JOSEPH HAMEL
Québec, 7 Janvier, 1848.
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Projet de colonisation dans des parties reculées de In province, où il serait difficile de se procurer des secours des habitations voisines.
Depuis que j'ai eu l'honneur de pratiquer comme arpenteur et de parcourir les différentes parties de la province, qui ne sont pas encore concédées, soit pour tracer et borner de nouvelles terres soit pour visiter etexplorer par ordre des seigneurs ou du gouverne. ment, quelles parties de leur domaine seraient susceptibles de culture, je me suis souvent fait cette question: Pourquoi dans le Bas-Canada reste-t-il tant de bonnes terres dans l’état sauvage, tandis qu'il y a dans leg tilesun si grand nombre de gens qui, l’hiver, ne savent où donner la tête, et qui le plus souvent, manquant d'ouvrage, se trouvent réduits à la dernière misére et forcés d'envoyer par les rues lenrs femmes et leurs enfants mendier un morceau de pain pour le soutien d'eux-mêmes et de leurs familles Ÿ
Cependant, je m’effurçais d’insinuer dans l'esprit de mes employés et autres À qui j’avaisoccasion d'en parler, qu’à l'exemple des Irlandais, ils devraient aller prendre des terres et les étabiir ; qu’assurément un bras Canadien valait bien un bras {rlandais !....Mais: quelle était leur réponse ? “ Les Irlandais, disaient “ils, ontété élevés de génération en g'rération à des “vivres très-communes et presqu’exclnsivement aux “harengs et aux patates, mais, nous, Canadiens, “nous ne pourrions vivre et travailler avec “une telle nourriture, sans nous exposer à des “ maladies ; ainsi nousne pourrions vivre à aussi bon “ marché, et partant il nous serait impossible d’ou-. “ vrir des terres sans aide et sans moyens |”?
Voilà l’objection générale, laquelle, quoique mal fondée en principe, ne laisse pas de faire entrevoir quelqu'espèce de raison. Peut-être, dira-t-on, l’habi-
cha ééésnéitistisemntinnne
tude de bien vivre durant l'été lorsqu'ils gagnent de bons gages, leur fait-elle oublier les privations et les souffrances de l'hiver.
Mais quelque soit la cause qui les empêche d'établir des terres, je ne la crois pas assez insurmontable pour qu'on ne puisse y apporter un remède,
Je n’employerai cependant pas les moyens qu'a. vaient les anciens Grecs et Romains de transplanter le surplus de leur population par des menaces célestes, La nécessité (symbole de la vengeance des Dieux d’alors) ferait voler dans nos forêts un plus grand nombre de Canadiens qu’on pourrait s’imaginer, si seulement on leur en procurait les moyens.
Bien que monplan pourrait paraître inefficace au premier abord, néanmoins, après l’avoir médité, lui avoir ajouté ou retranché quelque chose, j'ose me flatter qu’il sera trouvé praticable et digne d’en faire l’essai ; et, qu’en peu d'années, nos villes (celle de Québec surtout), se trouveraient débarrassées d’un grand nombre d'individus qui sont à charge au public une partie de l’hiver et dont les enfants, élevés dans les rues, ne peuvent faire que de mauvais sujets ; puis nos forêts se trouveraient défrichées et peuplées par ces mêmes sujets qui ne manqueraient pas de devenir sous une bonne discipline d’utiles membres à la société,
La cessation subite de la construction de vaisseaux à Québec, fesant appréhender une famine horrible durant l'hiver qui commence, non par le manque de vivres, mais par le manque d'ouvrage, m’encourage plus que jamais à mettre sous les yeux du gouvernement un projet de colonisation que je médite depuis longtemps et que je n’airetardées que par le manque d’une occasion favorable, Les raisons précitées, jointes aux bonnes dispositions du gonvernement de faire établir le beau pays du Saguenay, le Saint-Maurice et la Baie des Chaleurs, pays que j'ai moi-même exploré, me
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