M. GOURD
Élu au 2* tour de scrutin, — 5.520 voix.
Monsieur et cher Concitoyen,
Trois fois de suite, le premier canton de Lyon m'a élu membre du Conseil général, où je suis son mandataire depuis plus de douze ans. Depuis huit ans, je représente le 2® arrondissement au Parlement*
Fur l'invitation des comités des républicains libéraux, progressistes et ouvriers de J arrondissement, je viens demander aux électeurs le renouvellement de mon mandat législatif, que je crois avoir scrupuleusement et fidèlement rempli.
Je n'ai pas seulement été assidu aux séances de la Chambre ; jJai participé aux travaux de plusieurs Commissions, notamment de la Commission des octrois, de ia Commission de la marine, des Commissions d'initiative parlementaire et d'intérêt loe;d pour des projets ou propositions de lois d'une importance particulière, et à ceux des groupes des républicains progressistes, des établissements industriels de PÉtat, de la mutualité et de la réforme parlementaire*
J’ai gris part, à la tribune, à de nombreux débats, plus spécialement à ceux qui ont porté sur les budgets de la guerre et des travaux publics, la condition ues manœuvres et ouvriers des dépôts des chemins de fer, le contrôle du travail des chemins de fer, la condition des employés civils des établissements de la guerre, celle des jugf s de paix, les établissements privés d’assistance, la séparation des Églises et de PÉtat.
Dans les bureaux, dans les commissions, dans les groupes, à la tribune, dans mes rapports avec les diverses administrations, je n'ai jamais déserté les droits et les intérêts de mes commettants, la cause de la justice et de la liberté.
Dans une circulaire forcément courte, il serait impossible de dire tout sur des sessions qui ont duré, en moyenne, sept ou huit mois par an ; dans lesquelles littéralement des milliers de questions ont été soulevées, et où, sans parler d'innombrables votes à main levée, le nombre des scrutins publics a atteint près de deux mille. Je me contenterai de signaler quelques-unes des plus importantes parmi les négociations, les discussions et les décisions auxquelles jJaï été mêlé.
De la politique générale, je me bernerai à rappeler, ce qui résume tout, que j'ai fait une opposition irréductible au Ministère Combes.
Resté, comme capitaine d'artillerie, dans les cadres de Paimêe territoriale, quoique mon âge m'eût dégagé de toute obligation de service, j'ai, en toute occasion, voté contre les projets qui me paraissaient pouvoir affaiblir directement ou indirectement, et pour ceux que je croyais propres à maintenir ou à accroître la puissance militaire de la nation. Je
n’aurais pas approuvé la réduction du service militaire à deux ans, si le Gouvernement n’avait, dans les termes les plus forme s, affirmé, à maintes reprises, qu’elîe était sans péril. Dans la Commission de la marine, j’ai contribué à aider le Ministre actuel de la marine à réparer les négligences ou les erreurs de son prédécesseur.
J’ai voté comre les motions qui tendaient à rétablissement de l’impôt global et progressif s ux le revenu.
J’ai voté contre toutes les propositions qui me paraissaient restreindre arbitrairement et injustement la liberté d* associa lion»
Dans la discussion sur la séparation des Églises et de l’État, j’ai soutenu de mon vote tous les amendements propres à rendre vraiment libérale et équitable une loi qui n’est suffisamment ni l’un ni l’antre, et j’ai soutenu, à la tribune, de*s motions par lesquelles la Chambre en eût certainement amélioré deux dispositions importantes»
J’ai voté contre tous les projets qui tendaient à diminuer, directement ou indirectement, et, â plus forte raison, contre ceux qui avaient pour objet de détruire la liberté d’enseignement.
Dans la Commission d’assurance et de prévoyance sociales, j’avais, pendant la législature précédente, collaboré à la préparation de la loi sur les retraites ouvrières» Si j’ai, dans celle-ci, voté les dispositions touffues et complexes que la Chambre a adoptées, ce n’est pas que je les aie jugées excellents : c’est qu’elles rn’ont semblé pouvoir offrir au Sénat des éléments intéressants d’appréciation. J’ai d’ailleurs contribué, avec le groupe de la mutualité, à faire modifier le texte primitif par des amendements favorables aux sociétés de secours mutuels.
J’ai voté la loi sur l’assistance obligatoire aux indigents, soit atteints de maladies ou d’infirmités incurables, soit âgés de plus de soixante-dix ans ; la loi sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs; la loi concernant ia fraude sur les vins et fe régime des spiritueux; la loi qui interdit l’assurance au décès sur la tête tics enfants âgés de moins de douze ans, et la loi qui modifie et complète heureusement celle du 30 novembre 1 B9£| sur les habitations à boa marché.
J’ai voté la loi su ries patentes.
Si j’ai voté la loi sur la compétence des juges de paix et la réforme des justices de paix, je l’aurais voulue meilleure encore. J'ai demandé à la Chambre d’étendre aux juges de paix qui soû l, pour ai rv i dire, les juges ordinaires des petits et du s humbles, le bénéfice de l’inamovibilité, garantie aussi nécessaire de leur indépendance que de. celle des autres juges, d’autant plus nécessaire u ême pour eux que leurs attributions dans la révision des listes électorales risquant de les mêler aux luttes des partis. J’ai demandé également à la Chambre d’amèïîo er la situation matérielle des juges de paix de fancienne seconde classe dans laquelle la ville de Lyon se trouvait, les s uls auquel» la loi nouvelle n’apportât qu’une augmentation de travail sans accroissement de salaire.
J’aurais voté le projet de loi de M. Gauthier sur le régime des pensions des travailleurs des chemins tU- fer. Je me suis prononcé en faveur des motions qui invitaient le Gouvernement à demander au Sénat de mettre en discuss on les divers projets Mir la réglementation des conditions du travail et du régime des pensions. J’ai obtenu du Ministre des Travaux publics qu’eu attendant, il décidât la création des emplois de contrôleur néCE SSaires pour assurer hqipiication dés arrêtés! et décrets qui réglementent, à celte heure, le travail.
J’ai vûîé la proposition de lot sur la liberté et le secret du vote.
Sans aller jusqu’à leur recmækre lé droit de grève, j’ai volé, comme au Conseil général, les propositions favorables aux employés des postes, télégraphes et téléphonas.
Je n ai jamais cessé d’avoir h cœur les intérêts du personnel de la manufacture des tabacs» Les engagements les. plus 'formels, à ira connaissance, qui aient été pris par le Gouvernement en vue de l’augmentation du travail, l’ont éiê en réponse à un rapport que j’avais présenté au Conseil général, le 28 août 1896. Plus tard, sur la proposition de deux de mes honorables collègues et la mienne, le Conseil général a demandé par vœu que la manufacture fût relevée d’une clause. Dans la précédente législature, j’avais voté les
motions par lesquelles le Gouvernement était invité à mettre à l’étude les moyens d’améliorer, dans les manufactures de l’État, pour les ouvriers et les ouvrières, le régime des retraites. Dans celle-ci, j’ai voté le projet de loi qui l’améliore.
Les ouvriers de l’arsenal peuvent se rappeler que, s’ils ont eu jadis avec le chef du Ministère de ce temps-là une entrevue à laquelle ils tenaient fort, ils l’ont due a mes démarches pressantes auprès de l'Administration. Dans la dernière législature, comme dans la précédente, j’ai fait pour eux, auprès du Gouvernement, des démarches qu’ils n’ont pu ignorer. Je n’ai cessé, d’ailleurs, de m’occuper d’eux depuis huit ans, dans la Commission des établissements industriels de l’État, au sein de laquelle j’ai vu souvent les délégués de leur syndicat. J’ai pris ma part des délibérations de cette Commission, qui a rendu de ai grands services au personnel des divers arsenaux. J’ai, d’ailleurs, soutenu à la tribune les revendications des employés civils des établissements de la gueire.
J’ai contribué à faire introduire, dans le projet de loi sur l’annexion des localités suburbaines à la ville de Lyon, que, d’accord avec la municipalité, le Gouvernement a • retiré depuis, les dispositions que j’avais volées au Conseil général avec la majorité de fl6tî6 H S S G m b i é 6 *
Un différend d’une importance capitale pour le département s est élevé entre lui et l’État sur la question de la subvention que i’Éiat réclame de lui pour la construction du chemin de fer de Paray-le-Monial à Givors. Si ce différend venait à être tranché contre lui, il écraserait les finances départementales sous le poids d’une charge qui serait, susceptible de dépasser, et peut-être de beaucoup, sept millions de francs. Le rapport que j’ai présenté au Conseil générai sur la question forme, sans développements inutiles, un volume de plusieurs centaines de pages. Je suis mêlé, à Paris, comme député, aux négociations engagées, dont mon rapport au Conseil général forme un élément impo tant. Si elles aboutissaient à l’abandon de la revendication do l’État ou même simplement à une transaction, aucune personne bien informée, et particulièrement aucun de mes collègues du Conseil général, ne pourrait contester que les recherches faites et les arguments développés'par moi auraient grandement servi les intérêts du département et, du meme coup,
ceux de tous les contribuables de notre ville. .
J’ai librement examiné et j’accepte librement le programme que vous a adresse 1 Union des comités des républicains libéraux, des républicains progressistes et des républicains ouvriers de l’arrondissement.
Ce que j’ai été au Conseil général et mi Parlement jusqu’à ce jour, j’ai a peine besoin de dire que je n’aurai pas de peine à le rester : accessible aux doléances et revendications de tous; désireux, quand je le pourrai sans manquer à la justice et sans porter atteinte aux droits déjà acquis par d’autres, de rendre à tous service ; résolu a servir de toutes mes forces et sans relâche les intérêts de notre arrondissement et du pays,
Alphonse G OU RD ,
Docteur en droit, avocat a ) i Cour d'appel, ancien membre du Conseil de direction de la Caisse d’épargne et de prévoyance de Lyon et du lïhône, membre du Comité local des habitations à bon marché et du Conseil d’administration de l’Ecole normale des instituteurs, délégué cantonal, congédier général du 1er canton, député sortant.
3e et 4° Circonscriptions de LYON*