SCÈNE PREMIÈRE
Majokin, un Employé du Chemin de Fer, Voyageurs, Commissionnaires.
Majorin (se promenant avec impatience). Ce Perrichon n'arrive pas ! Voilà une heure que je l'attends . . . C'est pourtant bien aujourd'hui qu'il doit partir pour la Suisse avec sa femme et sa fille . . . (avec amertume). Des carrossiers qui vont en Suisse ! Des carrossiers qui ont quarante mille livres de rentes !
Des carrossiers qui ont voiture ! Quel siècle ! Tandis que moi, je gagne deux mille quatre cents francs ... un employé laborieux, intelligent, toujours courbé sur son bureau . . . Aujourd'hui, j'ai demandé un oongé . . . j'ai dit que j'étais de garde ... H faut absolument que je voie Perrichon avant son départ. . . je veux le prier de m'avancer mon trimestre ... six cents francs ! H va prendre son air protecteur . . . faire l'important ! ... un carrossier ! ça fait pitié ! Il n'arrive toujours pas ! on dirait qu'il le fait exprès ! (s1 adressant à un facteur qui passe suivi de voyageurs). Monsieur ... à quelle heure part le train direct pour Lyon? . . .
Le Facteur {brusquement). Demandez à l'employé. (E sort par la gauche.)
Majorin. Merci . . . manant ! (S' adressant à l'employé qui est près du guichet.) Monsieur, à quelle heure part le train direct pour Lyon ? . . .
L'Employé (brusquement). Ça ne me regarde pas! voyez l'affiche. (Il désigne une affiche à la cantonade,1 à gauche.)
Majores". Merci . . . (A part.) Es sont polis dans ces administrations ! Si jamais tu viens à mon bureau, toi ! . . . Voyons l'affiche . . . (Il sort à gauche.)