‹ Production et utilisation des gaz pauvresChapitre 87 sur 132 · francs soit par cheval-an · texte numérisé non relu

francs soit par cheval-an

360000 JOA , "2505-= 180 francs

et par cheval-heure

L'économie réalisée par la transformation sera donc de

(180 — 85) 2000 = 190000 francs.

On voit donc finalement quil y a grand intérêt à utiliser directement l'excédent des gaz sortant du gueulard dans des moteurs à gaz.

25. Quelques mots d'historique sur l'utilisation directe des gaz de hauts fourneaux pour la production de la force motrice. — Les premiers essais d'utilisation des gaz de hauts fourneaux pour l'alimentation des moteurs à gaz datent de 1894-1895 ; ils ont été réalisés presque simultanément en Angleterre, en Allemagne et en Belgique.

D après /. Riley, directeur général de la Glasgow Iron and Steel Company, l'offre d'une installation de moteurs à gaz de hauts fourneaux lui aurait été faite à la fin de 1894, par MM. Thwaite et Gardner, qui ont installé un moteur à gaz Acmé de 30 chevaux aux fourneaux de Wishaw et l'ont employé pour actionner une dynamo servant à l'éclairage.

En Allemagne, ce serait l'usine de Hoerde qui aurait fait le premier essai vers la même époque [en octobre 1895, d'après M. Dutreux [Génie civil, juillet 1898)]; mais cette tentative a été entourée au début d'un mystère tel qu'il est difficile d'en préciser la date.

En Belgique, la Société Cockerill prend, le 15 mai 1895, sur la proposition de deux de ses ingénieurs, MM. A. Bailly et F. Kraft, un brevet pour ce nouvel emploi des gaz de hauts fourneaux. Le moteur choisi pour cet essai par ces ingénieurs est le moteur Simpléx, de MM. E. Delamare-Deboutteville et Malandin, qui ont réalisé à cette époque le plus gros moteur à gaz connu, moteur dont les qualités sont appréciées. •

Un premier moteur de 8 chevaux est installé aux hauts fourneaux Cockerill et fonctionne dès le 27 décembre 1895. Les expériences entreprises sur ce moteur par MM. Hubert et Witz, avec l'aide de MM. Bailly et Kraft, montrent que le moteur fonctionne bien, qu'il se prête aux variations de pression et de composition résultant du travail des hauts fourneaux : malgré des conditions de marche très désavantageuses, la consommation de gaz, par chevalheure indiqué, n'atteint que 4 mètres cubes environ, tandis qu'elle s'élève à 5 m3 ,300 par cheval-heure effectif.

Malgré cette dépense considérable, les résultats semblent assez satisfaisants pour qu'on se décide à entrer résolument dans la voie de l'application en grand. Dès le commencement de 1897, la Société Cockerill met en construction un moteur de 200 chevaux, destiné à actionner un compresseur d'air ; puis, en 1899, elle établit un moteur monocylindrique de 600 chevaux, commandant directement une machine soufflante par le prolongement arrière de la tige du piston. Enfin, étendant sa construction, cette Société fournit aujourd'hui des moteurs à double effet, capables de développer jusqu'à 1.500 chevaux effectifs par cylindre. Nous donnerons dans le prochain chapitre des renseignements sur quelques-unes des installations de la Société Cockerill.

A la suite des succès obtenus par la Société Cockerill dans ses premiers essais d'utilisation directe des gaz des hauts fourneaux pour la production de la force motrice, un grand nombre de firmes allemandes entrent dans la même voie et construisent les unes des moteurs à gaz à quatre temps, les autres des moteurs à gaz à deux temps. Le nombre de ces moteurs en exploitation aujourd'hui s'est considérablement développé dans les usines allemandes; leur puissance totale dépasse 352.000 chevaux effectifs. Le tableau XX donne les puissances des moteurs installés en Allemagne.

26. Objections que l'on faisait en 1898 à l'alimentation directe des moteurs à gaz par le gaz de haut fourneau. — L'adoption du gaz de haut fourneau

Page 1