‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 20 sur 280 · DUCLAUX-MONTE1L · texte numérisé non relu

DUCLAUX-MONTE1L

Député sortant, maire des Vans, Membre du Conseil général.

lre Circonscription de PRIVAS

M. EOURÉLY

Élu au 1" tour de scrutin. — 8.290 voix.

Mes chers Concitoyens,

Six mois seulement se sont écoulés depuis que vous m’avez fait l’honneur de m’envoyer vous représenter à la Chambre et vous allez être, en raison des élections générales, à nouveau consultés le 6 mai prochain.

A nouveau donc, je viens solliciter vos suffrages.

Vous me connaissez î vous m’avez vu à l’œuvre ; dans toutes mes réunions de compte rendu de mandat, ifous m’avez donné — je vous en remercie de tout cœur — les plus touchants et les plus chaleureux témoignages de votre confiance et de' votre sympathie ; l’élection du 6 mai, j’en ai l’assurance, en sera l’éclatante confirmation.

Aujourd’hui, comme le 22 octobre dernier, mon programme politique est celui du parti républicain, radical et radical-socialiste ; il est encore sur nos murs; il est présent à tous vos esprits; il n’a pas varié.

C’est un programme de réformes laïques dont la plus importante, a 1 heure actuelle, es la séparation des Eglises et de l’État, établie dans le respect de tous les cultes et de toutes les consciences;

De réformes fiscales, où figure, en première ligne, la réforme de notre système d’impôts, par l’impôt progressif sur le revenu ;

De réformes militaires, qui comprennent notamment le maintien de la loi de deux ans et la suppression des conseils de guerre en temps de paix ;

De réformes sociales, qui comportent, au premier rang, le vote définitif de la loi sur les retraites de tous les travailleurs.

Mais le vaste champ de réformes ne s’arrête pas là ; l’œuvre démocratique et républicaine n’a d’autre limite que i’idéal républicain lui-même. Alléger les charges qui pèsent sur nos concitoyens; charges fiscales, résultant d’imgbts injustement répartis, charges militaires, résultant de périodes de 28 jours que nous voulons réduire et de périodes de 13 jours que nous voulons supprimer, tout en assurant les intérêts de la défense nationale ; charges des familles nombreuses auxquelles l’Etat doit venir en aide ; charges qui découlent pour notre agriculture et pour notre sériciculture d’une insuffisante protection ; charges qu’imposent à notre commerce, à nos industries de la filature et du moulinage en particulier, de désastreuses concurrences étrangères; charges qui résultent pour les ouvriers des lacunes de la loi sur les accidents du travail et d’une législation sociale imparfaite ; charges enfin que fait peser sur l’ensemble des citoyens une organîsalion administrative et judiciaire trop onéreuse et trop compliquée ; telle est une partie de l’œuvre de justice et de progrès que la prochaine Chambre aura le devoir d’accomplir, travaillant ainsi à l’avènement définitif d’une République vraiment républicaine, laïque, démocratique et sociale.

Mes chers concitoyens, mes chers amis,

Si je suis résolu à poursuivre, à la Chambre, avec une inlassable énergie, avec un infatigable dévouement, cette œuvre de réformes attendues par le pays tout entier, je suis résolu

aussi à continuer, avec la même énergie et le même dévouement, à bien défendre les intérêts agricoles, industriels, commerciaux de notre chère et belle circonscription, les intérêts de nos cantons, les intérêts de nos communes, les intérêts de nos concitoyens, les intérêts supérieurs de la France et de la République.

Aujourd’hui, mon passé vous est garant de l’avenir; mes actes répondent de mes

^ Les liens d’affection et de sympathie qui désormais nous attachent et nous lient donnent à notre confiance réciproque la force victorieuse qui en assure la durée et en féconde les résultats.

Autour du programme des réformes laïques, démocratiques et sociales, tous les républicains, tous les démocrates, unis, viendront se ranger, le 6 mai prochain, et feront, une fois de plus, triompher, dans notre vaillante circonscription, la cause de la République * républicaine, radicale et radicale-socialiste !

Vive la 1™ circonscription de Privas !

Vive la République démocratique et sociale 1

Pau) BOURÉLY,

Député sortant,

Directeur honoraire au Ministère de la Guerre, Chevalier de la Légion d’honneur,

Avocat à la Cour d’appel de Paris,

Membre de la Société ardéchoise d’encouragement à l’agriculture,

Candidat de l’Union des républicains, radicaux et radicauxsocialistes de la 1" circonscription de Privas.

2° Circonscription de PRIVAS M. ÀSlfËR

Élu au 2® tour de scrutin. — 9.590 voix.

Mes cher Concitoyens,

Vous avez bien voulu, à deux reprises, en 1898 et en 1902, m’iuvestir de votre confiance à une grande majorité.

Je fais aujourd’hui encore appel à vos libres suffrages.

Indépendant, je me suis présenté deux fois devant vous; tel je suis aujourd’hui.

Républicain d’origine, de principes et de convictions, j ai toujours considéré que la République était un régime de liberté, où toutes les opinions, toutes les croyances pouvaient s'exprimer sous la garantie des lois. J'ai toujours pensé aussi qu’elle devait être un gouvernement de solidarité sociale, de justice et de protection à l’égard des faibles et des déshérités.

C’est pour cela que, mettant mes actes d’accord avec mes engagements, j’ai voté dau la dernière législature :

La séparation des églises et de l’État, qui assure la liberté -de conscience et la prédommance du pouvoir civil;

La loi d’assistance aux vieillards el aux -infirmes, applicable à partir du let janvier prochain ;

La réduction du service militaire à deux ans, obligatoire pour tous, avec abolition de toutes les dispenses ;

Les retraites ouvrières et agricoles pour combattre ces doux fléaux : Pin validité et la viei liesse.

La tache de la nouvelle Chambre — à laquelle je serai heureux de m’associer, si vous me faites l’honneur de me renouveler votre confiance — devra consister :

A assurer, d’accord avec Je Sénat, le fonctionnement à bref délai de la loi sur les retraites ouvrières et paysannes ;

A compléter — grâce à des ententes internationales,, seul moyen de régulariser la concurrencé économique de peuple à peuple — la législation protectrice du travail : durée de la jour aêe, hygiène, accidents, etc.;

À protéger de plus en plus R agriculture : par le renouvel lemeut des primes à la sériciculture et a la filature, par la généralisation du crédit agricole, des syndicats, des mutualités; par le développement de Renseignement agricole et par la réduction des frais de justice*

A développer la prospérité économique du pays par la vulgarisation de renseignement professionnel, par l’amélioration de nos ports, de nos voies ferrées ; par l'utilisation de notre beau fleuve, le Rhône; par la multiplication de nos routes.

Pour Inexécution de ce programme et comme moyens financiers, je demanderai de nouveau et voterai :

L’impôt sur le revenu, qui aura pour résultat de répartir plus équitablement les charges fiscales;

Le monopole des pétroles, le monopole de l’alcool, avec maintien du privilège des bouilleurs de cru.

Voilà quelle doit être, à mon sens, dans ses grandes lignes* Rceuvre de votre élu de demain. Lüe suffira à conserver à notre pays le rang que ses destinées, son passé et ses forces offensives disciplinées lui ont toujours assigné dans le monde.

Mes chers concitoyens,

Au point de vue des intérêts régionaux, ai-je besoin de vous renouveler l’assurance de mon concours ïe plus actif?

Mes actes ne sont-ils pas mes meilleurs répondants?

lai consacré mes efforts à hâter auprès des pouvoirs publics la solution de la question des tramways de R Ardèche, et j’ai été assez heureux pour obtenir du Parlement, ces jours derniers, le vote de déclaration d utilité publique de la ligne de Prades au Puy, que j'avais demandé par deux propositions de lui.

Vos écoles, vos hospices, votre service postal* l’approvisionnement de vos communes en eau potable, vos sociétés agricoles ont fait Robjet de ma sollicitude.

Ce que j’ai fait hier, je le ferai demain, si je suis votre élu.

Je poursuivrai notamment :

La création d une école d’agrieukure au Pradel, par J’organisatioû d’une souscription nationale en vue de l'acquisition du domaine des héritiers d’Ûlivierde Serres;

L établissement d’une ligne de chemin de fer d’Àubenas au Cheylard, en secondant 1 initiative du Conseil général de l’Ardèche qui vient d’émeiire un vœu en faveur de cette ligne.

Je continuerai a être attentif à tous vos besoins, à' toits vos intérêts, heureux de me tenir toujours en relations directes avec vos municipalités et avec les électeurs qui solliciteront mon appui.

Mes chers concitoyens,

Serviteur dévoué de la République et de la démocratie, j’entends rester fidèle aux idées de toute ma vie et servir de toutes mes forces, de toute ma volonté, le pajs où je suis né et auquel me rattacheront toujours, quoi qu’il arrive, les liens de l’affection et de la reconnaissance.

Je veux, répudiant avec tous les bons citoyens les théories criminelles du Panlipatriotïsme, la France forte, respectée, unie pour la défense de ses droits et de son honneur, digne par la de conserver les alliances et les amitiés précieuses qu’elle a su conquérir au dehors

Je repi ouve la violence et la haine; c'est par la solidarité et la paix civile que nous contribuerons vraiment à la grandeur de la Patrie,

Confiant dans l'issue de la lutte électorale* certain de vos sympathies, je vous exprime, mes chers compatriotes et amis, l'assurance de mon absolu dévouement*

Vive la République démocratique et sociale! Vive la Basee-Ardèche!

p* àstier;

Député sortant.

lJfl Circonscription de TOURNON

M, de GAI LHÂRD-B ANGEL Elu au Ier tour de scrutin. — 11,901 voix.

Mes chers concitoyens,

L’heure n’est pas aux longs programmes.

Aussi bien, le mien vous est connu; ne me suffit-il pas de vous dire que je serai demain ce que j’ai été hier :

Le serviteur désintéressé et dévoué de tous vos intérêts ;

Le défenseur de vos droits et de vos libertés;

1 du jours prêt à lutter pour Dieu, pour la patrie, pour le peuple, contre ceux qui renient Dieu, ruinent la patrie et exploitent le peuple.

Pas n’est besoin de remettre sous vos yeux les désastres accumulés pendant ces dernières années; vous en avez profondément souffert.

Si vous me conservez votre confiance et me renouvelez le mandat que je tiens d'elle, je m'efforcerai de réparer ces désastres en demandant :

L'abrogation des lois contre les congrégations religieuses,;

La reprise, des rapports entre PÉglise et l'État ;

Le rétablissement du budget des cultes, de tous les cultes précédemment reconnus.

Dois-je ajouter que je m'occuperai activement des intérêts industriels, commerciaux et agricoles de la région ?

Je demanderai notamment le maintien et la reconnaissance plus complète encore du privilège ou plutôt du droit des bouilleurs décru, récemment rétabli et dont la suppression avait été, pour un trop grand nombre d’entre vous, la cause de vexations de toutes sortes ;

Je veillerai sur l’emploi des deniers des contribuables en évitant toutes les dépenses inutiles et improductives et en limitant le champ d action de 1 État-, qui veut tout faire et qui fait tout moins bien et plus chèrement que les particuliers ï

Je réclamerai l’étude et l’exécution des grands travaux, désirés par les populations de nos vallées et de nos montagnes, tels que les canaux du Etions et le chemin de fer du Cheylard à Àubenas par la vallée de la Dorne;

Je ne perdrai jamais de vue les réformes sociales, et spécialement les retraites ouvrières, dont je suis le partisan déterminé et dont la Chambre a retardé la réalisation en votant une loi inapplicable, qui aura pour premier résultat la création de six mille nouveaux fonctionnaires et une dépense de plus de 25 millions.

Mais cette besogne utile et féconde ne sera facilement accomplie que dans le calme, Perdre, la paix à Pextérieur et à l’intérieur ; et c’est pour cela que je travaillerai de mon mieux à ramener dans notre pays, si profondément Iroub lé, la pacification des esprits, l’union des cœurs, le rapprochement de toutes les bonnes volontés.

C’est pour cela que je combattrai énergiquement la politique maçonnique et sectaire qui divise le pays, aboutit à l’anarchie et compromet la défense nationale en affaiblissant la marine et Par niée, dont la force est la garantie de la paix, que nous souhaitons tous,

La République alors cessera d’être la propriété d’une faction ou d’une secte pour devenir le patrimoine commun de tous les bons citoyens, unis dans la concorde, le travail et 1 amour de la France ;

Elle sera la République vraiment nationale, vraiment fraternelle, vraiment libérale, et assurera la grandeur et la prospérité de la patrie par le respect de tous les droits et de toutes les libertés i

Vive la République libérale î Vive la France î

H. de GAI LÏIÀRD- BANCEL,

Député sortant, agriculteur,

Candidat républicain libéral.

2e Circonscription de TOURNON M. Jules ROCHE

Élu au !w tour de scrutin* — 8 *612 voix.

Mes chers compatriotes,

Après quatre années d’une politique telle que la France n’en connut pas depuis Ifr domination jacobine, appel est fait au suffrage universel* Les événements ont parlé et parlent assez haut pour que de longues explications soient nécessaires* Vous avez vu ; vous voyez; vous comprenez*

Le pays livré du haut en bas à l’anarchie; les services publics détournés de leur objet, transformés tour à tour en instruments de révolte contre l’État, de délation, de tyrannie r

les forces de la défense nalionale systématiquement désorganisées; le travail, l’industrie, le commerce, qui sont la vie même du pays, troublés, compromis, sur toute l’étendue du territoire, au plus grand préjudice même de l’immrnse majorité des ouvriers, victimes terrorisées de minorités égoïstes et violentes; les ressources des contribuables prodiguées, épuisées par des mandataires dont le rôle est de les épargner; les libertés les plus sacrées des citoyens méconnues, attaquées, violées chaque jour par des lois, des projets de loi, des actes de l’arbitraire gouvernemental, administratif, le plus illégal et le plus effréné; les droits les plus certains des municipalités librement élues foulés aux pieds avec une incroyable insolence par des fonctionnaires salariés pour les servir; en un mot, les pouvoirs publics institués pour le maintien de l’ordre devenus artisans de révolution et de ruine nationale : tel est le résultat de la politique suivie depuis quelques années, au nom de la République. ^

Jamais rien cependant ne fut plus loin de la République, qui doit être par essence la liberté, dont la condition nécessaire est l’ordre.

Deux fois déjà, en 1799, en 1851, la République a péri parce que ceux qui avaient gouverné en son nom n’avaient point su en comprendre ni en appliquer la loi suprême. Ceux qui gouvernent depuis trop longtemps ne la comprennent pas davantage. Ils se croient des maîtres; ils se proclament « le pays », alors qu’ils ne sont que scs serviteurs et ne doivent être que les gardiens de la liberté.

Tout le mal vient de cette confusion, de cette équivoque — qui viennent elles-mêmes de l’omnipotence des Chambres, dont le pouvoir est sans borne, tel qu’en aucun temps, en aucun pays, il n’en exista, il n’en existe d’aussi absolu. Jamais chez nous l’Etat ne fut plus despotiquement souverain, plus ombrageux, plus jaloux, plus envahissant, plus contempteur des droits des citoyens abandonnés, sans recours possible, à l'arbitraire illimité de la moitié plus un d’une représentation du suffrage universel mathématiquement et moralement falsifiée !

De là — dans le gouvernement, tour à tour, suivant les cas, l’extrême rigueur et l’extrême faiblesse; l’absence de direction et de méthode; Tunique préoccupation, au jour le jour, de la subsistance ministérielle — dans les assemblées, à la fois, quoique contradictoirement en apparence, l’esprit de domination le plus impérieux, l’esprit de courtisan erie le plus servile; le dédain des faits et de la vérité; la négligence de l’intérêt général; le souci exclusif des intérêts particuliers ; l’avide poursuite de la faveur électorale, fût-ce au prix de la vie même de la nation.

En une si pressante et si périlleuse situation, exposer ici des réformes plus ou moins précises, des programmes de détail inévitablement subordonnés à des conditions préalables nécessaires, vous paraîtrait à juste titre puéril ou dérisoire.

Tous les Français, tous les bons citoyens sont intéressés au rétablissement de Tordre, à l’organisation de la liberté, de la sécurité; à la garantie des droits essentiels et nécessaires des citoyens d’un pays civilisé; les républicains y sont intéressés plus que personnel

Nous qui voulûmes, qui demandons depuis près de cinquante ans la République, pour avoir une France vraiment maîtresse de ses destinées, prospère, paisible, ouverte à tous les progrès par le respect et la garantie de tous les droits, par l’effort commun de ses libres citoyens, nous devons être les premiers à mettre fin à l’abominable régime sans nom qui entraînerait rapidement à sa perte, parmi les plus redoutables convulsions, la République à coup sûr, et peut-être la France.

Pour réaliser ces Yœux, pour arrêter la révolution sociale qui s’avance à pas précipités, la prochaine Chambre et le nouveau Ministère n’auront pas un jour à perdre; mais afin que leurs réformes ne soient point fragiles et que les maux guéris ne renaissent pas aussitôt, la révision de la Constitution est devenue indispensable.

Vous, mes chers concitoyens, dites le 6 mai prochain, dites tous, dans un grand cri de patriotisme et d’indépendance, que vous voulez comme moi cette œuvre de salut national.

Jules ROCHE, Député sortant.

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