‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 323 sur 336 · M. AM ET · texte numérisé non relu

M. AM ET

Elu au premier tour de scrutin. — 11*892 voix.

Messieurs les Electeurs et chers Compatriotes,

Le département des Vosges m’a fait le grand honneur de m'envoyer à la Chambre le U mai 1921

Elu sur la liste d’Union républicaine et nationale, j ai conscience d'avoir rempli loyalement mon mandat et d’être resté fidèle aux engagements que j’avais pris vis-à-vis des électeurs vosgiens.

Aujourd’hui, le scrutin de liste départemental a vécu et cTcst au corps électoral de FanHen arrondissement de Remiremont, donL je partage les aspirations et les soucis, que je viens demander le renouvellement de sa confiance.

Electeurs,

Vous connaîssezpes diverses étapes qui ont marqué la dernière législature : de 1924 à 1926, c’est le Cartel des gauches qui a gouverné la France; depuis 1926, c'est un ministère d’Union nationale qui a présidé aux destinées du pays.

La coalition des radicaux-socialistes et des socialistes avait en effet triomphé non sur un programme commun, mais sur des promesses multiples inspirées par la plus détestable démagogie.

Aucune de ces belles et mirifiques promesses n’a pu être réalisée par le Cartel; le gouvernement de M, Herriot subit, dès le premier jour, F emprise socialiste et peu à peu fut entraîné sur une pente fatale, qui devait conduire inévitablement le pays aux pires catastrophes.

Les projets financiers, alors envisagés, étaient tous d'inspiration socialiste : qu'il s’agisse de l’impôt sur le capital, de F institut ion de l’Etat héritier, du renforcement de l’inquisition fiscale, de ia consolidation forcée dos bons du Trésor et de la Défense nationale, c’est-à-dire le manquement de l'Etat à ses engagements, et pour parler clair : la faillite.

I)e telles mesures ne pouvaient que détruire la confiance, alarmer les esprits, provoquer l'inquiétude ; l'effondrement du crédit public et la baisse continue du franc semaient la panique. L'épargne française et la production nationale étaient menacées d’une ruine totale.

Les emprunts, les avances consenties par les banques, les inflations occultes et déguisées se succédaient; nous vivions d’expédients, nous allions a la dérive*

Le 21 juillet 1926, la situation s’étant encore aggravée, le pays se rendait brutalement compte qu'il avait été trompé et le second ministère Iierriot, après une existence tout éphémère, était contraint de se retirer devant la réprobation générale.

La France se trouvait en péril, sur le bord même de t'abîme.

Mes chers compatriotes,

Dans ces circonstances tragiques qu’on ne saurait oublier, le bon sens français a réagi une fois de plus; comme à ioutes les heures graves de notre histoire, Fanion des bonnes

volontés, l’umon de tous ceux qui mettent la Patrie au-dessus des partis, l’Union nationale a sauvé Je pays de la ruine.

En reprenant le pouvoir, M, le Président’ Poincaré constituait en effet un ministère d’ Union nationale et allait entreprendre une oeuvre gigantesque dont on peut maintenant, après vingt mois, apprécier les résultats :

La bataille victorieuse pour Je franc, pour le redressement économique et financier, l’équilibre budgétaire et le vote du budget en temps normal, le fonctionnement de la Caisse autonome d’amortissement, lu réduction de la dette flottante, l’achat d'un chiffre important de devises étrangères, le cours des changes stabilisé en fait, la dette publique singulièrement réduite, les remboursements effectués à la Banque de France, les importantes dépenses d'ordre social inscrites au budget de 1928 en même temps que les améliorations des traitements des fonctionnaires et l’augmentation des pensions civiles et militaires, le cours des rentes et valeurs françaises plus que doublé en Bourse, etc., etc., voilà ce qui est aujourd'hui acquis, non certes sans de gros sacrifices demandes aux contribuables, mais au moins la France respire, la France relevant d une terrible maladie est entrée en convalescence.

Electeurs,

L’œuvre admirable réalisée par le Président Poincaré doit s'achever, car la partie n’est gagnée ni définitivement, ni complètement.

Il faut assurer les résultats obtenus.

Il faut consolider la pais à l'intérieur, en maintenant la concorde entre les citoyens.

Il faut consolider la paix à l’extérieur, sans se départir d’une vigilance toujours nécessaire.

il faut affermir le rapprochement de tous les citoyens par une politique sociale éprise de justice et empreinte de générosité ; il faut rejeter les utopies qui détruisent la confiance et paralysent l’effort.

Il faut rompre avec les vieilles routines et rénover les méthodes administratives.

Avec vous, je veux :

La liberté; l égalité devant la loi sans exception ni privilège; le droit commun pour chacun.

Avec vous, je veux aussi :

Une politique de la famille et de la natalité vraiment effective;

La défense des droits des anciens combattants et des victimes de la guerre.

Avec vous, je veux :

La protection de l'agriculture, du commerce et de l’industrie ;

La production encouragée, activée, dans la métropole comme dans nos colonies.

Voilà quelques règles qui doivent présider à une collaboration utile de tous les citoyens pour la réalisation des grands programmes susceptibles d’assurer la prospérité de chacun dans la prospérité de la nation.

Appliquer la loi sur les assurances sociales et en donner le bénéfice à tous les travailleurs : travailleurs de l'industrie, du commerce, et travailleurs du sol, dont les intérêts sont solidaires, tout en réservant les droits acquis par les œuvres de mutualité ;

Réaliser la réforme douanière intégrale ;

Alléger les impôts et réformer avec prudence, avec soin, dans un esprit réellement démocratique, la fiscalité en vigueur, particulièrement en tenant compte aux familles nombreuses de leurs charges ;

Réparer les erreurs commises, notamment vis-à-vis du petit commerce en ce qui cou. cerne la taxe sur le chiffre d'affaires et diminuer les droits pour les petites successions ;

Appliquer les lois militaires récemment votées et procéder à la réorganisation défensive de notre nouvelle frontière de Y Est ;

Entreprendre l'exécution des grands travaux métropolitains et coloniaux, qui doivent, par Temploî rationne! des ressources du plan Dawes, perfectionner notre outillage, multiplier les relations et par cela même I1 utilisa lion des richesses nationales et des rendements du travail*

Avec ses colonies, la France progressera indéfiniment, elle allégera son fardeau fiscal et son tribut au change, elle atteindra son plein essor économique et social*

Le redressement économique, l'achèvement du redressement financier, telle doit être l'œuvre essentielle de la prochaine législature.

Mais pour accomplir cette tâche formidable, il faut une majorité compacte et résolue, ayant la force et le courage d'assumer ses responsabilités devant le pays, une majorité d'union nationale, d'où soit bannie la discorde, car il serait impossible de rien tenter dans le réveil de nos vieilles querelles et de nos dissensions intestines**

Méfiez-vous des surenchères électorales et démagogiques.

Vous avez appris par expérience que^certams partis politiques ne craignent pas de faire des promesses et qu'ils ne les tiennent pas.

Vous savez que les communistes, les socialistes et avec eux les ^eartellistes impénitents entendent persister dans leurs passions, dans leurs fautes, dans leurs errements.

Aux uns vous signifierez que la propriété individuelle est sacrée;

Que la paix intérieure et extérieure ne viendra pas de !a lutte des classes, si funeste, si pernicieuse ;

Que îe travail et le capital sont deux forces qui ne sont pas faites pour se combattre, mais pour s'associer;

Que vous êtes les adversaires de la révolution, de Y insurrection, de la guerre civile et que patriotes et français vous n'entendez pas obéir aux ordres venus de l'étranger.

Aux autres vous signifierez que îa politique de clan, de parti pris, de sectarisme, de divisions, de haines, de jalousies, de surenchères^ ne pourrait nous conduire qu’à de nouveaux désastres.

Seule une politique de bon sens et d'honnêteté, de réalisations dans l'ordre, le progrès et la liberté est susceptible de rendre à la France sa force et sa prospérité.

Avec tous les bons Français, avec les républicains dignes de ce nom, avec ceux-là mêmes qui ont fondé la République et dont je me réclame, m’estime que la paix des consciences doit être assurée :

Tolérance réciproque, respect absolu de la liberté de conscience et d’enseignement, des libertés religieuses, neutralité scolaire loyale et sincère, respect de toutes les croyances.

C'est d1 ailleurs la seule solution compatible avec l’Union nationale, avec la trêve des partis, axec les exigences de noire redressement économique et financier, comme avec celle d’une politique extérieure digne de la France.

Mes chers compatriotes,

Je viens de vous entretenir des grandes questions d'intérêt général et d’ordre national.

Mais soucieux de nos intérêts régionaux et locaux pour lesquels je me suis toujours passionné, j’entends ne pas les reléguer au second plan de mes préoccupations.

Sans préjuger de la réforme judiciaire et administrative — les décrets ne sont pas encore ratifiés — sans plus attendre, je considère que la création d'un Tribunal de commerce s'impose à Remiremont.

J'ai pris l'engagement vis-à-vis clés représentants autorisés du monde commercial et industriel de consacrer mes efforts à cette création et je crois qu'une solution favorable ne tardera pas*

D’autre part, je n ai pas besoin de vous rappeler longuement que le tourisme est un des facteurs importants de la prospérité d’une région ; il devient de plus en plus une véritable industrie à laquelle sont subordonnés beaucoup de nos commerces et de nos Industries.

Il importe donc, dansée domaine spécial que notre région, si riche en sites pittoresques, en beautés naturelles, ne reste pas en arrière.

Ces richesses naturelles représentent un véritable capital qu’il serait coupable de négliger, de même que nos stations thermales et h y dro minérales de Piombières-ies-Bains et de Russang doivent continuer leur essor et se développer*

La question du tourisme présente d'autant plus d’intérêt qu’elle se rattache à 1 amélioration de nos routes, de nos voies de communication, de nos moyens de transport ; de même qu’elle se lie à deux percées des Vosges (ligne de Saint-Mauricc-Bussang à Wesserling, déclarée d’utilité publique en 1920 — ligne de Gornimont à Mettrai, déclarée d’utilité publique par un vote récent de la Chambre qui sera bientôt sanctionné par le Sénat).

La réalisation de ces deux percées peut être maintenant envisagée surtout si, comme je mTy emploierai de toutes mes forces, elle figure dans le programme des grands travaux publies actuellement à Té lu de.

J'ajoute que dans ce domaine des questions d’ordre régional, la règle d’une bonne entente et d’une collaboration étroite avec les municipalités et les collectivirés deit également être observée et je n'ai jamais cessé de la pratiquer.

Électeurs,

Vous savez que j’ai appartenu à la majorité fidèle qui, sans la moindre défaillance, a constamment soutenu le Ministère d Union nationale présidé par notre éminen t compatriote, M . Raymond Poincaré* : ' : - J ~ . =*>• •

Demain comme hier, je continuerai à lui accorder ma confiance pour F achèvement de la grande œuvre de restauration nationale à laquelle il s’est consacré.

Je vous connais trop bien, mes chers compatriotes, pour ne pas être certain que mon programme est aussi le vôtre et je vous demande tout simplement de nous associer pour lui assurer un éclatant triomphe le 22 avril.

Vive la République \

Vive la France !

Camille AMET

Député sortant.

Conseiilïer général dm Vosges.

Chevalier de la Légion d'honneur. — Croix tic guerre.

Circonscription de SAINT-ÛÏÉ.

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