‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 215 sur 266 · Partie parisienne · texte numérisé non relu

Partie parisienne

Rentrée de la ville de Paris et du (^épa^tement de la Seine dans le droit commun. — Suppression de la Préfecture de police. — Droit pour les élus de Paris d'administrer la Cité selon la loi de 188Î.

Restitution par TÉtat à la ville et au département des sommes indûment perçues.

Payement de celles qu’il doit. — Participation de TÉtat dans tous les travaux parisiens d’intérêt général .

Le Conseil municipai sera autorisé à réformer Tassiette des taxes locales, à supprimer i’octroi, à frapper tous les terrains non bâtis et appartements non loués.

Suppression des fortifîcations. — Le Métropolitain laissé à la ville de Paris.

Les tramways concédés directement par elle.

Paris-Port de mer.

Engagement du candidat, une fois élu, de porter à la tribune de la Chambre

la question du compteur kHométrique, dans le cas où elle ne serait pas résolue par le Conseil d’Etat selon le vœu de la corporation et du syndicat des cochers.

Pour le Comité :

Le Secrétaire,

Glotte P

Accepté : Clovis HUGUES, ancien député.

Je me présente librement à vos libres suffrages, avec la recommandation d'un passé où je défie mes adversaires les plus déloyaux de relever la moindre faute contre l’honneur politique ou privé, à moins qu'ils ne soient gouvernementaiement intéressés à m'éclabousser de la boue qui les alimente.

J'ai signé dans ma vie beaucoup de programmes ^ je les ai toujoars respectés, pour ne pas perdre le droit de me respecter moi-méme. Celui que je viens d'accepter impérativement, sous la sanction de ma conscience et de mon comité, ne diffère des autres que par la possibilité d’une réalisation immédiate ou rapprochée, Nous nous sommes tenus à ce qui est devant nous, à ce qui porte dès à présent en soi sa solution naturelle, à ce qui passerait inévitablement de la ihéurie dans le domaine du fait, si le pays se décidait vraiment à chasser de la République les aigrefins qui la déshonorent en pillant l’épargne et en bâillonaant la liberté.

Cela ne signifie point que je refuserai le concours de ma parole et de mon vote aux réformes qui, sans avoir été encore suffisamment mûries par le temps, fout déjà partie du glorieux héritage des droits et des devoirs réciproques promis à la démocratie d'avant-garde. La plupart des justes réformes réclamées par des individualités ou par des groupes qui me les opposent triomphalement, je les ai Tune après l'autre soutenues daus la presse, proposées à la Chambre ou défendues à la tribune. Je m'en ferai de nouveau l'apôtre passionné, tant qu'il y aura une ïrihune et tant qu'il y aura un journal j mais je commencerai tout d'abord par celles qui peuvent être immédiatement réalisées.

Au surplus, je ne suis pas fâché que les sectaires me combattent. Je les blâme sans cesser de les respecter, quand c’est leur seule sincérité qui les aveugle au point de me confondre avec les pires ennemisde leurs idées; mais je ne demande leurs suffrages qu’à ceux d’entre eux qui ne sont ni des chefs autoritaires ni des disciplinés à outrance. J'apporte à ceux-là tout mon passé, tout ce qui fut ma jeunesse, en supposant qu'on ait eu une Jeunesse quand on Ta passée presque toute entière en prison pour la défense des humbles et des déshérités; Je leur apporte également tout ce que j'ai écrit, tout ce que j'ai essayé pour assurer légalement le bonheur du peuple, tout ce que j'ai dit à la tribune, tout ce que j'ai voté dans les Gtiamhres. S’ils me refusent leurs voix, cela ne fera point que je leur aie jamais marchandé mou dévouement, pas plus que

C61q n6 ïîi*€iïipêchcra dû les défciidro Bneors^ d^ns tdutfis les circoustencesou le drâpes^u, qui appartient à tous, n'aura point à s’abaisser devant la coterie.

Pai la prétention d’être un ouvrier, puisque je vis de ma plume, en simple salarié du journalisme , et puisque la plume est à la fois un outil de travail et un instrument de progrès; mais j'estime que ie socialisme ferait fausse route s’il se préoccupait exclusivement de la classe la pliîs déshèritét*, c’est-à-dire la classe ouvrière, sans jamais rien réclamer en faveur de remployé, du commerçant et du petit industriel, qui constituent, eux aussi, une sorte de prolétariat illimité, chaque jour plus menacé, grâce au monopole qui accapare tout, les bras comme ïes cerveaux, les capitaux comme la main-d’œuvre, dans une société ou les conditions économiques de la vie oni changé du tout au tout et qui iiolîre plus de garanties qu’à la double féodalité industrielle et financière.

Le tort des révolutionnaires et des possibilistes organisés en parti de classe a été d’exclure du groupement des forces socialistes et do repousser comme un élément bourgeois ou patronal tout ce prolétariat du bureau, de la boutique et du cnmptûir, dont ils ne se souviennent que dans les périodes électorales, pour le faire trébucher an piège du scrutin, sous le prestige de la phrase opportunément conciliante.

3e ne suis pas pl us pour ce genre de socialisme que je ne suis pour Pacceptation chez nous, au même titre que nous, et sans la moindre responsabiüLè miliîaire devant le drapeau, de cette horde d’étrangers qui envahissent Fusine et Fatelier français, surtout en ce populaire quartier de la Villette-Combat, où, grâce à eux, Fborreur du chômage s’ajoute trop souveût à la baisse des salaires.

Ou nous crie : « Plus de frontières l Vive l’Internationale 1 iï Je ne demande pas mieux, ia grande industrie et la haute banque ne se géoanl; pas pour effacer les frontières économiques, au détriment de l’épargne et du travail nationaux ; mais je demande aussi que les étrangers commencenl ou qu’ils restent chez eux* Nous savons trop ce que devieunent les belles protestations de fraternité des délégués allemands quand ils sont retournés dans leur Allemagne, avec la poussière de notre pays à leurs souliers.

Ou Vous a dit que je suis un rêveur. Je suis aussi un travailleur qui a le souci de tous les problèmes politiques et sociaux de son temps. Si je m étais contenté de rêver, je n’aurais point à vous offrir comme garantie de ma fidélité dans Favenir la lutte incessante où j’ai dépensé les meilleures années de ma vie* Vous me verrez du reste à l’oeuvre si vous me faites rhonneur de me rent^oyer à la Chambre. Non seulement Je voterai tout ce que je vous ai promis ; mais Je m’engage a formuler en propositions de loi et à défendre à la tribune, au cours des quatre ans qui vont s’écouler, tous les articles du programme que j ai accepté.

Et l’engagement sera tenu !

Vive la France I Vive la République démocratique et sociale l

Clovis HUGUES, ancien député*

2® circonscription du 19® arrondissement de PARIS. M. PRUDENT-DERVILLERS,

Élu au 2’ tour de scrutin.

FÉDÉHATION des TIlAVAILtEtins BOCIALfSTES DE FHAKCE.

Aux électeurs I

Citoyens, le comité électoral des quartiers d’Amérique et du Pont-de-FIandre, qui fit dernièrement triompher la candidature ouvrière du citoyen Picau présente a vos suffrages, pour l’élection législative du 20 août, le citoyen Prudenl-Dervillers, conseiller moaicipal de Paris,

Le comité ne doute pas que vous ne ratifiez son choix et que, sur le nom de son cacdidat, vous n’assuriez la victoire du travail, c’est-à-dire de la République sociale, ^

Le comité ouvrier s’adresse avec d’autant plus de confiance au corps électoral de la deuxième circonscription, que le citoyen Prudent-Dervillers est avantageusement connu dans leXlX" arrondissement qu’il a habité. Chacun se rappelle encore sa participalhn aux campagnes électorales passées, au cours desquelles il défendit avec tant d’ardeur le si regretté Chabert, dont il était l’ami mlime. On n'a pas oublié non plus avec quel talent il vint défendre chez nous la cause républrcaioe et les intérêts supérlears du travail.

Son passage au conseil municipal ne l’a que mieux fait connaître, en mettant en lumière la fermeté de son caractère, la rectitude de son jugement, la netteté de son esprit et son dévouement au sort des pauvres, des déshér/tés, des producteurs. La situation, d’ailleurs, qu’il s’y est faite, est pour tous un sûr garaut du rôle qu’il remplirait à la Chambre.

Le pays et Paris surtout, ont besoin, en ce moment, de ces hommes dont aonorabilité est inattaquable et dont les •sentiments n’ont toujours vibré aue pour l'égalité, la solidarité, la justice. ^

Quand tout semble autour de nous se décomposer j quand on voit l’impro- 1 é se produire et s’afficher avec impudence; quand on constate que les intélèts les plus légitimes ont été méconnus, que des attentats aussi iniques que la armeture et l’occupation militaire de la Bourse du travail peuvent impunément se commettre, au risque de déterminer une immense désespérance dans esprit et le cœur des masses ; quand, enfin, l’héritage de la Révolution ançaige est menacé parles éternels ennemis de toute idée d’émancipation il est nécessaire, pour les électeurs, de ne choisir, pour les représenter, que des nommes éprouvés, résolus, connus par un passé sans tache.

Le citoyen Pradent-Dervillers eat de cenx-là.

Citoyens électeurs,

Si vous êtes bien pénétrés de Pabjection dans laquelle sont tombés les dirigeants parlementaires ; si l’histoire scandaleuse de ces dernières années vous a convaincus de la nécessité de réagir contre les errements du passé; si vous ave;: assez du régime d’iniquité, d’injustice, d’intrigues, de convoitises contre lequel une immense protestation s’élève, von s voterez pour le citoyen Prudent-Dervillers, le candidat socialiste que vous présente le comité électoral ouvrier. C’est un homme à la conscience saine et robuste. Son nom signifie; guerre au népotisme qui nous ronge, aux pilleries financières — panamistes et autres ^ qui rainent les laborieux.

L’heure est solennelle I Un vote inconscient pourrait avoir les plus redoutables conséquences. 11 faut sauver notre pays d’une déchéance morale et matérielle dont les premières atteintes se font sentir. Pour cela, il faut que votre manifestation soit caractéristique et indique nettement votre volonté de réaliser

toutes les réformes qui doivent concourir à l’affranchissement du prolétariat.

Que votre vote marque aussi une préférence pour le programme du parti ouvrier — [programme, qui résume dans son ensemble, toutes les aspirations formulées par le mouvement socialiste contemporain et dont le citoyen Prudent- Dervillers sera l’ardent défenseur.

Citoyens, de la décision, de l'énergie, de l’entente et la victoire est certaine. Pensez qu’en votant tous, le 20 août, pour le citoyen Prudent-Dervillers, vous assurez le triomphe de la République sociale et de la cause du Travail,

Vive rémancipation des travailleurs 1

Pour le comité électoral ouvrier de la deuxième circonscription duXIX' arroudissement (suivent un grand nombre de signatures).

Vu, le candidat ; PRUDENT-DERVILLERS.

M, Prudent-Dervillers a accepté le programme législatif du parti ouvrier socialiste révolutionnaire adopté par le sixième, congrès régional, tenu à Paris, en mai 1883, qui figure à la page 888.

1" circonscription du 20° arrondissement de PARIS. M. V. DEJEA.NTE,

Élu au 2° tour de scrutin,'

PARTI OUVRIER SOaALISTE RÉVOLCIIOHNAUIE , FÉDÉRAXIOS BU CEHTBE.

Citoyens,

Le 20 août, 4.562 suffrages se sont afürmés sur les programmes nettement ouvriers, socialistes et révolutionnaires.

Cette majorité aurait été plus considérable encore si des voix ouvrières ne s’étalent égarées parmi les bulletiua de vote delà coalition bourgeoise, opportuniste et boulangiste, sur le nom du candidat de l’équivoque, noos avons nommé M. Camélinat.

Il y a quatre ans, vous l’aviez chassé honteusement ; ce serait renier votre passé, ce serait vous déshonorer que de l’accepter aujourd’hui.

Durant ce laps de temps, il ne s’est pas amélioré; au contraire 1 Ancien ouvrier, il n’a jamais réintégré l’usine, Il s’est embourgeoisé complètement, il est devenu l’émule de Tolain.

Mais il a été à l’école de l’intrigue ; parce que vous avez fait triompher le programme du parti ouvrier, il en a accaparé les idées, il s’est fait faire une biographie aussi pompeuse que mensongère, pendant que, d’autre part, sournoisement, il s’assurait l’appui des ambitieux et des traîtres de tous les partis.

Sans calomnie aucune, parce qu’il y a des choses qui n’ont pas été dites et qu’il faut dire, nous allons lui arracher son masque ouvrier et faire connaître ce qu’il a été et ce qu’il est.

— M. Camélinat est patriote avec les boulangistes, il ose solliciter vos voix, è vous qui avez payé l’impôt du sang, et son fils est réfractaire à la loi sur l’armée.

— Membre de la frano-maçonnerie, if est soutenu par elle au même titre que Floquet.

— Il prétend défendre les intérêts des travailleurs, et il se fait patronner par une ligue qui a juré de tuer leurs sociétés coopératives.

— Ancien député, ü ne craint pas de se réclamer do ce titre. Alors qu’il n’a été, eu 1885, que l’élu de la presse bourgeoise et son prisonnier.

— Il parie de son rôle à la chambre, quand il ne fut jamais qu’un parlementaire muet, qu’il ne s’est jamais occupé de ses électeurs et n’a point daigné leur rendre compte de son mandat.

-- 11 se déclare antipanamlstc aujourd'hui. Il vota, le 28 avril 1888, l’émis-

sion des valeurs à lots du Panama^ avec les Baïbaut, les Sans-Leroy, etc,

— Il invoque la propagande socialiste qü^ü dit avoir faite en faveur des syndicats; OFj il a eu Thonneur d^être délégué aux exposiiîons d'Amsterdam et de Boston et les ouvriers du bronze attendent toujours qu’il lui plaise de déposer son rapport.

Il fait des promesses à tous tes partis. Il s'adresse aux travailleurs comme aux commerçauls, J1 veut tromper tout le monde. Qui voudra se laisser duper par Ini 7

Ce n'est pas le candidat Camélioat que nous avons en face de nous, c’est le candidat Caméléon.

Citoyens, en présence d’un tel adversaire, toute tentative de désunion serait uns trahison à la cause ouvrière et socialiste.

Il ne peut y avoir, il n’y a qu’un seul candidat du travail, qu’un seul candidat de protestation contre la fermeture de la Bourse de Paris et les massacres policiers de juillet, c’est le citoyen V. Dejeante.

L’homme, vous Pavez vu pendant cette période I Vous avez pu apprécier sentaient, l’ardeur de ses convictions, et surtout le sang-froid qu’il sait garder dans toutes les circonstances, Dejeante n’est pas un silencieux, lui!

C’est l’orateur qu’il vous faut pour défendre vos revendications devant cette chambre de ralliés et d’opportunistes que la province est entrain de vous préparer.

Son programme, c'est celui que vous avez vu présenter auxonseil municipal par Berthaut et h la Chambre par Dumay.

Vous savez que nous sommes partisans du mandat impératif et que, comme mesure préalable, en attendant que la chambre l’ait reconnu, nous faisons signer à noire candidat sa démission en blanc.

Citoyens, ce sont des camarades de travait qui en appellent à votre souci de vos intérêts, h voire devoir socialiste. Vous avez pu lire sur nos alBches nos noms et nos professions. Nous ne doutons pas de Péleciion de Dejeante au ballottage.

Mais, pour qu’il soit fort, pour qu’il puisse parler haut et ferme, il lui faut une majorité imposante, presque l’üiiauimilé.

Citoyens, groupons-nous, formons de toutes nos volontés un faisceau puissant pour faire triompher le principe de l'émancipation des travailleurs par les travailleurs eux- mêmes, en votant pour le citoyen

V, DEJEANTE, ouvrier chapelier.

Le comité central électoral.

Vu ; le candidat, V. DEJEANTE.

M. V. Dejeante a accepté le programme législatif du parti ouvrier socialiste révolutionnaire adopté par le 6* Congrès régional, tenu à Paris, en mai 1885, qui ligure à la page 888.

2“ circonscription du 20'* arrondissement de PARIS M. Édouard VAILLANT,

Élu au 2* tour de scrutin.

Citoyens,

Le gouvernement, qui lance contre ouvriers et socialistes les bandits de sa police, assomme les Parisiens, proscrit les syndicats et ferme la Bourse du travail, prétend faire les élections et ramener à la Chambre, et à son service la môme assemblée de panamistes, de ralliés et de traîtres. ’

Le ministre Dupuy, dont les lauriers de Fourmies troublent le sommeil et qui rêve d’en cueillir de pareils dans le sang des Parisiens, Dupuy, émule de Conslans, l’a promis : il bridera le pays et en bannira les socialistes gêneurs, qui dénoncent le vol et menacent la réaction. Il l’a dit, au nom de ce capitalisme dont il tient le pouvoir et porte la livrée : « l’ennemi, c’est le socialisme révolutionnaire », c’est-à-dire le socialisme, car le socialisme qui limite ses revendications et recule devant les moyens de les réaliser n’est pas le socialisme c’en est la tartullerie.

Dupuy et Constans ont raison : le socialisme révolutioilnaire est bien le seul ennemi de ce régime d’opprobre et de réaction, qui laisse circuler librement chargés des dépouilles publiques, les tripoteurs de la finance et du parlement' tandis que socialistes, syndiqués et grévistes sont frappés, traînés devant les tribunaux et jetés en prison. C’est bien le seul parti qui, poursuivant l’avènement d’une politique nouvelle, ne se contente pas d’un changement de personnes et de faire passer de l’opportunisme au radicalisme ou à toute autre coterie politicienne la garde des intérêts bourgeois. Et les socialistes restent les seuls, directs et irréconciliables ennemis de toutes les forces de réaction et de violence, ralliées autour de l’opportunisme, contre la République compromise et souillée par lui ; par lui mise en danger.

Certes, il est des réformes urgentes et que, dès 1869, réclamaient tous les républicains. Mais leur promesse a toujours été trahie par ceux même qui en faisaient leur programme : opportunistes et radicaux, arrivés au pouvoir. Aussi, pour les réaliser, faut-il, avant tout, précipiter du pouvoir opportunistes, radicaux et ralliés et complices.

C’est le point du départ nécessaire qui mènera, par la conquête socialiste du pouvoir politique, à la révolution libératrice, à l’anéantissement du régime capitaliste, à Témancipation de la classe ouvrière, à la liberté, à Tégalilé de

fait, au bien être de l’homme et du citoyen dans la solidarité de la République sociale. ^

C’est le premier acte urgent de délivrance.

Alors seulement, les réformes pourront être autre chose que de simples replâtrages d’abus ; et une révision à la fois républicaine et socialiste de la

Constitution politique et sociale deviendra possible.

U ne suffit pas d’en effacer Présidence et Sénat, pour en faire disparaître l’esprit et les institutions de la monarchie. Il faut que la souveraineté du peuple reste au peuple, au lieu de ne durer qu’un jour et d’être, en ce jour de 1 élection, abdiquée, livrée à la discrétion de nouveaux élus et maîtres. Il faut remplacer, dans la commune et dans l’État, le parlementarisme condamné et corrompu, par le gouvernement direct do peuple par le peuple. U faut au pays, faisant luimême la loi, nommant par l’élection ses fonctionnaires, ses juges comme ses députés ou conseillers, au pays, délivré de la tyrannie administrative, poUcrère et judiciaire, donner, comme éléments de son organisme politique. 1 organisation communale et cantonale, la liberté communale rendue enfin a Pans, libéré de la Préfecture de police, rentré dans le droit commun, redevenu la commune de

n faut de plus, pour que le peuple soit réellement maître de sa destinée, tju’il assure l’indépendance de son territoire, le maintien de la paix, la fin du militarisme et du césarisme et la garde de ses libertés, en même temps qu il se débarrassera d’un fardeau écrasant de dépenses, par une transformation de son organisation militaire qui, loin de le désarmer, accroisse sans cgsse ses forces, en substituant progressivement, à l’armée permanente, les milices nationales et sédentaires du peuple entier, militairement instruit et organisé, pour une

défensive invincible. . i

La constitution doit inscrire, à l’abri des limitations légales, les droits a l’existence, au travail et à ses conditions normales et humaines, à l’assistance, à l’instruction intégrale j la liberté individuelle, les libertés de ^

réunion et d’association. Elle doit établir le milieu et les garanties de la liberté,

de riniliative et de l’émancipation ouvrière. ^ ...

La liberté politique doit être définitivement instituée par la Constitution, üne amnistie, si nécessaire et complète soit-elle, n’est pas assez. C’est un intermède de l’arbitraire, qui ne doit plus pouvoir proscrire les militants de la cause républicaine socialiste et ouvrière, garantis dans leurs droits civils et politiques

contre les violences des policiers et des juges. ..... i

Par l’effet d’une telle constitution, les réformes les plus immédiates : la réforme de l’impèt, portant non plus sur le pauvre, mais en progression rapide sur le capital et le revenu du riche, pour satisfaire à tous les besoins de a misère et des services publics; la liberté syndicale; la suppression du budget des cultes et la reprise des biens du clergé ; le gouvernement civil et laïque comme l’administration ; la justice gratuite et par le jury ; tes lois protectrices du travail et des travailleurs ; la municipalisation et nationalisation des services de crédit, d’approvisionnement, d’alimentation, de travaux; enfin, tous les progrès politiques et sociaux pourraient devenir des réalités hors la portée et les atteintes des réactionnaires.

Mais rien n’est et ne sera possible tant que nous pataugerons dans le marécage opportuniste; et ce ne sont ni tes paroles ni tes formules politiciennes ou sectaires, ni tes demi-mesures qui nous ên tireront. C’est voire décision, votre énergie, qui doit jeter à bas du pouvoir et hors la République les Dupuy, GoDStauB et leur bande.

Devant le retour otrensif de la réaction, sous le coup de ses outrages et de ses menaces, il n'est plus d’hésitation possible. Et c’est à vous, citoyens du vingtième arrondissement, avant-garde de la démocratie, de donner l’exemple au pays e,t' de faire retentir l’appel socialiste de la marche en avant 1

Si telle est votre volonté, si le mandat de votre élu, le seul que je sollicite et puisse, accepter, est celui de l’action républicaine, socialiste et révolutionnaire, je saurai l’accomplir, je saurai rallier vos forces et vos courages, pour mener avec vous, à votre tête, pour le salut de la République et l’écrasement de la réaction, la lutte de la classe ouvrière, du socialisme et de la Révolution.

Vive la République socialiste I

Édouard VAILLANT,

Ancien membre de la Commune, conseiller municipal,

Dans la déclaration cLdessus, réduite aux proportions d'une affiche, j’ai dû me borner aux indications des mesures et réformes maîtresses, dont dépendent toutes les autres, comme autant de conséquences ; et je n’ai pu en dooner la liste allongée et inutile.

îl en est cependant, dont rimportance vient, non seulement de leur valeur propre, mais aussi de ce qu’elles sont à Tordre du jour des Chambres, comme du pays, et le mandat de Télu doit être nettement déterminé à leur sujet.

Pour Paris, c’est au Parlement que son sort doit s’agiter et qu’ii va falloir décider : s^Ü restera hors Ja loi et sous le règne de la police, ou si, au contraire, on supprimera la Préfecture de police, rendra aux Parisiens leur dignité et leurs droits de citoyens, fera rentrer Paris dans le droit commun, lui appliquera la loi de 1884, et reconstituera ia Commune de Paris. Rien n’est plus urgent ; car Paris foulé aux pieds, surchargé d'impôts, pillé par une Chambre rurale toujours prête à se joindre aux gouvernants contre lui, contre ses intérêts, Paris doit être défendu, doit être rendu aux Parisiens.

Pour les autres communes, la loi actuelle doit être améliorée ; et la commune, maîtresse de son administration, de ses finances et de sa police, affranchie de la tyrannie administrative, doit devenir Pélément essentiel de Torgaiiïsation politique du pays, dont doivent disparaître, avec les préfets et souspréfets, les départements et arrondissements, remplacés par une organisation communale et cantonale, assurant la liberté de la commune, sous le contrôle de PÉtat, dans l^unité de la nation.

Pour la nation, c’est la réforme de Pimpôt: par la révision des tarifs prohibitifs et afTameurs de la douane, par la suppression de l’octroi et aussi de tous les impôts actuels qui, indirects ou même prétendus directs, comme celui des patentes, pèsent sur la consommation et par leur remplacement par Pimpôt sur le capital et le revenu du riche, progressif et en rapport avec tous les besoins des communes et de PÉtat, pour le développement de leurs services, de leurs travaux, de leur assistance, sans plus jamais recourir aux emprunts

qui, aux dépens du pauvre, grossissent les richesses du propriétaire et du rentier. Et c’est dans cet impôt sur la richesse que peuvent être trouvées les ressources pour l'exécution delà loi sur l’obligation de l'assistance et de son complément nécessaire, par l’adoption de l’orphelin, du malade, du blessé, de l’invalide du travail, par la Commune et l’État, et par la création d’une caisse de secours contre le chômage et les accidents, contre la misère publique.

La spéculation financière gouverne aujourd’hui sous le nom des ministres ■ et le honteux scandale du Panama n’est qu’un habituel épisode de la spoliation capitaliste de la nation par financiers et gouvernants associés, faisant suite et pendant à la spoliation de la classe ouvrière par la classe possédante et régnante.]

Encouragée par l’impunité, la Finance ne voit plus de limite à ses entreprises de vol. A défaut de guerre européenne, elle commande les guerres et nillenes coloniales, pour étendre au-delà du pays épuisé ses grandes compagnies ses monopoles, ses spéculations, son vol et son pillage. Nous devons contre elle prendre l’offensive et lui faire rendre gorge.

A sa demande de prorogation du privilège de la banque de France, pour mieux écraser petits industriels et commerçants par les gros, il faut répondre par la constitution d^une banque d'État, par Porganiaatiou du crédit au travail rendant accessible aux collectivités ouvrières les travaux publics et privés et 1 apprentissage gouvernemental des affaires administratives et publiques

L’organisation du crédit public et l’impôt sur la richesse doivent permettre la réalisation prochaine des services publics d'approvisionnement, d'alimentation, et aussi de là production, falsaiu passer aux mains de l’Etat, des Communes ou des associations corporatives ouvrières, ces services et ces travaux, transports, chemins de fer, arrachés, enfiu, aux mains des compagnies et du capitalisino.

Les réformes qui nous touchent le plus en deviendraient plus certaines s et

les lois protectrices du Iravaillenr, et garantie de son travail, auraient tout leur

eiiet.

Les revendications ouvrières du premier raa'i et des congrès doivent obtenir, sans plus de retard, une sanction, par la reconnaissance des droits du travail par la Constitution et la loi. La Journée de iiuît heures, le tarif syndical ou un minimum de salaire, répondant aux besoins de l’ouvrier et de sa famille et au- essous duquel la rémunératiou de son travail ne puisse s’abaisser, la suppression du marchandage et des intermédiaires, un Jour entier, au moins, de repos par semaine, l’hygiène de l’atelier, du chantier, du logement et de l’alimentation, la protection des accidents, la garantie, la sécurité de l’enfant, du malade, du blessé, de l’infirme et de rinvaüda du travail sont autant des nécessités de la production et de l’intérêt social, que des conditions nécessaires QC defeasCj du travaiî et du travailleur.

Ces droits du travail, réglés, mais non limités par la loi, doivent être reconnus par la Constitution même, comme les droits à l’existence, à l’assistance, à InstTuction intégrale, comme tes libertés de presse, deréuuion et d’association, afin d etre a 1 abri des tentatives de l’arbitraire et des violences de la réaction et du pouvoir j carias violences sont le fait toujours, non du Peuple et de la

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Révolution, mais de leurs ennemis j toulours prêts à recourir à la violence pour ** la résistance au progrès et pour la conservation de leurs privilèges, et menant sur pied, à cet elîet, police, armée, justice, comme autant de garde-chiourmes delà classe ouvrière, comme autant d'instruments de règne du capitalisme et de la réaction.

Aussi, pour que la victoire du peuple et de la classe ouvrière ne soit pas éphémère, pour que les conquêtes socialistes ne soient pas, comme jusqu’ici, annulées par la réaction, ilsfaut qu'elles deviennent le bien du Peuple entier, de la République incessamment transformée, développée par l'action socialiste organisée.

Or, ce résultat est impossible, tant que durera le parlementarisme impuissant et corrompu, expression exacte de Fincapacité, de la corruption et de l'imbécillité bourgeoise, gouvemant, légiférant et pillant, pour Fintérêt exclusif de la bourgeoisie et de la réaction.

Ce résultat, au contraire, devient certain dès que le Peuple garde sa souveraineté, au lieu de s'en défaire au profit de ses élue et maîtres, c’est-à-dire de ses ennemis. Et il est obtenu par la substitution au parlementarisme du gouvernement direct du Peuple par le Peuple et de la législation directe du Peuple, dont la Chambre des députés n’est plus qu'un conseil d'Etat avec comité exécutif, le Peuple ayant lui-même Finitiative des lois et la faculté de rejeter ou accepter par ses suffrages ies lois proposées par son conseil d’Etat ou sa propre initiative ; et ce referendum doit être obligatoire.

Ce Gouvernement direct, dont la Constitution révolutionnaire de 1793 éfablissait en France le premier essai, n’est pas une utopie; il réussit en Suisse et réussirait certes mieux dans la France démocratique, organisée communaiement.

11 a pour complément : rorganisation sincère du suffrage universel, donnant leur représentation aux minorités, Félcction de tous les fonctionnatres et juges, comme députés ou conseillers, sous le contrôle populaire, et atteints de forfaiture et de déchéance quand ils seraient convaincus de participation à des sociétés fmancières, ou d’opposition d'intérêts personnels à Fintérêt public*

L'indispensable conséquence de cette volonté populaire, de se gouverner soi-même, est, pour le Peuple, l'abolition de la force i police politique et armée permanente, qui le tient à îa discrétion de ses maîtres. La politique de guerre offensive, d'invasion, de conquêtes, doit faire placé à îa politique démocratique et défensive. L’armée permanente doit être transformée progressivement en milices nationales sédentaires, comprenant Fi ntêgralité des forces de la nation, la totalité de ses citoyens, instruits, organisés militairement. Cette transformation doit être faite de façon que, loin de pouvoir à aucun moment être une cause de faiblesse, elle soit, dès Forigiue, un accroissement incessant des forces armées du peuple, assurant lui-même son indépendance, celle de son territoire, la garde de sa dignité et de ses libertés, en maintenant la paix internationale, et sans plus avoir à craindre les attaques de Fétranger monarchique que celles de la réaction intérieure.

Ce n’est pas non plus une utopie, c’est une vérité dont la Francoj mieux que tout autre pays, pourrait donner Fexemple. Déjà la Suisse a pu ainsi former

liù

par ces milices sédentaires une armée défensive sans rivale, au dire même des juges militaires les plus compétents. Nulle part, plus qu^en France on ne pourrait, aussi démocratiquement et mieux, établir cette inexpugnable défensive de notre territoire et de nos libertés^ qui serait la garantie maîtresse du salut et du développement de la République et ^indestructible base de la souveraineté populaire.

Ce Gouvernement du peuple, dont le militarisme et le césarisme comme le parlementarisme seraient éliminés, doit être civil et laïque. La conspiration religieuse et cléricale doit être être tenue en échec et anéantie. Les biens du clergé doivent être repris par la nation^ et le budget des cultes supprimé. L'instruction publique, comme l'Assistance et toute administration doivent Être entièrement dégagées de tout© influence cléricale ou religieuse.

Tout se tient dans la conception de la République socialiste ; et il est oiseux d’en détailler davantage les éléments de réalisation et d’évolution. Son principe de développement : c’est l’action socialiste, conduisant la classe ouvrière dans sa lutte contre la classe et le régime capitaliste et conquérant sur la réaction, avec le pouvoir poliüque, la puissance nécessaire à toutes les réformes, à tous les progrès, enfin à l’anéantissement des privilèges et des classes, et à l’émancipation de la classe ouvrière, comme à Pémancipation de l’homme et du citoyen, de tous les jougs intellectuels, moraux et ma tériels sous lesquels il se courbe et gémit aujourd’hui. Son but, c’est la République sociale ; c’est la société affranchie du mal d’ignorance et de misère, maîtresse de la matière et de l’instrument de la production, maîtresse d’elle-mênae et de sa destinée.

G est à cet idéal réalisable d’égalité, de liberté et de sécurité remplaçant ranarchie et les misères et les dangers, et les catastrophes de la société bourgeoise, c’est à cette révolution incessante et libératrice que le socialisme voua invite.

Mais, encore une fois, nous ne pouvons parcourir ce chemin si nous n’osons faire le premier pas, si nous ne savons nous lever et marcher droit à l’opportunisme, à la réaction, à l’ennemi qui nous cerne. A vôtre approche résolue, vous le verrez fuir sans combat, car sa prétendue force et son insolence ne vient que de notre timidité et de notre faiblesse.

Citoyens du vingtième arrondissement, vous pour qui la peur n’a jamais été un frein, vous n’hésiterez pas et quoi qu’il arrive, je serai avec vous pour combattre et pour vaincre.

Vive la République socialiste 1

Édouard VAILLANT.

Comité électoral rêvolutionnaîr& socialiste adhérent au comité révolutionnaire central.

Citoyens,

Les événements qui viennent de se passer donnent une plus grande importance aux élections générales de cette année.

L'opportunisme, maître de la France depuis les élections de 1889, a voulu montrer, avant que le pays soit consulté, que lui aussi pouvait sauver Tordre à la façon de Tempire ; que lui aussi savait êire le valet et Texécuteur des hautes œuvres de la haute finance, du haut patronat; et, aujourd'hui, se voyant près de tomber sous Tindignation et le mépris publics, il cherche un appui auprès des représentants de toutes les réactions qui, sous le nom de ralliés, tentent de devenir les maîtres de la République, pour mieux Tétoulïer.

D'autre part, le scandale du Panama a montré à quel degré de pourriture est tombée cette haute bourgeoisie que cent ans de pouvoir ont amenée à l’état de décomposition que nous constatons.

Tous les vieux partis politiques sont entraînés dans cette débâcle; seul, le parti socialiste reste intact ; seul, il reste le parti de Tavenir.

Aussi, nous disons à tous les travailleurs, à tous les exploités, à tous ceux qui sont menacés d’être écrasés dans cet effondrement, joignez-vous à nous, dont le seul but est Taffranchissement de tous les opprimés.

Il faut que, dans la prochaine assemblée, les élus du parti socialiste soient assez nombreux, assez énergiques pour imposer ses volontés à ces représentants de la bourgeoisie qui ne vénèrent que la force, et sont toujours prêts à s’incliner devant elle.

C’est pourquoi nous présentons à vos suffrages la candidature nettement socialiste révolutionnaire du citoyen Éd. Vaillant, ancien membre de la Commune.

Depuis neuf ans, il représente le quartier du Père-Lachaise au Conseil municipal; la façon dont il a rempli son mandat sans jamais faillir à ses engagements, à ses promesses, à son programme politique, nous garantit qu’en l'envoyant siéger à la Chambre des députés, nous aurons enfin un défenseur ardent de nos droits, un ennemi irréconciliable de tous les partis réactionnaires, un champion résolu de la seule République qui mérite ce nom : la République sociale !

Pour le comité :

Burtard, E. Landrin, secrétaires; Charpentier, Degay, Gosse, Moreau, secrétaires-adjoints; Faury, Mulot, Savary, trésoriers ; Berthel, président de séance.

Vu : le candidat, Éd. VAILLANT.

l’“ circonscription de SAINT-DENIS.

M. Émile GOUSSOT,

Élu au 2* tour de scrutin.

Citoyens,

En 1889 yous m’avez délégué à la Chambre pour y détendre vos idées, vos intérêts et vos droits. Au cours de la législature, dans plus de vingt réunions publiques approuvant mon attitude, mes actes et mes votes, vous avez fortement scellé le pacte qui nous avait unis.

Je me représente devant vOus.

Partisan du mandat impératif, j’ai demandé et je demanderai son inscription dans nos lois.

Le jour où, par voie de réunions ou de pétitions, l'opinion me retirerait sa confiance ou blâmerait ma conduite, je remettrais ma démission entre vos mains.

U faut, en effet, que le suffrage nniversel soit libre et souverain ; libre, visà-vis de ses élus pour les surveiller et les punir s’ils s’écartent du droit chemin, souverain, pour régler lui-même les questions d’intérêt général.

Ce sont les deux attributs qu’il aura dans la Constitution nouvelle.

Si nous n’étions révisionnistes de principe, nous le serions devenus par raison.

Chaque fois que la Chambre a voulu faire un pas en avant dans les questions politiques, sociales ou même budgétaires, elle a trouvé le Sénat devant . elle.

Aussi avons -nous la satisfaction de voir nos anciens adversaires réclamer avec nous l’unité d’assemblée et la révision constitutionnelle. Nous ne saurions admettra cette révision que par une Assemblée constituante, spécialement élue à cet effet.

Tant que nous n’aurons pas entre les mains l’instrument nécessaire des réformes, nous continuerons à voir lés pouvoirs législatif et exécutif confondus, les ministres irresponsables, le droit de contrôle illusoire, en un mot, l’avortement de l’téuvre parlementaire.

En dehors de la révision, mon concours est acquis à toutes les idées généreuses, d’avant-garde et de progrès.

Citoyens,

Le programme que nous vous soumettons pourrait se résumer ainsi : Au point de vue politique. Organisation d’une république selon les lois et U démo-

cratie avec liberté de penser, de parler, d’écrire et de s’associer. Au point de vue économique. Répartition des charges et des impOts suivant la force, la faculté et les ressources de chacun. Au point de vue social. Amélioration morale et matérielle du sort des travailleurs.

Ennemi des expéditions lointaines qui ne servent jamais nos intérêts induS' triels ou commerciaux, je désire que, dans l’état actuel de l’Europe, mon pays garde toutes ses forces pour faire face à celte éternelle menace du danger extérieur.

En nous proclamant patriotes ce n’est pas seulement la France que nous entendons défendre, c’est aussi l’œuvre et l’esprit de la Révolution française.

Citoyens,

Laissez-moi vous dire, malgré mon libéralisme, que je voudrais établir des lois inflexiblement sévères contre les accaparements et les spéculations de cette armée d’individus cosmopolites, hauts barons de la finance, venus de tous les points du globe pour prendre à la France son argent et quelquefois son honneur.

Vous avez vu dans de récents et scandaleux procès leur redoutable influence, ils ont franchi les portes du Parlement, ils ont pénétré dans les cabinets ministériels, traînant la corruption derrière eux.

Finlsaons-en avec ces étrangers brasseurs d’affaires et manieurs d’argent, unissez-vous, bons citoyens, cultivateurs, industriels, commerçants, ouvriers, employés, travailleurs des bras et de la pensée, pour proclamer que la probité, l’intelligence, le savoir et le travail seront toujours dans notre pays au-dessus de la puissance de l’or.

Cette déclaration vous indique que je ne veux pas voir les députés s’enrichir dans la vie publique en profitant de leur situation.

Ils sont envoyés au Parlement pour faire les affaires des autres et non leurs propres affaires.

Citoyens,

Un dernier mot ; je ne me suis pas attardé dans les haines et les rancunes du passé, mais j’ai conservé et je conserverai vis-à-vis de .tous les régimes et de tous les pouvoirs une indépendance qui ne fléchira pas.

Dédaigneux des honneurs et des profits, ma seule ambition est de rester simplement le serviteur du peuple.

Vive la France I

Vivo la Nation !

Vive la République démocratique et sociale (

Émile GOUSSOT, député sortant.

PSOGItAUMG DES COMITÉS RÉPCBLICXINS REVISIONNISTES ET SOCIAUSTES.

Partie politique, — Amnistie pour délits politiques et faits connexes, révision, constituante, suppression du Sénat, exercice du droit de referendum.

liberté de la presse, liberté de réunion et d’association, séparation des Eglises et de rÉtat, suppression du budget des cultes, développement de renseiguemeDÉ proressionneîj liberté absolue de conscience» justice éïue et gratuite, franchise muaicipaîe*

Partie économique et sociale. — Suppression des octrois, suppression des impôts fonciers et do consommation, taxe proportionnelle et progressive sur les revenus et les successions eu ligne collatérale, réforme de la loi des patentes, dans le sens de la protection du petit commerce contre les grands magasins, loi des boissons, suppression des licences et du droit d’exercice, dégrèvement des boissons hygiéniques, suppression des monopoles, extension des lois de 1884 et 1890 sur les syndicats professionnels (personnalité civile et clause pénale) dénonciation des tarifs douaniers actuels, loi sur l’arbitrage, caisse oationaîe de retraite et de secours, crédit agricole et ouvrier, droit à l’éducation, au travail et à Tassistance sociale pour tous les flls de la Patrie, taxe sur les ouvriers étraDgers.

Partie locale, — Séparation des deux conseils, suppression de la zone, Paris port-de-mer, révision du cadastre, moyens de communication plus rapides et plus faciles entre les différeotes communes. Peau de source dans la banlieue, retour à l'ancien taux pour les caisses de retraite de sociétés de secours mutuels, encouragement de toutes les associations de tif, gymnastique et d’enseignement, défense des cultivateurs et maraîchers once qui concerne la vente sur le carreau des halles, défense des droits des employés et ouvriers de chemins de fer.

Le secrétaire dos comités, par ordre : Saffeoi,

Taccepte de défendre les points de ce programme,

Émile GOUSSOT,

2° circonscription de SAINT-DENIS,

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