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12. Utilisation des gaz produits dans les fours à fondre le cuivre. — Avant de montrer quelles précautions on doit prendre pour l'épuration du gaz de fours à coke destiné à l'alimentation des moteurs, signalons la tendance actuelle de l'industrie métallurgique qui s'efforce d'utiliser les gaz produits dans les fours h fondre le cuivre.
D'après M. Scharenberg (*), l'installation de la Krughùtte de la Société Mansfeld à Eisleben pour le traitement des minerais cuprifères serait la première installation de moteurs à gaz faite dans une usine métallurgique autre que le fer.
Dans cette usine fonctionnent 5 fours à fondre le cuivre dont le9 gaz résiduaires, par une conduite de 2 mètres carrés de section, sont conduits à une série de chaudières comprenant 10 chaudières en marche et 3 en réserve ; la vapeur produite par ces chaudières fournit, en tant que souffleries, pompes, presses, machines d'éclairage, 200 à 250 chevaux. Pour l'installation du moteur à gaz, on a établi une conduite de 800 millimètres de diamètre et 300 mètres de longueur. Le gaz est aspiré par 3 ventilateurs; il est refroidi en chemin jusqu'à la température ambiante; il est envoyé dans des scrubbers à coke et des filtres à sciure. De là, en passant par un gazomètre de 8 mètres cubes de capacité, il, est envoyé aux deux moteurs à gaz d'une puissance de 110 chevaux qui actionnent par courroie une dynamo de 80 kilowatts. Les ventilateurs sont actionnés par l'intermédiaire d'une transmission commandée par un moteur à gaz de 10 chevaux; le même arbre actionne une pompe à air qui fournit aux grands moteurs l'air comprimé nécessaire à leur mise en marche. Le petit moteur est à essence, en attendant le moment où le volume de gaz produit sera suffisant pour l'alimenter.
À la mise en marche de l'installation, on a été obligé, pour éliminer les poussières, d'installer des injecteurs dans les conduites des ventilateurs.
Cette installation fonctionne avec succès depuis 1901.
18. Difficultés que présente l'épuration des gaz de fours à coke. — Comme pour le gaz des hauts fourneaux, l'utilisation des gaz de fours à coke dans les moteurs n'est possible qu'à la condition de réaliser une épuration suffisamment complète de ces gaz. Or une telle épuration présente ici des difficultés particulières à cause de la présence des goudrons, des composés ammoniacaux cyanés et sulfurés, qui existent dans les gaz produits par des houilles très riches en matières volatiles. Nous avons déjà eu l'occasion d'étudier les. procédés mis en œuvre par M. Lencauchez et par M. Mond pour débarrasser de ces sousproduits, par une épuration rationnelle, les gaz fournis par des gazogènes utilisant des combustibles à grande teneur en matières volatiles. Mais le problème est ici rendu plus complexe par le grand volume de gaz produit.
Nous allons exposer, d'après le travail de M. Baum, auquel nous avons fait de nombreux emprunts, les méthodes d'épuration employées actuellement en Allemagne dans les usines à coke métallurgique pour obtenir un gaz susceptible d'alimenter des moteurs.
14. Principe de l'épuration des gaz de fours à coke. — Le gaz sortant des fours à coke passe d'abord dans des refroidisseurs à air et à eau qui, en réalisant un refroidissement graduel, provoquent la séparation de la plus grande partie des matières condensables (goudrons et composés ammoniacaux). Pour réaliser une séparation plus complète des goudrons, on emploie des épurateurs secs, tels que le séparateur de Pelouze et Audouin, ou des filtres à sciure. Les composés du soufre et du cyanogène mélangés aux gaz sont
( l ) Scharenbero, Zcitschrifl des Vereine9 deutscher Ingenieure, 7 juin 1902.
arrêtés en réalisant des combinaisons chimiques avec de l'oxyde de fer ou des solutions de sels de fer. La présence des vapeurs de naphtaline a pour résultat de rendre l'épuration plus déiicate, d'un côté par les obturations que ce corps séparé à l'état solide produit dans les conduites, et de l'autre par les dépôts formés sur les surfaces refroidissantes, dépôts qui diminuent leur action.
Nous allons passer en revue les divers appareils qui ont été proposés pour réaliser ces diverses opérations.
15. Refroidissement des gaz à la suite des fours. — Gomme pour les gaz de
hauts fourneaux, l'épuration des gaz de fours à coke ne peut être réalisée d'une manière
convenable qu'à la condition de refroidir ces gaz immédiatement après
leur sortie des fours. Ce refroidissement doit d'ailleurs être graduel,
afin d'éviter les accumulations de naphtaline susceptibles d'arrêter le
ru\\\ \H \\ ; S fonctionnement des appareils.
16. Refroidisseurs à circulation d'air. — Au sortir des fours, le gaz passe dans des refroidisseurs à circulation d'air qui abaissent sa température de 280° à 100° ou 70° et provoquent le dépôt de la majeure partie du goudron.
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Fia. 125. — Réfrigérant à courant d'eau.
Appareil Reutter.
Le plus simple de ces refroidisseurs d'air est obtenu en faisant passer le gaz dans un espace annulaire compris entre deux cylindres concentriques placés à l'intérieur l'un de l'autre. L'air baigne la surface extérieure du cylindre extérieur et la surface intérieure du .cylindre intérieur. L'air, en s'échauffant, s'élève de bas en haut; le courant de gaz est généralement inverse; les gaz descendant dans l'espace annulaire rencontrent de l'air de plus en plus froid. Une porte de décrassage placée à la base permet l'enlèvement des goudrons et des poussières de charbon. Ces réfrigérants annulaires présentent, dans certains usines,
jusqu'à 100 mètres carrés de surface de refroidissement ; dans ces dimensions, ils coûtent de 28 à 30 francs le mètre carré de surface refroidissante.
Un grand nombre d'usines à coke utilisent comme refroidisseur aérien un jeu d'orgues analogue à celui des usines à gaz. Un tel appareil coûte de 30 à 32 francs le mètre carré de surface refroidissante.
Le gaz sortant de ces appareils (réfrigérant annulaire, jeu d'orgue) est refroidi plus complètement dans des cylindres en tôle disposés en série, ayant 7 à 8 mètres de hauteur et un diamètre de l m ,50 à 2 mètres.
17. Refroidisseurs à courant d'eau. — En sortant de ces séparateurs de goudrons, les gaz traversent trois à cinq refroidisseurs à courant d'eau disposés en série; la température des gaz, qui était de 100 à 70° C, s'abaisse jusqu'à 40 ou 25° C. ; dans les installations bien faites, la teneur en goudron s'abaisse jusqu'à 25 0/0 de la teneur primitive.
La figure 125 représente l'un de ces refroidisseurs à courant d'eau, dans lequel le gaz circule autour de tuyaux dans lesquels on fait passer de l'eau ; les deux courants d'eau et de gaz sont en sens opposés. À la base de la boîte de circulation des gaz se trouvent deux portes de décrassage pour l'enlèvement des goudrons. Dans ces appareils, on compte une surface réfrigérante de 1 mètre carré à l m2 ,6 pour chaque volume de 100 mètres cubes de gaz produits en vingt-quatre heures.
L'appareil Reutter (fig. 126) appartient à ce type de réfrigérants à tubes d'eau; il est formé d'une série de boites quadrangulaires dans lesquelles on a multiplié les tubes de circulation d'eau. Cet appareil se distingue du précédent en ce que les produits goudronneux déposés sur les tubes d'eau sont enlevés par une pluie d'eau ammoniacale qui tombe sur eux d'un réservoir situé à la partie supérieure de l'appareil, au-dessus de l'arrivée des gaz.
18. Réfrigérant intensif Zschocke. — -Pour pousser plus loin le refroidissement du gaz qui sort des réfrigérants à tubes d'eau à une température de 20 à 25° C, on emploie dans un grand nombre d'usines à coke de la Ruhr le réfrigérant à gaz intensif (Intensiv- Gaskùhler) de la firme Zschocke à Kaiser slautern. Cet appareil se compose essentiellement d'une série de serpentins sur la surface extérieure desquels on fait ruisseler de l'eau : les gaz circulent à l'intérieur de ces serpentins, dont les brides portent des parties amovibles afin de faciliter le nettoyage. Le réfrigérant de lamine Holland {fig. 127), qui refroidit 150.000 mètres cubes de gaz en vingt-quatre heures, a une surface réfrigérante de 300 mètres carrés; suivant la température de l'eau de ruissellement, le gaz qui entre à 36° ou 40° C. en sort à 14 ou 16° C. : en été, la différence des températures de l'eau de ruissellement à son arrivée et à son départ ne dépasse jamais 2° C. De tels réfrigérants Zschocke sout installés dans la plupart des usines à coke du groupement rhénan-westphalien; la mine Deutscher Kaiser possède un appareil capable de refroidir en vingt-quatre heures 400.000 mètres cubes de gaz.
19. Séparateurs de goudrons. — À la suite de ces appareils refroidisseurs se trouvent les séparateurs de goudrons.
Certains de ces séparateurs sont simplement constitués par des cylindres en tôle creux ayant une hauteur de 7 à 8 mètres et un diamètre de l m ,50. L'intérieur de ces caisses est garni de cloisons dirigées tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, de manière à provoquer des changements brusques dans la direction des courants gazeux. Le gaz serpente entre ces cloisons et abandonne les goudrons par ses chocs contre les cloisons.
20. Séparateur de goudrons Pelouze-Audouin. — Le principe du séparateur de Pelouze et Àudouin est représenté sur la figure 128. Le gaz, après avoir traversé une sorte de tamis, se trouve arrêté brusquement par une paroi contre laquelle il rebondit pour se partager en courants partiels, comme l'indique la figure 128. Si on dispose plusieurs de ces
Fio. 127. — Réfrigérant de la mine Holland.
arrêts brusques du courant gazeux, on peut, par les chocs successifs des gaz, obtenir une séparation suffisamment complète des goudrons.
La figure 129 Représente un de ces séparateurs Pelouze-Audouin construit par la Kôlnische Maschinenbau-AkHen-Gesellschaft.
Le gaz arrive en a à la partie inférieure, passe par le tuyau b dans la cloche g qui, par son bord inférieur, plonge dans les goudrons contenus dans le vase e. Les parois de la cloche sont constituées de telle manière qu'il se produise des chocs sur les diverses surfaces, comme l'indique la figure 128. Quand le courant gazeux a traversé ainsi ces diverses
Fio. 128. — Principe du séparateur de goudrons Pelojze-Audouin.
parois de la cloche, il sort en c. Le goudron, arrêté par les parois de la cloche, coule par le tuyau f dans la partie inférieure de la caisse, d'où il peut être évacué par l'ouverture A. La cloche g est partiellement équilibrée au moyen d'un contrepoids / qui agit sur elle par l'intermédiaire de la tige t et du câble k. La cloche n, plongée dans l'eau du vase m, permet d'avoir une fermeture étunche sans qu'il y ait aucun frottement spr la tige t. On peut, d'ailleurs, régler la position de la cloche en ajoutant ou retranchant des rondelles de plomb sur le contrepoids /; on peut même fixer ce contrepoids dans une position déterminée au moyen de la tige o et de la goupille p passée dans les trous de cette tige. Dans le cas du fonctionnement normal, la différence de pression des gaz à l'entrée et à la sortie est de 70 à 90 millimètres d'eau, en moyenne 80 millimètres d'eau. Le contrôle de la pression se fait au moyen d'un manomètre différentiel 5, dont l'une des branches communique avec l'intérieur de la cloche g, et l'autre branche avec l'extérieur; la différence de niveau entre les deux branches mesure la résistance des parois de la cloche au passage des gaz. Afin d'éviter qu'il ne se fasse sur les ouvertures des parois en tôle de la cloche des dépôts adhérents de
goudrons, la température dans la boîte où circulent les gaz ne doit pas descendre audessous de 18 à 20°.
La porte q permet d'accéder à la cloche g pour la nettoyer. En arrosant de temps en temps les tôles de la cloche avec de l'eau ammoniacale, on peut ne faire un nettoyage complet de l'appareil qu'à des intervalles de plusieurs mois; ce nettoyage complet nécessite l'enlèvement de la cloche g et son remplacement par une cloche de réserve. L'arrosage des parois de la cloche peut se faire au moyen du tuyau r.
Gomme, avec les séparateurs à goudrons de ce type, il se produit souvent des engorgements, il est nécessaire, pour le bon fonctionnement de l'installation, d'avoir en réserve un autre appareil pouvant, par un simple jeu de vannes, être mis en service sans perle de temps. On Construit des séparateurs Pelouze pour des installations d'épuration de 1.000 à 60.000 mètres cubes de gaz en vingt-quatre heures. Les appareils Pelouze se placent ordinairement aussitôt après les refroid isseurs. Toutefois, à l'usine à coke Stumm à Neunkirchen, on a obtenu de bons résultats en disposant un séparateur Pelouze derrière les appareils laveurs.
Fio. 129. — Séparateur de goudrons Pelouze-Audouin.
21. Scrubbers. — La séparation des goudrons n'est jamais complète dans les appareils précédents. Les dernières traces sont enlevées au moyen des scrubbers et des laveurs à élimination d'ammoniaque.
Dans les scrubbers, le contact le plus intime possible doit être réalisé entre les gaz et l'eau de lavage. Les scrubbers les plus répandus sont les scrubbers à coke, qui ont donné au puits Thérèse à Màhrisch-Ostrau de bons résultats pour l'élimination des goudrons dans l'épuration des 500 mètres cubes de gaz à l'heure qui sont destinés à l'alimentation de deux moteurs de 300 chevaux. Dans cette installation, on a employé des scrubbers cylindriques
h coke ayant un diamètre de 2 m ,50 et une hauteur de 7 mètres : ces scrubbers contiennent à leur intérieur 4 claies distantes de l m ,40 et recouvertes chacune d'une couche de coke.
Pour multiplier les contacts entre l'eau et les gaz, on a construit des scrubbers de divers types. La figure 130 représente des claies du type Zsckoc/ce; elles sont constituées par des planches en forme de coin qui sont découpées et disposées comme le montre la figure 130.
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Fig. 130. — Claie de scrubber, type Zschocke.
L'eau coule sur ces claies de haut en bas, tandis que les gaz s'élèvent de bas en haut; les parties dentelées facilitent la formation des gouttes de l'eau d'arrosage. Deux appareils de ce type sont en service à la mine Holland ; ils traitent 120.000 mètres cubes de gaz par jour et ne nécessitent que le remplacement de 24 mètres cubes d'eau ; la teneur de la dissolution ammoniacale concentrée est de 12 à 14 grammes d'AzH 3 par litre ; le gaz purifié ne contient plus que 1 gramme d'AzH 3 pour 100 mètres cubes.
La figure 131 représente un laveur à claies pour 60.000 mètres cubes de gaz à l'heure ; il a une hauteur de 28 mètres. Afin d'assurer une bonne répartition du courant d'eau sur les claies, on divise celles-ci en trois groupes; c hàcun des groupes possède un système d'arro-
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Fig. 131.
Laveur à claies pour 60.000 mètres cubes de gaz à l'heure (Louis Schwarz).
sage spécial, de telle sorte que le laveur représente un système de trois laveurs en série. Les prises d'eau d'arrosage sont d'ailleurs disposées comme l'indiquent les coupes placées sur le côté de la figure principale.
La figure 132 montre un scrubber à coke pour machines de 1.000 chevaux installées à la fosse Ministre-Stein de la Compagnie des Mines de Gelsenkirchen. Les claies qui portent le coke sont portées sur des plateaux disposés le long d'un arbre que l'on soulève ou que l'on abaisse au moyen d'une roue h main 8 et dont le mouvement est guidé par deux glissières 9. Il est alors possible, au moyen des clapets de nettoyage 6, d'enlever la claie inférieure dont le coke est le plus sale, de remplacer le coke par du coke nouveau, de reporter la claie à coke neuf à la partie supérieure, et de faire avancer d'un rang vers la partie inférieure les diverses claies à coke.
22. Laveurs à gaz rotatifs. — Les laveurs à gaz rotatifs qui permettent la séparation non seulement de Y ammoniaque, mais encore de la naphtaline, du cyanogène et de Yhydrogène sulfuré, réalisent un contact encore plus intime de l'eau de lavage avec les gaz à épurer.
On peut ainsi, avec des appareils relativement petits, épurer de grandes quantités de gaz.
A la mine Mathias Stinnes, l'ammoniaque est absorbée dans un tambour .horizontal en fonte de 4 mètres de longueur et de 3 mètres de diamètre, tournant
très lentement à la vitesse de 1 tour par minute. L'intérieur est garni de grilles en bois qui, par la rotation du tambour, viennent en contact avec l'eau de lavage placée à la partie inférieure. Les gaz viennent au contact des grilles, à la partie supérieure du tambour.
Afin de diminuer la dépense de force nécessaire pour produire le mouvement du lourd tambour, on préfère faire tourner très lentement à l'intérieur du tambour maintenu fixe
Fio. 132. — Scrubber à coke de la mine Ministre-Stein de la Compagnie des Mines de Gelsenkirchen.
1 , Tuyau plongeur ; — 2, Eau ; — 3, Réservoir de l'eau ; — 4, Entrée du gaz ; — 5,'Sortie du gaz; — 6, Clapet de nettoyage; — 7, Arrosoir; — 8, Roue à main; — 9, Glissière en fer.
soit des disques-brosses (Holmes), soit des paniers en formes de disques contenant des sphères à leur intérieur [Zschocke).
Le laveur, type Holmes, se compose d'un tambour divisé en chambres séparées par des parois en tôle. Dans chacune de ces chambres tourne un disque-brosse en fibre de piazzava. L'enchevêtrement des fibres a pour effet de diviser la masse gazeuse et de faciliter le contact intime avec l'eau de lavage. Les disques porteurs de ces brosses ont un diamètre tel que les extrémités des brosses viennent frotter légèrement contre les parois intérieures
Fio. 133. — Laveur rotatif à sphères de Zschocke.
1, Robinets de purge des divers compartiments du tambour; — 2, Sortie de l'eau; — 3, Gaz; — 4, Entrée du gaz; 5, Sortie du gaz; — 6, Entrée de l'eau; — 7, Moteur électrique faisant tourner le laveur.
des chambres de lavage ; il se produit par là de légères vibrations de ces brosses qui facilitent la dissolution de l'ammoniaque dans l'eau de lavage. Les Grosses sont fixées aux disques porteurs de telle manière que chacune d'elles puisse être sortie par un trou de visite.
On construit actuellement des laveurs rotatifs Ho/mes capables d'épurer de 4.000 à 115.000 mètree cubes de gaz en vingt-quatre heures.
Dans le laveur à sphères Zschocke (fig. 133), les paniers-disques, qui tournent dans les chambres en lesquelles est divisé le tambour, contiennent des sphères en bois dur percées de trous. Par la rotation des disques, les petites sphères sont constamment recouvertes d'une couche continuellement renouvelée du liquide laveur ; elles offrent ainsi aux gaz des surfaces de liquide laveur toujours fraîches. De plus, le frottement des sphères les unes sur les autres empêche les engorgements qui pourraient être produits par les dépôts de naphtaline ou autres impuretés solides. La puissance nécessaire pour faire tourner un laveur Zschocke est faible; il suffit de 3/4 HP pour les petits appareils et de 1 HP pour les grands appareils.
Dans certains laveurs Zschocke, comme celui qui est représenté sur la figure 134, un premier séparateur de naphtaline est disposé avant le laveur à ammoniaque qui sert en même temps de second séparateur de naphtaline.
23. Séparation du cyanogène et de l'hydrogène sulfuré* — Les appareils précédents permettent de séparer les goudrons, les carbures d'hydrogène solides et les sels ammoniacaux. Ils débarrassent les gaz d'une partie du cyanogène et de Xhydrogène sulfuré
qu'ils contiennent. Mais, dans certains cas, cette dernière épuration doit être poussée plus loin, car le cyanogène attaque les parois des conduites et des moteurs, comme l'ont montré les expériences faites par Reuter et Hussmann. Suivant les exploitations, les ingénieurs ont
Séparateur de naphtaline. Laveur à ammoniaque.
Fio. 134. — Installations de laveurs à sphères Zschocke pour la séparation de la naphtaline et des composés ammoniacaux.
été amenés à porter plus particulièrement leur attention sur cette dernière épuration. A l'usine à coke Stuniîn, de Neunkirchen, la séparation du soufre a été reconnue absolument nécessaire. A la mine Ministre-Stein, on a remarqué que le SO 2 formé dans la combustion de
Fïg. 13o. — Épurateur sec de Zschocke pour gaz de fours à coke. 1, Entrée des gaz; — ", Sortie des gaz. . • .»
l'hydrogène sulfuré attaquait surtout les tiges des soupapes. A l'usine Julie [Julienhutte) et aux usines Borsig dans la Haute-Silésie, on n'a pas eu jusqu'ici à s'occuper de cette épuration.
Cette épuration est actuellement réalisée en faisant passer le gaz sur le mélange Laming, qui, on le sait, est formé de sulfate de fer, de chaux éteinte et de sciure de bois. En passant
sur ce mélange, l'hydrogène sulfuré donne du sulfure de fer et le cyanogène du bleu de Prusse. Mais cette épuration à sec présente souvent l'inconvénient de ne pas être très efficace. C'est pourquoi Bueb a proposé de faire passer le gaz dans une dissolution concentrée de sulfate de fer placée entre les séparateurs de goudron et les laveurs employés pour retenir l'ammoniaque.
Toutefois, l'emploi du mélange Laming s'est généralisé ; on le place en couches de
- Épuration de 18.000 mètres cubes de gaz par 24 heures. Installation de la fosse Shamrock in, IV de la Compagnie Hibernia faite par les usines Zschocke de Kaiserslautern. 1 , Entrée du gaz dans l'appareil ; — 2, Laveur rotatif à sphères ; — 3, Sortie du gaz du laveur rotatif ; — 4, Sortie des gaz de l'appareil; — 5-5i, 6-6i, 1-1 1, Vannes; — 8, Epurateurs secs; — 9, Soupapes de communication avec l'air.
15 à 20 centimètres sur des claies disposées les unes au-dessus des autres dans des caisses. Les gaz arrivent à la partie supérieure de ces caisses et sortent à la base, ou arrivent à la base et sortent à la base en suivant le chemin marqué par des flèches sur la figure 135 ; ils traversent les couches pulvérulentes du mélange à une vitesse maximum de 10 millimètres par seconde, afin de permettre un contact suffisamment prolongé avec les sels de fer. Pour diminuer l'encombrement et la résistance au passage des gaz, on construit actuellement des epurateurs à mélange Laming dans lesquels les gaz, à une vitesse de
5 millimètres par seconde, traversent un bloc compact de ce mélange ayant jusqu'à 36 mètres carrés de base et l m ,50 de hauteur. Divers systèmes sont employés pour empêcher le mélange pulvérulent de se tasser et d'arrêter ainsi la circulation des gaz. Citons le système Bamag à jalousies, construit par la Berlin- Anhaltischen Maschinenfabrik; le système Jàger, dont on trouvera la description dans le mémoire de M. Baum.
La figure 136 représente une installation composée d'un laveur rotatif à sphères et d'épurateurs à sec.
24. Filtration' des gaz au travers de sciure ou de laine fine de bois. — Les
usines qui emploient encore les épurateurs où le mélange Laming est répandu sur des claies séparées, placées dans des caisses, ont été amenées à filtrer les gaz avant leur entrée aux moteurs au travers de couches de sciure de bois ou de laine fine de bois ayant une épaisseur de 15 à 20 centimètres. On évite ainsi les inconvénients qui résultent de l'existence de cheminées au travers du mélange Laming, cheminées qui laissent passer des gaz impurs. De plus, cette filtration a l'avantage d'arrêter les dernières traces des goudrons, les fines particules d'eau ou d'huile lourde qui proviennent des scrubbers ou des laveurs à benzol.
On emploie ces filtres dans les usines où Ton n'a pas à s'inquiéter de la séparation de l'hydrogène sulfuré et du cyanogène, comme cela arrive en Haute-Silésie et à Màhrisch- Ostrau.
Aux usines Julie (Julienhiitte), par exemple, les caisses des épurateurs à sec contiennent à la partie supérieure des couches de masse Laming et à la partie inférieure des couches formées seulement de sciure de bois. Ces caisses ont une hauteur de 1 mètre ; elles contiennent trois claies de l m ,50 de surface portant 20 centimètres de matière filtrante; le nombre de ces caisses est égal à dix, disposées deux à deux en série (batterie de cinq séries). Cette disposition permet de nettoyer chaque série toutes les six ou huit semaines.
Aux usines Borsig, il y a deux grands épurateurs à sciure de bois ayant l^OO de haut et 3 m2 ,5 de surface. Les quatre épurateurs de la mine Thérèse ont chacun l m2 ,95 de surface et m ,75 de haut; ils contiennent deux couches de sciure de bois et de laine de bois; ils ont surtout pour but de séparer les dernières traces des goudrons et l'eau venant des scrubbers.
De grandes installations d'épuration pour l'hydrogène sulfuré ont été faites par la Kôlnische Maschinenbau A. G., au puits Anna de YUnio?i des mines cTEschweiler et à la mine Ministre-Stein. Sous un hangar de 23 mètres de longueur et 10 mètres de largeur, on a installé quatre grands épurateurs ayant chacun 20 mètres carrés de surface ; ces épurateurs contiennent du mélange Laming dans la proportion de 1 mètre cube pour 10.000 mètres cubes de gaz à épurer; ce mélange, peut être régénéré à l'air jusqu'à dix fois.
25. Épuration chimique par l'hydrate d'oxyde de fer en suspension dans l'eau. — Citons, en terminant, un autre mode d'épuration des composés sulfurés, qui est employé à la mine Mathias Stinnes. Le gaz passe dans un laveur à tambour qui est en partie rempli d'eau, dans laquelle se trouve en suspension de l'hydrate d'oxyde de fer. Par saturation au moyen de l'hydrogène sulfuré, celui-ci se transforme en une boue de sulfure de fer que l'on enlève. Pour régénérer en partie l'hydrate d'oxyde de fer, il suffit de faire passer dans l'épurateur un courant d'air sous pression.
86. Exhausteurs et régulateurs de pression. — Ces installations d'épuration des gaz de fours à coke sont enfin complétées par des pompes de divers types avec régulateurs de
pression qui produisent un mouvement régulier des gaz dans l'ensemble de ces appareils. On voit combien est complexe la suite des appareils d'épuration des gaz de fours à coke. Indiquons dans le tableau suivant la composition de quelques-unes des installations qui fonctionnent en ce moment.
TABLEAU XXV COMPOSITION DE QUELQUES INSTALLATIONS DEPURATION DES GAZ DE FOURS A COKE