‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 1 sur 280 · AIN · texte numérisé non relu

AIN

Circonscription de BELLEY

M, Pierre BAUDIN,.

Citoyens,

Je jne présente pour la troisième .fois à vos suffrages.

Au cours de la législature dernière, je suis resté fidèle aux idées que j'ai défendues toute ma vie.

J’ai voté les réformes qui ont pour effet de compléter l’œuvre laïque de la République.

La séparation des Églises et de l’État assure aux cultes 'la plus grande liberté. Les catholiques commettraient une faute irréparable s’ils refusaient de se placer sous un régime légal qui protège pleinement les droits de la conscience.

L’œuvre sociale de la République va solliciter plus que jamais notre effort. Les conflits qui, aujourd’hui, désolent la région du Nord et compromettent la marche du travail national ne peuvent laisser personne indifférent, 11 faudra chercher à prévenir de telles calamités, en introduisant dans nos lois sur le travail de nouvelles améliorations. Mais l’intérêt supérieur du pays commande que l’ordre soit partout respecté. Le Gouvernement doit exiger que les fonctionnaires de toutes catégories montrent l’exemple. Us doivent leur dévouement à l’État, c’est-à-dire qu’ils manquent à leur devoir essentiel en donnant à leurs groupements une forme menaçante.

La loi organisant l’assistance aux vieillards et aux infirmes entre en application cette année. 11 importe de la compléter par la création de la 'Caisse des retraites ouvrières, en y comprenant les travailleuis de l’agriculture.

Durant ces deux dernières années, j’ai été chargé, par la confiance de mes collègues, du rapport général du budget, et je puis dire que la situation financière du pays n’est point alarmante, comme voudraient Je faire croire les adversaires de la République; mais elie réclame toute notre vigilance.

L’extension des services publics ne peut avoir pour conséquence de faire supporter par les campagnes des charges nouvelles, bien au contraire. Les crises répétées dont elles souffrent et dont souffrent surtout les viticulteurs font au Parlement le devoir impérieux de réformer notre système d’impôts.

Le dégrèvement de l’impôt foncier, la suppression de la cote mobilière personnelle et de l’impôt do$ portes et fenêtres, ne sont possibles q,ue si l’on introduit dans notre régime Bseal l’ira; ôt sur le revenu, La mévente des vins a pour causes la fraude et l’insuffisance de l’exportation, La répression de la fraude appelle des mesures sévères. Si la loi est insuffisante, il faut refaire la loi. L’exportation des vins devra être favorisée par des traités de commerce avantageux et par l’installation de quelques ports francs.

Je donnerai ma sollicitude aux intérêts de l'agriculture. L’année dernière, j’avais pu ÿjmme rapporteur général du budget obtenir des améliorations qui donnaient aux viticulteurs déjà quelques salisfactions. ,

La faculté de distiller dans les locaux pub'ics, dans des conditions qui les dispensaient de toute visite ou vérification à domicile, de déposer leurs eaux-de-vie produites en sus de l’allocation familiale dans un local commun, où elles pouvaient rester en suspension des droits, la suppression de la restriction qui les empêchait de conserver en franchise ce qui leur restait de l’allocation de vingt litres de la campagne précédente, l’addition de garanties supplémentaires destinées à sauvegarder la liberté du domicile et à empêcher l’abus des

visites des agents de la régie : .

Voilà les plus notables des mesures dont j’avais pu obtenir le vote et qui n étaient pas sans réaliser une réforme sensible. Les circonstances n’avaient pas permis de faire

davantage. . f - ...

Cette année, la lui du 26 février dispensé de toute déclaration préalable et aiïran:mt

de ["exercice les bouilleurs de cru. Ils sont donc rep’acés désormais sous le régime antérieur de la loi de 1903,

Citoyens,

La République, au cours de ces derniers mois, a pu affronter une épreuve extérieure difficile, grâce aux sympathies et aux amitiés qu'elle a su conquérir par sa sagesse et son esprit pacifique.

Mais cette épreuve vous a rappelé qu’une armée vigoureuse et bien disciplinée est plus que jamais indispensable pour appuyer notre droit.

Le régime du service égalitaire de deux ans doit avoir pour conséquence de donner à la nation armée toute la valeur du nombre et de l'étroite solidarité. Si vous me faîtes l honneur de me réélire, je travaillerai de toutes mes forces à la prospérité matérielle et à la grandeur morale de la République.

Pierre BAUDIN.

lr* Circonscription de BOURG, M, ÀUTHIER

Élu au ior tour de scrutin, — 8.734 yoîx

Chers concitoyen s ,

 une heure décisive où, une fois de plus, nos adversaires s’efforcent de tout remettre en question, vous êtes appelés à vous prononcer pour ou contre une œuvre et une politique, pour ou contre le progrès, pour ou contre la République.

La situation est bien nette.

Il s’agit de savoir si vous voulez conserver les résultats acquis ou y renon cer, et si Pcffort généreux et persévérant de la démocratie pendant ces 35 années doit se couronner par le succès ou se terminer dans un renoncement et dans i ne aï dicalicn.

Deux fois déjà vous m’avez appt lé à défendre la République et à la servir. Je crois l'avoir fait avec assez de conscience et m'être assez a Haché à vos intérêts locaux pour ê:re autorisé à vous demander, avec la majorité des Comités républicains, le reuouveUem^nt de mon mandat.

Parmi tant d’autres réformes utiles, la législature qui finit a assuré la défense laïque et 1a suprématie du pouvoir civil. Trouvant ainsi le terrain déblayé, *t continuant Pœavre de sa devancière par l’application intégrale des lois votées la Chambre nouvelle devra se donner plus particulièrement aux lois d'affaires et à l'œuvre sociale.

Réforme de l'impôt, qui devra être recher hé progressif et dégrever justement les petits avoirs, pour atteindre davantage les gros;

Abrogation de la lui Fa Houx ; enseignement rendu accessible à tous îes enfants du peuple que leur intelligence appelle à en profiter; organisation plus complète de renseignement professionnel;

Défense de la propriété Individuelle; organisation du bien de famille insaisissable devant garantir Pcxistenee du cultivateur et de sa famille;

Défense de l'agriculture notamment par rabaissement de Pim pot de la terre ; par le maintien des protections à Pabri desquelles elle fait aujourd’hui ses affaires; par le développement toujours plus étendu de la mutualité ;

Défense du petit commerce ; répartition plus juste des patentes;

Au profit dt s travailleurs de la campagne comme de la vilb, extension des mesures d’assistance et de prévoyance; — constitution des retraites ouvrières et paysannes; — établissement de toutes les réformes qui doivent tendre, en évitant la lutte des classes, à l'apaisement social et à P unité de la patrie :

Voilà, dans ses grandes lignes, le programme de îa nouvelle législature tel que je l'aperçois. Y ajouteraiqe encore des mesures qui s’imposent comme la suppression des conseils de guerre et le scrutin public pour l’élection du Président delà Chambre et du Président de la République? car, représentants du peuple, nous devons au peuple, dms la lumière du grand jour, compte de toutes nos actions et de tous nos votes.

La paix est îe bien le plus cher aux Républiques, La paix, la République française Pa maintenue pendant 35 ans. Quel autre gouvernement peut en dire autant?

Fort* de la situation acquise en Europe, appuyée sur les alliances et les amitiés de grandes nations, la France peut regarder maintenant l’avenir avec confiance, et c’^st sans quhl en coûte rien à notre dîgmté que nous devons déclarer notre désir de maintenir à ce pays la paix extérieure.

Électeurs,

En me réclamant d’une politique qui tend au maintien de îa paix extérieure et à Pétablissemem d'un régime social de justice et par conséquent de concorde emre les citoyens, j’ai Pimi me conviction de jépondre aux aspirations qui guident notre démocratie vers le progrès, vers Papaisement, 'vers îa fraternité.

Candidat désigné par la majorité des Comités de la circonscription ainsi que par le Comité exécutif central, j’avais rêvé, en les circonstances difficiles de la lutte actuelle, Punion intime de tout le parti républicain faisant blcc contre le bloc de toutes les réactions. Je n'ai pas réussi à trouver cette union par laquelle aurait dû s’affirmer chez nous la puissance vraie de noire parti*

Mais iï est un juge souverain. C’est vous.

Il voua appartient de dissiper toute équivoque, de réduire toutes tentatives d’indiscipline. Le 6 mai, vous ferez triompher une fois de plus la République* contre laquelle ont toujours échoué et toujours échoueront toutes les tentatives ennemies!

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