ANILINE
Le mode opératoire indiqué par M. Nicholson1 pour la préparation de l’aniline a subi la modification suivante. La réduction de la nitrobenzine par le fer et l’acide acétique étant opérée, au lieu de distiller le tout, on peut séparer par décantation la plus grande partie de l’aniline formée. A’ cet. effet, les cornues sont munies de robinets superposés. On salure donc parla soude l’acétate d’aniline formé, et, après avoir agité, on laisse reposer. L’aniline mise en liberté surnage et est soutirée. Après rectification, on peut la livrer au commerce. On entraîne la portion qui reste dans la cornue à l’aide d’un courant de vapeur d’eau. On réalise ainsi une économie notable de charbon, on réduit la durée de l’opération, et, chose importante, on augmente le rendement. En effet, en distillant le tout à l’aide de la vapeur d’eau, on perd la petite quantité d’aniline qui se dissout dans l’eau condensée (environ 2 p. 100).
Le prix de l’aniline est descendu aujourd’hui à quatre francs le kilogramme.
1 Rapport de 1 SOT, l. VII, p. 256
NITROTOLUÈNES ET TOLUIDINES
Les deux toluidines employées dans l’industrie sont la toi uidine solide, connue depuis longtemps, et la pseudo-toluidine. Elles prennent naissance par la réduction de deux nitrotoluènes distincts, dont l’un est solide et l’autre liquide. Ces deux nitrotoluènes isomériques prennent naissance en même temps par l’action de l'acide nitrique sur le toluène. Dans l’industrie, on ne les sépare pas, mais on les transforme en toluidine et en pseudotoluidine qu’on parvient à séparer. Seulement, suivant la manière dont on attaque le toluène par l’acide nitrique, on peut faire prédominer l’un ou l’autre des deux nitrotoluènes dont il s’agit l.
La nitration du toluène pur s’opère dans des appareils identiques à ceux qu’on a décrits pour la nitration de la benzine. L’opération exige une surveillance particulière et un tour de main spécial, suivant qu’on veut obtenir une plus forte proportion de nitrololuène solide ou de nitrotoluène liquide. Dans
1 Les réactions qui donnent naissance aux nitrotoluènes et aux toluidines, analogues à celles qui engendrent la nitrobenzine et l’aniline, sont exprimées par les équations suivantes :
C»H*.CHS + AzO*.OH = CqP J ^ + H*Û,
Toluène. Ac. azotiq. - — — - - Nitrotoluènes.
C,H,jS.+ 1“ = C,ll‘i a"||. + 2H’°-
Nitrotoluènes. Toluidines.
On connaît trois nitrotoluènes et trois toluidines correspondantes. Il n’est question ici que de deux de ces isomères.
MTKOTOLUENES ET TOLUIDLNES.
le premier cas, M. Charles Girard conseille d’employer de l’acide nitrique fumant, complètement debarrassé de vapeurs nitreuses. L’attaque doit se faire à la température la plus basse possible. Veut-on obtenir, au contraire, une plus forte proportion de nilrotoluène liquide, on emploie un mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique, et on peut laisser la température s’élever un peu.
Quoi qu’il en soit, la réduction du mélange des nitrotoluènes s’opère, comme celle de la nitrobenzine, par le fer et l’acide acétique. Une partie delà toluidine est séparée par décantation, l’autre par entraînement de vapeur d’eau (p. 49). On rectifie le produit. 11 s’agit maintenant de séparer les deux toluidines formées en même temps. A cet effet, on traite le mélange dans de grandes cornues avec de l’acide sulfurique étendu d’eau, de manière à saturer incomplètement la base. On fait bouillir pendant quelque temps, et l’on entraîne mécaniquement l’excès de base par un courant de vapeur d’eau. Dans ces conditions, il reste dans la cornue un sulfate de toluidine, tandis que la pseudo-loluidine, moins énergique dans ses affinités, passe à la distillation. Le sulfate de toluidine qui reste, étant décomposé par un alcali , fournit la toluidine solide. La base qui a passé à la distillation, et qui consiste principalement en pseudotoluidine, renferme encore 7 à 8 p. 100 de toluidine solide. Une nouvelle saturation fractionnée permet d’en séparer la pseudo-toluidine pure.
Ce procédé, indiqué par MM. de Laire et Vogt, permet de préparer à l'état de pureté les deux toluidines. Et cela n’est pas sans importance. En effet, on a intérêt à obtenir la toluidine solide pure, en vue de la préparation de la ditoluylamine (dicrésylamine). Celle-ci fournit une matière colorante bleue, lorsqu’on la traite par le chlorure de carbone en présence de la diphénylamine. Or la dicrésylamine dérivée de la toluidine
PRÉl'ARATION DK LA FUCHSINE.
solide possède seule celte propriété; celle qui dérive delà pseudotoluidine donne, dans les mêmes circonstances, une couleur acajou'.