‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 232 sur 260 · M. TONNELLIER, S.F.LÔ · texte numérisé non relu

M. TONNELLIER, S.F.LÔ

Élu au deuxième tour de scrutin. — 6.179 voix.

Mes chers Concitoyens,

Au seuil deceLle profession de foi, j'ai le devoir de remercier lés 6; 1 32 républicains et socialistes qui, eu 1930, mTont accordé leurs suffrages et i plus particulièrement* leë n'éfttbreux amis, connus et inconnus, qui m'ont aidé avec un dévouement admirable lors de ma campagne électorale et qui, depuis* n’ont cessé de m'entourer de leür affection,

Nous voici dans la bataille.

Celui qui se présente devant vous est resté le même homme.

Ce que j'étais hier, je le suis aujourd'hui, et je le serai demain*

Le programme que je défends est toujours celui du Parti socialiste* et il peut aisément se résumer en ces trois termes essentiels :

1° Défendre la République ;

2° Défendre les travailleurs ;

3° Üéfendfe la paix.

ï. — Défendre la République.

Socialistes, nous sommes des républicains convaincus, passionnément attachés à la démocratie.

Nous Y avons montré k de nombreuses reprises durant cette législature, notamment quand la majorité de droite, par üne indigne tentative de truquage, a vdulu attenter aux droits du suffrage universel,

En toutes circonstances, nous avons combattu la réaction et le fascisme* sa foHne la plus dangereuse.

Noua ne permettrons pas au faseismë dé prendre pied dàils l 'arrondissement de Montdidier, si profondément républicain*

Et, comme lions l'avons toujours fait* nous ne sépareront jamais de la République la laïcité* l’attachemeîit indéfectible à l’école publique*

II,- — Défendre les travailleurs.

Si importantes que soient nos préoccupations politiques, au moment ou la réaction aux abois tente un effort désespéré — maïs qui sera vain — pour prolonger sur la France sa domination néfaste, elles ne sauraient égaler bn importance le souci des grands problèmes économiques et sociaux du temps présent,

l8 La crise économique et le chômage :

Une crise économique formidable secoue le vieux mande capitaliste. Elle atteint à la fois l'agriculture, le commerce et l'industrie, et est notamment caractérisée par la présence d'une innombrable armée de chômeurs.

Cette crise, c'est le capitalisme qui en est responsable.

Aussi, nous faisons appel, une fois de plus, aux travailleurs, à tous les travailleurs, ouvriers agricoles, fermiers, cultivateurs, ouvriers de lin dus trie, artisans, commerçants, victimes, à des titres divers, de la crise économique, et nous leur demandons de lutter avec nous contre l'iniquité capitaliste, et de travailler à instaurer une société de justice; qui donnera à tous bien-êlre et liberté.

Pour atténuer les souffrances des chômeurs, de leurs femmes, de leurs enfants, nous proposons dès maintenant l'institution de l’assurance-chômage,

2° Programme agraire :

Faut-il répondre, une fois de plus, à une calomnie de nos adversaires?

Le socialisme n’a jamais prétendu dépouiller le paysan des terres qu’il a acquises et qu’il féconde, grâce à son labeur opiniâtre»

« Le parti socialiste a le devoir impérieux de maintenir en possession de leurs lopins de terre les propriétaires cultivant eux-mêmes» » (Programme du parti socialiste.)

Ce sont ceux qui nous accusent à tort de vouloir supprimer la petite propriété, ce sont eux qui la détruisent tous les jours, en accaparant toutes les terres à vendre.

Nous savons que les travailleurs de la terre sont très durement touchés par la crise économique, et c’est pourquoi nous voulons améliorer leur sort par toute une série de mesures, dont je ne citerai que les plus importantes :

a) Assurance contre tous les risques agricoles (incendie* mortalité du bétail, calamités atmosphériques, etc.) ;

h) Développement du crédit agricole afin de permettre l'accès de la propriété terrienne aux travailleurs des champs;

c) Lutte contre la spéculation par la création d’offices à gestion triparti te (blé, sucre, engrais, etc.)*

3° Programme financier :

Nous avons énergiquement protesté, au Parlement, contre la politique financière de nos gouvernants, qui ont consenti à des Etats étrangers (notamment à la Hongrie fasciste) et à des sociétés capitalistes menacées de déconfiture des prêts fantastiques, dont le total atteint près de 5 milliards.

Nous réclamons la fin de cette politique financière insensée dont le résultat le plus clair est un formidable déficit, qui a été dénoncé, non seulement par les socialistes, mais par des hommes comme M. Henry Ghéron et M. Abel Gardey, rapporteur général du budget au Sénat.

Pour faire face à une situation aussi grave, nous préconisons l'établissement d'une véritable fiscalité démocratique, qui n’accable pas les travailleurs et les consommateurs, mais qui impose plus fortement les gros revenus,

4° Education nationale :

Une des injustices les plus criantes est celle qui empêche les enTants de condition modeste de bénéficier, s’ils en sont dignes, de renseignement secondaire et supérieur.

Aussi, nous voulons l égalité de tous les enfants, riches ou pauvres, devant 1 instruction.

5° Programme d'hygiène :

Lutte contre les fléaux sociaux et* en particulier, contre la tuberculose.

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