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INFANTERIE

Formation du régiment.

Le bataillon, l'escadron et la batterie sont les unités tactiques. Le rég*iment, qui relie entre eux plusieurs de ces éléments, est la base de toute org^anisation militaire. L'armée telle qu'elle existe aujourd'hui, au moins dans ses g*randes divisions, a

été reconstituée en 1818 par le maréchal Gouvion Saint-Gyr. Il n'existait à cette époque que très-peu de casernes; on dut utiliser tous les locaux disponibles, aptes à recevoir des troupes, même dans les plus petites villes. Les g^arnisons n'offraient souvent aucune ressource, il y avait peu d'industrie, les moyens de communication étaient coûteux et difficiles. Les rég*iments devaient donc pourvoir à tous leurs besoins. On créa les compag'nies hors rang* pour confectionner les effets d'habillement et la chaussure de la troupe. Depuis cinquante ans les conditions industrielles du pays se sont bien modifiées, et les chemins de fer mettent maintenant les corps en communication directe avec les g^rands centres de production. Le moment n'est-il pas venu de modifier^ notre org*anisation rég*imentaire en raison des prog^rès effectués autour de nous ? Sans toucher à nos bataillons actifs, dont la bonne constitution a fait ses preuves depuis quarante ans, supprimons tout ce qui n'a plus raison d'être , les compag*nies hors rang» et les bataillons de dépôts ; supprimons aussi les musiques en vertu de ce principe qui doit être la base de toute org^anisation militaire : tout membre de l'armée doit être administrateur, médecin ou combattant.

Suppression des compagnies hors rang.

La question des compag*nies hors rang» est jugée au point de vue économique. Ge qu'elles fournissent

revient plus cher à TÉtat que les confections civiles. L'ouvrier militaire coûte 1 fr. 15 c. par jour environ (solde, pain, prime journalière d'entretien, habillement, journée d'hôpital, etc.). Il lui faut un apprenti ssag*e en moyenne d'une année, pendant laquelle il ne produit presque rien; enfin, quand il travaille, il ne paraît à Fatelier que cinq jours au plus par semaine. En dehors de sa solde il g»ag»ne de fr. 75 à 1 fr. par jour, ce qui fait par semaine un total de 12 fr. 35 c, soit 2 fr. 25 c, par journée de travail. Les compagnies hors rang comptent trente-neuf ouvriers tailleurs et cordonniers, quatre caporaux et deux chefs ouvriers du g*rade de serg*ent; les bataillons de chasseurs ving^tcinq ouvriers, deux caporaux et deux maîtres ouvriers. Comme ce chiffre est encore insuffisant pour satisfaire à tous les besoins des corps, on leur adjoint en moyenne ving^t ouvriers auxiliaires par rég*iment d'infanterie et treize par bataillon de chasseurs^ ce qui nous donne pour les cent dix-huit rég^iments d'infanterie ou du g*énie, et les ving^tet un bataillons de chasseurs, le chiffre de 8,253 hommes. Les pelotons hors rang* des soixante-trois réciments de cavalerie et des ving*t rég*iments d'artillerie atteig*nent, avec les auxiliaires, la moitié de ce chiffre, soit comme total 12,380 hommes environ. N'est-il pas préférable de procurer du travail à un même nombre d'ouvriers civils? de faire rentrer dans le rang» toutes ces non-valeurs, et disparaître ce monstrueux monopole ?

Magasins des corps.

Les compagnies hors rang* supprimées, les corps passeront des marchés avec les maisons de confections. Il s'en créera bientôt de spéciales. Une commission par rég^iment, composée d'un certain nombre de capitaines], sera charg'ée de recevoir les effets. Pour plus de g^arantie, les fournisseurs ne pourront employer que des draps ou des cuirs reçus par des commissions spéciales siég*eant dans quelques grandes villes . Les soldats toucheraient leur habillement, leur lingue et leur chaussure au titre de la masse individuelle dont la première mise et la prime journalière seraient aug*mentées. D'après des expériences souvent répétées, ce mode de g*estion est loin d'être onéreux pour l'Etat, le soldat ayant un plus g'rand soin de ses effets quand ils lui appartiennent. On avait été frappé en 1859 du peu de ressources qu'offraient les mag^asins des corps au moment d'entrer en campag'ne; on voulut y remédier, et la maison Godillot s'eng'ag'ca à fournir, à un moment donné, tous les effets qui seraient nécessaires; en retour, on lui assura le débit d'un certain nombre de fournitures courantes. Des commissions composées d'officiers pris au hasard étaient charg'éesde les recevoir pour toute l'armée; les effets furent présentés par milliers ; avec la meilleure volonté^ ces commissions n'auraient pu suffire à leur tâche. Le contrôle n'était donc pas sérieux, des réclamations furent adressées au ministre et l'en ob-

tint quelques améliorations. L'idée était bonne; on espérait, en opérant ainsi, faire disparaître un g*rand nombre de non-valeurs et être toujours prêt. L'erreur fut de créer un monopole. Ne valait-il pas mieux ouvrir cette industrie à la concurrence, et charg*er les corps, qui sont les premiers intéressés, de recevoir les fournitures? Les rég*iments de tirailleurs opèrent ainsi pour tous leurs effets. Toute Tarmée fait de même pour les fournitures de chemises, de caleçons, de mouchoirs, de havresacs, etc.; on s'en est toujours bien trouvé. Les armes portatives sont données à l'entreprise; des commissions composées de contrôleurs et d'ofQciers d'artillerie reçoivent les matières premières, l'arme dans toutes ses parties et l'arme terminée. On a obtenu ainsi un mode de fabrication très-économique et se rapprochant autant que possible de la perfection. Si l'entreprise donne de bons résultats pour un objet aussi délicat et aussi compliqué, ne pourrait-on pas l'employer à plus forte raison pour des souliers et des effets d'habillement? Les maîtres ouvriers devront être conservés pour ajuster les effets des hommes et dirig'er les ateliers de réparations. Deux ou trois ouvriers de chaque espèce suffisent par bataillon pour entretenir l'habillement et la chaussure.

Les compag*nies hors rang» étant supprimées, on trouvera toujours dans les casernes occupées par les bataillons actifs des locaux pouvant servir de magasins. Il y en a déjà dans beaucoup de quartiers.

On posera en principe que les effets destinés aux remplacements de Tannée courante et aux recrues du conting*ent à venir existeront dans les mag*asins et seront toujours prêts à être mis en service. Les hommes classés dans la réserve emporteront avec eux tous leurs effets. Des mag'asins cantonaux ou d'arrondissements, placés sous la surveillance de la g*endarmerie , installés dans des locaux affectés à cet usag'e et entretenus moyennant une allocation assez minime, recevront ces effets. Aussitôt Tordre de mobilisation parvenu dans les communes, les réservistes se rendent au chef-lieu de canton, s'y habillent et rejoig*nent leurs corps. Les armes et l'équipement seront délivrés par des mag*asins établis à poste fixe dans les villes où se trouveront les états-majors des rég'iments. Par suite de Y endivisionnement en temps de paix, et les corps ne chang'eant plus de garnison que tous les deux ou trois ans à des époques déterminées ; les commissions d'achat tiendront compte des déplacements dans leurs commandes d'effets, les transports des mag*asins se trouveront considérablement réduits.

En cas de mobilisation, les hommes de la réserve étant pourvus de tout ce qui leur est nécessaire, les mag*asins des corps n'auront qu'à habiller les recrues qui leur seront envoyées aussitôt après le départ des bataillons actifs. L'approvisionnement prescrit y pourvoira. Par suite des réductions proposées sur la durée ànsertnce et le nombre d'hommes présents sous les drapeaux, de la suppression de la

deuxième portion du contingent, des économies notables seront faites sur le service d*habillement, bien qu'un plus g^rand nombre d'effets soient mis en seryice.

Suppression des musiques militaires.

Les musiques comprennent : un chef de musique (un lieutenant), un sous-chef (adjudant), et des musiciens de différentes classes représentant les cadres de deux compag»nies. L'effectif rég*lementaire est de quarante-deux musiciens, plus quinze élèves qui devraient rester dans le rang* pour toutes les prises d-armes, faire le service dans leurs compag^nies, ce qui n'arrive jamais. On a une musique, on veut qu'elle soit bonne, et pour qu'elle se maintienne il lui faut se recruter. Or pourrait-on trouver des élèves si on les astreig'nait à un service militaire quelconque? On ferme les yeux sur cette irrég'ularité et l'ona pu voir des rég^iments, dans cette campag^ne, précédés de douze sapeurs, ving^t-quatre tambours ou clairons et soixante-quinze musiciens, alors que les bataillons comptaient à peine 250 hommes, déduction faite de tout ce qui restait aux bag'ag^es. Le chiffre total des musiciens et élèves dans les cent neuf rég^iments d'infanterie pourvus de musique, et les trois rég*iments de. g*énie, s'élève à 6,384. Si je les ajoute aux 12,300 ouvriers des compag^nies hors rang», j'arrive au chiffre énorme de 18,684 non-valeurs de ce chef seul.

Les musiques pourraient être remplacées par des

fanfares composées de ving^t musiciens soldats, faisant leur tir et portant leur carabine en campagne. Ils joueraient des morceaux qui ég^aieraient les soldats, des airs populaires, des quadrilles, des polkas, des marches, qui leur plairaient tout autant que les plus beaux morceaux d'harmonie. Mille francs se* raient alloués aux corps pour entretenir les fanfares. Nous réaliserions ainsi sur les masses de musique une économie de 684,000 francs, la solde de 112 lieutenants et les cadres de sous-ofïîciers et de caporaux de 224 compag^nies . Un musicien de première classe serait chef de fanfare. Une bonne partie des soldats admis à la retraite appartiennent aux musiques ou aux compagnies hors rang». Ils y ont absorbé plusieurs remplacements, ont g^agné de Targuent en dehors de leurs soldes, et profité de toute espèce de privilégies préjudiciables toujours à la discipline du corps. Ils ont droit à une retraite variant de 365 à 600 fr. Ils reçoivent souvent la médaille, qui, comme la croix, devrait dans Tarmée n'être donnée que pour services de g^uerre.

Suppression des bataillons de dépôt.

Les bataillons de dépôt sont destinés à recevoir les recrues, à les habiller, à les envoyer aux bataillons actifs et à instruire les deuxièmes portions des contingents.

Avant 1860, sur 100^00 appelés, la première moitié seule rejoignait les corps, la seconde était

maintenue dans ses foyers jusqu'à ce que l'on en eût besoin.

En temps de g'uerre, pendant que les bataillons actifs marchaient à la frontière, il était nécessaire d'avoir des cadres bien constitués pour recevoir les 200 ou 300,000 hommes qui appartenaient à la deuxième portion des sept conting'ents composant l'armée et qui n'avaient aucune instruction militaire. On s'est aperçu pendant la campag'ne d'Italie du vice de cette org*anisation, elle fut modifiée. Les deuxièmes portions des conting*ents furent exercées pendant cinq mois dans les dépôts, 35,000 hommes environ.

La loi de 1868 réduisit à cinq ans la présence des jeunes soldats sous les drapeaux. Gomme reflfectif de l'armée, sur le pied de paix, était toujours fixé à 400,000 hommes, on aug*menta la première portion du conting^ent aux dépens de la deuxième, qui ne contint plus que 19,000 hommes environ. Les cent bataillons de dépôt d'infanterie, le quart de nos cadres, ont donc pour mission d'instruire cinq mois par an les 13,000 ou 14,000 hommes destinés à l'infanterie, soit de 140 à 160 hommes par bataillon.

Une nouvelle loi de recrutement est nécessaire, elle fera certainement disparaître la division des conting*ents en deux parties. Ne le ferait-elle pas, que les bataillons actifs pourraient toujours être chargées de l'instruction des réserves, et nous aurions ainsi l'avantagée inappréciable d'avoir des réserves

instruites par les officiers et sous -officiers qui doivent les mener au feu.

Reste la question de T habillement : elle se trouve résolue par la simple énonciation de ce fait, que. les effets destinés aux bataillons actifs, c'est-à-dire les cinq sixièmes de la consommation des corps, sont distribués aux hommes sur place : pourquoi n'habillerait-on pas de même les recrues? Les bataillons de dépôt absorbent les cadres de cent bataillons et de quarante-deux compag^nies de chasseurs, avec lesquels on pourrait former trente-trois rég^iments d'infanterie et sept bataillons de chasseurs. Le passag^e des recrues dans les cadres des dépôts est préjudiciable à leur bonne éducation militaire. Ils s'y trouvent avec les plus mauvais éléments du régiment; les officiers ne les surveillent que très-peu ; ils savent qu'ils ne les g*arderont qu'un mois au plus. N'est-il pas cent fois préférable que, le jour de son arrivée au corps, le jeune soldat soit remis au capitaine qui doit le conserver dans sa compag*nie pendant son cong'é, et qui a tout intérêt à le dirig'er dans la bonne voie?

Les bataillons de dépôt sont inutiles en temps de paix. Ils peuvent être remplacés avec avantagée en cas de mobilisation par des bataillons dits de rem" placement, soldés pendant la g'uerre seulement : ils pourraient donc être supprimés, maintenant surtout que les conting^ents entiers auront reçu une instruction militaire complète, que les réserves seront à même d'entrer en lig'ne inmiédiatement.

Administration des corps simplifiée.

La suppression des six compag^nies de dépôt, de la compag^nie hors rang» et de la musique, la réunion des corps qui permettra de ne plus avoir qu'un conseil d'administration, la simplification du service de Thabillement, la diminution des mutations par suite de la suppression des passag^es du dépôt aux bataillons actifs et réciproquement, diminueront les écritures. L'administration, ainsi simplifiée, pourra être confiée à un capitaine-major, à deux lieutenants ou sous-lieutenants chargées du trésor et de Thabillement.

Si nous comparons cette nouvelle org*anisation avec l'ancienne, nous opérons de nombreuses suppressions qui peuvent être utilisées dans la création de nouveaux rég*iments.

Bataillons de remplacement *

L'ordre de mobilisation étant donné, les réserves des classes désig*nées rejoig^hent leur corps, dont elles portent l'effectif à 2^800 hommes pour les rég^iments de lig'tie, et à 900 hommes par bataillon de chasseurs. Les bataillons actifs se mettent en mouvement, ne laissant derrière eux que les mag^asins et les officiers d'habillement. On réunit en même temps les cadres des bataillons de remplacement. Geâ bataillons n'existent que sur le papier en

temps de paix. Ils sont composés de neuf oompag^nies. Les officiers sont choisis parmi les officiers retraités, démissionnaires ou à brevet , et parmi les sous-officiers libérés auxquels on a voulu accorder une distinction spéciale; et à leur défaut parmi les sous-officiers les plus méritants de la dernière classe de la réserve. Les officiers retraités avant trente ans de service en feront partie jusqu'à Tâg^e de cinquante-cinq ans, si les besoins Texig^ent et s*îls ont la vig^ueur nécessaire. Les sous-officiers et caporaux sont pris dans les deux dernières classes de la réserve. Les cadres touchent la solde affectée au g^rade pendant la durée du rappel à Tactivité. Ils sont réunis une fois par an , sur Tordre du g'énéral de division, qui en passe la revue.

Les bataillons de remplacement sont destinés à recevoir, instruire et encadrer les réserves qui n'ont pas encore été appelées à rejoindre les bataillons actifs et la classe des jeunes soldats la première à appeler^

Ils peuvent être mobilisés et réunis en rég'îments, brigades et divisions. Ils servent alors à assurer les communications de Farmée, à fournir les g^arnisons des villes conquises, etc.

Les six premières compag*nies forment les bataillons de marche, les trois autres restent au dépôt de la division. Elles sont composées exclusivement de recrues. Les hommes de la réserve qui ne font partie ni des bataillons actifs, ni des bataillons de

marche, forment des détachements destinés à combler les vides des effectifs.

A chaque division sont attachés un sous-intendant et un adjoint. Le sous-intendant part avec la division. L'adjoint reste pour administrer les quatre bataillons de remplacement de la division, surveiller les mag*asins, assurer leur approvisionnement, faire dirig'er sur les bataillons actifs les effets dont ils peuvent avoir besoin et contrôler la comptabilité centrale des corps. Il a, à cet effet, sous ses ordres des adjudants d'administration et des secrétaires, pris dans la réserve, et qui forment un bureau à part pour chaque corps.

Recomtitution des cadres.

L'une des questions les plus délicates de la réorg^anisation de l'armée est sans contredit la reconstitution des cadres. Les huit corps de l'armée du Rhin comptent plus de douze mille officiers, dont les droits sont g^arantis par la loi de 1834, et qui, du reste, ont fait bravement leur devoir. Ils ne peuvent être rendus responsables des défauts de l'org^anisation militaire du pays et des fautes stratég^iques qui ont marqué les débuts de la campag*ne. Lorsque cette première armée a été anéantie, on en a formé une seconde. On en a composé les cadres avec les éléments restant de l'ancienne armée et avec un grand nombre d'officiers et de sous-officiers qui avaient renoncé à leur carrière. Beaucoup

désirent continuer à servir. On ne peut le refuser à ceux qui ont acquis des droits à la gratitude du pays, et il serait malheureux que Texpérience qu'ils ont acquise fût perdue pour Farmée. Une commission sera sans doute charg'ée de faire ce classement et d'attribuer à chacun le g'rade dans lequel il pourra être maintenu. Elle aura une mission délicate à remplir. Si elle se montre trop faible, elle jettera la déconsidération sur les différents deg'rés de la hiérarchie et portera une atteinte sensible à Tesprit de discipline. Elle commettrait en outre une véritable injustice envers les officiers de la première armée, dont les droits ont été acquis sur ving^t champs de bataille et qui ont toujours été victorieux partout où la lutte n'a pas été trop disproportionnée. En se montrant trop sévère, la commission ag'irait contre la dignité et l'intérêt du pays, qui entend récompenser ceux qui l'ont servi dans des moments si difficiles.

Maintenir les cadres de l'armée dans les conditions où ils se trouvaient avant la guerre, c'est descendre au rang de puissance de second ordre et nous obliger à envoyer en demi-solde un grand nombre d'officiers, dépense qui serait improductive pour l'État. N'est-il pas préférable d'élargir les cadres, de donner de suite à notre organisation militaire les développements qu'exige notre sûreté?

Economie sur la solde.

La solde avait été aug^mentée en 1868, en raison de raccroissement des fortunes particulières et de la dépréciation de Targ'ent. N'est-il pas juste de la ramener à son chiffre primitif, alors que les revenus de l'État et ceux des particuliers se trouvent si amoindris par la guerre? Si cette mesure est trouvée trop radicale , un dixième de la différence de solde pourrait être rendu chaque année. L'augmentation suivrait la progression probable de la reprise des affaires et l'accroissement de la fortune publique.

Du reste, nous avons un problème à résoudre : élargir les cadres de l'armée de manière à encadrer à un moment donné 1,200,000 hommes instruits et équipés et mettre les dépenses du budget de la guerre en rapport avec notre nouvelle situation financière. Ce n'est que par les économies et la suppression de non -valeurs qu'il est possible d'y arriver. En ramenant la solde des officiers supérieurs à ce qu'elle était il y a trois ans et en diminuant celle des officiers subalternes de 300 francs (elle avait été augmentée de 500 à 600 francs depuis douze ans) , nous obtenons, pour l'infanterie seule , une économie de 3 millions 400 mille francs.

La diminution de solde sera fictive pour le plus

grand nombre. Par suite de Taug^mentation des cadres on arrivera plus vite au ^rade supérieur, et Ton se trouvera larg'ement indemnisé.

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