‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 105 sur 266 · M. COÏ · texte numérisé non relu

M. COÏ

Élu au 2® tour de scrntin.

Citoyens,

J’accepte par devoir la candidature qui m’est imposée. Le triomphe de la

République est défiaiiif. J’approuve les lois acquises; la République ne doit pas revenir en arrière, ^ ^

Il faut reviser la Constitution dans le sens dénaocratique le plus large et

a order résolument les affaires, les féformes économiques et sociales 11 est temps d’aboutir.

Les questions sociales priment tout. J'appuierai de toutes mes forces les propositions et les mesures capables d’améliorer le sort du travailleur. Je sais partisan de la création des caisses de retraites ouvrières.

Vous connaissez mon programme économiqne depuis que je lutte pour la production nationale contre les produits étrangers.

Je défendrai les intérêts viticoles et industriels de la circonscription Pour que la viticulture puisse sortir de la crise qui la ruine il faut;

Opérer la réforme de l’impôt des boissous; supprimer les taxes intérieuressupprimer ies octrois, prohiber la fafaricatiou industrielle des raisins secs. Nous verrons ensuite de relever les droits de douane sur les vins étrangers

La question des chemins de fer a pour les vins une importance capitale, faut secouer l’esprit de routine dans lequel se traînent toutes les Comnagnies pour les expéditions de petite vitesse; il faut obtenir des réductions de tarifs et réorganiser sur de nouvelles bases le comité eonsuitaiif des chemins

:î fl représentation aux.délégués des sociétés agricoles

et des chambrés dé commercé.

d'nrinf’ intérêts agricoles, il est indispensable

départemenia^eT^ P*»* ^^^ation de chambres

Citoyens, je ne suis l’homme d’aucune coterie, — je respecte toutes les convictions. Je fais appel à toutes les bonnes volontés. — Je voudrais que tous

Vive la République!

Docteur CO T.

Circonscription de LODÈVE.

M. Paul VIGNÉ,

Élu au 2® tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Pour la première fois, la lutte électorale s’est engagée dans notre arrondissement avec une tactique nouvelle. Dans les deux congrès républicains tenus à Lodève, la majorité a décidé que le principe de la candidature unique devait céder la place à la candidature multiple.

Cela tient à ce que la grande famille républicaine s’est fractionnée en deux branches : Tune poussant l’amour de l’œuvre accomplie par tous, jusqu’à la trouver parfaite, n’acceptant les réformes qu’avec inquiétude et défiance; l’autre, plus jeune et plus ardente, ne rêvant que progrès, ri’ayant qu’un désir : fonder une République plus républicaine.

Or, jusqu’à présent, dans Parrondissement de Lodève, la première avait dans la lutte électorale imposé ses volontés à la seconde, et obtenu, grâce à la candidature unique, une adhésion forcée à son candidat et à son programme.

La candidature multiple change cet état de choses en permettant le libre jeu de toutes les forces républicaines avec la garantie de la plus stricte discipline.

Le parti avancé de l’arrondissement a bien voulu me confier la défense de son drapeau. Je me suis fait un devoir d’accepter; si le succès couronne nos efforts, voici quelle sera mon attitude à la Chambre:

En politique générale, je ferai tous mes efforts pour faire triompher le principe de la révision de la Constitution dans un sens plus démocratique ; je m’opposerai à ce que les finances du pays soient traitées avec la désinvolture dont furent coutumières nos dernières assemblées. Je m’élèverai contre ces discussions hâtives du budget qui étonnent douloureusement le pays, et compromettent le présent et raven}r 4^ |a République. Je voterai la suppression des octrois.

Je serai l’adversaire absolu 4© l’expansion coloniale à outrance qui, depuis quelques années, pousse nos gouvernants aux expéditions les plus aventureuses, les plus irréfléchies. Les sept ans de pia vie passés en ces pays lointains comme médecin de la marine, les études auxquelles je me suis livré me permettent de parler sciemment de ces questions, et je serai trop heureux si, ouvrant ainsi les yeux de mes collègues, je contribuai à mettre un terme aux gaspillages de nos finances et à sauver la vie de nos vaillants petits fantassins de marine dont le sang ne cesse d’arroser les terres stériles et maudites.

Mes chers concitoyens, si vous m’accordez vos suffrages, je n’oublieraî point

qu’une grande partie do l’arrondissement de Lodève est pays de vignobles; qu’aprôs avoir lutté pendant dix ans contre le phylloxéra, après avoir accumulé efforts sur efforts, sacrifices sur sacrifices pour là reconstituer, le viticulteur se trouve aujourd’liui aux prises avec la concurrence déloyale que lui font les vins étrang-irs et ceux de raisins secs, et qu’il n’arrive à tirer de son vin un produit rémQoérateur,

Je m^engage à faire de cette question une étude spèciale, à lui assurer tous mes efforts et à lutter de tontes mes forces contre la ligue des députés du Nord, dont les intérêts sont si divergents et qui n’ont qu’un but : l’écrasement économique du Midi,

Mes chers concitoyens, fils d’ouvriers, sorti des couches populaires, je^ne perdrai jamais de vue ce que Je dois à l’ouvrier, ce que je dois au peuple, c’est dire que toutes les reveodications ouvrières jusqu’à présent inécoiuèes, qu6 toutes les réformes, jusqu’à préseot écartées ou mutilées, trouveront eu moi le plus âpre, le plus acharné, le plusinfatigahle défenseur î

Lois sur les syndicats, loi plus démocratique sur la chasse permettant aux hommes peu fortunés de prendre daus un bureau de tabac un permis de chasse journalier, avec lequel ils peuvent prendre une journée de distractioa*

Lois sur les Caisses de retraite pour la vieillesse, sur l’assurance mutuelle, sur les fédérations syndicales, sur les délégués mineurs, sur l'hygîènede Tusine et de l’atelier, toutes celles, en un mot, qui ont pour but l’amélioration de la classe ouvrière, auront en moi le plus fervent adepte et, j’ose le dire, le plus ardent pro moteur.

Voilà, mes chers concitoyens, ce que je ferai, si voua m’accordez vos suffrages. Enfant du pays, je serai tout au pays. Ouvriers de la terre, de l’usine, de râtelier ou de la mine dont le sort peut et doit être amélioré sans préjudice pour vo'4 pa irons, viticulteurs qui souiïrez de notre état économique, vous trouverez*eû moi un défenseur naturel, uu ami et tin frère.

A Turue donc, le 20 août, mon triomphe sera le vdlre* Vive la Bépu-' blique ï

" Docteur Paul VIGNÉ.

!'■" circonscription de MONTPELljIEÎi.

M.Éfe COUSIN,

Élu au 2'* tour de scrutin.

Mes chers compatriotes,

Je désirais rester le simple et dévoué soldat de l’armée démocralique, cl me teiiir à l'écart de la lutte électorale qui vient de s’engager. La candidature

m’a été imposée comme un devoir é remplir, une œuvre d'apaisement et de réconciliation à opérer. Je l’accepte donc comme elle m’est offerte, sans aucune arrière-pensée d’ambition et dans le seul but de sceller l’accord de tous les bons Français, de tous les citoyens désintéressés qui n’ont en vue, comme moi, que

l’intérêt général. ^

Je ne suis ni un sectaire, ni on intolérant ; je n’appartiens à aucune cotene; je respecte toutes les idées et toutes les croyances, mais, si j’ai l’honneur d’être votre éUi, je demanderai sans cesse au gouvernement républicain, auquel je ne refuserai jamais mon concours pour ce noble but de marcher dans la voie du progrès social et des réformes démocratiques.

Je remercie du fond du cœur tous ceux d’entre vous qui m’ont confié l’honneur de porter le drapeau de la République, Ni mon caractère, ni mes goûts ne me portent aux luttes passionnées et aux querelles de personnes.

J’espère que, dans ces conditions, la lutte électorale se passera avec la dignité et le calme réfléchi qUi conviennent aux populations intelligentes dont je sollicite les sufl'rages, et que vous attendrez comme moi, avec une ferme confiance, le résultat du scrutin du 20 août.

Vive la France 1 Vive la République!

Élie COUSIN.

2‘ circonscription de MONTPELLIER.

M. Jacques SALIS,

Élu au 1" tour de scrutin. '

Mes chers concitoyens.

Vous êtes appelés à élire un député.

Les deux congrès du parti ouvrier socialiste et des républicains radicaux socialistes m’ont fait l’insigne honneur de s’unir sur mon nom et de me designer à WB libres sufîrages.

Les liens étroits de reconnaissance ijüi m^unissent à vous depuis si long^ temps me font un devoir d'accepter la mission que runanimité des délégués des communes a bien voulu me confier.

Vous savez qui je suis.

Vous connaissez depuis de longues auiiées déjà mes opinions, les convictions profondes qui m'animent et mou désir ardent de bien faire, en allant toujours de i 'avant dans la voie des réformes et du progrès*

La Chambre dont le mandat vient expirer a mécontenté le pays par des

discusBions irritantes e^es mterpdlations stériles, ^ont vous ave^ tons conservé le pénible souvenir*

il faut bien reconnaître qu’elle n’a pas répondu aux aspirations et aux vœux de la nation, en préférant se livrer à des controyerseg politiquea et inutiles, plutôt que d’entreprendre Pexamen scrupuleux des améliorations et dos réformes dans l'ordre économique et social*

Je ne me suis, ni de près, ni ’de loin, associé à ces débats regrettables, suscités souvent et entretenus avep passion par le? ennemis de la République.

J*ai consacré tous mes soins, toute ma bonne volonté, à l’étud^ modeste, m^is autrement sérieuse, des lois d'afTaîres, des réformes pratique^ qui vous tiennent à cœur et qui qnt toujours fait Tobjet {|e mes constante^ préoccupations.

Je me suis voué, ï^vec la plus loyale emGértté, àrexaraen dé ces lois sociales les plus indispensables au travail, à Tagriculture, au commerce et à rindustrie de la na|ipü.

Ces lois, la Chambre défunte les a malheureusement laissées en spufîrance, et, malgré nos efforts, notre bonne volonté, il n'a pas été possible de les établir et de les mener à bonne fin avant Pexpi ration de cette législature*

Si cette législature, en effet, s’est montrée impuissante à réaliser plug de projets, c’est qu’elle était trop divisée, trop troublée, trop profondément agitée, pour entreprendre, avec Tesprit de suite indispensable, des œuvres de longue haleine*

Les récents et douloureux événements qui se sont déroulés à la tribune du Parlement et au milieu desquels s’pst effopdré riionneur de certains hommes politiques, n’ont pas été étrangers à cette déplorable situation.

Il importe que des faits et des incidents de cette nature ne puissent désormais se reproduire.

Profondément révoltée dans sa vieille et son inaltérable honnêteté, la France a tressailli de colère et d’indignation lorsqu’à éclaté brusquement le coup de tonnerre du Panama*

Elle ne veut plus qu’il soit permis, dans l'avenir, aux représentants du peuple, de se livrer à d’odieux trafics et de faire servir leur mandaf à la réalisation d’intérêts privés . : ^ ^ '

Elle ne veut plus que les représentants du peuple cumulent leurs fonctions de lég^alateur aye^ cpUè d^ directeur de sociétés financières pu autres agences in^erlopeg. .

Elle veut, enfin, n’accûrder sa confiance qu’à des homme? dont la vie publique et privée soit exempte dé tout reproche et de tout squpçon*

Citoyens, si je suis votre élu, je vous alfirme que je consacrerai, couime par le passé, toute mon énergie et toutes mes forces au bon combat pour la République et pour la défense des intérêts de DolrerégioQ,

Je reprendrai à nouveau, avec uue ardeur encore plps grande, cette importante réforipu de l'impôt des boissons.

Dès le premier jour, dé? la pçqinièrp heure, jp soumettpi au Parlement le

projet relatif à la réforme de Oette législation fiscale sorannée qui pèse si lourdement sur la viticulture et le commerce depuis 1816.

Je vous affirme, citoyens, que je ne renoncerai à cette lutte que lorsque pleine et entière satisfaction nous aura été accordée. Je rédamerai de nouveau raboliiion de tous les droits sur les boissons hygiéniques, raboliüon de Texercice et le retour au droit commun pour les commerçants en liquides.

Enfin, je demanderai, dans l'intérêt général du commerce du eu d-ouest, rétablissement maritioie postal avec tête de ligne à Cette et avec toutes les conséquences que comporteront les nouveaux services.

J'ai également accepté le programme du parti ouvrier socialiste et des radicaux socialistes de notre cifconscriptionj

J^ai promis de soutenir et de défendre énergiquement les aspirations et les revendications légitimes de îa classe la plus mtèressante et la plus malheureuse, celle des trayailleurs.

Vous savez, citoyens, que je n^ai jamais failli à une promesse donnée et que j^ai trop le sentiment de mon devoir et de mon honneur pour jamais tromper la confiance de mes électeurs et, tant que je tiendrai dans mes mains le drapeau de la République démocratique et sociale, vous u’aurez à craindre, de ma part, ni défaillance, ni faiblesse.

Vive la Bépublique démocratique et sociale 1

Jacques SALIS, docteur en droit.

Député sortant.

Programme du parti ouvrier socialiste ^ visé dü7is la pièce précède :

Le congrès du parti ouvrier socialiste, tenu à Cette le 30 juillet dernier, a décidé de présenter à vos libres suffrages le citoyen Salis,

Son nom est assez honorablement connu et vous n*ignorez pas noh plus que, dans les divers mandats qui lui ont été confiés, il a, tout en restant fidèle aux engagements contractés, suivi — ce qui par le temps qui court n’est pas à dédaigner — la politique des mains nettes. Son passé est pour nous un sûr garant de Tavenir.

Profondément dévoué à îa République, qu’il cohsidëro iion comme le but atteint mais comme le meilleur moyen d’arriver au mieüx-ètre, pour tous sans distluction de clauses, il est ^adversaire irréconciliable de ce régime bâtard, fait d'injusiice, d’appétits et de honte qifon appelle l’bppOriunismé, régime qui n^a rien de commun avec notre glorieuse et immortelle Révôlulion*

Après un siècle de luttes politiques, aü sein même de la nation, (iâbilèment maintenues par une poignée d’intrigants et de tripoteurs sans vergogne, il reéoh-

naît que l’heure est venue de faire sur le terrain politique la concentration des forces prolétariennes pour, d’un concours unanime, s’occuper économiques et sociales, après lesquelles le peuple aspire depuis tant d années Ces fiées qu’il préconise, il les a déjà affirmées a laderniere législature en s’associant do plein cœur à toutes les questions et propositions socialistes luté-

Il accepte et promet de défendre, avec la compétence, l’énergie et l'ardeur que vous lui counaisseï, le programme du parti ouvrier socialiste qui contient les desiderata de nos justes revendications. Nous ne pouvions donc, sous tous les rapports, faire un meilleur choix.

Socialistes,

Depuis la défection de l’extrême gauche, noyée dans ^opportunisme, la République sociale et le programme socialiste ne peuvent avoir de défenseurs, a la üouvelle Chambre, que duns les élus du parti ouvrier.

^ Tous, affirmons donc notre parfaite indépendance en conservant, ■> * garde de la grande armée du prolétariat, notre place distincte, notre drapeau et

notre programme.

TrayaiUeurs,

La République, pour nous, c’est l’émancipation complète du travailleur 1 Vous qui souffrez de la misère et du chômage, ouvriers courbés sous la tyrannie du capital, petits boutiquiers, peiits commerçants, petits fabricants ruinés par la concurrence impitoyable de la haute industrie monopolisée, aidez-nons a faire

triomoliet VOS revendicaiions, .

Nous étouffons dans le vieux monde social si soigneusement maintenu par

la dictature opportuniste, ,

Créons un nouvel État, un nouvel ordre de choses où les pauvres et les

riches seront confondus dans la môme famille, dans la patrie française, dans l’humanité.

Vive la République sociale I Voici le programme du parti ouvrier socialiste :

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