XVII. LE CHEVAL ARABE
Un Arabe et sa tribu avaient attaqué dans le désert la caravane de Damas ; x la victoire était complète, et les Arabes étaient déjà occupés à charger leur riche butin, quand les cavaliers du pacha d'Acre, qui venaient à la rencontre de2 cette caravane, fondirent à l'improviste 3 sur les Arabes victorieux, en tuèrent un grand nombre, firent les autres prisonniers, et, les ayant attachés avec des cordes, les emmenèrent4 à Acre pour en faire présent au pacha. Le chef arabe avait reçu une balle dans le bras pendant le combat ; comme sa blessure n'était pas mortelle, les Turcs l'avaient attaché sur un chameau, et, s'étant emparés du cheval, emmenaient le cheval et le cavalier.
Le soir du jour où ils devaient entrer à Acre,5 ils campèrent avec leurs prisonniers dans les montagnes : l'Arabe blessé avait les jambes liées ensemble par une courroie de cuir, et était étendu 6 près de la tente où couchaient les Turcs. Pendant la nuit, tenu éveillé par la douleur de sa blessure,7 il entendit hennir son cheval parmi les autres chevaux entravés autour des tentes, selon l'usage des Orientaux : il reconnut sa voix, et, ne