au centre du sud-ouest de l'Ontario, Perth, Waterloo et Wellington (n° 114 sur la carte) ne se sont pas particulièrement spécialisés dans un type quelconque de production. Il s'élève des bovins de boucherie et de laiterie dans cette région ainsi qu'un nombre assez considérable de porcs par ferme. Le grain se cultive surtout pour l'emploi sur la ferme mais il y en a souvent un surplus pour la vente en nature. La production de navets de table est particulièrement importante, spécialement dans le comté de Wellington.
L'industrie laitière est répandue dans presque tous les comtés du sud-ouest de l'Ontario, mais le comté d'Oxford est le plus important de tous les districts qui produisent du lait en nature dans la province. Il s'élève également d'autres caté-
gories d'animaux dans cette région, spécialement les volailles, mais l'industrie laitière y est spécialisée à tel point que l'on peut le considérer comme un district strictement laitier. Dans le comté de Norfolk, situé au sud du comté d'Oxford, sur le bord du lac Erié, le genre de production agricole a subi un changement assez rapide en ces quinze dernières années. L'élevage des bestiaux et la culture du grain en étaient autrefois les industries principales, mais il s'est depuis hautement spécialisé dans la production des récoltes marchandes. Le sol de cette région est spécialement adapté à la production du tabac jaune à cigarettes. Il se cultive également des récoltes à conserves sur une grande échelle, comme les tomates et le maïs sucré, et beaucoup de cultivateurs se spécialisent dans la culture du pommier.
Dans les comtés de Brant, Haldimand et Welland, la culture est plus variée sur les différentes fermes; les branches les plus importantes sont l'industrie laitière, les porcs et les volailles. La plupart des récoltes servent à l'alimentation du bétail mais il se récolte de la graine de trèfle pour la vente sur un grand nombre de fermes. La péninsule du Niagara autour du comté de Lincoln, entre le lac Ontario et l'escarpement du Niagara, est spécialement notée pour la production de fruits, spécialement les pêches et le raisin, dont la culture est favorisée par la douceur de l'hiver et une longue saison de végétation.
Les comtés de Halton, Peel et York, qui bordent l'extrémité nord-ouest du lac Ontario, ont été divisés en secteurs nord et sud au point de vue du type d'agriculture. Les fermes situées dans la partie sud de ces comtés, le long du lac, se sont hautement spécialisées dans la production des légumes, des petits fruits et des pommes, spécialement pour les marchés de Toronto et d'Hamilton. Dans les districts du nord, plus éloignés du lac, la culture est de nature plus générale; on y pratique l'industrie laitière, l'élevage des porcs et des volailles, et il se produit un peu de pommes de terre et de graine de trèfle. Le comté de Peel est spécialement noté pour la production de graine de luzerne. Plus au nord, la région qui comprend les comtés de Dufferin et de Simcoe, sur les bords de la baie Géorgienne et du lac Simcoe, a un type de culture mixte qui comprend principalement l'élevage des bestiaux et la production des céréales. Il y a cependant des districts de relativement peu d'étendue qui se spécialisent dans la culture des pommes de terre et des pommes, la première près de la ville d'Alliston et la dernière dans le district de Collingwood.
La région au nord du lac Simcoe, qui comprend les comtés de Muskoka et de Nipissing, est d'une topographie accidentée dont une grande partie est impropre à l'agriculture. Dans les parties cultivées, la production du bœuf est l'industrie principale. La région de Victoria-Peterborough et North Hastings est aussi assez accidentée, mais il y a des zones d'excellente terre arable. La production du bœuf est importante dans cette région, mais il y a une région spécialisée en industrie laitière aux alentours de Lindsay et Peterborough. Les porcs, les volailles, les pommes de terre et la graine de trèfle constituent le plus gros du revenu de la ferme dans cette région. Plus au sud, mais non contigu au lac Ontario, se trouve un district (n° 123 sur la carte) de culture mixte. Il y a un district de culture de navets dans cette partie de l'Ontario. Les parties de ces comtés qui bordent le lac sont plus spécialisées dans la culture des arbres fruitiers et des produits maraîchers. Le comté du Prince-Edouard, presque complètement entouré d'eau, jouit par ce fait d'un climat qui favorise la production des fruits. Les récoltes pour les conserves sont aussi cultivées sur une grande échelle dans ce comté. Les comtés de Renfrew, Lanark et la partie ouest de Carleton sont en général des comtés d'élevage, qui produisent des bœufs de boucherie, des vaches laitières, des porcs, des moutons et des volailles. Quelques cultivateurs produisent un peu de surplus de grain pour la vente comme semence.
Les principaux comtés de l'est de l'Ontario, entre le Saint-Laurent et l'Outaouais, se distinguent spécialement par la production fromagère. Les paca* ges abondent dans la plupart des parties de cette région et l'on y garde des vache? laitières dont le lait est envoyé aux fromageries. Cependant, la plupart de?
cultivateurs gardent également quelques porcs et des volailles pour utiliser leurs sous-produits. Dans le comté de Carleton, près d'Ottawa, il y a une région relativement petite qui produit des récoltes maraîchères, du lait, des volailles et des pommes de terre, ainsi que "d'autres récoltes.
Québec
Les débuts de l'agriculture dans la province de Québec remontent à l'année 1608; cette année-là 28 colons passèrent l'hiver à l'endroit où se dresse aujourd'hui la ville de Québec. Son développement fut longtemps entravé par toutes sortes d'obstacles et de difficultés; en 1667 la population de la région québécoise comptait 3,918 habitants et le nombre d'acres en culture ne dépassait pas 9,674 acres.
Ce ne fut qu'après le milieu du dix-huitième siècle que la colonisation prit une allure appréciable; en 1844 il y avait 114,496 fermes dans la région actuellement comprise dans les bornes de la province. En 1931, le nombre de fermes s'élevait à 135,957, un peu moins qu'en 1911. En 1931, la population rurale du Québec était de 36.9 pour cent du total contre 77.2 pour cent en 1871. En 1931, l'étendue de terre arable occupée se chiffrait par 17,304,164 acres dont un total de 8,994,158 acres étaient améliorés. L'étendue de terre occupée n'a cessé d'augmenter graduellement depuis que les premiers recensements ont été faits.
En 1931, la dimension moyenne des fermes du Québec était de 127 acres, dont 66.1 acres étaient améliorés. L'étendue occupée par les récoltes de grande culture était en moyenne de 44.7 acres par ferme. Cette étendue a graduellement augmenté mais quelques changements se sont produits dans l'importance relative des différentes récoltes. En 1870, il s'ensemençait environ 240,000 acres en blé; en 1931 les emblavures de blé étaient tombées à 40,000 acres. La principale récolte de grande culture est l'avoine qui occupe en moyenne 12.2 acres par ferme; c'est la seule céréale qui couvrait en moyenne plus d'un acre par ferme en 1931. L'étendue en foin cultivé, qui est la forme la plus importante de l'utilisation de la terre, occupait en moyenne 27.7 acres par ferme cette année-là, et l'étendue cultivée en pommes de terre était en moyenne de 1 . 08 acre par ferme.
La population animale par ferme se décomposait en moyenne comme suit: chevaux, 2.4; bovins, 12.8; moutons, 5.4; porcs, 5.5; et volailles, 69.0. Ces chiffres dénotent une augmentation graduelle dans le nombre des bovins, des porcs et des volailles par ferme depuis 1844. La population chevaline par ferme a atteint son plus haut point (2.8) en 1921, tandis que le plus haut point de la population bovine (8.5) a été atteint en 1871.
La région de colonisation la plus récente du Québec est celle de l'Abitibi, dams la partie nord-ouest de la province, le long du chemin de fer Canadien National. Cette zone, qui est actuellement en cours de développement, peut être classée comme zone de pionnier. La culture pratiquée par les colons penche vers la production des bestiaux et des menus grains. Une autre région, un peu au sud de l'Abitibi, dans le Témiscamingue, près de Ville-Marie, est devenue une région de production animale, vaches laitières, moutons et porcs. La colonisation se poursuit le long de la frontière est de cette région.
Une grande étendue au nord de l'Outaouais, et se prolongeant au nord et à l'est du St-Laurent jusqu'au lac St-Jean, a un type d'exploitation agricole assez semblable quoique l'on en ait fait plusieurs divisions dans la carte de cette région. Ici, l'exploitation est principalement une combinaison de récoltes et de bestiaux; il y a peu de tendance à la spécialisation. La vente des animaux et de leurs produits est la source principale de revenu. Certaines petites divisions de cette région se sont quelque peu spécialisées sur différentes catégories d'animaux de ferme; à l'extrémité sud des comtés de L'Assomption, Joliette et Berthier près du St-Laurent, se trouve une petite région (N° 127 sur la carte) où
la culture du tabac s'est développée sur une assez grande échelle. L'élevage des volailles reçoit aussi beaucoup d'attention dans cette région, spécialement dans le comté de Joliette.
Dans le voisinage de Montréal, c'est-à-dire les îles de Montréal et de Jésus et la frontière ouest des comtés de Laprairie et de Chambly, une région hautement spécialisée dans la culture des petits fruits, légumes, pommes de terre et la production des œufs s'est développée. Ce district est spécialement adapté à la production de ces récoltes; il a d'autre part cet avantage qu'il se trouve à proximité des grands marchés de la ville de Montréal. A côté de cette région à l'est se trouve le district de Rouville-St-Jean-Iberville, où la culture du pommier se pratique sur une grande échelle, de même que celle des légumes -potagers, la production des volailles et du lait. Il y a aussi des vergers de pommiers dans le