‹ Progression ascendante du nombre des avortements et ses causesChapitre 6 sur 19 · RS NES · texte numérisé non relu

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Dans cet établissement, comme dans les autres du reste, le nombre des interruptions de grossesse, nécessitées par un état pathologique spécial de la femme, reste à peu près constant et toujours très faible, diminuant même depuis ces dernières années; cinq à Six interventions par an en moyenne. De même le nombre des avortements expliqués par la pathologie reste semblable. Seuls augmentent les avortements dont on ignore l’étiologie, sur lesquels on ne peut poser aucune étiquette, sinon celle du crime — l’aveu en est du reste assez fréquent de nos jours. Nous sommes bien forcé de dire que tous ceux-là sont suspects. On a été plus loin et l’on a souvent dit qu’ils étaient toujours criminels,

Etonné du reste du nombre considérable d’avortements se produisant entre les termes de 2 et 4 mois, particulièrement à celui de 3 mois, nous avons essayé d’en chercher la cause. Nous avons appris alors que la majorité des opérateurs se refuse à intervenir passé 3 ou 4 mois après les dernières règles. Témoin ce petit dialogue recueilli par M. Bertillon, entre une avorteuse et une nouvelle cliente :

Vous voulez avorter ? — Vous savez que je n'opère pas après trois mois — Rappelez-vous bien les dates.

Le jour de lopération est alors fixé. Jamais l’avorteur ne continue ses soins après l’opération. Toujours il renvoie sa cliente à son médecin habituel pour les soins que va nécessiter dans quelques jours son état. Sinon l’hôpital est un confident discret. Et voilà croyons-nous la seule explication de beaucoup de ces avortements à étiologie inconnue.

SRE A

Il est à remarquer que les services de Maternité ne sont pas les seuls, bien loin de Ià, à être les refuges des femmes qui avortent. Les services de chirurgie les hospitalisent dans une proportion très considérable. Les chirurgiens ont vu les cas d’avortement doubler et même tripler dans leurs salles depuis quelques années. Le D' Mauclaire dit: « Dans un service de chirurgie dont j'ai eu dernièrement la charge, sur 50 femmes environ qui s'y trouvaient, 20 étaient là, pour avortement criminel. » M. Lucas Championniere dit qu’en deux mois il a eu à soigner 23 fausses-couches, et M. Siredey a observé dans son service 6 femmes malades des suites d’avortements provoqués par la même sage-femme.

Pour montrer enfin un état général de la question, nous allons reproduire un tableau emprunté au D' Bertillon, comprenant tous les accidents de grossesse observés aussi bien dans les maternités que dans les services de chirurgie des hôpitaux de Paris. Nous devrons donc tenir compte des cas de dystocie autres que les avortements qui nous intéressent. Nous nous contentons de faire observer d’abord la fréquence croissante des cas de septicemie puerpérale, malgré les progrès de l’asepsie et de l’antisepsie et qu'il faut attribuer vraisemblablement à l'infection des voies génitales par les mains souillées de germe de l’opérateur ou de la femme ellemême ; puis nous ferons remarquer qu’il est bien difficile d'admettre que, au cours des dernières années, les

cas dystociques normaux soient en augmentation de

fréquence :

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