‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 35 sur 336 · M. SIRE · texte numérisé non relu

M. SIRE

Élu au deuxième tour de scrutin, — 7.520 voix.

Chers Concitoyens,

Investi de la candidature radicale-socialiste par le congrès de Umoux, qui dans une pleine lumière fut par sa tenue magnifique, parla masse des militants accourus de toutes les communes de Tarrondissement, une écîaLante manifestation de lu discipline do *a cohésion et de la vitalité de notre grand parti, je viens pour la troisième fois, b l'occasion d'un renouvellement législatif, solliciter vos libres suffrages.

Mais c’est aujourd’hui dans une ai mosphère clarifiée que j’affronte le combat, sur la base d’un mode de scrutin juste, loyal et simple.

Le Paiti radical-socialiste, en se faisant le promoteurde cette réforme et en contribuant si fortement à sa réalisation, impatiemment attendue par le corps électoral, a montré une fois de plus le noble souci de son indépendance et sa volonté de comparaître franchement devant le pays, sous les plis de son drapeau largement déployé.

Parti de sincérité, de sagesse et de mesure, parti de progrès et d évolution hardie dans Tordre vers un idéal de justice sociale, de paix eL de solidarité, il a derrière lui tout son passé de conquêtes démocratiques et vers T avenir à travers les nuages d1 utopies, des bâtisseurs impatients de la cité future, le lumineux chemin de son programme réalisateur,

iU

Animé par le souffle généreux des grandes idées de liberté et de fraternité, il est hos„ tile, aussi bien dans les rapports entre peuples que pour le règlement des antagonismes sociaux, aux solutions de force, génératrices de souffrances parfois sanglantes et d’op-

pression.

A l'extérieur, il entend collaborer avec prudence mais avec une inlassable ténacité et malgré les excitations aveugles ou intéressées d’un chauvinisme indûment accapareur de patriotisme, à l’œuvre si belle et féconde de la Société des Nations. Arbitrage, sécurité, désarmement, telles sont toujours à ses yeux les trois colonnes maîtresses du temple de la paix.

Cette paix, elle doit aussi et d’abord fleurir entre les citoyens k l’intérieur de nos frontières. A la notion stérile et suranée de luttes de classes doit s’opposer le concept, bienfaisant de la collaboration sociale par la transformation, dans la légalité des conditions actuelles de l'organisation du travail et de la produc tion.

Le Parti radical-socialiste adhère pleinement au programme de réformes sociales dont s’est récemment inspiré dans son appel la C. G. T. suivait le mot toujours vrai de Paint Simon h la politique sera la science de la production »,

Déjà dans des assises récentes, le Conseil national économique dont l’important avènement marque, à I actit du ParLi radical, 1 utilisation des forces professionnelles, a discuté les premiers résultats deses études sur l’outillage national. Une vaste conquête vase poursuivre sur les conditions dans lesquelles nos industries pourraient être perfectionnées, coordonnées dans l’intérêt . commun des entreprises, de la main-d’œuvre, des consommateurs et de

l'État.

Ainsi s’ouvrent des horizons nouveaux où apparaissent égaux et solidaires un accroissement de prospérité pour les établissements et une amélioration du bien-être des Ouvriers.

Dans l'agriculture, toute une politique sérieusement étudiée, agissante et méthodique, doiL s'efforcer, dans une adaptation constante au progrès scientifique et aux leçons de l’expérience, de développer l’essor de l’activité nourricière du pays : politique des engrais et des semences des transports et de 1 amélioration de la vicinalilé rurale, politique du crédit et de ia coopération, politique de la main-d œuvre, politique de l’enseignement agricole et postscolaire, politique aussi de libéralisme, exclusive d’un esprit de réglementation abusive et respectueuse de cette indépendance paysanne qui, fortifiée par le dur labeur quotidien et 1 attachement au tenoir, s accommode difficilement de 1 entrave d’inopportun' s prohibilions poliliques enfin de fermes soutien et de défense des intérêts agricoles qui doit se concilier avec le souci des consommateurs et assurer, dans un juste équilibre, l’égalité de protectira de l'agriculture et de l’industrie.

Pour enrayer l’exode vers la ville et tarir en quelque sorte cette lente saignée qui ne tarderait pas à épuiser les ressources nutritives de la vie même du pays, il faut encore et peut-être surtout ranimer dans l’âme rurale cetie instinctive joie que procure au travailleur des champs, 1 amour du sol natal et qui s épanouira plus librement dans des conditions d'existence embellie et améliorée.

Un grand effort a déjà été accompli pour l’électrification des campagnes : il doit être poursuivi avec énergie et rapidité.

Il faut que la voie du progrès ou 1 humanité marche sans cesse vers plus de justice et de bonheur, traverse et desserve à leur tour toutes les communes tous les hameaux!

Le Parti radical-socialiste est le plus près du cœur et de l’esprit du paysan. Par son goût de la mesure, par la ténacité de son action positive et féconde, par ses origines et par son idéal il est comme le reflet de celte pondération et de ce bon sens des “ruraux, qui savent que malgré la splendeur de 1 éblouissant soleil, les moissons toujours incertaines, se créent patiemment dans l'àpre labeur du sillon.

Les finances publiques, citoyens, devraient être soustraites à l’esprit de dénigrement

systématique des parLîs.

Les radicaux-socialistes, en prenant le pouvoir, avaient eu le mérite d’accepter seuls, courageusement, au lendemain d une législature prodigue et imprévoyante, l’énorme passif

e (ieUe flottante de plus de 90 milliards et d'une deLfe à court terme dont les échéances massives allaient s’élever pour la seule année 1925, au chiffre global de 21 milliards

°J° Malg°réce terrible héritage et un déficit budgétaire de près de 2. milliards, le Gouvernet avait entrepris résolument un vigoureux effort d’assainissement. A VexLérieur l’institution du plan Dawes avait permis non seulement de dégager de nuages menaçants l’aimosphère internationale, mais aussi d’amener l’Allemagne à s’acquitter régulièrement du payement des réparations. Le nouveau budget avait été rigoureusement équilibré.

Dans un but politique, une odieuse campagne de panique alors se déchaîna afin de renverser le Ministère, par la chute même du crédit de l’Etat.

Ce sera l'honneur de notre grand parti d’avoir, au bord de l’abîme, hissé son patriotisme jusqu'à l’oubli de toute division et d’avoir collaboré, dans une pensée d’union nationale à l’œuvre commune de redressement et de salut public qui allait être inaugurée.

1 Par ce geste, il a bien mérité du pays et en regardant aujourd’hui le chemin parcouru, n’a-t-il pas la satisfaction de constater combien son impulsion sur l’action gouvernementale a été féconde pour l’accomplissement des réformes démocratiques qui ont été réalisées ?

Le rétablissement du scrutin d’arrondissement, le vote des lois militaires et du service d’un an, celui des assurances sociales constituent en effet, d’éminentes applications du

programme radical. t .

Malgré les difficultés financières, le Gouvernement s’est eflorcé de témoigner eflectivement aux victimes de la guerre une reconnaissante sollicitude. Les États généraux, de la France meurtrie ont rappelé, dans une manifestation grandiose, le caractère sacré d’une dette à laquelle le Parti radical, dans sa patriotique gratitude, jamais ne se dérobera.

Mais le redressement n’est pas achevé. ï! doit avoir pour couronnement nette stabilisât ion légale de la monnaie, qui seule pourra consolider définitivement le rééquilibre de l’économie nationale.

Cette mesure est impa Liemment attendue et ne saurait être retardée au delà du moment où auront été réunis les moyens nécessaires et suffisants pour qu’elle s’accomplisse victorieusement dans une absolue sécurité, ainsi que dans le respect des droits acquis.

Sous le poids d’une fiscalité écrasante, le contribuable français a aLteint 1 extrême limite de son rendement. 11 incombera impérieusement à la nouvelle Chambre de s’attacher à alléger ce fardeau ou tout au moins, d’abord, à en répartir la charge de façon plus

équitable. . ,

Respectueux de la propriété individuelle qui lui apparaît comme un stimulant vmhant de l’activité humaine et comme une solide garantie de l’indépendance du citoyen, le Parti radical entend seulement, sans porter atteinte au principe, en réprimer les abus.

Le pivot de sa politique fiscale est et restera l’impôt progressif et global sur le revenu. Désireux de l’assouplir et non pas d’en aggraver à l’égard des contribuables de bonne foi le formalisme ennuyeux, il s’efforcera cependant, au moyen d’ententes internationales, de pouvoir atteindre par un contrôle à plus longue portée, tous les déserteurs de leur devoir contributif et les capitalistes fuyards qui font émigrer leur fortune à l’étranger.

Les impôts de consommation sont malheureusement necessaires mais injustes. Il conviendra de les reviser et de les réduire de façon à dégrever, dans toute la mesure compa-

tible avec les nécessités budgétaires, les classes laborieuses.

La taxe sur le chiffre d’ affaires, si lourde pour le consommateur et incommode pour le commerçant, devra être progressivement remplacée, pour toutes les marchandises, par une taxe à la production*

A travers l’inextricable broussaille des textes fiscaux, il faudra également porter .c coup

do hache de simplifications pratiques et simples.

L’énergie politique d'économies qui a été entreprise, devra être continuée arec méthode et persévérance, en vue de la disparition de tous les organismes que de nouvelles réiormes

administratives pourraient rendre superflus. .

Mais cette œuvre de longue haleine exige, pour produire des résultats bienfaisants, de

n’èlre pas guidée par un injuste esprit de prévention à l’égard des serviteurs de l’État et par un dogmatisme destructeur.

Il serai L imprudent de vouloir rompre délibérément le cadre des traditionnelles circonscriptions qui ont eu le mérite depuis plus d'un siècle d’existence, d’avoir servi fermement de support au milieu des crises les plus diverses et notamment durant la dernière guerre, à l’activité administrative du pays.

La réforme judiciaire ne saurail être, sans retouches profondes, ratifiée.

La suppression des tribunaux d’arrondissement fut, en effet, une lourde erreur qu’il importe, clans l’intérêt meme des justiciables, de réparer.

Dans son programme de réorganisation, il est aussi une création future : l’école unique que le Parti radical a l’ardente volonté de réaliser.

C’est par l'intelligence autant que parle sentiment, que s’éveille en nous l’amour des institutions républicaines. Le développement de l’instruction dans la laïeiLé doit être l’une des préoccupations essentielles des démocraties basées sur l’égalité politique des citoyens.

L école unique sera 1 appel aux élites par le renversement des barrières sociales et des privilèges de classe sur la route ascendante du savoir.

Chers compatriotes, telle est ma profession de foi,

"Vieux républicain, et déjà vieux militant, je voudrais qu’elle vous apparaisse comme le reflet de mes convictions ardentes et quelle porte jusqu’à vous, avec mon programme, un peu du souffle généreux qui anime mon parti.

InvesLi à deux reprises de votre confiance, ayant groupé en 1924, dans l’arrondissement de Limoux, 7.699 suffrages eL dépassé de près de 2.000 voix la somme des minorités recueillies par les trois autres listes concurrentes, ne suis- je pas en quelque sorte moralemeot depuis neuf années, voLre légitime représentant?

Dans ce rôle ingrat, mais non sans honneur, j’ai conscience de vous être resté étroitement attaché par le dévouement,

ht si j ai le regret aujourd’hui de ne pouvoir vous rendre compte d'an mandat que j’ai éLe privé d exercer, j ai au moins la satisfaction de m’être consacré inlassablement, dans ma modeste sphère, à la défense de vos intérêts et de vos droits.

Sur de votre fidélité, c est sans inquiétude que j’attends votre verdict.

Le Parti radical-socialiste, puis-anf. par fa vaillance et le nombre de ses troupes, fort par sa doctrine et grand par les services qu’il a rendus au pays, est devenu l’un des fondements les plus solides du régime républicain.

Une luis de plus, la victoire va lui être acquise.

Derrière son drapeau, groupons-nous, et nous souvenant du cri de ralliement que lança h une heure difficile, le chef éminent, que dans i’Âude entoure notre respect affectueux*

Citoyens,

Soyons un. s, soyons disciplinés, et d un meme élan, d’ntî même cœur, travaillons C résolument et, s il Je faut, luttons ardemment pour la France et pour la République ! r>

Piehhe SIRE

Maire de Fa

Conseiller gé aérai de PÀude,

Aux Électeurs,

Je me présente à vous et ce n'est pas en inconnu. Dans les cantons de Narbonne et de Coursan, fai plusieurs fois, avec succès, sollicité les suffrages. Député sortant, le Parti socialiste pose ma candidature dans la première circonscription de Narbonne. Vous me connaissez ; vous avez pu me juger.

Je reviens devant vous avec les mêmes opinions politiques, avec la même volonté de défendre ceux qui travaillent et de concourir, par mes efforts continuels, à la prospérité de ma petite patrie narbonnaise.

Né du ns le pays, d'une famille très ancienne, viticulteur et fils de viticulteur, je connais les besoins de la circonscription dans les moindres détails.

Mais il est un triple idéal pins haut encore pour un Français républicain et socialiste et

cet idéal domine tout mon programme politique ;

— Salut et redressement économique do pays.

— Maintien et élargisse memL de la République qu’il faut faire de plus en plus démocratique et de plus en plus sociale.

Fondement solide de la paix humaine-

Partisan convaincu de la liberté absolue de conscience, je professe que toutes les opinions ont le droit de s’exprimer sans contrainte et de se heurter publiquement les unes les au très

Mais je professe, aussi, que tout citoyen a le droit de choisir et doit demeurer libre de choisir entre les opinions exprimées et je suis hostile à tout sectarisme, à toute coercition, à tout viol de conscience.

C’est pourquoi j’adresse un appel loyal et franc à tous les citoyens libres.

En matière financière, j’estime avec le Parti socialiste que le problème des dettes exlc Heures de guerre ne saurait être solutionné que par une pohUque hardie d entente internationale. J’estime, de môme, que l'assainissement financier intérieur ne saurait etre obtenu que par un sacrifiée demandé à la fortune acquise. Et en demandant un effort unique et progressif à la ri hesse, nous ne faisons même pas acte de socialisme, mais tout simplement

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