litres de mélange contenant
Au point de vue de la teneur en oxyde de carbone, le mélange de 80 0/0 de gaz de hpuille et de 20 0/0 de gaz à l'eau est plus toxique que le gaz de houille. Mais, si on emploie du gaz de houille pur, c'est-à-dire si on remplace les 20 0/0 de gaz à l'eau par 20 0/0 de gaz de houille, on introduit des gaz tels que le méthane, l'éthylène, l'acétylène, n'existant pas dans le gaz h l'eau, et qui sont presque aussi nuisibles à la santé que Foxyde de carbone. En fin de compte, le mélange de 80 0/0 de gaz de houille et de 20 0/0 de gaz à l'eau n'est pas beaucoup plus toxique que le gaz de houille pur. Il semble, de plus, que ce mélange soit moins explosif que le gaz de houille; en effet, pour avoir un mélange explosif avec l'air, 6 à 7 0/0 de gaz de houille suffisent, tandis que pour le gaz à l'eau il en faut une quantité double, 12 à 14 0/0. Si donc un mélange de 80 0/0 de gaz de houille et de 20 0/0 de gaz à l'eau s'échappe par une fuite dans un appartement, il constituera une atmosphère moins
(!) Congrès international de l'Industrie du gaz en 1900. Séance du lundi 3 septembre (après-midi) : Schabfbr, les Nouveaux Concurrents du gaz de houille dans la distribution par station centrale de la lumière, de la force et de la chaleur.
explosive, mais tout aussi asphyxiante que celle qui résulterait d'une fuite de gaz de houille pur. Toutefois, le cas d'une fuite est un cas exceptionnel et nous devons plutôt considérer les produits de la combustion qui, normalement, se mêlent à l'air que nous respirons et entrent dans nos poumons. Ces produits sont de même nature avec le gaz à l'eau qu'avec le gaz de houille : anhydride carbonique, vapeur d'eau, anhydride sulfureux. Mais, avec le gaz à l'eau, la proportion de gaz carbonique est diminuée d'un tiers et celle de l'anhydride sulfureux de onze douzièmes.
20. Les Comités d'Hygiène admettent en Angleterre que le gaz d'éclairage distribué dans les habitations peut contenir au maximum âO O/O d'oxyde de carbone. — Enfin, si nous considérons ce qui se passe en Amérique, en Angleterre, en Allemagne, où les applications du gaz à l'eau ont pris depuis quelques années un grand développement, nous voyons que la pratique déjà longue du gaz à l'eau n'a pas fait apparaître de réels inconvénients. En Angleterre, les Comités d'Hygiène, si sévères dans l'application des règles intéressant la santé, n'ont pas hésité en 1898, après enquête très minutieuse et consultation d'une Commission de chimistes et d'hygiénistes, à admettre comme limite maximum la proportion de 20 0/0 de GO dans le gaz distribué. Le mélange de 80 0/0 de gaz de houille et de 20 0/0 de gaz à l'eau contenant de 15 à 18 0/0 de CO peut donc, d'après les Anglais, être admis comme gaz de distribution ( 1 ).
21. Applications du gaz à l'eau dans les fours de verrerie et en métallurgie. — L'application du gaz à l'eau à l'éclairage, soit par manchons Auer, soit au moyen de becs ordinaires, n'est pas la seule qui ait été tentée.
L'emploi de ce gaz est aussi à recommander dans les fours de verrerie et dans les fours métallurgiques, où l'on a besoin de hautes températures et où Ton ne veut pas s'obliger à réchauffer, au préalable, l'air et le gaz.
22. Application du gaz à l'eau à la soudure autogène. — Le gaz à l'eau semble encore avoir trouvé un troisième emploi d'une haute importance.
// parait être le gaz qui convient le mieux pour souder les métaux et des applications très importantes ont été faites dans ce sens.
Les difficultés que l'on rencontre pour souder l'acier sont très considérables à cause de l'oxydabilité de ce métal quand il est chauffé au-dessus d'une certaine température. Jusqu'ici, pour porter une pièce au blanc soudant, on était obligé de la placer longtemps au contact même du combustible fortement soufflé ; il en résultait que les extrémités à souder se recouvraient d'oxydes, de scories et de fraisil, dont il fallait ensuite les nettoyer avant de les rapprocher par pression. Obtenue dans ces conditions, la soudure était généralement
(!) On peut déceler la quantité d'oxyde de carbone contenue dans l'air d'un appartement par la méthode suivante due à M.Armand Gautier et qui a été rendue d'une réalisation pratique par MM. Albert Lévy et Pécoul [Comptes Rendus de V Académie des Sciences, 9 janvier 1905). On fait passer de l'oxyde de carbone sur de l'anhydride iodiquel*0 5 chauffé à 80* ou 90* C. ; il se forme de l'anhydride carbonique et de l'iode. L'équation de la réaction est
5CO -f- 1*06 = 5C03 + I*.
L'iode vaporisé est entraîné par le courant gazeux et vient se dissoudre tout entier dans une petite quantité de chloroforme (3 à 4 centimètres cubes). Ce dernier prend une teinte rose dont l'intensité permet de doser le poids d'iode mis en liberté et, par suite, la proportion d'oxyde de carbone, en le comparant à une gamme colorée formée de tubes scellés contenant les mêmes volumes de liquide et des poids connus d'iode.
En évitant ainsi toute manipulation chimique, on peut établir un appareil très simple, transportable dans les locaux suspects, et qui, sur place par la simple ouverture d'un robinet, permet d'indiquer rapidement avec 4 litres d'air seulement la présence de ^rr^: d'oxyde de carbone.
MM. Lévy et Pécoul ont pu déceler ainsi, en raison de l'oxyde de carbone qu'il contient, la présence de fuites de gaz d'éclairage alors qu'elles n'étaient pas perceptibles à l'odorat.
douteuse; car, malgré toutes les précautions, des corps étrangers finissaient toujours par s'y interposer. Cela même explique pourquoi, dans la question du soudage, on attachait une si grande importance à la qualité du combustible employé et pourquoi, d'autre part, on cherchait àfaciliter le nettoyage des surfaces en les saupoudrant de borax. De plus, le contact prolongé du métal avec le charbon cémentait le métal et en altérait les propriétés mécaniques. Le gaz à l'eau donne un moyen simple et économique d'obtenir une soudure autogène. Pour chauffer le métal, on se sert d'un brûleur spécial, constitué par une boîte en fonte à deux compartiments dans lesquels* Tair et le gaz h l'eau sont insufflés h une certaine pression. Les deux fluides viennent se réunir h la lèvre du brûleur protégée par un garnissage réfractaire et s'enflamment. Un excès de gaz réducteur empêche les oxydations. On peut ainsi obtenir une soudure absolument autogène sur des pièces dont l'épaisseur varie entre
3 et 75 millimètres.
Parmi le grand nombre de pièces que Ton soude déjà au gaz à l'eau, il faut mentionner :
Les réservoirs à air oit à gaz comprimés ;
Les bouteilles à acide carbonique liquide ;
Les foyers de chaudières lisses ou ondulés;
Les boîtes à eau et communications des générateurs de vapeur;
Les poteaux de lampes électriques et de trolleys;
Les mâts militaires pour vaisseaux de guerre ;
Les bouées ;
Les tubes avec ou sans brides ;
Les tuyaux pour conduites de gaz ou d'eau sous pression.
Dans tous ces cas, le soudage au gaz à l'eau a remplacé le rivetage.
D'après M. E. Demenge ( , ), si on fabrique du gaz à l'eau par le procédé Dellwik-Fleischor avec du coke à 25 francs la tonne et du charbon pour la production de la vapeur à 22 francs la tonne, on peuj, évaluer en moyenne de la manière suivante les dépenses journalières pour la soudure au gaz à l'eau.
i .000 mètres cubes de gaz à fr. 025 25 francs
Main-d'œuvre : 1 soudeur à G francs + 2 aides à 5 francs 16 —
Force motrice : 8 chevaux pendant 10 heures à fr. 10 par cheval. 8 —
Usure des brûleurs 2 —
51 francs
Or on peut admettre une production de 24 à 30 mètres de soudure par dix heures avec des tôles de 8 à 10 millimètres d'épaisseur.
Le prix de revient par mètre de soudure ressort par conséquent à un chiffre compris entre 1 fr. 70 et 2 fr. 10.
Or, avec le coke, il n'est guère possible de souder plus d'un demi-mètre en moyenne par heure (5 mèlres dans une journée de dix heures), avec quatre hommes quand on fabrique des tubes de petit diamètre et avec cinq hommes s'il s'agit de tubes d'un diamètre dépassant 1 mètre. Le prix des salaires seuls par mètre de soudure est donc compris entre 3 fr. 50 et
4 francs.
Le tableau 1 contient les diverses applications du gaz à l'eau produit par le procédé Dellwik-Fleischer.
(!) E. Demknoe, le Gaz à Veau (Bévue générale des Sciences, 1904). On trouvera dans cet article des détails très intéressants sur les divers types d'appareils pour le soudage par le gaz à l'eau, ainsi que des comparaisons entre ce mode de soudage et les soudages soit à l'électricité, soit avec un mélange d'acétylène et d'oxygène, soit avec un mélange d'hydrogène et d'oxygène.