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CHAPITRE V

Projet d’un cadre international pour un recensement du monde

civilisé.

Abordons maintenant la tâche que nous nous sommes imposée, à savoir de préciser la forme des tableaux de dépouillement qui devraient être remplis uniformément dans tous les pays.

Dans le troisième chapitre nous avons présenté un aperçu synoptique de tous les points de vue démographiques qui sont pris en considération par les recensements des pays civilisés. En conséquence de cela nous sommes à présent à même de faire un choix des faits à observer qui nous semblent avoir une valeur internationale.

Ce sont incontestablement les résolutions du Congrès de St. Pétersbourg qui doivent en premier lieu fixer notre attention. D’après ce que nous en avons dit les points reconnus comme essentiels par ce Congrès se présentent comme suit :

Nom et prénom ;

Sexe ;

Age;

Rapport au chef de la famille (ménage);

État civil (conjugal);

Profe.ssion (condition) ; (nous avons déjà dit que nous avons dû renoncer actuellement au dépouillement de ce point.)

Culte ;

Nationalité ethnographique (langue parlée);

Connaissance de l’écriture;

Lieu (pays) de naissance;

Domicile légal (lieu ou pays);

Présidence ordinaire ;

Caractère (durée) de la présence ou de 1 absence;

Cécité ;

Sourd-mutisme ;

Idiotisme et crétinisme;

Aliénation mentale.

Le rapport an chef de la famille et la résidence ordinaire sont les questions qui fournissent les résultats les moins importants an point de vue des comparaisons internationales ; mais les égards que nous sommes tenu d’avoir vis-à-vis des résolutions des Congrès nous font considérer comme un moindre mal l’adoption de deux points moins importants que l’abandon de résolutions internationales.

Outre les points mentionnés dans les décisions de St. Pétcrsbourg, il y en a d’autres dont le relevé est la conséquence immédiate des résolutions prises à l’égard du procédé des recensements, à savoir :

Nombre et population des communes ;

» » » » maisons ;

» » » » ménages.

Gomme nous l’avons déjà dit plus haut, les résolutions des Congrès antérieurs, en tant qu’elles ne sont pas en contradiction avec celles de SI. Pétersbourg, n’ont pas été révoquées, mais seulement considérées comme non essentielles. Voici celles qui rentrent dans cette catégorie :

Personnes alleintes de maladie. Par égard à l’extrême diversité de signification qu’on peut donner à cette expression, ce relevé — qui, d’ailleurs, n’est etFectué que très rarement (en Irlande en 1861 et en 1871, en Hongrie en 1881), — ne semble guère SC prêter à une évaluation internationale.

Nombre des enfants fréquentant l'école primaire. Vu le relevé touchant la connaissance de l’écriture, ce point a perdu sa signification.

Degré de parenté des mariés et;

Enfants trouvés. Ces deux points n’ont été relevés nulle part; il semble convenable de les omettre. Nous rai)pellerons à cet égard que ce sont là les deux seuls points do lovée contre lesquels une protestation directe a été formulée aux Congrès, à savoir i)ar les représentants de la France et de l’Angleterre.

Profession auxiliaire. Vu que même des États qui d’abord avaient relevé ce point, comme p. e. l’Allemagne, l’ont plus tard abandonné, nous préférons aussi no pas le prendre en considération.

Nombre des chambres. Il serait extrêmement désirable do recueillir cette donnée qui est recommandée par les Congrès.

Il ne nous plus reste maintenant qu’à passer en revue les renseignements que certains pays ont trouvé bon de recueillir. Les voici:

Lieux oïl se trouvent les individus momentanément absents ;

Dénombrement des goitreux-., des sourds; des muets; des estropiés.

Différence enti'e villes et campagne ;

Accomplissement du service militaire.

Filles-méres ;

Années de marnage ;

Résidence ordinaire des personnes momentanément présentes. (Cette question coïncide sensiblement avec la question concernant la ^résidence ordinaire«.)

I De tous ces points il n’y en a que deux qui semblent avoir de la valeur pour les recherches internationales, à savoir ; la distinction entre villes et campagne et le lieu de séjour de ceux qui sont momentanément absents; le second point est recommandable surtout parce que, — supposé des recensements simultanés, - les relevés des différents pays offriraient une sorte de contrôle mutuel.

Nous allons maintenant passer en revue point par point les relevés démographiques auxquels nous avons reconnu une valeur internationale et nous ferons à chaque pas des propositions concernant la forme des tableaux de dépouillement qu’il nous semble désirable de voir se publier d’une manière uniforme dans

tous les pays du monde.

Nous établirons aussi à l’égard du dépouillement une distinction entre les relevés absolument indispensables et ceux qui ne le sont pas. Ces derniers figureront entre parenthèses carrées r 1 Mais nous relèverons que même parmi ces renseignements

facultatifs il ne se trouvera que ceux dont la nécessité est parfaitement justifiée par les vues actuelles de la science démographique. Les questions de controverse seront ehminees, attendu que bien qu’il soit tout à fait digne des recherches d un savant de jeter quelque lumière sur les parties encore obscures de

noire science, il semble 2)ourtant qu’il ne conviendrait nullement de faire appel à la coopération de tous les gouvernements on vue d’une simple expérience dont les résultats incertains, — peutêtre négatifs, — pourraient ne pas être en proportion avec les efforts qu’ils exigeraient.

En tant que les propositions que nous aurons à faire se rencontrèrent avec celles qui se trouvent énoncées dans l’excellent mémoire de MM. Sémenow et Anoutscliin, nous ne manquerons naturellement pas d’y revenir.

Sexe.

La différence des sexes qui s’impose d’une manière si absolue à toutes les communautés humaines ne peut manquer de jouer le plus grand rôle dans les observations démographiques, ce qui rend bien naturel le fait qu’il n’existe presque pas dans les ouvrages de recensements de tableaux qui n’admettent pas la distinction des sexes. Néanmoins, on en rencontre toujours çà et là qui ne se rapportent qu’à la totalité de la population. — Bien que nous trouvions dans le mémoire de MM. Sémenow et Anoutschin la proposition >que les sexes soient distingués dans tous les tableaux et dans toutes les combinaisons possibles* il nous semble que la distinction des sexes ne doit être obligatoire que pour les relevés suivants:

Age^ Etat civile Confession, Degré d’instruction. Nationalité ethnographique et politique, Durée ou Caractère de la présence et de V absence (pour en pouvoir calculer la population de demeure par sexe). Lieu de naissance, Infirmités, Villes et Campagne.

Voici maintenant l’énumération des relevés démographiques où l’on pourrait s’abstenir de la distinction obligatoire des sexes :

Rapport au chef de la famille. Si l’on admettait en général que ce point se prêtât à des comparaisons internationales, il y aurait pourtant lieu de convenir qu’il suffirait de savoir quel est le nombre de parents, d’étrangers, etc., dont se composent les familles dans les différents pays, sans éprouver la nécessité il’entrer dans la spécification du sexe. On s’en passera d’autaut plus, si l’on considère que la réi)onse qu’on recevra à celte question ne précisera pas, dans la plupart des cas, les

éléments dont se compose la famille, mais bien ceux du ménage, et que la signification que l’on donne à Fidée de »ménage« est tellement différente de pays à pays qu’on ne penchera guère à attribuer une trop grande valeur à celte partie des levées.

Domicile légal, Résidence ordinaire. Ces points ont plus d’importance pour la statistique interne que pour la statistique internationale.

Lien de séjour des individus momentanément absents. La distinction des sexes n’offre pas un grand intérêt.

Age.

Nous croyons que tout le monde se ralliera à la proposition de MM. Sémenow et Anoutschin qui renferme l’adoption des périodes annuelles (par sexe.)

Nous y ajouterons encore les points suivants:

que Tuge soit exprimé par années révolues (décision des Congrès).

que les années d’âge soient spécifiées jusqu’à la centième année en ajoutant une colonne pour ceux qui ont dépassé la centième et une colonne pour les cas non-constatés. (La manière de fixer l’âge par une évaluation purement arbitraire des employés du dépouillement ne nous semble pas recommandable.)

[Il est désirable de spécifier l'âge de la première année, sinon d’après les mois, du moins d’après les trimestres ; où la spécification procède par mois, il serait désirable de spécifier la seconde année par trimestre].

Voici les points pour lesquels il faudrait faire entrer l’âge en combinaison :

Villes et campagne, État civil, Infirmités [Degré d’instruction], Confession, Nationalité ethnographique. Ces deux derniers points devraient surtout être adoptés par égard à la différence qui existe entre les divers cultes et les races quant à la fécondité, à la natalité et, à la mortalité. Quant aux groupes d’âge à établir pour ces combinaisons voir les paragraphes qui y sont relatifs.

Ha2>port au chef de la famille.

MM. Sémenow et Anoutschin ont fait allusion en 1873 à la grande diversité et â l’insuffisance des données relatives à la composition des ménages, et ont jiar conséquent pensé qu’il

serait prématuré de domandor une unification et d’en vouloir indi(iucr les formes. Or, depuis ce temps, tes méthodes de dépouillement relatives à ce point ont idé beaucoup développées (commep. e.K. dans l’Empire allemand et dans le grand Duché do Daden), et il semble que les méthodes d'élaboration commencent à se cristalliser autour do quelques points. Ainsi il nous semble bien probable que d’après les exemples qui nous sont fournis par les Pays-bas, l’Angleterre et l’Allemagne, on n’abandonnera plus la distinction fondamentale entre les individus isolés et ceux qui vivent en famille ou qui sont placés dans des institutions (Anstallen). Si même, pour le moment, on laissait en suspens la question de savoir si l’on pourrait proposer comme prototype international les modèles les plus développés de l’Angleterre et de Badcn, on jugera pourtant désirable de trouver des distinctions entre les individus appartenant à la famille proprement dite et les autres membres du ménage ; aussi admettera-t-on probablement quelques signes caractéristiques pour ces derniers. Mais ce qui semblera indispensable serait, selon nous, une spécification des institutions ; on pourrait accepter à cet égard comme modèle le schème de la Prusse.

Nos propositions tendraient donc à spécifier:

A) les individus isolés, sans distinction de sexe;

B) les individus vivant dans les ménages, sans distinction de sexe; [distinction facultative entre : membres de la famille, — locataires et hôtes, — aides industriels et commerciaux, ~ domestiques, — autres personnes]

C) les institutions, en distinguant le nombre des institutions et celui de leurs habitants d’après les catégories suivantes : Institutions do location, — pour soins et guérison, — pour éducation et instruction, — pour but religieux. — jiour retraite et bienfaisance, — pour détention et punition, — pour but militaire, — (jusqu’ici nous avons suivi le schème prussien) ; on devrait ajouter; bateaux ; — autres institutions.

État civil.

Le relevé du nombre des non mariés, des mariés, des veufs et des individus légalement divorcés nous semble indis|)cnsablemcnt nécessaire. Le nombre des individus vivant séparés jiourrait aussi être pris en considération, vu la circonstance que ce point

délicat de la vie de Camille pourrait être relevé sans poser de question directes mais par le simple contenu des formulaires des levées. *) [Le dépouillement des différences d’àge entre les mariés, — voir le schème anglais — est aussi incontestablement d’un grand intérêt, surtout par rapport à la fécondité des mariages. Gomme dans le mouvement de la population on accorde tant de soin à l'âge des fiancés, il y a motif de s’étonner que le même point ait été si peu pris en considération lors du dépouillement des résultats des recensements.]

L’état civil se trouvant en dépendance directe de l’âge, la combinaison de ces deux points est indispensablement nécessaire. Le relevé de l’état civil pour chaque année d’âge ne semble pas essentiellement necessaire. En conséquence, il semble qu’il suffirait de réunir les quinze premières années de la vie en une colonne et de commencer de là par périodes quimiuennales. **)

Voici donc nos propositions :

Spécification des non mariés, mariés, veufs légalement divorcés , par périodes d'âge par sexe.

et des individus quinquennales et

Désignation des époux vivant séparément, par sexe, [Différence d'âge des époux selon les groupes suivants : l’homme ou la femme est plus âgé de 0 — 5 ans, de 5—10 — 15—20—25 30 — 35 — 40—45—50— et plus de 50 czhs.J

Combinaison de l’état civil avec les infirmités, le culte, villes ou campagne, nationalité (ellmograplii(iuc): voir les paragraphes qui y sont relatifs.

Confession.

On ne peut que consentir à la proposition de MM. Sémenow et Anoutschin, qui exigent qu’on établisse pour tous les cultes relevés la distinction du sexe.

*) Tous les individus mariés- qui sont recensés seuls cl qui n'inscnvent pas leur conjoint comme momentanément absent rentrent dans cette

rubrique.

*•) Dans les pays tropicaux où l’on a coutume de se marier avant cet âge, il faudrait abaisser celte limite.

Nous ajouterons les combiiuiisons dans lesquelles ce point

MOUS semble devoir entrer;

Age-, groupe décennaux, avec distinction du sexe;

Èlat civil-. Cette combinaison nous semble tout à fait indispensable, vu l’innuence prédominante qu’exerce la conrt'ssion sur la contractalion et la dissolution du mariage, faudrait distinguer les sexes. La double combinaison de

[râge avec rélat civil mérite aussi d’Ôtre prise en considération pour faire connaître l’influence exercée par la confession sur rentrée tardive ou prématurée en mariage. Dans ce but on devrait consigner pour chacun des cultes pnncipan.x :

le nombre des mariés (hommes, femmes) par périodes

annuelles d’âge de 15 à 30 ans, et au-dessus par périodes quinquennales;

le nombre des non mariés (hommes, femmes) par périodes (juinquennales.]

Pour la combinaison de la confession avec la nationalilé

ethnographique le degré d’instruction, les villes et la campagne, et les infirmités voir plus bas.

Nationalité ethnoifraj}hique.

A partir de ce paragraphe nous ne rencontrons plus de décisions dans le rapport de M. Séinenow, excepté les trois questions qui concernent le rapport des personnes au lieu du recensement.

Conformément au procédé suivi pour la statistique des cultes, il faut aussi pour cette question exiger la spécification de toutes les nationalités levées, en tenant compte du sexe.

Pour les combinaisons on aura à distinguer:

L’âge: par groupes décennaux et avec distinction des

sexes.

État civil

\État civil avec l’âge']

voir plus

haut » Confession*.

Confession. Vu le rapport intime qui existe entre la confession et 1a race, et qui donne une marque si caractéristique à la physiognomie ethnographique des peuples mixtes, on ne devrait nulle part supprimer cette série des combinaisons, — en supposant toujours naturellement que ce point ait été relevé.

On pourrait bien se borner à ne mettre en relation que les cultes principaux avec les races principales, comme on pourrait aussi se passer de la distinction du sexe.

Pour la combinaison avec le degré ddnslniclion, les villes et la campagne, et les infirmités voir plus bas.

Deyré tVinstvucUon,

On rencontre une triple élaboration de la question relative à la connaissance tie l’écriture et de la lecture : ceux (jui savent lire et écrire, qui ne savent que lire, et qui ne savent ni lire ni écrire (illettrés) ; mais nous croyons qu’il suffit absolument de se borner à la désignation des illettrés, en distinguant le sexe.

Vu l’influence prépondérante qu’exerce la confession et la race sur la marche des études et sur le désir de s’instruire on devrait reconnaître comme obligatoire la combinaison des données relatives au degré d’instruction

à la nationalité ethnographique et à la confession

[Uaiis la plupart des dépouillements relatifs au degré d’instruction on trouvera des colonnes concernant l’age, mais seulement dans le but d’éliminer jusqu’à un certain degré d’âge la population enfantine, pour ne mettre en rapport tpie la itopu lation plus âgée avec le nombre des illettrés. Mais ceci rentre plutôt dans la catégorie de la statistique con)j)arative que d;ms la statistique »d’exposition«. Pour cette dernière, nous proposons d’introduire aussi la combinaison de l’âge, ))Oiir pouvoir suivre à l’aide de ces données, la répartition des illettrés dans les différentes générations, ce qui nous mettra à même de porter quelque jugement sur l’accélération ou le ralentissement de la marche de l’instruction dans les temps qui viennent de s’écouler. En introduisant ce dépouillement par âges aussi dans la statistique des confessions et des races, on arrivera à des résultats caractéristiques et exlrêmement curieux concernant la marche générale de l’instruction chez chacune des races et des confessions principales. *)

*) Gomme c’est entre 5 et 10 uns que lu grumle majorité des enfants ai)prcn<l à écrire, le dej'ié d’instruction des dilVérentes générations jclleruit qnehinr lumièr»' sur l’état do l’instruction juildiqno, dans lu période qui est de 5 à 10 ans plus récente que l’année de naissance de cette génération, J’ai

par sexe.

Nous recoiiiluanderoiis par conséquent de faire le dépuuillenu-nl du degré (rinstnicUun aussi jjien pour le total de lu |)0])iilalion (juc pour chacune des nationalités et des confessions principales par périodes quinquennales, en distinguant toujours le sexe].

Quant à lu répartition des illettrés dans les villes et dans la campagne v. à la fin.

avec indication s’ils sont dans leur famille ou dans les hospices et en distinguant le sexe.

Infirmités.

Eu nous référant aux renseignements extrêmement précieux (|ui sont publiés dans la plu[)art des pays sur Pétat des intirines, qui font à tant d’égards appel à l’ingérence de l’Etat et do la société, nous recommanderons comme obligatoire le déq)oinllement.

des aveugles des sourds-muets dos idiots et crétins des aliénés

puis la combinaison des dilléronles intirmilés, savoir: cécité avec — sourd-mutisme, — idiotisme, — aliénation,

sourd-mutisme avec idiotisme, — aliénation. Outre cela la combinaison suivante avec d'autre points de levées:

Age: en périodes annuelles par sexe.

lùat civil : non mariés, mariés, veufs, divorcés, par sexe. NalionalUé: seulement pour les principales nationalités, par sexe.

Con'ession : seulement d’après les [)iincipalos confessions, par sexe.

Pour le nombre des intirmes dans les villes et dans la campagne voir à la tin.

le résulta l d'observations analogues dans mon ouvrage sur la ville de l’est (publié en 1871 à Herlin eu Ir.aduction, sous le litre de: »I»ie Sladt Pest iiii .labre 1870c). Dans le même ouvrage on trouve an«si des données sur 1 instruction des indigènes et des étranger.-, coinine aussi sur le degré d’instructions par iirofessions et i>ar conl'essioiH. (Ju’il nie soit permis de reclilier par celle allusion la remanpie contenue dans le rapport de MM. Séincnow- Anoulscliiri, d’après laquelle ce serait le recensement de St. Pélersbourg (paru en 1872) où s’est trouvé pour la iiremière fuis une combinaison du ilegré de rinslruclion avec la nationalité et la confession, tandis ipie la combinaison avec les i»rofessions est indiiiuée comme n’ayant été faite nulle part.

Lieu {pctyff) de naissance.

Nés daus la commune, — dans une autre coinnuine do l'arrondissement (ou autre circonscription administrative), — dans d’autres departements du pays, — à l’étranger, avec spécification de l’Etat.

Los individus nés à l’étranger devraient être distingués selon (pi’ ils sont naturalisés ou non ; et pour chaiiue catégorie avec spécification des pays relevés.

Le tout avec distinction du sexe.

Lieu de naissance par villes et campagne voir plus bas.

Domicile légal des individus. {Nationalité politique.)

On indiquera le nombre des individus qui ont leur domicile légal dans la commune, — dans d’autres communes du département, — dans d’autres départements du pays, — à l’étranger en spéciticiant l’Etat.

Résidence ordinaire.

Dans la commune, — dans d’autres communes du département, — dans d’autres départements du pays, — à l’étranger.

— Sans distinction de sexe.

Caractère {durée) du séjour.

On indiquera le nombre des personnes présentes ou absentes: depuis 2 mois, — de 2 à 12 mois, — au-dessus d’un an; avec distinction du sexe.

Lieu, de séjour des individus momentanément absents.

Dans le département, — dans d’autres départements du pays,

- à l’étranger, avec spécification du pays ; sans distinction de sexe.

Chambres (des maisons d’iiabitation, sans institutions). Nombre des chambres avec 1 habitant au moins au-dessus ,^0 j[ — 3^ au-dessus de 3 — 5, au-dessus de 5 10, avec plus de

dix habitants.

Maisons dhabitation (sans institutions).

Nombre des maisons à 1—5-10—20—50—100—200-300, au-dessus de 300 habitants.

Nojnbro des maisons à 1—5,-10—15 — 20 — 30 — 4-0—50— 75 — 100—125—150, au-dessus do 150 chambres.

iNombre des maisons à rez-de-chaussée, — à 1, 2, 3, 4 et I)lus do 4 étages.

Comtnunes.

Nombre des communes de 500 ou moins, de 501 —1000—2000 5000 10^000 - 20,000 - 50,000 - 100,000 - 200,000 - 300,000 —400,000—500,000 au-dessus de 500,000 habitauts.

Différence entre villes et cmnp<njne.

Si l’on vont introduire des observations de ce genre il huit absolument convenir d’un signe uniforme iiour distinguer les villes des villages. On a fait à maintes reprises dans les Congrès la remarque que la dénomination légale n’aboutirait à rien. Comme eiiün l’intérêt au point do vue de la statistique s’attache surtout à la grandeur dos agglomérations, c’est la densité do ta population qui doit fournir le trait distinctif. On a proposé à Londres, — mais sans avoir pris do résolution à cet égard — de regarder comme campagne tout lieu d’habitation au-dessous de 2000 habitants. Acceptons donc cette limite. Mais vu les circonstances tout à fait spéciales des grandes villes, nous proposons de faire encore une distinction pour les villes au-dessus de 100,000 habitants.

La dislinction entre campagnes et villes devrait rentrer dans les tableaux suivants :

Sexe.

Age: (périodes quinquennales) par sexe.

[llapport au chef de la famille; selon les catégories établies).

Etat civil: » » par sexe.

Confession: nombre des confessions principales ) sans distinc-

Nationalilé: > » nationalités (tion de sexe.

Nombre des illettrés par sexe.

Nombre dos infirmes par sexe.

Lieu (pays) de naissance, sans distiiictinii de sexe.

ONCLUSION.

Si nous passons maintenant en revue luus les voeux dont 1 accomplissement serait exigé pour nous faire parvenir au but si désirable d’un recensement du monde civilisé, nous ne tarderons pas à remarquer que ce qu’on devrait demander à cet égard aux bureaux de slalistiqne ne renferme absolument rien d’exlraordinaire, ni qui exigerait un travail irréalisable, mais que, au contraire, tout ce que nous proposons est si simple et d’une exécution si facile, que la somme de travail exigé est extrêmement réduite en comparaison de la grandeur de but à atteindre.

En effet, on reconnaîtra que, loin d’imposer pour une grande partie des travaux proposés un nouveau travail, il n’exigerait (juc des changements relatifs au groupement des rubriques déjà existantes. Or, il est clair que ce n’est que la multiplicité des indications particulières, des données spécifiques, qui occasionnerait un surcroît de travail, tandis que la multiplicité ou la variation des groupements, des points de vue génériques sous lesquels on réunirait les données déjà élaborées, ne peut présenter de sérimix obstacles. Et comme l’acceptation d’un cadre international n’empécbe aucunement que chaque bureau ne publie aussi à l’avenir scs levées comme il le trouvera convenable ; qu’il ne s'agit ici, que de publier à coté des grands relevés, "quelques tableaux synoptiques qui se prêtent à une conq)araison internationale : il nous semble qu’il ne faut qu’un peu de bonne volonté de la part des chefs

de bureaux pour transformer tel ou tel groupement d’âge insignifiant, pour réunir sous quelques rubriques générales les espèces bien plus nombreuses qu’ils publient d’ailleurs, — tout autant de modifications auxquelles personne n’attaclie de valeur et à l’égard desquelles il ne faut que s’entendre pour que tous les bureaux suivent la même voie.

Provoquer cette entente entre les bureaux de statistique, arrêter les compromis nécessaires dans l’intérêt de l’uniformité des données, c’est bien là la lâche des Congrès internationaux de statistique. 11 est certes bien regrettable qu’au moment même d’entreprendre le recensement d’une grande partie du monde, le Congrès n’ait pu se réunir pour arrêter les formes définitives sous lesquelles cette grande opération aurait dû être effectuée. Or, ayant manqué cette occasion, nous voyons renvoyée à dix années de distance la possibilité de réaliser le recensement du monde civilisé d’après un plan uniforme!

Peut-être cette réflexion engagcra-t-ello quelques-uns des directeurs de bureaux de statistique, qui auront à diriger le grand recensement décennal de 1880/81, à se décider en faveur d’un plan qui leur aura été présenté par qui que ce soit. Peut-être qu'avant de faire entrer dans chaque maison des villes et des villages de l’Europe et de l’Amérique leurs bataillons de recenseurs disciplinés, les savants qui dirigeront le mouvement de cette armée d’un million de champions de la statistique,*) trouverontils bon de s’entendre aussi sur un cadre int(‘rnational d’élaboration qui rende au moins possible que cotte expédition scientifique — la plus étendue que le monde ait jamais vue ! — puisse se prêter aussi à des comparaisons internationales, but dernier et suprême de toute entreprise démographique. Peut-être reconnaîtra-t-on aussi à cette occasion que souvent mieux vaut pour

11 y avait, p. e. cii Hongrie* 10,000 icconseur.«î, ot outre cela 130, (XV) propriétaires de maisons (pii ont coopères an recensement do 1870. Mais seulement à Herlin il yavait lü.SriO recenseurs et 21.01K) propriétaires.

la démographie la comparabilité et runiformitc des données que leur extrême perfection. Si en général l’on pouvait regarder comme un mérite d’avoir proposé un cadre, qui n’est que très simple ce mérite serait certainement bien faible: le véritable mérite reviendrait à plus juste titre à ceux qui feraient preuve d’assez d’indulgence pour accepter un projet, bien qu’il n’ait pas été sanctionné par les Congrès, et bien qu’ils ne le trouvent pas en tous points convenable, — mais qui l’accepteraient pourtant, et cela pour la seule raison qu’ils auraient éprouvé la noble ambition de coopérer dans la grande tâche de la transformation des recensements nationaux des pays à un recensement international du monde civilisé.

Budapest, Novembre 1880.

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