AUDE
lro Circonscription de CARCASSONNE,
M. SAUZÈDE
Élu au 1er tour de scrutin, — 6 . 774| voix.
Citoyens
Désigné par l’unanimité des membres du Congrès radical-socialiste qui s’est tenu à Carcassonne, le dimanche 8 avril 1906, comme candidat unique à l’élection législative du 6 mai, j’ai accepté l’honneur qui m’était fait, dans l’intérêt du pays et de l’union de tous les républicains sincères et résolus.
Vos représentants aux assemblées délibérantes et les délégués de vos communes ont estimé que le programme radical-socialiste qui a obtenu à Carcassonne et dans la circonscription d’éerasantes majorités sur tous les partis de réaction opportuniste et cléricale, devait triompher encore sur le nom d’un républicain connu, éprouvé et sans reproche.
Le Comité exécutif du parti républicain-radical-socialiste a partagé cette opinion, de même que la fédération d’union radicale et socialiste de l’Aude.
Je ne me déroberai pas à ce devoir et je remercie vos représentants, vos délégués, ainsi que les représentants les plus éminents et les plus écoutés du parti républicain de l’Aude et de France qui m’ont confié la garde du drapeau.
Citoyens,
Veus me connaissez depuis longtemps. Les candidats étrangers à notre région, à nos mœurs et à nos besoins, comme les candidats nouveau venus à la politique, sans passé et sans autorité, vous ont fait déjà et vous feront encore de belles et d’illusoires promesses.
Je n’ai pas à les imiter.
Né à Carcassonne, conseiller municipal de la ville depuis quinze ans, maire depuis onze années, conseiller général du canton ouest de Carcassonne et député de l’Aude, ma conduite passée vous répand suffisamment de ma conduite à venir.
Je puis dire, sans fausse honte et en réponse aux insolentes affirmations d’adversaires impudents, que j’ai toujours fidèlement rempli les mandats que je tiens de la confiance des électeurs.
Comme maire du chef-lieu, mon unique souci a été d’assurer avec l’hygiène et l’embellissement de la ville, le bien-être de la classe ouvrière par l’exécution ininterrompue des grands travaux communaux.
À la Chambre, fai vote ;
La loi militaire do deux ans ;
La réduction de la période des vingt-huit jours et la suppression des treize jours;
La loi sur h s retraites ouvrières ;
La journée de huit heures ;
La loi sur les associations ;
Le rachat des chemins de fer du Midi ;
L'extension de la compétence de* juges de paix ;
La sépara lion des Églises et de l'État,
C'est sur cette dernière question que les éternels ennemis de la Démocratie et de la République veulent aujourd'hui engager la lutte électorale.
Avec une mauvaise fui jésuitique, à l'aide d'une campagne de calomnies et de mensonges, ils prétendent que la République veut confisquer les biens des églises et supprimer la liberté des cultes.
Ces manoeuvres intéressées et fausses ne sauraient vous émouvoir,
La loi votée par la majorité des Chambres est une loi libérale, qui assure aux catholiques Pus âge indéfini des églises, abandonne à des associations cultuelles les biens des fabriques, et assure au clergé un traitement transitoire et des pensions à vie.
Il est donc faux de prétendre que la séparation est une œuvre de persécution et de haine, il est criminel d'exciter les paysans à la guerre religieuse et à la guerre civile, dans un triste but électoral. . .
Toutes ces parties de mon programme, je les ai remplies .
j'ai également appuyé de mon vote les projets d ordre économique que la majorité a repoussés, mais que notre ténacité saura bien arracher à la volonté des Chambres et du Gouvernement,
Parmi ces projets, les plus importants pour fa prospérité de notre région, sont ceux qui concernent la poursuite et la régression des fraudes des vins.
A cet effet, fai voté, avec les députés de P Aude, les propositions de loi sur la suite des sucres, que la représentation du midi^viticole, étroitement unie dans un Intérêt commun, appuyée par le* sociétés d'agriculture, les associations des producteurs de vins naturels et les syndicats des intérêts vinicqîès, fera adopter par la prochaine législature, en même temps que l'établissement des taxes différentielles sur l’alcool et tous les vœux exprimés par les viticulteurs tendant à ne laisser vendre sur le territoire français que les vins provenant exclusivement de la fermentation des raisins frais.
Viticulteur, comme bien d’entre vous, vice-président de la Société démocratique d'agriculture, je sais vos besoins mieux que quiconqu^ et je jure d'employer toutes mes forces et toute mon énergie à vous donner satisfaction.
J'ai voté égaie tu eut :
Le percement du canal des Deux-Mers, dont Pexécution trop longtemps retaidéepeut devenir prochainement une réalité grandiose. À cette œuvre qui doit si largement contribuer à la fortune du pays, j'ai donné déjà de nombreuses preuves de dévouement en ma qualité de président du comité carcassonnais de la Société nationale du canal intermaritime,
La Chambre, qui a entrepris de grandes réformes politiques et sociales, a beaucoup a faire encore, vous ne l 'ignorez pas.
Nous devons réaliser les nombreuses réformes inscrites au programme républicain.
Ce sont entre toutes :
La foi définitive sur les retraites ouvrières, dans laquelle les veuves ne seront pas Oubliées ;
Le rachat par l’État des mines, qui mettra fin à de douloureux conflits entre le capital et le travail ;
L'amélioration du sort des employés et ouvriers de toutes catégories, pour lesquelles les indications données parles Syndicats nous seront un guide précieux ;
La promulgation d'un code do travail ;
La loi sur les accidents étendue aux travailleurs des campagnes et aux ouvriers de l’alimentation ;
La justice et la clarté apportées dans Porgaulsation de l'impôt ;
La refonte du cadastre ;
Le mandat impératif;
La réforme de la magistrature ;
Le monopole des alcools concédé à l’État ;
La réalisation des économies dans les dépenses publiques qui n’intéressent pas la défense nationale, défense nationale à laquelle je suis fermement attaché, je crois en avoir donné des preuves suffisantes au moment où la Patrie était en danger*
Chers Concitoyens,
Je me fie à votre bon sens, à votre loyauté, à votre justice*
Si vous pensez que je vous ai dignement représentés, vous me continuerez votre estime.
JJai la légitime prétention d’être un républicain sincère, convaincu d’avoir toujours fait son devoir, et qui ne reculera jamais devant Paccomplissement de ses obligations.
Sans crainte comme sans fausse honte, je puis dire que ma vie politique comme ma vie privée est sans tache et sans compromission*
C’est avec confiance que je me représente devant vous pour faire avec votre dévoué concours œuvre de protection, d’honnêteté et de progrès, et travailler avec Pappui de vos convictions démocratiques à l’épanouissement complet de la République réformatrice et véritablement républicaine*
Vive la République démocratique et sociale 1
Jules SAUZÈDE, r opr i éta i r e-vi ticul te u r,
Maire de Carcassonne, Conseiller général de P Aude, Député sortant.
2e Circonscription de CARCASSONNE.