L'ESPOIR
Le trottoir est nacré par la dernière pluie,
Quelques feuilles déjà s'abattent du printemps,
Et les arbres mouillés que la poussière essuie
Sont encor si légers qu'ils semblent transparents.
Les branches sont encor comme des mains sans bagues,
Un parfum de jardin où nul n'aurait passé
Frissonne doucement dans l'air humide et vague,
Promesse d'un amour que Ton croyait lassé I
Un été mensonger trompe les promenades,
L'hiver qui se retourne avant de s'écarter,
Souffle une nuageuse et vaine galopade
Vers le soleil montant sa chaude volupté,
Et nous qui désirons une neuve lumière,
Nous qui rêvons déjà des bois et des jardins,
Nous qui n'appartenons qu'à des joies éphémères,
Nous guettons aux carreaux sa fuite et son déclin. . «
LA DEMEURE TnANSPAKENTE 97
Nous croyons qu'au soleil nous perdrons ta tristesse, Hiver ! et tes long-s soirs renfermés près du feu... Mais quelle est la saison qui n'ait rien qui nous blesse ? Dans chacune le cœur écoute un autre aveu. Nous chang-eons seulement notre façon de vivre, Notre façon d'aimer, de rire ou de pleurer. C'est un destin pareil lu dans un autre livre. C'est un même dessin autrement coloré !
gS ruoFiLs d'or et nr: cendre