‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 243 sur 336 · III. — Politique sociale · texte numérisé non relu

III. — Politique sociale

Nous avons publié intégralement le programme social du parti radical-socialiste*

Je me bornerai à en rappeler les grandes lignes :

lfi Application à tous les travailleurs de la loi sur les assurances sociales*

Cette loi doit être complétée (assurance chômage) et perfectionnée, notamment en ce qui concerne les agriculteurs*

2° Amélioration des conditions du travail :

Par 1 application rigoureuse des lois sociales existantes et des conventions internationales du travail, qui doivent être ratifiées :

t ar Je développement des organisations syndicales (syndicats ouvriers, agricoles et professionnels) qui doivent contribuer à la réorganisation économique et administrative du pays,

d° Défense de la race* Relèvement des indemnités accordées aux familles nombreuses; lutte contre la misère et la maladie ; secours aux vieillards et aux indigents.

4° Défense de toutes les victimes de la guerre (anciens combattants, veuves, ascendants et orphelins)*

5° Réforme de 1 enseignement, pour le mieux adapter aux nécessités professionnelles ^agriculture, commerce, industrie) et pour permettre le complet épanouissement des dons naturels de chaque enfant*

Ancien boursier de i enseignement supérieur, arrivé à ma situation par mon seul travail, je défendrai 1 égalité de toutes les intelligences devant l'instruction publique*

IV, — Politique financière ,

La stabilisation de la monnaie permettra :

D'enrayer les manœuvres des spéculateurs;

D'améliorer les conditions d'existence des petits rentiers et des petits retraités,

principales victimes de la chute du franc,

La justice fiscale exige que chacun contribue aux dépenses de l'État dans la mesure de ses ressources. Or, actuellement, le poids des charges fiscales pèse trop lourdement sur les petits et sur les travailleurs.

Il faut :

1° Diminuer les impôts indirects, par rapport aux impôts directs- L'impôt indirect est injuste, car il demande autant au pauvre qu'au riche. Il est inadmissible que les impôts indirects rapportent à l'État cinq fois plus que l'impôt sur le revenu, qui seul est proportionné à la fortune de chacun.

2" Diminuer les impôts grevant la petite propriété foncière, inférieure à 10 hectares. Remplacer la taxe sur le chiffre d'affaires, qui lèse les petits commerçants, par une taxe à la première vente.

Telles sont, mes chers concitoyens, les diverses questions qui sollicitent mon attention, telles sont les principales réformes que je m'efforcerai de faire aboutir si vous m accordes voire confiance,

Toute ma vie, j’ai été un travailleur. Vous pouvez compter sur mon dévouement à la cause de ceux qui peinent et qui luttent.

Mon programme peut se résumer en ces mots :

Liberté de conscience — Paix — Agriculture — Justice fiscale — Réformes sociales.

Je fais appel à tous les républicains, républicains de gauche, radicaux et socialistes et je leur dis ;

« La lutte est bien nette. Deux grandes forces sont en présence ; d’une part, les forces du passé et, d autre part, celles de V avenir. Deux candidatures s affrontent . lune de conservation sociale et de politique sans envergure ; 1 autre de progrès social par la démocratie et pour la paix*

À vous, mes amis, de choisir I

Enfant, comme vous tous, de notre belle Savoie, vivant, comme vous, de mon travail, j'ai confiance en vous ; ayez confiance en moi !

Vive la République démocratique, laïque et sociale î Vive la Savoie l

Pierre GÛT

Propriétaire à Coisc.

Professeur agrégé éea facultés do droit».

Légioa (Tlionneur. — Croix de guerre-

— im —

Circonscription de S AINT-JEAÏÏ-DB^MÂURIENNrfî*'

m: falooz

Mou cher Compatriote,

Le 11 mai 1924, 6.925 sufïrages mauriennais se sont portés sur mon nom, contribuant à me faire élire député de la Savoie à la majorité absolue. C était pour La -Mau rie ci ne, .privée de représentant au Parlement depuis 1917, la fin d’une siLuation aussi IiumilLaiite qufinjn&te.

Je me suis efforcé de répondre de mon mieux à la. confiance qui m-a été témoignée et c’est avec la conscience d'avoir rempli tout mon devoir q.ue je sollicite le renouvellement du mandat qui m’a été confié. Appelé à prendre de lourdes responsabilités dans une période difficile, je ne me suis jamais inspiré que de l’intérêt général.

Pour pouvoir réduire progressivement nos charges ; militaires, sans rien négliger de notre sécurité, j ai soutenu de mes* votes la politique de détente vis-^à-vis de FAllemagü6 et de pacification de l’Europe par la Société des Nations.

En face du redoutable péril qui pouvait résulter du désordre dé nos finances;, mon action s est employée à soutenir l’union des républicaine pour le redressement.

Pénétré du rôle essentiel que doit jouer 1 agriculture dans l’économie nationale, je n’ai rien négligé pour soutenir ses interets vitaux. Vice-président du groupe 1 de défense paysanne, j ai collaboré aux efforts déployés par les députés, ruraux pour préserver les agriculteurs d une fiscalité excessive. Rapporteur général d’une des plus importantes Commissions delà Chambre, y ai. travaillé en plein accord avec les associations agricoles, à préparer les mesures destinées a mettre fin à la précarité et à la déchéance de la production agricole.:

I ersuadé que la justice sociale est la condition essentielle de la paix intérieure, je me suis associé a toutes les mesures proposée, dans le cours de la législature, pour améliorer le sort de creux qui: peinent : assurances sociales' ratification de la convention : interna tiimale pour 1 application de- la loi do Ktiit bennes;, retraites des cheminots et des vieux serviteurs1 de 1 Etat, relèvement des traitements et salaires, dégrèvement des petites' cotes, secours exceptionnels aux agriculteurs victimes de calamités publiques, etc.

Si vous m honorez de nouveau de votre confiance, voici les grandes lignes de la politique que je m’efforcerai dé défendre :

P o t i t iq a e in lé rie u re .

a) Rapports des religions et de l’Etat ;

Les lois républicaines ont établi la neutralité confessionnelle de l’Etat, véritable garantie Je la liberté de conscience. Appliquées avec libéralisme, elles ont donné an pays le calme et la tranquillité Le respect absolu des convictions philosophiques ou religieuses, le lib,1 e exercice des cultes, la tolérance la plus large sont garantis par nos institutions. Les revendications violentes ou sourdes contre les lois de laïcité ne peuvent aboutir qu’au retour de querelles périmées que nous devons résolument écarter.

h J Réor g aiii^a lion à e 1 1 7A ai :

Les nécessités de la vie moderne exigent une réorganisation profonde de l'Etat La centralisation1 excessive des services publics se révèle de plus en plus nuisible à l'intérêt vénérai. Les décrets, qui n’ont pas été ratifiés par le Parlement, ont donné des résultats négatifs en ce qui concerne les économies indispensables. Que ce soit dans le domaine administratif ou dans le domaine judiciaire, ils ont apporté de la gêne pour tous au lieu des améliorations désirables. 11 faut aborder résolument une vaste reforme d’ensemble dans le cadre régional. A la base, l'arrondissement, cadre séculaire de la vie provinciale, siège des premiers° organes administratifs ; au-dessus, la région organisée, avec représentation des intérêts professionnels et dotée de larges pouvoirs de décision ; au sommet, les organes supérieurs de l’administration, simplifiés et assouplis, fonctionnant sous le contrôle du Parlement, telle est l’organisation qui permettra la meilleure coordination de toutes les forces de la nation. C’est aussi celle qui permettra la collaboration efficace des syndicats professionnels dont le rôle doit être amplifié en vue d’une législation véritablement adaptée aux besoins »

c) Instruction publique :

Une démocratie doit pouvoir puiser ses élites dans le peuple» G’e&l la raison pour ï quelle renseignement doit être organisé de telle façon que les enfants des familles les plus pauvres puissent s'élever par leur travail et leur intelligence* Les ressources affectées aux bourses doivent être augmentées pour que l’Etat puisse plus largement intervenir en faveur dés enfants peu fortunés remplissant les conditions de capacité pour passer de 1 enseigne^ ment primaire à renseignement secondaire et de renseignement secondaire à 1 ^enseignement supérieur*

Il convient, du reste, de mettre les parents en garde contre les interprétations inexactes de certaines mesures .proposées* L’école unique ne signifie pas : monopole de 1 enseignemen 1. U-liberté de renseignement ne sera nullement compromise' par les programme de scolarité, pas p Jus que ne sera réalisée une sorte d umiicalion coulant tous les esprits dans un meme moule* La diversité des. enseignements : agricole,, professionnel, ménager, secondaire, supérieur, suffira à donner comme par le passé aux en 1 an ts la formation répondant le mieux à leur capacité, à leurs aspirations et aux besoins généraux* dn pays* L intervention plus large de l’Etat sera seulement une aide plus efficace aux pères de famille auxquels il ne saurait être question d'enlever le droit sacré de diriger leurs enfants.

financière et fiscale :

Le redressement financier doit être couronné par la stabilisation logalo .de la monnaie, que, les: conditions d'assainissement nécensa ires seront remplies, il fa udra- réaliser la réforme, monétaire indispensable a un pays qui veut vivre, On ne peut ..travailler et épargner avec sécurité, qu’avec une monnaie saine contre laquelle il n’est pas de spéculation possible, fie retour à la convertibilité du billet de banque en or est le seul moyen d avoir une monnaie

à valeur fixe.

L’équilibre du budget reste une des conditions essentielles du redressement fmanciei , Mais il sera néanmoins possible d apporter à notre système fiscal les améliorations .désirables, U importe dede simplifier etude T aménager dei telle sorte que la production ci Lb c onsammaLioo soîcnt largement dégrévées. Le1 petit commerce se plaint ù juste: titre de l impôt le. chiffre-' dPu flaires; S’il n’a pas, étéi possible encore, em l'état de ruos finances* de. le Opprimer, il fiuib hâter sou remplacement par une1 taxe < perçue plus facilement a un tlace

quelconque de la pwlucldoi¥ou:deila circulat;ion. Aussi bien pour less salaires que pom les

Wuô fines commerciaux, induetTiels ou;agnc!Oi!cs, la portion non imposable doit êtrcvdéler nfinéei en* considération’ de ce qui: est nécessaire pour la vie de la famille La révision des

évaluations cadastrales permettra de faire cesser certaines injustices dans l'assiette des impôts agricoles.

C’est à l'impôt général sur le revenu dont le rendement doit être accru par toutes les mesures susceptibles de induire la fraude qu'il faut demander les ressources complémentaires permettant les allégements désirables pour la masse des contribuables. D'autre part, les ressources de l'Etat doivent Être augmentées par un meilleur aménagement des monopoles existants et par une large participation aux bénéfices de certaines entreprises concédées, ou jouissant de situations de fait exceptionnelles,

La gestion des grands services de l'Etat et de ses intérêts privés doit être assurée avec le maximum d'économie.

Politique économique.

L'amélioration des conditions de la production et des échanges doit être le souci constant des gouvernements. Trois facteurs essentiels doivent concourir à la prospérité nationale : la mise en valeur de nos colonies, F organisation des industries et la protection de l'agriculture,

a) Mise en valeur des colonies :

L'organisation du vaste domaine colonial de la France peut jouer un rôle important dans notre relèvement. Nos colonies doivent nous fournir la plus grosse partie des matières premières que nous devons acheter à l'étranger. Elles doivent offrir, en retour, de larges débouchés pour notre production nationale.

j b) Organisation des industries :

Les industries doivent être organisées et administrées de façon morderne, La recherche des bénéfices par la limitation des salaires est une méthode rétrograde. Il faut s'orienter résolument vers la rationalisation et la concentration des entreprises en vue de rabaissement des prix de revient et du coût de la vie. L'économie des frais généraux, îa meilleure utilisation des procédés de fabrication permettront, seules, d’accroître la rémunération du travail, tout en maintenant la limitation à huit heures de la journée ouvrière,

c) Protection de F agriculture :

L'agriculture est une des branches essentielles de la production nationale. Rien es saurait être négligé de ce qui peut la stimuler et lTenc ou rager. Enseignement agricole largement diffusé, utilisation des engrais à bon compte, subventions aux sociétés mutuelles et coopéra LiveSj prêt du crédit agricole pour l'amélioration des cultures et des habitations, encouragement pour Félevage du bétail, construction des rouLes, facilités de transport, électrification des campagnes, telles sont quelques-unes des mesures qu'il convient d’amplifier si on veut enrayer la désertion de la terre.

Politique sociale.

C'est dans ce domaine surtout que la République doit être résolument et hardiment réformatrice L'évolution du salariat, la dignité du travail humain sauvegardée par le droit syndical et la journée de huit heures, la participation aux bénéfices, l’accession k co-propriété des entreprises, la garantie contre tous les risques qui peuvent assaillir le travailleur j sont les directives qui doivent inspirer la législation du travail.

C'est aussi a la politique sociale que se rattachent les mesures à prendre ou à renforcer pou îa protection des familles nombreuses — sursalaire familial — - caisse de la natalité —

No 3814

habitations salubres a bon marché — jardins ouvriers — lutte contre les maladies conta- ^jeuses — protection de F enfance*

C’est encore pour la paix sociale qu'il faut pratiquer une large politique du logement, améliorer le statut de la propriété commerciale encore bien imparfait et. accorder aux victimes de la guerre la justice qui leur est due*

Politique extérieure*

La paix, par la Société des Nations, selon le vœu formulé par la Confédération générale des associations de mutilés et d'anciens combattants, doit être l'objet constant de notre action persévérante. La sécurité de notre pays est liée au développement de l'arbitrage entre les peuples* Dans la mesure où l'esprit de paix grandira dans le monde, nous pourrons nous libérer des charges militaires qui pèsent sur la nation*

Telles son b mon cher compatriote, les grandes lignes du programme qui doit, à mon avis, assurer le développement de la démocratie et la préserver des aventures où sombreraient les libertés publiques.

Intérêts locaux.

Ai-je besoin d'ajouter que rien ne m'est indifférent des intérêts de notre chère Maurienne, que j'ai défendus en toute occasion, de tout mon cœur? Les autres candidats qui sollicitent vos suffrages sont tous enilammës d'un vif amour pour notre belle vallée. On dirait vraiment qu'on les attendait pour réaliser les améliorations désirables, qu'avant eux, rien n'a été fait, que sans eux, rien ne se ferait. Pour un peu ils auraient inventé l'agriculture, les routes et F électrification î

Mon amour du pays natal n'est pas de fraîche date*

Vous m'avez vu à F oeuvre. Mon passé me dispense de vous faire des promesses ronflantes*

Si vous m'accordez à nouveau votre suffrage, je serai demain, comme je Fêtais hier, le député de tous, remplissant mon mandat sans sectarisme, avec toute la bonne volonté d'un Maariennats qui aime son pays et ses concitoyens*

Vive la Maurienne I

Henri FàLCOZ

Député sortant* — Républicain- socialiste,

Âvac&f. — Maire de Saint-Jeatî-dë*Maurjenne.

Vice-président du Groupe de défense paysanne de la Chambre des Députés*

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