V. Réduction des effectifs de paies
La principale économie h poursuivre est dans la réduction des effectifs de paix. M. Ribot disait a ce sujet à h tribune : « Les chefs militaires sont entraînés par des préoccupations exclusives; ils ne veulent pas abandonner ces effectifs de 475.000 hommes, qui résultent on ne sait de quoi, — d’un hasard, — parcs qu’il s’est trouvé un joui que le contingent fut de ce chiffre. Moins d’hommes, avec des unités plus ramassées, feraient une armée au moins égale en force, mieux adaptée à l’état de la population et de nos ressources... Maintenir cet cflectii, ce n’est pas fortifier l’armée, c’est l’affaiblir. » C’est affaiblir aussi la France car en privant l’industrie et l’agriculture de 250.000 paires de bras qui pourraient tous les ans
travailler pour elles, on tarit les sources de la production, c'est-à-dire delà richesse et de la puissance du pays.
, Lorsque 1 instruction du soldai, est terminée, il faut le rendre à son foyer, à sua atelier, a son champ. Ce ne sera, 4 aucun degré, ni le désarmement, ni la diminution de l’armée puisque tes m litaires rentrés chez eux restent à la disposition du Ministre de la Guerre’ prêts a rejoindre leur corps au premier ordre.
L':® économies indiquées dans ce paragraphe et dans le précédant, douneront
VL La séparation des Églises el de l’État.
Le grand acte qui a marqué la fin de la dernière législature, la séparation des Églises et e 1 Etat, a été accueilli dans la Sarthe avec le calme dont le bon sens de nos populations était le présage. Sur d’autres points du territoire, il a provoqué des résistances. Il ne faut pas que la République les brise; d’une main brutale. Impassible devant les manifestations c es a na tiques ou du parti contraire, il faut que, sans colère, sans précipitation, sans violence, e execute la loi.. [ fl faut que le Parlement s’interdise de l’aggraver et,— -s’il y touche, — en accentue seulement le caractère libéral.
VU. La paix.
La défense d e la patrie Oit une obligation sacrée pour les citoyens, comme la défetm d’une mère attaquée est le plus sacré des devoirs pour ses fi s. Heureusement, il est fort rare que la France subisse de telles agressions; et, pour en trouver un exemple, il faut remonter à 1792. Plus tard, ou nous a mis les armes à la main pour des causes moins justes; mais nous ne voulons plus de semblables aventures.
Le secret pour n’avoir pas la guerre, c’est de pratiquer la politique de non-intervention. Nos voisins nous laisseront maîtres chez nous et ne se mêleront pas de nos affaires, si nous ne nous mêlons pas des leurs et les laissons maîtres chez eux. Je soutiendrai de toute mon énergie cette politique. Je serai un gardien incorruptible de la paix. Que tous nos efforts s’appliquent à accroître sans cesse le rendement du sol et des usines, à étendre le rayonnement de l’action morale de la France I Nous sèmerons pour elle et pour nous la prospérité et la vraie gloire, en pratiquant simplement cette maxime, qui peut être la règle de conduite commune des catholiques et des penseurs indépendants : « Faites pour les autres ce que vous souhaiteriez qu’on fit pour vous; ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous Fit. »
Hippolyte LAROCHE.
Circonscription de MAMERS.
M. Joseph CA1LLAUX.
Élu au 1*’ tour de scrutin. — 12.356 voix.
Mes chers concitoyens,
Nous nous connaissons depuis si longtemps qu’il ne me faudra pas de longues phrases pour vous exposer, ou plutôt pour vous rappeler, mes principes politiques que, à deux reprises, en 1898 et en 1902, à des majorités grandissantes, vous avez bien voulu approuver.
Profondément républicain, je défendrai la République comme je l’ai toujours fait, toutes les fois qu’elle sera menacée, soit par ceux qui l’attaquent ouvertement, soit par ceux qui, sans oser déployer leur drapeau, n’attendent qu’une occasion favorable pour provoquer une révolution au. profit des régimes déchus.
Vous savez encore que je veux énergiquement le maintien de l’ordre et de la propriété individuelle, qui est l’expression de la liberté et la condition du progrès.
J’ai à peine besoin d’ajouter que je veux la patrie grande et forte, défendue par une 1 armée disciplinée, obstinément tenue eu dehors de la politique. Ainsi, j’entends rester fidèle : à la tradition de nos grands ancêtres de la Révolution, qui ont fait synonymes les mots de
in et de patriote.
Je ferai application de ces principes dans le cours de la prochaine législature, qui devra être plus particulièrement consacrée à l’étude des questions économiques, sociales et financières.
Très partisan, comme je Fai prouvé en faisant réduire le prix du sucre, des réformes fiscales qui diminuent le poids de l'impôt pour les contribuables les moins fortunés, je voterai, je provoquera! au besoin une refonte de nos impôts directs combinée de façon à alléger les charges, trop lourdes aujourd'hui, qui incombent aux possesseurs de petits revenus. Je veillerai cependant à ce que les remaniements à intervenir n’impliquent ni vexation, ni inquisition dans les affaires privées. J'ai défendu, vous le savez, les droits légitimes des bouilleurs de cru. Je les défendrai dans l'avenir comme par le passé, sans perdre de vue les intérêts des ouvriers qui achètent des pommes et que je suis déjà parvenu, dans quelque mesure, à faire exonérer de la licence.
Mon concours sera également acquis à tous les projets de loi ayant pour objet de développer et de fortifier les associations de toute nature, les oeuvres de mutualité, de prévoyance, de coopération, de crédit agricole, Ces oeuvres ontpris, dans Le département delà Sarihe, une extension à laquelle je ne &uis pas étranger. Tous mes efforts tendront à accroître leur force et leur vitalité.
Mes chers concitoyens,
L/ attitude de provocation adoptée par le Vatican à l'égard de la France, qui fait souvenir des conditions dans lesquelles le pape Pie X à été élu et de l'influence allemande qui pesa sur le conclave, a amené Ja rupture des relations diplomatiques entre la République et le Saint-Siège, Dans ces conditions, il était impossible de maintenir le régime du Concordat, que M, Fabbé Lemire a d'ailleurs qualifié à la tribune de la Chambre de « fonctionnarisme bureaucratique où l'Église était usée et humiliée )>, Je n'ai fait que remplir mon devoir de Français et de républicain en collaborant à la nouvelle loi qui organise l’indépendance respective des Églises et de l'État, Je me suis efforcé, en présentant de multiples amendements dont beaucoup ont été adoptés, à la fois de maintenir strictement les droits de FÉtat laïque et de plus complètement garantir la pleine liberté des cultes* Fai la conscience que mes efforts n'ont pas été inutiles, J'at fait en même temps décider par les Chambres que l'économie réalisée grâce à la suppression du budget des cultes serait répartie entre les communes en proportion de l'impôt foncier sur les propriétés non bâties.
La loi est votée. Le devoir de tous les bons citoyens est de s'incliner, puisqu'elle est la loi française. Elle devra être appliquée sans faiblesse, aussi bien qu’avec mesure et loyauté. Personne plus que moi n'est convaincu de la nécessité de respecter toutes les croyances, de faire les Eglises libres dans l’État libre.
Mes chers concitoyens.
Vous m'avez vu à l'œuvre. Vous savez que je me suis constamment appliqué à servir les intérêts généraux du pa\s, les intérêts locaux de l'arrondissement. Dans l'avenir, comme dans le passé, je mettrai à votre eniière disposition l’inhuencc que j'aï acquise auprès des pouvoirs publics i j'essayerai d'être utile à tous, en même temps que je resterai le serviteur passionné de la France, de la République, de la démocratie,
h CAÏLLMJX,
Député, conseiller général,
Président du syndicat des agriculteurs de la Sarthe, Membre du Conseil supérieur de l'agriculture, Ancien Ministre des Finances,
llfl Circonscription du MANS.
M, BOUTTIÉ.
Élu au 2° tour de scrutin. — 13.712 voix.
Mes chérs Concitoyens,
Appelé par ïe congrès des comités républicains à présenter ma candidature dans la 1TC circonscription du Mans, je viens solliciter vos suffrages.
Mes amis veulent un représentant qui n’hésite pas à soutenir de ses votes les républicains de Gouvernement qui accepteront la lourde tâche de présider à la direction des affaires publiques, en s’appuyant sur la majorité républicaine de la Chambre future.
Ils ont fait appel à mon concours et, dans les circonstances actuelles, j’ai cru devoir céder à leurs instances réitérées.
Chacun des candidats qui se présentent à vos suffrages se réclame de l’idée républicaine. C'est par leur passé et surtout par leur programme que vous pouvez les apprécier..
J’esnme que le programme que je vous soumets aujourd'hui est le mieux d’accord avec les principes républicains ei le -lus conforme à vos intérêts. Mais, quoi qu’il advienne, je suis persuadé -que vous ne saunez, en aucune circonstance, voter pour un candidat sc disant même républicain et qui se roîidarise avec le parti clérical. C’est là le véritable, le seul adversaire de ïa République.
Vous avez vu M. Fouché à l’oeuvre. Vous avez pu le juger par ses votes constamment en hostilité avec les Ministères républicains. Vous avez pu constater qu’il était toujours d’aceor i avec les chefs les plus ertvue des anciens parfis monarchistes ou du nationalisme aux abois.
Je croîs être suffisamment connu clans celte circonscription pour me dispenser de
m’étendre longuement sur mon p.sssé.
Je suis entré au Conseil municipal du Mans en 1872, — il y a trente-quatre ans; — je crois avoir le droit de revendiquer ma part dans les nombreuses transfor spations que la ville a subies depuis un tiers du siècle.
Les œuvres d’assistance publique et de prévoyance m’ont éîé particulièrement chères; J’ai toujours été un propagateur de renseignement laïque et populaire. Je voudrais voir nos écol s mieux dotées et l’instruction primaire plus développée encore.
Je suis, en effet, de ceux qui croient que c’est par l’instruction seulement qu’on peut rendre une société meilleure, espérer plus de justice et d’équité, et assurer aux moins favorisés de la vie la part de bien-être social à laquelle ils ont droit.
Conseiller général depuis 1886, — vingt ansï — vous avez pu suivre mes votes et vous convaincre que, dans RAssemblée départementale, j’ai toujours été on communauté d’idées avec la majorité républicaine.
Si vous m’honorez de vos suffrages, je considérerai comme premier devoir de ne jamais laisser attenter à la forme du Gouvernement, sous quel -ue aspect que puissent se manifester les tentatives ou les espérances dos adversaires delà République, Je suis prêt, à travailler avec ardeur à A ccomplissement des réformes démocratiques et des lois sociales que le pays réclame pour le bien-être de nos populations ouvrières, agricoles et industrielles.
niant du peuple, j’ai travaillé au milieu des ouvriers pendant de longues années; c’est dire que je connais leurs besoins et leurs aspirations, Aux impatients dont le cœur est aigri
par l’infortune, je viens dire : C’est par la République, c’est par elle seule que nous pouvons espérer un avenir meilleur. Evitez donc E s haines de classes, si funestes pour régler nos différends, et cherchons toujours, par un accord réciproque, à faire prévaloir nos droits lorsque des conflits du travail viennent à éclater*
Les réformes que nous préconisons tous sont dans ïe cœur de tous les vrais républicains; mais elles ne peuvent s’accomplir qu’au fur et à mesure des ressouices du pays.
Aux égoïstes qui se refuseraient à éconter les plaintes justifiées des humbles et des déshérités, je demanderai toujours plus de bienveillance et plus d’équité.
11 faut que les uns et les autres sachent que Je capital et le travail doivent toujours arriver à s’entendre dans un pays de démocratie comme le nôtre et que tout conflit est préjudiciable aux intérêts des ouvriers et des patrons, quand il n’est pas le commencement de leur ruine.
Déjà de nombreuses réformes ont été obtenues dans l’ordre économique comme dans l’ordre social.
La majorité républicaine de la Chambre, malgré l'opposition de mon concurrent, M. Fouché, a voté la réduction à deux ans du service militaire* Cette loi est un allégement aux charges de tous, car elle réalise une réforme que la démocratie attendait depuis longtemps.
A nous de travailler pour en diminuer encore les rigueurs et obtenir, s’il est possible, la suppression des appels des réservistes et territoriaux, en attendant que la sagesse des Gouvernements qui nous entourent nous permette d’apporter de plus importantes modifications à la loi actuelle, sans crainte pour nos droits, nos intérêts, notre indépendance et nos libertés.
Si je condamne les actes d’indiscipline militaire, d’où qu’ils viennent, je tiens aussi à ce qu il ne puisse s’établir d'équivoque sur ma façon de penser, a propos de la récente propagande antimil barisle que je réprouve de tentes mes forces comme susceptible de compromettre les intérêts de la France vis-à-vis des autres nations.
Travaillons en commun à obtenir que les^ conflits entre peuples se règlent désormais par voie d’arbitrage.
Evitons les effusions de sang et la guerre si cruelle pour nos enfants ; mais conservons intact au fend dé nos cœurs l'amour de la patrie, en hâtant l’heure où les idées de paix et d’arbitrage pourront pénétrer dans nos mœurs et surtout dans celles de nos voisins d’Europe.
C est un idéal qu’il n’est pas téméraire, dès aujourd’hui, d’espérer atteindre.
Mes chers Concitoyens,
de crois inutile d’énumérer ici toutes les importantes questions d’ordre social qui ont été votées par h dernière Chambre.
Au premier rang des réformes que la prochaine Chambre aura à faire aboutir, je place la loi sur les retraites ouvrières et paysannes.
11 y a là un problème compliqué qui exigera de longues études, en raison des lourdes charges financières que sa réalisation imposera à TÉtat, mais c’est une réforme que la majorité républicaine devra avoir à cœur d’accomplir.
L’améliora tion du sort des enipl -yés de chemins de fer et une solution à leurs revendications doivent aussi intervenir au cours delà prochaine législature.
11 faudra également trancher cette question pendante de l'extension de la loi de 1 BSh aux différentes catégories de fonctionnaires de l’État. Sous la réserve du droit de grève, je ferai tous mes efiorts pour que ia législation à intervenir permette à no-; instituteurs et aux fonctionnaires de se défendre contre tout favoritisme injustifié et les mette à l’abri de mesures vexatoires qui pourraient les frapper.
Enfin, la réforme financière s'imposera à bref délai. Tous mes efforts tendront à rendre le moins lourdes possible les charges de l’impôt au petit commerce, à la petite industrie
comme à l’agriculture, en demandant au superflu la part qu ’il doit légitimement verser dans les caisses de l’État,
La question de la séparation des Églises et de l’État est aujourd'hui un fait accompli, îl restera au nouveau Parlement le soin de surveiller l’application de celte loi. Je m’inspirerai, soyez-en convaincus, de l'esprit de libéralisme qui a déjà présidé à l’élaboration de celte importante réforme.
Mes chers amis,
Aux républicains de toutes nuances, j’adresse un appel à l’union et à la concorde, en présence de l’esprit de révolte auquel nous assistons en ce moment, de la part des anciens partis coalisés contre la Ré publique.
Unis par un même idéal, marchons à une nouvelle victoire républicaine.
Vous savez que, si je sollicite vos suffrages, ce n’est point par ambition personnelle, mais parce qu’il y a un devoir a remplir pour tous les sincères républicains * celui d ai lâcher un siège à un candidat adversaire de la République,
Votez donc tous comme un seul homme, au scruLin du 6 mai, pour celui que vous avez librement désigné et qui s’honorera toujours d’avoir été choisi par vous pour tenir en main notre drapeau.
Vive la République 1
Georges BOUTTIÉ,
Chevalier de là Légion d’honneur, Vice-président du Conseil général do la Sarthe, Président de la Commission départementale, Conseiller municipal du Mans.
2* Circonscription du MANS.
M. GÀLP1N.
Élu au 1er tour de scrutin. — 1 0.364 voix.
Mes chers concitoyens,
Mes chers amis, *
En sollicitant de nouveau l’honneur de vous représenter à Ja Chambre des Députés, je ne puis que reproduire une fois de plus les déclarations que je vous faisais dans ma profession de foi de 1893, et que je vous ai répétées aux élections de 1898 et de 1902.
rt Le suffrage universel, depuis quelques années, a manifeste, dans les élections, sa volonté de ne pas modifier la forme du Gouvernement, Je suis toujours le respectueux serviteur de la volonté nationale ; nul n’a le droit de s’insurger contre la volonté du peuple. J’ai toujours été l'ennemi des coteries qui divisent notre pays. Je suis toujours le partisan convaincu de l’apaisement et de la conciliation, qui sont indispensables à la prospérité delà patrie. *
Je n’ai rien à retrancher, rien à ajouter à ce programme politique, que, trois fois déjà, vos libres suffrages ont approuvé, Mes idées sont toujours les mêmes, et je suis certain que les vôtres n’ont pas varié*
Plus que jamais, la France a besoin de concorde et d’apaisement.
Malheureusement, les partis qui se sont succédé au pouvoir depuis 1902 se sont préoccupés de donner satisfaction aux passions et aux appétits de quelques coteries politiques, plutôt que d’assurer h la France laborieuse le calme qui lui est nécessaire*
Nous avons vu un ministère se meure aux ordres de la franc-maçonnerie, qui prétendait gouverner notre pays par ses espions et qui avait érigé la délation en principe*
Et, malgré toutes les belles promesses qui ont été faites, vous savez que le système des délégués, le système des vexations odieuses ou mesquines fonctionne toujours.
Nous avons vu Farinée désorganisée moralement par les fournisseurs de fiches, désorganisée matériellement par les folies du générai André, à l’heure même où, de l’aveu de nos hommes d’État, l’imprudence de notre Ministre des Alla ires étrangères, M. Deicassé, nous a exposés au plus grave danger que nous ayons couru depuis 30 ans.
En même temps, les idées révolutionnaires qui menacent tout notre état social faisaient des progrès effrayants, grâce à la faiblesse et à la complaisance du Gouvernement.
Les passions sont de plus en plus surexcitées; les agents du socialisme sont de plus en plus audacieux et menaçants; les grèves sont plus nombreuses et plus violentes que jamais, Un partisan de la grève générale, M. Briand, fait partie du ministère actuel.
11 semble que nous sommes sur la pente qui mène à l’anarchie*
Nos finances publiques sont gérées avec une telle imprévoyance que le budget de 1906 ne peut être mis en équilibre que grâce à un emprunt nouveau de 53 millions*
Je n’ai jamais, départi pris, refusé mon concours à un ministère, quel qu’il soit, quand il a proposé des mesures justes et sages, utiles au pays ; mais j’ai toujours combattu cette politique néfaste dont vous pouvez apprécier tous les jours les désastreux résultats; je vous demande de vous joindre encore à moi pour la combattre.
Dans les questions spéciales, je ne me suis jamais inspiré que de vos intérêts matériels ou moraux.
Je me suis fait un devoir de mettre sous les yeux de tous les électeurs les discours que j’ai prononcés, et les principaux votes que j’ai émis au cours de la dernière législature* J'insiste particulièrement sur la grave question de la séparation de l’Église et de l’État, qui s'est posée d’une façon absolument inattendue, non pas pour répondre aux vœux des populations, qui ne demandaient pas la séparation, mais pour donner satisfaction à certaines coteries dont le véritable but est la destruction et la prosci iption de toute idée religieuse.
J’ai voté contre la séparation.
Je prévoyais que cette mesure, qui débutait forcément par une spoliation, ne pourrait s’exécuter sans troubler profondément le pays*
Les conséquences à venir de cette loi sont plus redoutables encore que ses effets immédiats.
Mais le mal que fait une loi, une autre loi peut le réparer, le déclare loyalement que, si vous m’honorez encore de vos suffrages, je ferai tous mes efforts pour obtenir, dans cet ordre d’idées, les satisfactions de vos consciences libres*
J’ai voté une proposition que j’avais signée avec quelques-uns de mes collègues et qui eût permis de réduire à un an la durée du service militaire* Cette proposition ayant ‘été repoussée, j’ai cru devoir voter le service de deux ans, quoique la loi qui l’établit soit loin d'être parfaite ,
Je n’ai pas à vous rappeler tous les détails de la longue campagne qu’avec mes amis j'ai soutenue pour la défense des bouilleurs décru.
J’ai travaillé de toute mon énergie à atténuer pour les cultivateurs les rigueurs de la loi odieuse de 1903, et j’ai été assez heureux pour obtenir d’importantes améliorations. Mais, en même temps, les amis des bouilleurs de cru luttaient obstinément pour
obtenir l’abrogation totale de celte loi vexatoire, sans se lasser, sans se laisser décourager par l'hostilité de ceux qui, jusqu’au dernier moment, déclaraient le succès impossible.
Grâce à leur obstination, ils ont réussi à vous rendre votre liberté*
Je suis fier d’avoir été l’un de ceux qui ont contribué à cette victoire.
Ce succès, -ur lequel s’e&t terminée la législature, suffirait au besoin à tue donner le droit d’affirmer que j’ai loyalement rempli mon mandat, que j’ai loyalement tenu mes promesses, que j’ai fermement défendu les intérêts qui m’étaient confiés.
C’est pourquoi, messieurs, je crois pouvoir en toute confiance solliciter de nouveau vos suiïragiis, dans cette circonscription que je représente depuis 10 ans, dont tous les électeurs savent que mon énergie ne leur a jamais fait défaut, dont tous les habitants me connaissent et me font l’honneur de me considérer comme leur ami Le plus sûr et le plus dévoué.
Cordialement h vous,
Gaston GÀLPM,
Député.
Circonscription de SAINT^CALAIS.