‹ Progrès de l'industrie des matières colorantes artificiellesChapitre 10 sur 71 · TRAITEMENT DES HUILES LÉGÈRES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES HUILES LÉGÈRES

traitement chimique propre à les débarrasser des hydrocarbures de la série grasse, des alcaloïdes et des phénols qu’elles renferment en petite quantité. Pour cela, on les agite d’abord avec 5 p. 100 de leur poids d’acide sulfurique. L’opération s’effectue dans des batteuses , vases en bois doublés de plomb et dont l’axe reçoit un agitateur à palettes de bois. L’acide sulfurique, en absorbant les hydrocarbures de la série grasse (p. 14) cl en fixant les alcaloïdes, s’épaissit et se colore en même temps qu’il se forme une certaine quantité d’acide sulfureux. Après ce traitement à l’acide, on laisse reposer le tout pendant vingt- quatre heures, puis on décante et on soumet l’essence ainsi purifiée à un traitement alcalin destiné à enlever les phénols et les acides sulfo-conjugués qui ont pu se former dans l’opération précédente. Pour cela, on bat les essences avec 2 p. 100 environ d’une lessive de soude à 40 degrés. Les lessives ainsi chargées de phénols servent pour la préparation de l’acide phénique.

Les essences sortant des batteuses sont soumises à de nouvelles rectifications dans des alambics en cuivre de moindres dimensions que les chaudières qui servent à la première rectification. Les serpentins sont en étain. La forme de ces appareils varie. Généralement l’alambic est surmonté d’un condensateur de forme cylindrique qui est entouré d’eau, et dont la partie supérieure est en communication avec le tube qui conduit les vapeurs dans le serpentin. L’eau qui entoure les condensateurs s’échauffe à mesure que la température de la vapeur s’élève, et il arrive un momentoù cette eau entre en ébullition : le condensateur se maintient alors à 100 degrés, et fait refluer dans l’alambic, en les liquéfiant, les vapeurs dont le point de condensation est situé au-dessus de 100 degrés ; seuls les hydrocarbures qui peuvent se maintenir à l’état de vapeur à 1 00 degrés distilleront et seront condensés dans le serpentin.

GOUDRON DE HOUILLE

Ce qui passera sera donc un mélange de benzine et de toluène, dont on peut extraire de la benzine pure en faisant congeler le liquide et en soumettant la masse congelée à une forte et rapide compression.

Traitement des Imites moyennes.

Dans le cas où l’on a fait un premier fractionnement des huiles légères de bouille, en recueillant à part les essences qui ont passé au-dessous de 150 degrés et les huiles moyennes qui ont passé de 150 à 200 degrés, il est nécessaire de soumettre ces dernières à un fractionnement séparé. On les distille d’abord en fractionnant les produits. Ce qui passe avant 120 degrés est réuni aux essences les plus volatiles, comme on l a indiqué plus haut (page 20). On recueille à part ce qui passe de 120 à 190 degrés, et l’on réunit aux huiles lourdes ce qui passe au-dessus de cette température. Les huiles qui ont passé de 120 à 190 degrés sont d’abord soumises au traitement chimique dans les batteuses qui ont été décrites plus haut; puis, après avoir subi cette purification, elles sont distillées de nouveau. Cette opération fournit une nouvelle portion d’essence légère passant au-dessous de 120 degrés, et qu’on réunit aux produits'de même nature obtenus dans les opérations précédentes. On fractionne ensuite, de 10 en 10 degrés à peu près, les produits qui passent au-dessus de 120 degrés, et on les livre au commerce sous le nom de benzines à détacher. On en distingue plusieurs sortes, suivant le degré de volatilité. Quant aux hydrocarbures qui passent au-dessous de 120 degrés, ils portent, en général, le nom de benzols. Ce sont des mélanges plus ou moins riches en benzine pure, et qui renferment une proportion variable d’hydrocarbures supérieurs, principalement de toluène. On les vend dans le commerce avec un titre que l’on

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