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LOGEMENTS DES CONDAMNES

Les espaces compris à chaque étage , entre tous les murs de refend rayonnants, formeraient les logements des prisonniers.

Ces logements occuperaient toute l’épaisseur du bâtiment diminuée, du côté de l’intérieur, de 1 mètre GO centimètres, et du côté de l’extérieur, de 80 centimètres, c’est-à-dire, que les têtes des murs de refend formeraient des éperons ou contre-forts saillants de 1 mètre 60 centimètres du côté de l’intérieur, et de 80 centimètres du côté de l’extérieur.

Le but de ces contre-forts serait surtout d’empêcher toutes communications, mêmes visuelles, entre les prisonniers.

Comme l’épaisseur du bâtiment varierait à chaque étage , la dimension des logements varierait de la même quantité.

1er

Qme

3me

4mc

rjme

Rang.

Rang.

Rang.

Rang.

Rang.

Cette épaisseur du bâtiment pré-

mèt,

mèt.

mèt.

mèt.

mèt.

senterait les dimensions suivantes . .

De sorte qu’en retranchant pour les saillies des éperons et contreforts . .

Il resterait pour la longueur des lo-

gements . . .

^er

5me

4me

►jme

Rang.

Rang.

Rang.

Rang.

Rang.

Les hauteurs qui varieraient éga-

mèt.

mèt.

mèt

mèt.

mèt.

lement à chaque rang seraient , com-

pris l’épaisseur des voûtes , de. . . .

De sorte qu’en retranchant pour les-

voûtes . . .

Il resterait pour les hauteurs sous

clef .

Ces diverses dimensions permettraient d’établir , dans chaque logement, trois compartiments , pour le coucher , le travail et la promenade du convict.

Le premier ^ vers la cour intérieure, marqué k sur le plan, contiendrait le lit, qui serait relevé au plancher pendant le jour : il serait fermé du côté de la cour par de simples fils de fer disposés de manière à présenter des carreaux de 1 0 centimètres de grandeur, et en outre par deux ventaux qui , lorsqu’ils seraient déployés le long des éperons ou contreforts , laisseraient le condamné bien à découvert. Ces ventaux ^ qui seraient fermés pendant la nuit, présenteraient , dans le milieu de leur hauteur , une partie vitrée , à tra-

vers laquelle le prisonnier serait vu dans toute la longueur de son corps .

Le deuxième compartiment , marqué / sur le plan , renfermerait le métier disposé de côté., de telle sorte que le travaillant fût apperçu de l’observatoire au centre de la cour. — Ce deuxième compartiment serait séparé du premier, d’abord par une traverse en bois que le condamné ne devrait franchir que pour venir prendre sa nourriture, et de plus, par deux volets qui, repliés durant le jour le long des murs de refend , empêcheraient le lit de descendre, et qui , appuyés durant la nuit sur la traverse dont il vient d’être parlé , seraient retenus par ce même lit, que le prisonnier aurait abaissé et qu’il ne serait en son pouvoir de remonter que lorsque la permission lui en serait donnée. — Enfin , ce même compartiment serait partagé du troisième par deux venta ux vitrés qui resteraient ouverts, quand le froid ou le vent n’obligeraient pas de les fermer.

Le troisième compartiment enfin, marqué m sur le plan, servirait de promenoir : il serait séparé de l’extérieur par une persienne à lames renversées. — Au-dessus des deux derniers mètres de sa longueur une couverture imclinée contiendrait un châssis vitré ,

accompagné de deux feuilles de métal formant gouttières , pour détourner les eaux des châssis supérieurs.

Si la réunion de ces trois compartiments compose la longueur indiquée pour chaque rang de logements, il me reste à dire dans quelle proportion j’ai compris que le partage serait effectué. — Je ferai toutefois observer que les proportions que je vais indiquer sont tout à fait facultatives , et qu’on pourrait , dans l’usage qui serait fait des constructions , changer ces dimensions avec la plus grande facilité, et ne le faire même que dans certaines cellules, sans nuire en rien à l’ordonnance des détails ni à la régularité de l’ensemble.

Dans ceux du 1er rangj occupant, comme on La vu, une longueur ou profondeur de 1 2 mèt. 5 5

Le 1er compartiment, contenant

le lit , aurait

Le 2% faisant atelier ,

Et le 3e , servant de promenoir ,

Total égal ,

1 2 mèt. 5 5

Dans les logements du 2e rang, dont la profondeur a été trouvée de

Le 1 er compartiment aurait Le 2e ,

Et le 3%

Total égal,

Dans les logements du 3e rang, dont la profondeur est de

Le 1er compartiment aurait Le 2e ,

Et le 3e ,

Total égal,

Dans les logements du 4e rang, dont la profondeur

est de 8 mèt. \ 5

Le 1er compartiment aurait 1 50

Le 2e, 2 74

Et le 3e, 3 91

Total égal, 8 mèt. 15

9 mèt. 25

9 mèt. 3 5

1 0 mèt. 5 5

1 mèt. 50 3 70 5 35

1 0 mèt. 5 5

Enfin dans ceux du 5e rang , est de

Le 1eI compartiment aurait Le 2e,

Et le 3e ,

dont la profondeur

G mèt.95

Total égal , 6 mèt.95

Les différences qu’on remarque dans la longueur de ces logements permettraient d’y faire exercer des industries variées(5), et comme les quatre rangs supérieurs ne seraient pas occupés par des métiers encombrants , le promenoir se trouverait, par le fait, agrandi de toute la longueur de l’atelier, de telle sorte que , dans les plus petits , les prisonniers auraient encore, pour marcher, une longueur de 5 m. 45.

Après avoir déterminé les dimensions qui précèdent , j’aurais encore à indiquer les largeurs, qui varieraient beaucoup moins. — Elles seraient:

Pour le 1er compartiment, destiné au coucber, terme

moyen de 2mèt.20

Pour le 2e compartiment, destiné à l’atelier, terme

moyen de 2mèt.50

Et pour le 3e compartiment, destiné au préau ^

terme moyen de 2 mèt. 7 0

J’ai fait connaître quelles seraient les fermetures de chacune des divisions des logements ; si je ne suis pas entré dans les détails de leur construction, c’est qu’il est facile de sentir que ces détails seraient trop longs , si on voulait qufils fussent bien complets. — Je dois revenir toutefois sur ces fermetures ou volets , afin de dire qu’elles seraient assez fortes pour offrir une très grande sécurité contre les évasions, et assez sourdes (quoique mobiles) pour arrêter

la voix , quand , à cause d’une infraction commise , le prisonnier serait enfermé dans sa cellule, sans préjudice de la ressource qui existerait , dans les cas très-graves , de l’en extraire , pour le mettre dans une des 22 loges de punition sévère dont on parlera plus tard. — Je dois ajouter que l’ensemble de ces volets permettrait de placer le condamné dans l’obscurité, quand le Directeur le voudrait, et que, lorsqu’on fermerait les uns ou les autres a dans le but , soit de mieux faire entendre la voix du prêtre dans les moments de prédication, soit de chauffer les cellules pendant les froids rigoureux, soit enfin de favoriser l’industrie de la tisseranderie , en ne laissant pas ouvert à l’air du dehors les ateliers où elle serait exercée , la vue non-seulement du gardien , mais encore celle du Directeur placé à son observatoire, ne cesserait pas de suivre chaque individu , jusques dans ses moindres mouvements j parce que des parties vitrées sont disposées à des hauteurs calculées pour chaque rang , et que ces parties vitrées laisseraient distinguer très -facilement tous les objets qui se trouveraient derrière. — Relativement à la surveillance , ces objets se dessineraient en effet sur un extérieur d’autant plus lumineux , que l’observateur serait placé dans un intérieur couvert.

A la suite de ces dispositions ,[dont[ les détails sont exprimés dans les planches jointes à la suite de ce mémoire , je parlerai des divers emménagements au dedans des cellules, tels que le lit, la cuvette de propreté, avec son robinet d’eau , et le siège d’aisance.

Le lit serait, ainsi que je l’ai déjà dit, relevé au plancher pendant le jour et abaissé pendant la nuit, si ce n’est dans le premier rang de cellules , parce que la vue du Directeur arrivant sur ce rang d’un niveau très-élevé , ne pénétrerait dans le fond des logements qu’en passant , à l’entrée , sous les clefs des voûtes.

La cuvette de propreté avec son robinet , serait ( comme dans un projet de cellules de punition que j’ai fait pour Fontevrault) alimentée par un réservoir spécial pour chaque cellule, afin de mettre

un prisonnier clans ^l’impossibilité de perdre l’eau montée pour les besoins des autres.

J’ai indiqué dans le même projet , comment tous ces réservoirs partiels seraient remplis par un conduit général partant d’un réservoir commun. — J’ajouterai ici que la cuvette serait , dans le premier compartiment, à côté de l’emplacement que le lit occuperait, quand il serait descendu; qu’au-dessus se trouverait le robinet d’eau, et que près d’elle il y aurait une planche qui , disposée pour recevoir les aliments au moment de la distribution , servirait au prisonnier de table pour manger.

Quant aux sièges d’aisances ( si l’on ne croyait pas devoir donner des vases ou petits appareils mobiles ) , j^ai compris qu’ils seraient construits à l’extrémité du promenoir , dans la partie exposée au grand air et de manière à ce que les tuyaux de descente , servant à la fois pour l’écoulement des matières et pour celui des eaux pluviales de la grande coupole , se trouvassent nétoyés par ces dernières.

Je n’entre pas ici dans les détails des dispositions qui permettraient d’obtenir toutes les garanties désirables pour s’opposer à Pémanation des mauvaises odeurs et à la communication de la voix par ces tuyaux. — Je me bornerai à dire que ces dispositions seraient d’une exécution simple , facile , et que le succès devrait en être regardé comme assuré.

Je sais qu’on objectera que les prisonniers ne pourraient pas avoir la liberté d’aller, quand bon leur semblerait, à l’extremité de leur promenoir. — Mais, soit qu’on leur laissât le droit de demander, pour s’y rendre, une permission, que le gardien n’accorderait qu’avec discernement, soit qu’on les assujettît à prendre leurs précautions à des instants déterminés , tels que ceux qui suivraient le lever , qui précéderaient le coucher , ou qui seraient accordés pour la promenade , il suffirait de leur donner un vase de nuit, pour servir à leurs besoins en cas d’absolue nécessité.

GALERIES DES SBRVEILLÂMTS.

On a vu que les murs rayonnants , qui sépareraient les prisonniers entre eux, ne seraient ouverts par aucunes baies destinées à la circulation pour les services et la surveillance. — Cette circulation s’exei’cerait donc en dehors de ces mêmes murs; elle aurait lieu sur des galeries ou balcons qui, établis en saillie dans la cour intérieure , seraient sans cesse fréquentés par les gardiens de service.

Cette disposition les placerait sous Cœil immédiat du Directeur, qui continuerait de les voir avec la même facilité, quand ils entreraient dans le logement des prisonniers , pour s’approcher d’eux.

Les balcons n’auraient que 80 centimètres, ou tout au plus \ mètre de saillie en avant de la tête des murs ; parce que le reculement des grilles en fil de fer donnerait devant chaque logement une augmentation d’espace de 1 mètre 60, qui porterait la largeur totale à plus de 2 mètres 40 , et que cette largeur devrait être regardée comme plus que suffisante.

Ainsi, chaque surveillant aurait à observer et à diriger, dans leurs travaux , les 23 condamnés qui composeraient , à un étage, le quart de circonférence qui lui serait confié; ou bien , suivant une autre combinaison^ que je regarderais comme préférable , son inspection s’exercerait sur les 90 hommes , répartis dans tout le développement d’un étage , et des contre-maîtres à part seraient chargés de diriger les industries.

De cette dernière manière la surveillance exigerait un personnel moins nombreux , elle ne pourrait être mise en défaut par les prisonniers , et il deviendrait facile de les faire changer d’état au besoin , sans être forcé pour cela de les faire changer de logement.

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