RL LAMBERT
Elu au deuxième leur de scrutin, — 6.706 voix»
Le parti radical et radical-socialiste est un parti essentiellement républicain*
Adversaire de toutes les dictatures, que ce soient celles d'un homme, d'une classe ou de puissances économiques, il défendra ie régime démocratique qu'il a contribué à établir dans le pays.
Aussi éloigné du fascisme que du communisme, il repousse les conceptions dangereuses qui tendent à placer l’Etat sous la dépendance d’une féodalité économique*
Ht il propose au pays un programme précis et sans équivoque de liberté, de solidarité, de progrès et de paix.
Politique extérieure.
L'œuvre du parti radical-socialiste qui s'illustre par la mise en vigueur du plan Dawee, nous assurant les payements réguliers de l’Allemagne, et par le protocole de Genève qui aboutit à la signature des accords de Locarno, garantissant notre sécurité, doit être poursuivie autour des mêmes principes d'arbitrage, de désarmement, de sécurité.
Sa politique s'appuie sur la Société des Nations,
En ce qui concerne les relations avec l'Allemagne, ü soutient toute politique d’apaisement qui, sans rien sacrifier de la sécurité de notre pays ou des recettes que le plan Dawea lui apporte, permet un rapprochement souhaitable pour les deux peuples.
Il estime qu'un accord général doit définitivement régler la question des dettes con-
tractées à l occasion de la guerre et qu’eu aucun cas notre pays ne peut accepter un -arrangement en vertu duquel il aurait à verser à ses anciens alliés plus qu’il ne : recevrait de. ses anciens ennemis.
Ayant lé souci constant de, la défense nationale, le parti radical-socialiste se préoccupera de l’assurer solidement par la. signature d'accord internationaux et par la mise en applir cation de la loi d’un an, au plus tard à la date prévue par la loi.
II poursuivra. la réparation. intégrale due aux. victimes de. la guerre.
Politique intérieure .
Pàrtîsan déf ia liberté dè con-science et' attaché à la laïcité' effective de l'Eta!, le parti radical-socialiste- ne tolérera pas que l’on porte atteinte aux lois fondamentale de 1901 et de 1905.
Convaincu de la nécessité d'accorder toutes les garanties efficaces de justice, le parti radical socialiste se prononce en faveur de la suppression des dois scélérates et de la-justice militaire,
Défenseur de- l’école laïque, il' entend' la consolider, rendre effective l’obligation scolaire, développer l’enseignement postscolaire, ouvrir à tous ceux qui le méritent, l’accès à Pénse^neiïiwt secondaire et 's upérieur.
Polit iq ire ' soc ta le ;
Atttehécamprineipe;deiàf propriété individuelle, le parti radical socialiste reconnaît la néoessité'd’eoi corriger' les abus:
11 est résolu à défendre la loi de huit heures, si elle est menacée ;
A accorder le droit syndical aux fonctionnaires ;
Il préconise toutes les mesures d assistance, de protection et d hygiène pouvant améliorer le. sort des femmes, des. enfants et, dédira va üleurs et spécialement celui des familles nombreuses en, premier lieu # il exige, une- large politique de l’habitation.
Ces mesures partielles ne l'empêcheront pa$r d'examiner' le problème' d'ensemble, dé montrer que le: sala mtr n'esfc pas^ un régime-défi ni ti fi Le parti radicabsociaïistea donné’ son adhésion au. programmer de la G. G. T., qui contient l’énoncé drun grand nombre dé réformes d&j ài-précomsées^aT- aotre-- parti i comme le droit de contrôle ettlè droit digestion *
Le parti radical-socialiste affirme sa volonté de réaliser sans délai ;
La ratification de toutes les conventions internationales du travail ;
L'assimilation des mutilés- dtï travail Jet dès mutilés dé guerre;
La ^création immédiate dfùne assurance chômage élargie ;
lunstitution cYun minimum' de salaire et d3 un sursalaire familial obligatoire ;
L organisation légale dc congés' oMigatoires et'payés ;
L aménagement du contrôlé ouvrier.
Pèült que fi nit n e èèrç 1 et éèon om iqn e :
Le parti radical-socialiste est favorable. à. la stabilisation légale, dans: le plus bref. délai* Il est convenu que f œuvre de redressement financier, m.peut . etrêi menée à bien t que aris le cadre d’un système fiscal fondé sur la -justice..
Il affirme sa volonté de mieux adapter l’impôt aux facultés de chacun»
Les responsabilités.
Vous stigmatiserez comme il convient les moyens employés par nos adversaires pour arriver à ces fins : la panique contre le crédit public organisée, dès le début delà législature, par une minorité comprenant la droite el le parti communiste, opposant à la réalisation de ces réformes une obstruction systématique et brutale, indigne du Parlement et que rien ne justifiait, sinon la haine du régime ; fi organisation de cette abominable campagne contre V emprunt ; la fraude érigée en doctrine, l'évasion fiscale conseillée, le refus de voter le budget, provoquant ainsi la fuite par delà des frontières de plus de 25 milliards ; le pays ainsi acculé au gouffre.
Pour lutter contre une telle campagne de défaitisme et de trahison, il eût fallu la conjonction, dans le Ministère, de toutes les forces démocratiques, car une chose est de soutenir, une autre chose de participer et de prendre ses responsabilités. À trois reprises la participation au pouvoir fut offerte aux socialistes, à trois reprises elle fut refusée.
Ici encore il vous convient déjuger et de doser les responsabilités.
L'attitude du Parti radical.
En présence d’une telle situation, devenue tragique en 1926, quelle devait être l'attitude du Parti radical ?
Il pouvait dégager sa responsabilité en rentrant dans l'opposition et en laissant la droite prendre le pouvoir et s’écraser sous ses fautes. Mais c’était la chute vertigineuse, le désastre.
Une autre attitude consistait, faisant table rase du passé, à mettre la France au-dessus de tout et à coopérer au sauvetage des finances publiques.
C’est ce que fit, derrière son chef et en conformité de sa grande tradition de patriotisme, la fraction la plus importante du Parti radical, dont je m'honore d'avoir dès la première heure partagé les responsabilités.
La situation présente.
Le Gouvernement qui fut appelé aux affaires en 1926 comprenait, sur 13 membres qu’il comptait, 7 Ministres ayant appartenu au Cartel des gauches, formant ainsi la majorité ; à part une ou deux exceptions, la minorité du Cabinet comprenait des hommes comme MM. Poincaré et Earthou, résolument laïques.
En coopérant donc à la constitution d'un tel Cabinet, le Parti radical assurait le maintien des conquêtes républicaines, et bien qu’il s’agît d’un compromis avec la fraction de droite de l’Assemblée pour sauver les finances publiques, sa participation au pouvoir garantissait la continuité de l’oeuvre démocratique entreprise.
Les résultats positifs de cette attitude sont sous vos yeux :
À l'extérieur, l'oeuvre de paix commencée par Herriot fut continuée par Briand avec le plus éclatant succès; au point de vue financier, sans doute il fallut parer au plus urgent par des taxes indirectes qui seules pouvaient donner des ressources immédiates, mais il fut bien spécifié que ces mesures n’étaient que provisoires et comme contraintes.
La prochaine Chambre devra remédier d’urgence à cette situation.
Mais ces réserves faites, la situation financière apparaît à l’heure actuelle des plus satisfaisantes : le franc est stabilisé de fait, les douzièmes provisoires supprimés, îa trésorerie dans raisance, le budget en rigoureux équilibre, l’amortissement de la dette sérieusement poursuivi.
D’importantes lois ont en outre été votées : c’est la loi d’un an et la réforme des conseils de guerre, ^acheminement rapide vers la gratuité de l’enseignement à tous les degrés, la loi sur la propriété commerciale qui, malgré ses lacunes, constitue dès à présent
pour les commerçants une conquête considérable; c'est la refonte par la Chambre de la loi sur les accidents du travail dans un sens nettement favorable aux travailleurs ; c'est l'accroissement notable des dépenses d'assistance inscrites au budget du Ministère du Travail; c’est la loi sur les assurances sociales qui, en garantissant les salariés contre les risques de maladie, d’invalidité, de vieillesse et de décès, en établissant aussi une assurance en faveur des mères, réalisent dans ce pays, quoique tardivement, un immense progrès social.
Certes, nous ne méconnaissons pas les insuffisances de cette œuvre législative, mais il serait toutefois souverainement injuste d'en nier l'importance.
Et maintenant il importe de tourner nos regards vers l’avenir et, fort des leçons du passé, de travailler à la réalisation du programme de justice fiscale, de justice sociale et de paix que le parti radical et radical-socialiste vous présente et au triomphe duquel je consacrerai, si vous me renouvelez votre confiance, toute mon énergie,
Charles LAMBERT Avocat à la Cour d*appel,
Vice- P résident du Parti répub' ica in radical et radical-socialiste.
Député sortant.
8e circonscription de LYON.
(7® arrondUieinenl, 10B canton.)