Projet de bibliographie compiégnoise communication
Secrétaire de cette Société et de celle de l'École impériale des Chartes, Conservateur du Musée de la ville de Çompiègne, Correspondant de la Société impériale des Antiquaires de France, de la Commission de Topographie de la Gaule, de la Société bibliographique.
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Il n'est plus nécessaire de démontrer aujourd'hui l'utilité de la bibliographie comme auxiliaire des études historiques. 11 est indispensable, eu effet, de connaître les sources qui peuvent fournir des renseignements sur un fait historique, sur un monument ou une juridiction. Nous croyons que l'un des premiers besoins auxquels doit satisfaire la Société historique, est la publication d'un inventaire de tous les travaux relatifs à l'histoire de la ville de Compiègne et à ses institutions.
Le siècle dernier a vu paraître déjà de nombreux travaux bibliographiques, en tête «lesquels nous devons citer la Bibliothèque historique de la France, du père Lelong, revue par Fevret de Fontette, qui reste le modèle des ouvrages de ce genre, et qu'on consulte encore journellement avec fruit. Le Manuel du Libraire de Brunet, que de nombreuses éditions ont permis de tenir au courant du mouvement des études historiques, renferme une table bibliographique, que l'universalité des matières qu'elle embrasse rend malheureusement trop incomplète pour les recherches spéciales qui nous occupent. Enfin, le Catalogue de la Bibliothèque impériale, dont la partie publiée sur l'histoire de France comprend déjà neuf volumes, peut être à cause de la richesse de
ce dépôt considéré, malgré des lacunes, comme une véritable bibliographie de la France.
Autour de nous, plusieurs érudits se sont aussi efforcés de tracer un sillon dans cette voie dont nous ne nous dissimulons pas l'aridité. M. Diitbur, ancien président de la Société des Antiquaires de Picardie, a commencé, en 1850, la publication d'une Bibliographie picarde; mais, absorbé par la tâche qu'il avait entreprise de doter d'un Musée sa ville natale, il a, au bout de deux fascicules, qui ne comprennent que la Picardie en général et Abbeville, abandonné cette publication Depuis, en 18(56 et 1868, un de nos correspondants, M. Périn, a publié, sous le titre de Recherches bibliographiques sur le département de l'Aisne, deux volumes qu'un troisième doit suivre prochainement? Enfin, le comité archéologique de Noyon a accueilli favorablement la proposition que je lui faisais l'an dernier de publier un catalogue des ouvrages imprimés relatifs u la ville de Noyon, et ce travail est à la veille d'être livré à l'impression.
Quant au plan à suivre dans la rédaction de notre bibliographie, si. nous examinons les deux modèles que nous avons sous les yeux, les travaux de MM. Dufour et Périn, nous voyons que M. Dufour a multiplié les divisions, séparant en chapitres courts et d'un examen facile les divers travaux qu'il indique, tandis que M. Périn donne pour chaque commune, par ordre chronologique d'impression, l'indication de toutes les publications. M. Dufour indique les diverses éditions d'un même livre, parle quelquefois de leur destinée, désigne les auteurs anonymes, fait enfin l'histoire de chaque livre, de chaque brochure ; M. Périn ne donne que le titre
* Dans les mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, t. x et xiv. » Paris, iuip. Lainé et Havard. In-6».
de l'ouvrage, sans commentaire. Nous croyons préférable et plus facile pour les recherches d'adopter le plan suivi par M. Dufour, en y introduisant quelques modifications nécessitées par des différences locales.
Mais l'ouvrage de M. Périn renferme, d'un autre côté? des indications négligées par M. Dufour et qu'il nous semble avantageux de mettre en œuvre ; ce sont les articles et les mémoires non tirés à part et qui figurent dans des collections scientifiques et des revues périodiques. Nous comptons reprendre tous ces travaux et les signaler avec la même attention que les ouvrages séparés. Ce sont, en effet, ces pages peu répandues, égarées dans des recueils souvent peu ou mal connus, qu'il est le plus difficile de rencontrer et qui échappent aux recherches des érudits qui étudient l'histoire locale. En effet, qui songerait à aller chercher des études sur Compiègne, dans les Bulletins de la Société de géographie, dans les Mémoires de l'Académie des sciences, et dans tant d'autres collections périodiques qui, par leur titre, semblent étrangères à la matière qui nous intéresse. Nous ne croyons pas toutefois devoir étendre outre mesure cette nomenclature et comprendre dans la bibliographie compièguoise, les chartes, lettres patentes, édits, arrêts et lois relatifs au piiys et qui n'ayant pas fait l'objet d'une publication spéciale, sont seulement insérés dans des collections telles que les ordonnances des rois de France, les historiens de France, la Gallia christiana, les Miscellanées de Baluze, etc. Nous lie méconnaissons pas l'utilité qu'il y a à faire connaître l'existence de semblables documents, et d'éviter, en indiquant les ouvrages où ils sont imprimés, de longues recherches dans les archives ; mais nous croyons que le catalogue de ces pièces se trouverait beaucoup mieux placé dans une publication spéciale, calquée sur le plan de la Table des Diplômes de
Bréquigny, ou du Regeste génevois que vient d'entreprendre la Société d'histoire de Genève, et qui comprend tous les actes imprimés relatifs à cette ville. Mélangés avec des volumes et des brochures, ces renseignements y jettent de la confusion. Il en est de même des articles biographiques et des généalogies de peu d'étendue qui sont insérés dans des ouvrages tels que Y Histoire généalogique du Père Anselme, le Dictionnaire de Moréri, le Nobiliaire d'Haudicquer de Blancourt, etc., etc.
Pour être complète, une bibliographie compiégnoise devrait comprendre la liste des manuscrits utiles à consulter pour l'histoire du pays, mais ce travail a déjà été fait par notre confrère, M. Coeheris, pour les documents, chartes et ouvrages manuscrits qui se trouvent dans les dépôts publics de Paris (archives et bibliothèques) iV Inventaire des archives de Compiègne, dressé par M. Henri de l'hpinois, nous fournira, lorsqu'il sera imprimé, l'état des richesses conservées dans notre ville 1 ; celui des Archives départementales de l'Oise ne tardera pas à paraître, grâce au zèle de notre confrère M. Desjardins.
Quant aux manuscrits possédés par des particuliers, il y a de trop nombreuses difficultés pour que l'on puisse songer à en dresser un inventaire général, si l'on remarque surtout que trop vite et trop souvent ces collections sont dispersées aux enchères, à la mort ou par suite du caprice de leurs propriétaires. Du reste, des notices séparées sur les plus importants de ces manuscrits pourront être imprimées dans nos mémoires et combler cette lacune.
Maintenant, ce n'est qu'à la suite de longues recherches,
1 Un sommaire de ce travail a été publié dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, l. XXIV g| XXV.
quelquefois niêuie par l'effet du hasard, que l'on peut arriver à compléter des travaux du genre de celui que nous entreprenons. Aussi pour achever cette tâche, venons-nous solliciter le concours de nos confrères, car nous ne pourrions, sans leur aide, obtenir un résultat satisfaisant. Nous les prions de vouloir bien, chacun dans leur spécialité, nous signaler les travaux qu'ils ont publiés et les ouvrages qui font partie de leur bibliothèque ou qui leur passent sous les yeux et sont relatifs à Compiègne et à ses environs.
Restreignant aujourd'hui notre travail à la ville seule de Compiègne et à la forêt, nous avons cependant le projet de donner un jour une bibliographie de toutes les communes «le l'arrondissement dont nous réunissons aussi dès à présent les matériaux.
Pour donner une idée de notre bibliographie eompiégnoise, nous indiquons sommairement le cadre provisoire de ses principales divisions :
I. Topographie et description de l'arrondissement de Compiègne, du canton et de la ville en général.