M. SCHUMAN
Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.115 voix.
Electeurs,
nom ‘T-1 laitrfième fois que ma ca»dida^e est présentée à vos suffrages. Eu 1924 mon
spécialement da nombre de vo,x dans l’ensemble du département de la Moselle et
coüce arrondissement de Thionville (Est). J’ai conscience d'avoir justifié votre
parIenTvoirUe°LfamiUe ** ^nU>m étMis dePuis # dans votre arrondissement,
e langue, ayant vécu avec vous avant, pendant et depuis la guerre, je suis au
courant de, vos. besoins, et o de >yos difficuttéç* Jûepuisr.pbgts, ,de huit .années, ,je jne consacre presque exclusivement h Fétude et aria solution des^ probjeuies posés p^r. Fa près guerre^, êçkn flj aïe EUeatr duos les, départements déspinnexés.
Ues résultats p’oub pas, toujours, répondu. à notre attente, ni. à: nos efforts- Laj méconnaissance de nos habitudes et traditions, de nos droite légitimement acquis* de nos particularités linguistiques, nous a. parfois péniblement, surpris. Mais, jamais, nous c'ayons pensé devoir nous abandonner au découragement. Je reste convaincu que, grâce à notre ténacité lorraine, nous finirons par l’emporter sur les préjugés et sur les routines.
Il est nécessaire, pour cela, d’écarter tout ce qui pourrait mettre en doute notre attachement: à; la France, tout ce: qui pourrait porter atteinte à l’unité nationale. Nous rejetons de même les doctrines révolutionnaires du communisme, qui entretient et exploi te les malentendus et le. mécontente meut, qui- méprise les réformes partielles, dans l’attente-d’un régime aouveam qui Rétablirait et se maintiendrait par la violence ; ce régime serait la ruine de noire civilisation.
Des réformes^ sernt possibles et nécessaires dans tous les ^ornâmes. J e -signala notamment lea suivantes :
Politique extérieure :
Une politique de paix, organisée progressivement, lantau sein de la Société des Nations .que par dgSi traités d’EJÊ&Lè Etal,, doiLnwsi mettre à fe^brUdeï guerre. Kl leM3?-ex(^ut nul-
Jjempnt LeS| préc&uticNis indispen sablera Mire- sécuïitén.Efe implique^ par ooùlre, unoimUabqratdan iniernadion al^de, :ÿiw $ eu. plus* affraaa.cbiesdes en trave&iquo lui créent J a çuégance et les égoïsmes nationaux.
Politique religieuse et scolaire :
Notre programme, dès 1919, s’est déclaré hostile h toute loi d’exception. Je revend! que, pour la France entière, la liberté d’association et d’enseignemeut en faveur de tous ceux qui ne méfient pas en péril la sécurité de l’Etat et l’ordre social, Pabrogalion des lois hostiles aux congrégations et â F enseignement privé.
Dans les départements recouvrés, le statut cultuel et scolaire doit être loyalement respecté et appliqué, par tous .dans l’intérêt de la paix religieuse.
La révision de nos assurances sociales doit être accélérée en faveur de toutes les victimes du travail. Trop de lenteurs parlementaires et administratives ont retarde les solutions que nous avions demandées depuis des années. Les avantages de la récente loi françaisedoivent être étendus à notre département, avec les adaptations nécessaires. Notre législation sur le repos dominical et sur la sécurité des travailleurs, sont à appliquer plus scrupuleusement.
L’encouragement aux familles nombreuses, la construction d’habitations à bon marché T la lutte contre les fléaux sociaux,, la situation des invalidas et prisonniers^ de guerre, ainsi que de leurs familles, celles des retraités de l’Etat et des chemins de fer, nécessitent à beaucoup d’égards une plus grande sollicitude de la part des pouvoirs publics.
Politique économique ;
Notre agriculture réclame, à juste titre, de. honnes routes ; lTaçbève ment de 1 électrification ^ la réforme de notre législation sur les bouilleurs dé cru, dans le sens de notre réglementation d'avant guerre ; un régime frontalier plus souple le long des nouvelles frontières douanières ; le développement du crédit agricole ; une politique d’engrais à bon marche ; une répartition plus équitable des crédits votés, en faveur des, sinistrés de la grêle et de tout autre cataclysme.
L'enseignement professionnel de tout genre est à développer, avec adaptation à la situation linguistique et économique de notre région.
La protection de notre production industrielle et agricole, contre la concurrence étrangère, peut et doit s'allier au souci des intérêts des consommateurs,
A notre viticulture, lés accords douaniers sont susceptibles d'assurer des possibilités d’exportation. L'activité économique de la région sera intensifiée par le remaniement de certains tarifs ferroviaires eL par la canalisation de ia Moselle (clans sa première tranche, jusqu’à Th ion ville inclus, avec continuation jusqu'à Kœnigsmacker et même au delà, quand du coté allemand, le cours inférieur du fleuve sera également aménagé). Je combattrai le transfert de la gare douanière de Thion ville à BeLtem bourg.
Politique fiscale :
La révision et l'allégement progressif des impôts d’Etat, dans la mesure où les nécessités budgétaires et l'amortissement de la dette le permettront ; une répartition plus équitable des charges communales et départementales, notamment en ce qui concer ne les salariés ; le remplacement progressif de certaines tax^s indirectes, notamment de^ celles sur le chiffre d'affaires ; l'atténuation des droits de mutation immobilière; la conclusion d’un accord satisfaisant sur de règlement des dfclliés iiU«>ra tirées ; une sta bilisaüon légale de notre monnaie, qui évite à la fois une perturbation de noire vie économique et une hausse sen^iL le dù coût dc'la vie ; voilà la lâché considérable qui attend la 'nouvelle Chambre -et qui sera menée à biançsitfià politique financière aetuelié, due à M. Poincaré, est continuée jusqu'à son tenmev
Pol i ti' que adminis tra tâ v e
La France tout entière souffre d’un excès de centralisation bureaucratique. Partisan d'un régionalisme sérieux étendu à l'ensemble du pays, d'une administration plus expéditive affranchie des intrigues politiques, s'inspirant des besoins particuliers de chaque région, je réclame cette réforme; surtout pour la nôtre, où le retour à la France a po<é de multiples problèmes spéciaux d'ordre matériel et moral, dans la solution desquels les intéressés doivent avoir une part prépondérante (questions ouvrières, agricoles, judiciaires, scolaires, artisanales, loi sur la chasse, eteA.
Dans la région de langue allemande, la plupart des services publics, y compris les tribunaux, ne tiennent pas suffisamment compte de cette situation particulière, Darn la meme région, renseignement de l'allemand à l'école primaire devrait se faire des la première année^ conformément aux méthodes préconisées par notre personnel enseignant et pratiquées avec succès dans d'autres pays.
Les fonctionnaires du cadre général sont à doter d’un statut pareil à celui du cadre local ; les deux cadres peuvent prétendre a des avantages égaux, au point de vue du décompte des années de guerre, de l'avancement, des indemnités accessoires, des pensions*
La convention de 19*21, sur les chemins de fer, est à supprimer ou à réviser, afin qu'elle cesse de servir de prétexte au rejet de légitimes revendications du personnel. I! faut, en outre, une réorganisation du conseil du réseau, en vue d'une plus efficace représentation des usagers lorrains.
Electeurs,
^ o us vous rallierez à cette politique des réformes,
Bas d’abstentions ! Faisons l’union contre l'adversaire commun : le communisme»
Robert SCHUMAN Député surtan t.
Circonscription de THIONVILLE (Ouest).
M. BÉRON
Élu ail deuxième tour de scrutin. — 7 . 889 voix.
ylmr ouvriers , employés t commerçants et paysans !
Camarades, Citoyens,
Notre Parti vous présente un programme de revendications pratiques des masses travailleuses, qui est en même temps notre programme de classe.
Ce programme n’a pas été rédigé dans ces derniers jours seulement pour des buts purement électoraux. C’esL le programme d’action de tous les jours de notre Parti communiste. C’est le programme pour la réalisation duquel notre Parti combat tous les jours, sans perdre de vue que la prise du pouvoir par l’union des ouvriers et paysans est nécessaire pour les libérer définitivement du joug de l’exploitation de la grosse industrie et de la haute finance.
C’est en somme le programme de revendications des masses travailleuses, exploitées et opprimées.
LT ouvrier, l’employé, le paysan et le petit commerçant font tons partie de la masse des travailleurs, ils sont tous exploités et opprimés par des méthodes diflérentes, le capitalisme est l’ennemi de tous, parce qu’il emploie l’appareil de l’État à son seul profit.
Le Parti communiste est le parti des travailleurs, il est son ami et son seul défenseur. Il a, dans le passé, sans hésiter et sans fléchir, défendu leurs intérêts. La répression féroce du capitalisme, jetant par centaines les communistes en prison pour avoir défendu les travailleurs, n’a pas empêché le Parti communiste de continuer son action de défense de la classe ouvrière.
Le 22 avril, personne de ceux qui travaillent pour vivre ne se laissera tenter par les promesses de M, François ou de M. Castin, jugés par battit ude de leur parti respectif dans les neuf dernières années.
Vous voterez tous pour notre camarade
Émile BÉRON
Candidat du Bloc ouvrier et paysan.
Vive le Bloc ouvrier et paysan l Vive le Parti communiste î
Le Comité central du Parti communiste , Comité de la Moselle.
Notre Programme de revendications immédiates.
Les revendications immédiates des travailleurs des villes et des champs ont toujours été défendues, sans la moindre défaillance, par le Parti communiste. Dans la préparation des luttes révolutionnaires décisives, il ne méconnaît pas la défense des intérêts quotidiens des travailleurs, au contraire, il est le seul Parti qui les défende réellement. Le présent programme ne fait que rassembler quelques-unes des revendications immédiates pour lesquelles les travailleurs doivent engager la lutte à côté du Parti communiste.
Pour l'amnistie I
Abrogation des lois scélérates de 1894.
Libération des emprisonnés politiques.
Amnistie pleine et entière pour toutes les victimes de la répression capitaliste (civils* militaires, indigènes).
Suppression de la contrainte par corps.
Droit d’asile pour les ouvriers étrangers.
Contre la guerre impérialiste :
Lutte contre les guerres impérialistes et coloniales.
Contre le faux pacifisme de la S, D. N,
Contre le bloc anti-soviétique.
Pour la défense de bU. R. S. S,
Rappel des troupes de Chine,
Contre le monstrueux budget bourgeois :
En 1914 : 4 milliards-or et demi, soit 23 milliards de francs- papier.
En 1928 : 53 milliards, soit plus du double*
Où va l'argent?
40 milliards sur 53, soit 75 0/0 pour les frais des guerres du passé et la préparation de celles de l'avenir!
Par contre, moins de 1 milliard pour le travail, l'hygiène, l’assistance et la prévoyance sociales.
Qui paye?
70 0/0 des charges pèsent sur la masse des travailleurs, petits paysans, petits commerçants, classes moyennes, locataires et modestes consommateurs.
Contre l'impôt sur les salaires, la gabelle, les impôts de consommation, le chiffre <l 'affaires, la politique des impôts indirectes.
Degrèvement pour le petit commerce, l'artisanat et les paysans travailleurs.
Pour les ouvriers et les salariés de toutes catégories.
Le Parti communiste met au premier plan des revendications la reconnaissance du droit syndical complet, y compris le droit de grève pour tous les ouvriers, français, étrangers et coloniaux, employés et fonctionnaires.
Gondi Lions de travail, — salaires :
Application stricte, sans dérogation, de la journée de huit heures.
Réduction au-dessous xie h uR .heures ptm les in duslms malsaines et épuisantes.
Repos horaire dans le travail a la chaîne*
Congé payé obJiigaloi re . po u r les travailleur b ■?
{ Ges me s u r es die i cl ai ve n l co m po rt ev au c une dimi n uiio** » d e? sala ires ; )
Extension auxi victimes- des émanations m a is a i n es et des produits r toxiques ’de la- loi: sur les in aladies pro feBSMÆpj! etles .
Délégués ouvriers à rhygïène et à laisccurité.
Pour les chômeurs :
Incorporation du risque de chômage dans les assurances sociales:
Création dans chaque commune d'une caisse de chômage.
Suppression du délai de cent vingts jours.
Exonéra Lion des impôts directs des chômeurs.
Moratorium lies loyers.
Contrôle ouvrier de l'embauche et de la débauche.
Salaire vital pour les chômeurs complets, complément du salaire aux chômeurs partiels.
Pour les paysans iravailïèurs .
Impôts :
Suppression de l’impôt foncier sur la terre, instrument -de travail de celui qui la possède.
Aménagement de l’impôt sur les bénéfices agricoles : abattement équivalent a celui qui existe pour l’impôt sur les salaires.
Assujettissement des grands propriétaires au régime de la déclaration contrôlée.
Lutte contre Pexploitâtion subie par les paysans :
Diminution des tarifs de îransport pour engrais, machines, produits agricoles. Nationalisation de l’achat, extraction ou fabrication de la vente des engrais, sous le contrôle des organisations ouvrières et paysannes.
Pêche, — chasse, — gibier :
Liberté de pe.:he et de chasse, moyennant des mesures générales de préservation, des récoltes et de conservation du poisson et du gibier,
Rour les locataires.
Locaux d'habitation :
Limitation du droit de reprise au seul propriétaire^ sanction péoule dse dout ahias:'flt obligation de pourvoir proala Wem^n t d'un logement éqaidvabfpb le locataire- événcé;
Droit de réquisition des locaux vacants ou inhabités reconnus aux municipalités et aux offices publics d'habitation.
Locaux commerciaux et industriels :
Reconnaissance du, droit - au * bail en< < faveur du locataire occupant avec les garanties suivantes ; taxation et limitation du loyer, suppression- d^i droit ^de. reprise;
Logement et hygiène publique :
Construction de logements nouveaux dans l'agglomération parisienne et dans les voiles
de province, * , T
Création d'un Office national du logement, géré par les délégués d organisations de
locataires et divers techniciens.
Constitution d’une Caisse de prêts d’Ëtat, gérée par cet Office national, alimentée par des ressources spéciales.
Pour lu femme.
Droits civils et politiques égaux à ceux des hommes.
A travail égal, salaire égal.
Révision du Code du travail*
Protection de la maternité et de Penfancs.
Pour les jeunes ouvriers et paysans
Interdiction de Femploi des jeunes au-dessous de 14 ans. Droit de vote à 18 ans.
Apprentissage .tûfduûqw payé.
Révision du Code du travail réactionnaire.
Pour les soldats > murins et les victimes de guerre,
Égalité du temps de service' pour marias et soldats.
Droit de vote, d’organisation, de lecture, de^fréquen talion des réunions publiques.. Prêt deux francs, eon traie de l'ordinaire.
Suppression' des réserves.
Réajustement des pensions des mutilés.