‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 213 sur 280 · LA BESOGNE · texte numérisé non relu

LA BESOGNE

La prochaine législature devra être féconde en résultats ; les neuf dixièmes dissecteurs de noire circonscription aspirent à des changements importants dans les rouages de la vie économique et sociale.

Les lois de laïcité promulguées ces derniers temps, et pleines d’égards et de tolérance pour les parties en cause, ont stimulé les espérances populaires; la République paraît enfin sortie de l’ornîèrti ou elle se débattait depuis trop longtemps elle a montré sa capacité pratique et maintenant irtus attendons avec impatience la suppression des impôts indirects et leur remplacement par des impôts progressifs sur le revenu et sur les successions; une loi sur les retraites, la fixation et Sa réduction de la durée de la journée de travail, afin d’atténuer le chômage; le minimum de salaire, le repos hebdomadaire, le droit syndical pour tous lus employés de l’Etat, du département et de la commune.

Les grands travaux devront aussi être l'objet des préoccupations des nouveaux députés. La vie économique de la nation est enrayée, les transports à bon marché sont inauiîisams, et on ne sortira de là que par le retour à la nation des monopoles dont le capital a fait

plus hautes forteresses ; la construction de nouveaux canaux, un meilleur aménagement de ceux qui existent, la création de Paris port de mer, etc., etc.

Le prolongement et rélargissement du canal de l’Ourcq, la création de nouveaux bassins et un meilleur aménagement des ports transformeraient, s'ils étaient exécutés, la vie industrielle et commerciale de la Villette et aussi celle de Paris,

Mais ces projets dormiront avec d'autres dans les cartons des ministères, tant qu'une main vigoureuse n'obligera pas les ministres compétents à agir.

Les 101.080 habitants des quartiers de la Villette et du Combat ont, à côté des grands intérêts nationaux, des intérêts locaux très considérables à défendre? le dix-neuvième n'est pas outillé pour rèsiter aux fléaux qui déciment ia population ; la misère règne en maîtresse dans notre arrondissement; il y a une besogne très urgente à accomplir

Pour satisfaire à tous ces besoins, le nouveau député devra se tenir constamment à la disposition des électeurs; 1 1 devra seconder les initiatives, se mettre en travers des injustices si nombreuses dans notre milieu social et aider, par une action continue, les nombreux militants qui se dévouent à la chose publique dans tous les sens.

En un mot, il devra éîre au milieu de nomq travailler avec nous, connaître nos souffrance^ se réjouir de nos joie^, et vivre ainsi la vie du peuple pour lui et par lui.

Mon ami André Dubois sera cet homme : il possède toutes les qualités nécessaires. Il y a quatre ans, il lui. manqua 219 voix pour arriver en tête de tous les candidats en présence; cette année 1^ citoyen Clovis Hugues ne se représente pas. Dubois-reste seul candidat du Parti socialiste.

Les républicains, les socialisti s de notre circonscription ratifieront ce choix; André DUBOIS sera I ur député aux élections prochaines. Ils féconderont ainsi la République sociale qui va bientôt devenir une réalité*

2e Circonscription du XIXe arrondissement de PARIS,

M. Arthur RÔZIER.

Elu au 1er lour de scrutin. *—■ 5.512 voix.

Parti socialiste . — Section française de C Internationale ouvrière.

Appel aux électeurs.

Citoyens,

Les manifestes de notre parti, tant du Conseil national quo de la Fédération de la Seine et du groupe parlementaire, ont suffisamment fait connaître notre ligne de conduite politique pour que nous ayions besoin d7y revenir.

Sur quelques points seulement, nous voulons préciser notre pensée cl caractériser nettement la candidature du citoyen

Arthur ROZIER*

Nous sommes très résolument pacifistes ; la paix seule offre des garanties au travail,

au commerce j à l’industrie; la paix seule permet le plein épanouissement de la pensée humaine. Et c’est encore par la paix seule que le génie particulier de notre race exercera son influence dans le monde.

Nous sommes non moins fermement républicains : toutes les aventures césariennes, plébiscitaires, cléricales nous ont trouvé en face d’elles. Les libertés acquises sont et seront par nous ardemment défendues, augmentées et étendues.

Nous sommes des anticléricaux déterminés ; à côté des problèmes sociaux, de la lutte âpre des intérêts, nous ne pouvons méconnaître l’existence d’une bataille philosophique dont l’objet est d’affranchir l’esprit humain de la sujétion du dogme, de substituer le régime moral du libre arbitre, de l’analyse, à celui de la « vérité révélée », imposé à la conscience humaine depuis dix-huit siècles.

Notre élu poursuivra donc la laïcisation intégrale de l’État, la suppression de tous les privilèges consentis aux représentants des sectes religieuses, — et cela pour assurer définitivement la liberté de conscience de chacun.

Mais, cela dit, nous entendons ne rien abandonner de notre idéal socialiste : la République n’existera en fait que le jour où, à la liberté nominale, nous aurons ajouté, pour les milliers et les milliers de dépossédés de l'état social actuel, ouvriers, employés, petits commerçants, petits industriels, la faculté d’user de la liberté qui leur est reconnue.

Est-il vraiment libre l’ouvrier pour qui, (rop souvent, tebe ou telle opinion équivaut à la perte de son travail, — c’est-à-dire à la faim pour lui et les siens?

Est-il libre l’employé auquel les mêmes conditions de vie sont imposées, qui rencontre les mêmes obstacles dans la recherche du travail, avec, en plus, l’hypocrite obligation de la « tenue »?

Est-il libre le petit commerçant soumis à la tyrannie, inconsciente sans doute, mais très réelle, de la clientèle, menacé chaque jour davantage par l’expropriation, — brutale et sans indemnité, — des concurrences capitalistes.

Est-il libre le petit industriel livré à l’usure des banquiers, écrasé par la rivalité invincible des entreprises à grande production, à vastes exploitations?

Tous ceux qui vivent vraiment du travail sont livrés sans défense, par les conditions sociales, à l’absorption du capitalisme.

L’anarchie règne dans la production, elle règ e dans ïes moyens d’échange, elle règne dans la consommation.

De bous apôtres crient à lu démoralisation, à la dépopulation, à toutes sortes de maux qui rongent notre pays et menacent son existence. À qui la faute, sinon au régime capitaliste qui autorise et encourage qnelqoes-uns, les plus h ibiles et les moins scrupuleux, à constituer leur puissance de la misère et de l'exploitation du plus grand nombre?

Nous poursuivons donc la réalisation d’une société égalitaire. Et qu’un n’équivoque pas sur nôtre idéal : nutis n'entendons menacer aucun intérêt légitime, aucun intérêt essentiel. Quiconque vit de son travail, du commerce ou de l’industrie fécondés par son activité, ne saurait se sentir atteint par notre espérance d’égalité sociale.

C’est au « monopole s de fait ou de droit, c’est au « privilège » par concession gratuite ou acquise, c'est an « trust » industriel ou commercial, c’est à l’exploitation à forme financière, que nous entendons porter les coups nécessaires pour libérer l’ouvrier, le petit commerçant et l’industriel de toutes les servitudes que îa souveraineté de for leur impose.

Donc ; substituer au régne de la ploutocratie celui du travail, de ^intelligence, et de l’activité, voilà ce que signifie notre socialisme.

Ne vous laissez pas abuser quand on essayera, pour les besoins d'une mauvaise cause, de le défigurer. Le socialisme n’est ni deslruciion ni désordre, il est, au contraire, organisation, ordre, création. Il ne fait appel ni aux instincts brutaux, ni à ta basse démag* gie : il les combat, au contraire, — et entraîne les hommes à pratiquer et à faire triompher la justice et la bouté.

La législature prochaine aura à solutionner d’importantes questions sociales : par la rédemenSüon humaine du travail, elle devra meure un terme à l’agitation et aux désordres enfantés par l’anarchie capitaliste ; par les retraites ouvrières, elle devra pallier à Tune des plus navrantes iniquités de l’ordre social actuel; par la suppression nés conseils de «u erre elle aura le devoir d’arrêter les scandales dont ces prétoires d occasion ont p souvent été le théâtre; par l’impôt sur ls revenu, proportionnel et progressif, elle devra réorganiser dans le sels de la justice nôtre régime fiscal, actuellement favorable aux seules puissances financières. Par cet impôt, il lui sera permis de réaliser la suppression de la cote personaelle-mobiliSre, qui ne tient aucun compte de la fa“‘t6 “

citoven • la suppression de l’impôt des portes et fenêtres, taxe inique et baibare sur a la lumière, et enfin la suppression de la patente qui, trop souvent et “

liorations votées ces dernières années, frappe le commerçant et 1 industriel

imTeZ r teiïâ générales sous l’égide desquelles nous plaçons la candidature de notre ami ÂTLhar Rozier.

Conseiller municipal vigilant, attentif aux besoins de son quartier, aux droits de la

ranitale il sera, vous le savez, un député actif et utile.

Ses mérites personnels, son talent, ses actes, vous sont connus, nous n insisterons don

P"S ^dais^avant'd’aller voter, réfléchissez que voua tenez votre sort entre vos mains. Trois candidats sollicitent vos suffrages : l'un vent taire reculer la Bèpubhqoe . jusqu a "nejg-

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voaues 6t tous lês paradoxes dont nous souffrons. *# f ^ vntpr

C’est avec confiance que nous faisons appel à votre clairvoyance en vou

pour le citoyen

Arthur RQZIEft*

Vive la République sociale!

Au point de vue local, Arthur Rozicr poursuivra si vous l’emoyez à la Chambre :

Le concours nécessaire de l’État pour l’approfondissement, ££££

longement, vers ,e Nord, du canal de tOure, c, ™ “TprlpS P»»r »»s longues années réclamés par la marine, — source Ue uavaii 1

,Ual Suppression des tortif, cations, depuis ri longtemps à l'élude «que notre députation

dét;s“Tp£l”î“îen8i.n de nn« marri, é ans ..estianzetdn nos abatioirs.

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culation par les passages à niveau de I. rue d AHemagn. n, d. la medHantp ,

La substitution ans tarifs actuels de transport des bestiaux, - datant 1

qualité ans, - d’un tarif par tète de bétail, plus conforme aux intérêts du commerce et aussi aux devoirs d’humanité;

U solution des questions relatives aux extensions du métropolitain actuellement en souffrance dans les bureaux ministériels : Boucle terminale de la ligne 7 par la place du Danube, la porte du Frô-Saint-Garvais et la place des Féies ;

Embranchement de la ligne 7 vers les abattoirs par la rue de Flandre;

Prolongement de la ligne 7 des Tuileries à l’Hôtel-de-Ville par les quais (comportant correspondance directe avec la Signe 4 vers la rive gauche au Chàielet) ;

Prolongement de la ligne n° 3 jusqu’à la porte Romainville;

Construction des ligues Place de la République-Porte Romainville et de la Porte Dorée au rond-point de la Vdlette avec prolongement jusqu’au marché aux bestiaux par la rue d’Allemagne (proposition Rozier, avril 1906) ;

L'obtention de subventions du Pari Mutuel pour la reconstruction de la crèche du Poat-de-Flandre, la reconstruction de la crèche du quartier d’Amérique, la construction de la Soupe populaire, — toutes questions étudiées et en suspens depuis au moins deux ans au ministère ;

L’amélioration des services postaux et télégraphiques dans le 19° arrondissement, et notamment la création d'un bureau do poste sur le plateau de Believille;

L attribution de subventions de l’État aux Sociétés d’enseignement populaire, aux Patronages scolaires, aux Institutions philanthropiques du 19", qui en ont été privés jusqu’ici contre toute justice, 9

Enfin, Arthur Rozier s’engage à provoquer la création d’un groupe permanent des élus de la Seine : sénateur^, députés, conseillers généraux et conseillers municipaux de Paris, pour organiser la défense de la capitale contre l’État qui, en dépit de toute équité, écrasé Pans sous les impôts, lui impose, parfois pour la satisfactiun d’intérêts provinciaux partie uhers — comme dans la question des raisins de table, — des dégrèvements qui mettent en péril 1 équilibre des finances communales, se refuse à payer à la Vdle une part vraiment équitable dans les dépenses militaires, de police, d’enseignement, d’entretien des routes nationales, la location des égouts pour le passage des lignes téléphoniques et télégraphiques, etc,; décidé des réformes dont il laisse toute la charg- financière à la Ville ou au département : suppression des bureaux de placement, pompes funèbres, enfants assistés, aliénés, assistance des vieillards, infirmes et incurables, etc, — Ce pendant que le Parlement reluse à la Ville une autonomie qui lui permettrait de mieux aménager ses finances et de rèalis-T de sérieuses économies par une organisation plus rationnelle, de services industriels productiis, soit de ses services administratifs onéreux.

ir# et 2* Circonscriptions du XX* arrondissement de PARIS*

M. DEJEÀNTE*

Elu au 1er tour de scrutin. — 8.455 voix*

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